AFRIQUE/ CRISES/ VIOLENCES/ CORRUPTION : otages des violences, otages des corruptions (entre le bien et le mal, diabolisation, pratiques criminelles et mafieuses)

 

« Le Tribalisme, source de violence politique et ethnique en Afrique : Les guerres civiles et ethniques prennent souvent naissance à partir de la manipulation des ethnies, entités culturelles par les politiques en Afrique. Les cas du Rwanda, du Congo-Brazzaville et de la RDC montrent que le tribalisme fait partie de ces nombreux maux qui minent ce continent dans sa longue marche vers la démocratie. Qu’est-ce que le tribalisme ? Comment se met-il en place en Afrique ? Quels sont les acteurs engagés dans cette manipulation inter-ethnique ? Et surtout à qui profite cette déstabilisation de l’Afrique… »

 

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1 – Guérir l’Afrique des atrocités de masse

 

Les atrocités de masse sont devenues ces 30 dernières années le lot quotidien de plusieurs populations en Afrique et les situations pour l’étayer ne manquent pas. Pourtant certains spécialistes estiment qu’il ne s’agit pas d’une fatalité car l’Afrique peut réellement s’en débarrasser.

 

Juillet 1990, 600 réfugiés tués par les AFL Armed Forces of Liberia dans une église luthérienne à Monrovia. Janvier 1999, siège de Freetown en Sierra Leone, 6.000 morts. Juillet 2012, attaque du camp de Nahibly en Côte d’Ivoire, 230 morts. Avril 2013, Bangui en Centrafrique, 83 morts attribué à la rébellion Seleka en moins d’une semaine. Octobre 2015 des soldats gouvernementaux sud-soudanais tuent plus de 60 hommes et enfants en les laissant suffoquer dans un conteneur de marchandises placé en plein soleil : seul garçon, âgé de 8 ans, aurait survécu au massacre !

 

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Toutes ces situations décrites plus haut et qui sont des faits réels et documentés par des organisations nationales et internationales comme Amnesty International, International Crisis Group (ICG) ou le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme décrivent comment les hommes en armes, des communautés et autres milices se livrent à toutes sortes d’atrocités contre des populations sans défense lors des conflits.

 

C’est bien le caractère odieux de ces crimes qui en font des situations hélas tristement médiatisées. Pratique de la mutilation (amputation de mains, bras et jambes), viol systématique des femmes et même des fillettes, torture sur des groupes de civils…des actes pratiqués avec des objets comme des haches, des baïonnettes, des machettes et des couteaux pour sans doute voir la victime perdre toute son humanité avant de soupirer.

 

La guerre au Liberia et ses décapitations, celle en Sierra Leone et ses amputations, les massacres de l’ouest Ivoirien ou plus proche de nous boko haram et ses crimes religieux au Nigéria…voici autant de situations aux images insoutenables que l’on regroupe sous le vocable d’atrocités de masse. Eric Mouafo, chercheur à l’Institut Modus Operendi de Grenoble rappelle que « les atrocités de masse peuvent être définies comme des tueries ou des massacres sur des groupes cibles ou des populations de façon générale ».

 

Le crime revêt à la limite un caractère sadique ou cruel pour marquer au fer les esprits. Le bourreau ne tue plus simplement mais il viole, il égorge sauvagement, il éventre, il ampute, il dépèce les corps pour horrifier le crime ! Et ces crimes portent sur des centaines voire des milliers d’individus à l’image du génocide Rwandais. Des groupes socio-ethniques ou religieux sont pourchassés, violentés et tués du fait qu’ils n’épousent pas une logique sociale ou même une idéologie calquée sur la religion, l’histoire ou l’ethnie.

 

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_ Aux sources de la barbarie

Les atrocités de masse peuvent être commises par différents acteurs. Il peut s’agir de groupes ethniques ou socio-professionnels, d’armées régulières, de bandes armées non officiels (rébellion, milice, groupe d’auto-défense…) ou d’organisations se réclamant d’une religion donnée. Les situations de tensions politiques ou les périodes électorales, les guerres et les attaques terroristes favorisent les atrocités de masse pourtant celles-ci peuvent être évitées. Selon Omolara Balogun, la chargée de programme plaidoyer à la West Africa Civil Society Institute « des signes avant-coureur annoncent généralement que des crimes de masse seront commis ». Ces signes sont principalement les discours de la haine et de la xénophobie lancés par des leaders d’opinion, les idéologies religieuses détournées à des fins partisanes, les haines tribales amplifiées par des responsables communautaires ou le refus pour un politicien de reconnaitre sa défaite après un scrutin ou de contester par des actions violentes les résultats d’une élection.

 

Cette dernière situation trouve des illustrations parfaites dans les contextes électoraux kenyan et ivoirien avec des crises post-électorales qui auront entraîné la mort de centaine de personne. Au niveau des appels à la haine, « les médias qui les relaient sont tout aussi complices des crimes qui en découlent » indique le journaliste ivoirien Zio Moussa, président de l’OLPED (Observatoire de la liberté de la presse, de l’éthique et de la déontologie). Le rôle de Radio 1000 collines dans le génocide rwandais est encore présent dans les esprits.

 

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_ Les mécanismes de prévention

Les signes avant-coureurs des atrocités de masse étant connus, il est donc possible de les prévenir. La meilleure manière de les freiner est de mettre en place des mécanismes d’alerte précoce qui permettent de détecter les discours de la haine ou tout autre dérive visant à monter un groupe ethnique, social, religieux ou politique contre un autre. Selon Safia Moulaye de l’ONG Al Qarama du Mali (nord), « ce travail de veille et d’alerte précoce devrait être celui des organisations de la société civile (OSC) mais bien trop souvent elles n’y sont pas parvenues ».

 

La montée en puissance de nouvelles menaces comme le terrorisme oblige donc les acteurs chargés de la veille à redoubler de vigilance et à mener le plaidoyer auprès de toutes les composantes de la société. Pour y arriver, François Fadoua du WANEP-Guinée (West Africa Network for Peacebuilding) propose deux stratégies : « la sensibilisation et le monitoring ». La sensibilisation est indispensable car elle permet d’impliquer les populations à la base dans les stratégies de prévention.

 

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« Nous invitons les populations à refuser le discours basé sur la haine tribale ou la xénophobie, l’interprétation partisane des enseignements religieux ou des appels voilés à la haine généralement basés sur des frustrations. Nous insistons sur la nécessité pour les populations de dénoncer auprès des OSC tout acte ou discours visant à promouvoir la violence au sein d’une communauté » nous explique François Fadoua.

 

L’acteur des droits de l’homme relève que dans certains pays, les contextes nationaux marqués par des élections sont la porte ouverte aux violences pouvant déboucher à des atrocités de masse. Le discours politique cède la place au tribalisme et à la xénophobie. François Fadoua indique qu’à ce niveau, les populations doivent savoir analyser les propos des hommes politiques et privilégier « des programmes et discours faisant la promotion du vivre ensemble, de la bonne gouvernance et non ceux basés sur l’ethnie ou la religion ».

 

Le monitoring visant à prévenir les atrocités de masse est basé sur une synergie d’action et une bonne interaction entre les organisations de la société civile et les populations à la base. Car en alertant les acteurs en charge de la veille, les populations contribuent également à faire reculer le message de haine et de la violence. Reste aux autorités publiques (administratives, sécuritaires, politiques et religieuses) d’intervenir à temps pour éviter tout dérapage.

 

« Les OSC doivent donc collecter ces informations et les faire remonter aux décideurs afin que ceux-ci prennent les dispositions idoines pour éviter des violences pouvant aboutir à des tueries » soutient Yéo Karim de la COSOPCI (Coalition de la Société civile pour la Paix et le développement démocratique en Côte d’Ivoire).

Le Gouvernement pourra aisément décider de faire intervenir un médiateur communautaire pour calmer les esprits ou le cas échéant l’armée pour rétablir l’ordre.

 

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_ Mettre un terme à l’impunité

Il est certes indispensable de prévenir les atrocités de masse mais il est souhaitable d’apurer le passif accumulé durant toutes ces années de tension et de crises sur le continent. Cela est un impératif car l’Afrique ne pourra pas construire durablement un climat de paix et de sécurité si elle ne tourne pas la page de cette impunité quasi chronique. Il faut que « les auteurs de crimes soient poursuivis et condamnés » estime Eric-Aimé Sémien président de l’Observatoire Ivoirien des droits de l’homme (OIDH).

 

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Toute personne accusée de crimes doit être poursuivie dans le respect de ses droits

 

En effet, après de nombreuses situations de violence, de guerre civile, de massacres ciblés et même de génocide, les auteurs de ces crimes ne sont nullement inquiétés. Il n’est pas rare en Afrique de voir d’anciens tortionnaires, chefs d’escadron ayant ordonnés des massacres et des génocidaires être bombardés haut-gradés de l’armée ou se promener librement aux frais du contribuable. Cette situation ne fait qu’accentuer la colère des victimes et ruiner tout espoir de réconciliation après les graves blessures laissées par des années de crise.

 

« C’est à ce moment que la justice doit servir la cause de la réconciliation en toute impartialité et crédibilité. Les auteurs de crimes doivent être poursuivis dans le respect de leurs droits aussi bien par les juridictions nationales qu’Internationales. C’est seulement de cette façon que la justice pourra aider à la recherche de la vérité, faciliter la réconciliation et restaurer la dignité des victimes » soutient Eric-Aimé Sémien.

 

L’action de la justice peut dans certains cas prendre du temps mais cela est avant tout lié à plusieurs facteurs. Il s’agit entre autres de la complexité des procédures, des enquêtes et des crimes imputés aux prévenus, de la protection politique ou juridique accordées à certains bourreaux, du manque de coopération entre les juridictions nationales et internationales. Eric Mouafo, chercheur à l’Institut Modus Operendi de Grenoble note que la justice peut ne pas aller au rythme des victimes mais son action – si elle est bien ficelée – conduit toujours à des résultats qui consolident la paix et l’Etat de droit pour longtemps.

 

La preuve palpable avec le procès de l’ancien président tchadien Hissène Habré à Dakar. Après une longue procédure, des victimes et ayants droit à la limite du découragement, d’interminables interprétations de textes juridiques nationaux et internationaux, celui que certaines victimes n’hésitent pas à qualifier de dictateur est reconnu coupable de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et de torture par une Chambre extraordinaire africaine, mise en place par l’UA, au Sénégal le 30 mai 2016. Ceci est sans doute la preuve que la lutte contre l’impunité et la promotion de la justice pour les Africains peut être faites par les Africains.

 

Les atrocités de masse sont une réalité. C’est la raison pour laquelle il est important pour les différents pays d’Afrique et les instances régionales comme l’Union Africaine, la CEDEAO, la CEMAC…d’activer des mécanismes d’alerte précoce. Arpitha Peteru, coordinatrice des programmes de l’Organisation The Nexus Fund fait remarquer qu’une « approche régionale de la lutte pourrait permettre d’avoir de meilleurs résultats ». Cela est d’autant vrai car chaque conflit qui touche un pays membre d’un espace communautaire a des répercussions sur les pays frontaliers.

 

By EBURNIE TODAY On Août 28, 2017/

 

http://eburnietoday.com/guerir-lafrique-atrocites-de-masse//

 

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2 – Le Tribalisme, source de violence politique et ethnique en Afrique

 

Les guerres civiles et ethniques prennent souvent naissance à partir de la manipulation des ethnies, entités culturelles par les politiques en Afrique. Les cas du Rwanda, du Congo-Brazzaville et de la RDC montrent que le tribalisme fait partie de ces nombreux maux qui minent ce continent dans sa longue marche vers la démocratie. Qu’est-ce que le tribalisme ? Comment se met-il en place en Afrique ?

Quels sont les acteurs engagés dans cette manipulation inter-ethnique? Et surtout à qui profite cette déstabilisation de l’Afrique que certains historiens ont définie comme «le berceau de l’humanité», autant de problématiques sur lesquelles se fondent notre analyse.

 

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 **Clémence Arnaud & Marion Monterymard’s insight:

 

Cet article complet nous permet de redéfinir les notions d’ethnie et de tribu et fait naître un constat flagrant: l’instrumentation de l’ethnie par les politiques en Afrique a fait naître le tribalisme qui apparaît, de nos jours, comme la source des guerres civiles et ethniques en Afrique.

Le journaliste s’appuie sur des exemples historiques de guerres civiles telle que celle qui opposa les hutus aux tutsis ou encore la guerre Congo-Brazzaville afin de montrer que le courant de pensée du tribalisme est à l’origine de ces conflits majeurs. L’auteur s’interroge ensuite sur la dimension philosophique du tribalisme comme négation d’autrui et parvient à soulever des problématiques fortes autour de la question de l’autre et de la capacité de ces ethnies à vivre ensemble en paix et en harmonie. 

 

L’article débouche sur une question essentielle dans l’optique de la subsistance des ethnies et de leur patrimoine immense et menacé: La différence irréductible d’autrui, qui n’est pas de mon ethnie ou de ma tribu, constitue-t-elle une raison valable pour le détruire ?

 

From www.lecongolais.cd June 7, 2016 4:06 PM

 

https://www.scoop.it/t/l-afrique-un-visage-eclate-par-les-minorites-ethniques

 

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3 – Le Nigeria renoue avec les violences entre nomades et agriculteurs

 

Les tensions ont provoqué la mort d’au moins 21 personnes la semaine dernière. L’Etat de Kaduna, dans le nord-ouest du Nigeria, aura eu quelques années de répit. Mais les violences entre nomades et agriculteurs, sur fond de tensions ethniques et religieuses resurgissent, faisant des centaines de morts ces derniers mois. La semaine passée, au moins 21 personnes ont été tuées et autant de maisons détruites alors que des éleveurs nomades ont envahi cinq villages d’agriculteurs.

 

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_ Plus de trente ans de tensions

Les tensions, souvent meurtrières entre les deux communautés, ne sont pas nouvelles : cela fait plus de trente ans que les districts de Kaura, Jemaa et Zangon Kataf, où vivent un grand nombre de chrétiens dans un Etat pratiquant l’islamrigoriste, sont en proie aux violences. Le Nigeria est découpé dans une symétrie quasi parfaite entre un Sud chrétien et un Nord musulman. Au centre, dans la Middle Belt (ceinture du milieu), les communautés se rencontrent et les tensions s’enveniment, sur fond de surpopulation, de pauvreté et d’accès aux terres arables. Elles ont monté depuis décembre, lorsque les Peuls – groupe nomade sahélien, hausaphone, aussi appelé Fulani – ont pris les armes pour venger le meurtre d’un de leurs chefs.

 

. 27 000 déplacés

Les représentants locaux de l’église catholique affirment que les violences ont déjà fait 800 morts parmi les chrétiens et 27 000 déplacés. 16 églises auraient été brûlées et 1 500 maisons détruites. Les forces de sécurité nigérianes ainsi que l’Agence nationale de gestion des urgences (Nema) ont démenti ce chiffre, mais avancent toutefois le nombre de 200 victimes. Les propriétés foncières, qui se multiplient au fur et à mesure que la population augmente et réduisent ainsi les espaces de pâturage pour les éleveurs nomades, sont à la source de ce conflit, exacerbant les haines ethniques, politiques et religieuses. Le gouverneur de l’Etat de Kaduna, Nasir el-Rufai, a mis en cause les nomades peuls étrangers qui traversent le Nigeria : les éleveurs parcourent une route traditionnelle de pâturages qui s’étend sur quatorze pays, du Cameroun à la Mauritanie.

 

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_ Des Peuls d’origines étrangères

D’après Ibrahim Abdullahi, représentant d’une association locale pour les nomades, des Peuls d’origines étrangères avaient perdu un grand nombre de têtes de bétail lors des violences post-électorales de 2011 (qui avaient fait 800 morts dans le nord du Nigeria, selon Human Rights Watch). Entendant leurs griefs, les autorités nigérianes leur ont versé une certaine somme d’argent pour endiguer la spirale des violences. Pour Sunday Ibrahim, secrétaire général de l’Association des chrétiens du Nigeria (CAN), cette décision est « contre-productive ». « Donner de l’argent aux éleveurs qui traversent le Nigeria et qui ont tué un grand nombre de personnes ne peut que les encourager à perpétrer des violences supplémentaires », a-t-il expliqué à l’AFP.

 

_ « Citoyens de seconde zone »

Les rancœurs contre les Peuls, nomades ou sédentaires, au sud de Kaduna, ne datent pas d’hier. Elles sont même ancestrales. Dès le début du XIXe siècle, sous l’empire peul du calife de Sokoto, les Peuls traitaient les autres ethnies « comme des citoyens de seconde zone », analyse Solomon Musa, de l’Union des peuples du Sud Kaduna. « Ils le font toujours et menacent une coexistence pacifique », dénonce-t-il. Benedicta Kato, auteur du Rapport des minorités pour le Nigeria, une organisation chrétienne extrémiste qui recense les violences à leur encontre, remarque que rien n’a changé, même après les conversions forcées au christianisme par les colons britanniques. 

« Ce sentiment d’oppression de nos ancêtres est toujours là », regrette-t-elle. Le gouvernement local de Kaduna tente d’assurer des droits égaux entre les différentes communautés, mais les tensions perdurent. En janvier, des milices chrétiennes ont mené contre le convoi de l’émir de Jemaa une embuscade dont il est sorti vivant.

 

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_ Une haine et des stéréotypes

Dans la ville de Kafanchan, hub économique de la région de Jemaa, les Peuls sédentarisés sont perçus comme ayant les meilleurs emplois. « Dans le sud de l’Etat de Kaduna, la pauvreté est institutionnalisée et les “indigènes” n’ont pas les mêmes opportunités », affirme Benedicta Kato. Un reproche aussitôt balayé par Abdullahi Sarkin Fada, à la tête de la garde royale de l’émirat de Jemaa, pour qui la minorité (chrétienne) « passe son temps à paresser et à boire, pendant que notre peuple se démène pour gagner sa vie ». « C’est pour ça qu’ils brûlent nos investissements, par jalousie, dans le but de nous chasser de la ville », lance l’homme, avec une haine et des stéréotypes qui ne semblent décidément pas s’apaiser avec les siècles. « Pendant les gouvernements militaires (jusqu’en 1999), les dirigeants ont instauré une politique de la peur », poursuit-il. « Mais c’était une cocotte-minute. »

 

Le Monde.fr avec AFP/ Le 27.02.2017/ Mis à jour le 27.02.2017/

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/02/27/le-nigeria-renoue-avec-les-violences-entre-nomades-et-agriculteurs_5086456_3212.html

 

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4 – Un rapport de l’ONU dresse un bilan accablant des violences qui ravagent la Centrafrique

 

Le recensement des crimes commis par toutes les parties prenantes des conflits qui minent le pays couvre près de treize années. La chronique des violences en République centrafricaine (RCA) donne le tournis, dans une relative indifférence et une totale impunité des auteurs malgré la gravité des crimes contre l’humanité commis dans le pays depuis des années. Pour le seul mois de mai, l’ONU a comptabilisé, jeudi 25 mai, « environ 100 000 nouveaux déplacés, 200 blessés et 300 morts » après des attaques sur les localités d’Alindao, Bangassou, Mobaye et Bria.

Le pays est entré dans un nouveau cycle de violences dont on ne peut prédire l’issue. Un de plus, peut-on dire sans se tromper. Pour s’en convaincre, il suffit de lire le « Mapping des violations graves du droit international des droits de l’homme et du droit international, humanitaires commises sur le territoire de la RCA de janvier 2003 à décembre 2015 », rendu public mardi, à Bangui.

 

Ce rapport de 386 pages demandé par le Conseil de sécurité de l’ONU résulte d’une enquête menée entre le 11 mai 2016 et le 31 mars de l’année suivante. Il ne comporte pas de scoop à proprement parler. L’objectif était de « collecter des informations de base et non de se substituer à des enquêtes approfondies sur les incidents découverts » tout en « mettant l’accent sur les auteurs de ces violations » et de proposer des mécanismes de justice pour mettre fin à l’impunité ainsi que de lister des axes prioritaires pour les futures enquêtes.

 

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_ Violences sexuelles systématiques

Le résultat est alarmant. Une suite quasiment ininterrompue de crimes commis dans ce vaste pays dont l’histoire est marquée « par une pauvreté chronique, des tensions ethniques, une instabilité politique généralisée, la corruption et le népotisme – facteurs qui ont favorisé une succession de conflits armés », rappellent les auteurs du rapport. Ce récit dramatique est découpé chronologiquement en partant de la chute d’Ange Félix Patassé en 2003, puis, jusqu’en 2008, la période de contestation violente du pouvoir de François Bozizé, la faillite du processus de paix qui s’en est suivi, ponctuée par la prise de pouvoir par les rebelles de la Séléka en 2013 et les ripostes des anti-Balaka.

 

La compilation de quelque 620 incidents graves – liste non exhaustive – montre qu’aucune partie, à chaque époque, n’a eu le monopole de la violence. Tous les camps – aussi bien les forces armées régulières que les innombrables mouvements rebelles prospérant dans le chaos centrafricain, voire « dans une moindre mesure des forces armées étrangères opérant dans le pays », tchadiennes notamment – se sont rendus coupables de ce que le rapport décrit comme pouvant relever de crimes de guerres et de crimes contre l’humanité : exécutions sommaires, violences sexuelles systématiques, pillages, incendies de villages, enrôlement d’enfants et de mercenaires, tortures, déplacements forcés, violation des droits politiques… Tout cela dans la plus parfaite impunité.

 

Toutefois, il ressort de cette comptabilité macabre que ces crimes n’ont jamais été si nombreux que lors de la dernière séquence ouverte en 2012 avec l’apparition de la Séléka, coalition de groupes rebelles majoritairement composés pour la plupart de Goula et de Rounga, deux communautés musulmanes du nord du pays. Cette période rassemble 361 incidents documentés sur les 632 retenus au cours de treize années. Ce conflit dégénéra plus encore avec l’apparition des anti-balaka, des milices d’autodéfense faisant la chasse aux Séléka et à l’essentiel des musulmans jugés complices des crimes de ces derniers. Aujourd’hui, le pays est globalement divisé en deux. Le sud et l’ouest aux mains des anti-balaka tandis que la Séléka contrôlait la plupart des régions de l’est et du nord.

 

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_ « Dynamique autodestructrice »

Le bilan est lourd : 3 003 civils tués entre décembre 2013 et octobre 2014. Des centaines de milliers de personnes déplacées dans un pays un peu plus vaste que la France mais qui ne compte que 4,5 millions d’habitants. « Face au nombre accablant de violations graves commises sur le territoire de la République centrafricaine, la réponse des gouvernements successifs s’est souvent avérée inappropriée et l’impunité a prévalu [contribuant] à alimenter les conflits armés cycliques », conclut le rapport. Il est dommage que le rapport n’évoque pas la réponse tout aussi « inappropriée » apportée par les différentes missions de l’ONU déployées en RCA durant toute la période couverte, ni le rôle de l’ancienne puissance coloniale française.

 

Comment en effet rompre le cycle de violences dans le cadre d’un pays où l’Etat n’est pas seulement failli mais également un fantôme tant son autorité et sa présence ne dépassent guère les frontières de la capitale ? Bangui ? Le ProjetMapping se félicite de la promulgation en juin 2015 d’une loi portant création d’une cour pénale spéciale avec mandat d’enquêter, de poursuivre et de juger les crimes résultant de violations graves des droits de l’homme. La mise en oeuvre de cette loi rencontre toutefois de nombreux obstacles. La faiblesse politique des nouvelles autorités élues en 2016 et le nouveau cycle de violences amorcé depuis quelques mois pourraient bien l’enterrer définitivement, continuant d’alimenter « cette dynamique autodestructrice » dénoncée par l’ONU et qui ne cesse d’entraîner la République centrafricaine vers le fond.

 

Par Christophe Châtelot/ LE MONDE Le 30.05.2017/ Mis à jour le 19.06.2017/

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/05/30/un-rapport-de-l-onu-dresse-un-bilan-accablant-des-violences-qui-ravagent-la-centrafrique_5135975_3212.html

 

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 5 – « La lecture exclusivement ethnique des conflits en Afrique est fallacieuse »

 

Hier au Rwanda ou aujourd’hui au Kenya, la dimension identitaire n’est qu’un vecteur parmi d’autres des crises, explique la chercheuse Sonia Le Gouriellec. Nous avons tous en tête le génocide rwandais, qui opposait deux ethnies : les Hutu et les Tutsi. D’avril à juillet 1994, entre 500 000 et 1 million de Rwandais périrent (800 000 selon l’ONU). En France, très tôt, ce conflit a fait l’objet de controverses. Sur le rôle qu’aurait pu jouer la France, mais surtout sur l’interprétation des causes du génocide.

 

La lecture ethnique est très rapidement venue se confronter aux lectures plus complexes sur les causes sociologiques, politiques, historiques et régionales du génocide. Selon cette première lecture, les Tutsi et les Hutu seraient destinés à s’affronter et les massacres seraient le résultat d’une opposition raciste héréditaire et pratiquement constitutive de l’ADN des Rwandais et, plus largement, des Africains, condamnés aux tueries et aux barbaries spontanées sans dimension politique ni instrumentalisation. Cette lecture n’est pas réservée uniquement aux conflits africains, mais l’explication ethnique se trouve être plus répandue concernant cette région du monde.

 

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_ Pas une cause unique de conflit

La littérature sur le lien entre ethnie et conflit est très riche et de nombreuses controverses ont opposé les analystes. Pour les uns, le continent africain serait « condamné » aux affrontements ethniques, et pour les autres, les ethnies n’existent pas et ne seraient que des groupes artificiels créés à des fins de manipulation ou de domination politique, notamment par le colonisateur. Nous ne nions pas l’existence d’« ethnies », au sens d’une « identité » distincte d’un autre groupe.

En revanche, il est aisé de démontrer que l’ethnie n’est pas une cause unique de conflit. Si tel était le cas, tous les groupes ethniques du monde seraient perpétuellement en conflit, alors que la plupart du temps ils vivent paisiblement côte à côte. Donc, l’ethnie seule n’est pas une cause de conflit. Cela ne veut pas dire que les appartenances identitaires ne sont pas cruciales dans la guerre. Elles peuvent même très certainement venir alimenter le conflit.

 

Pour Paul D. Williams, les analystes doivent s’intéresser à l’« ethnie plus », c’est-à-dire chercher les causes additionnelles aux conflits. L’ethnie n’est qu’un vecteur. Ce qui apparaît à première vue comme des combats entre ethnies est bien souvent entièrement lié à des luttes entre les élites, pour la puissance politique ou matérielle. Ainsi, au Soudan du Sud, le conflit était au départ une opposition entre élites pour l’accès au pouvoir, avant de se cristalliser sur l’appartenance ethnique et une opposition entre Dinka et Nuer. Ce conflit est devenu effectivement un conflit semblant de nature ethnique, mais sa cause est bien plus complexe.

 

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_ Difficultés de gouvernance

Parmi les causes des conflits, on retrouve ainsi les manipulations politiques, les crises politiques (assassinats politiques, entre autres), les crises économiques, comme l’accès aux ressources ou à la terre. Ainsi, en Ethiopie, la dimension ethnique est forte dans le conflit qui oppose les Oromo et les Amhara au régime éthiopien, mais c’est une erreur d’analyse que de réduire ces tensions à une question ethnique. Les Oromo, les Amhara et les Tigréens représentent chacun des groupes très hétérogènes.

Les contestations qui ont conduit à l’instauration de l’état d’urgence, en 2016, et à la répression de l’opposition trouvent leurs racines dans l’annonce par l’administration de la capitale, Addis-Abeba, d’intégrer plusieurs municipalités voisines à son plan d’extension urbaine, et donc d’empiéter sur la région Oromo. Les manifestants ne rejettent pas le fédéralisme ethnique en lui-même, mais le fait que le régime ne se soit jamais démocratisé et que les retombées économiques ne bénéficient pas à tous.

 

On retrouve les mêmes difficultés de gouvernance dans d’autres pays d’Afrique. Les dirigeants considèrent l’Etat comme leur bien personnel et s’accaparent ainsi les ressources du pays. Le statut de président devient celui de « big man », inspiré par une stratégie d’accumulation financière pour s’assurer une clientèle électorale dépendante. Le Kenya est un bon exemple de gouvernance dite néopatrimoniale, où l’ethnie constitue un mode de mobilisation commode pour les politiciens qui se disputent le pouvoir et les ressources attenantes à celui-ci.

 

Dans ce pays, les élections de 2007 ont conduit à la mort de plus 1 000 personnes et provoqué 350 000 déplacés. Les élections organisées le 8 août 2017 se sont déroulées dans un climat relativement serein. Néanmoins, la Cour suprême a décidé, le 1er septembre, d’invalider l’élection présidentielle au regard des irrégularités de la Commission indépendante électorale. Si cette décision est une avancée démocratique notable, dans l’immédiat, la réorganisation du scrutin a radicalisé les différents camps et ethnicisé les discours.

 

Les racines de l’amalgame patrimonial remontent à l’histoire du pays ; la colonisation britannique s’accompagnait en effet d’une ségrégation territoriale. L’accès à la propriété foncière était défini par l’appartenance communautaire. Claire Médard l’a démontré : « C’est bien l’existence d’inégalités matérielles et le fait que ceux qui en sont victimes les interprètent en termes ethniques alors qu’elles résultent d’un clientélisme politique, qui explique les violences récentes. » Au Kenya, les hommes politiques ont joué sur les réactions identitaires, mais ce sont des enjeux économiques et fonciers qui sont la véritable source des oppositions politiques.

 

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_ Critère racial

On le voit, l’approche uniquement ethnique exclut toute analyse des événements ayant conduit au conflit et les « dépolitise ». De quoi cette lecture est-elle le symptôme ? Comment expliquer qu’elle soit particulièrement répandue dans l’étude des conflits en Afrique ?

Il semblerait qu’au-delà des classifications identitaires, l’analyse dépend du rapport entre l’observateur et l’observé. La lecture exclusivement ethnique est, en partie, héritière des travaux sur l’anthropologie de la race, élaborée à la fin du XIXe siècle. Cette littérature refuse de penser le racisme en Afrique comme une idéologie construite politiquement et socialement. L’étude de la trajectoire du concept d’« ethnie » est particulièrement éclairante.

 

Les Grecs opposaient les « ethnè » et la « polis ». Les sociétés, unies par la culture mais non organisées en cités-Etats, étaient des « ethnè ». L’ethnologie serait littéralement la science des sociétés qui sont « a-politiques » et qui, à ce titre, ne peuvent être des « sujets » de leur propre histoire. Cette définition « négative » se perpétue dans la tradition ecclésiastique, qui appelle « ethnè » les païens, par opposition aux chrétiens. C’est à partir du XIXe siècle que le critère racial est intégré. Il faut noter que cette période correspond à la domination européenne sur le reste du monde.

Dans l’Essai sur l’inégalité des races humaines (1854), le comte de Gobineau utilise l’adjectif « ethnique » d’une façon ambiguë, le mot commençant à désigner par moments le mélange des races et la dégénérescence qui en résulte. Si l’usage du terme « ethnie » s’est popularisé au détriment d’autres mots comme celui de « nation », c’est sans doute qu’il s’agissait de classer à part certaines sociétés, en leur déniant une qualité spécifique.

 

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_ Jeux de pouvoir

Cette qualité, dont l’absence les rendait dissemblables et inférieures aux sociétés européennes, c’est l’historicité ; et, en ce sens, les notions d’« ethnie » et de « tribu » sont liées aux autres distinctions par lesquelles s’opère le grand partage entre anthropologie et sociologie : société sans histoire/société à histoire, société préindustrielle/société industrielle, société sans écriture/société à écriture.

 

Il convient de se méfier des explications simplistes et essentialistes où les conflits sont vus comme inhérents aux cultures africaines, déterminés uniquement par les identités. Pourtant, cette lecture continue d’être reprise et guide les commentaires sur les conflits en Afrique. Or, sur ce continent comme partout ailleurs, l’ethnie n’est pas une réalité figée ou immuable, mais au contraire se trouve en constante évolution. Elle est le fruit d’un continuel processus d’hybridation et de sédimentation historique. Il faut donc porter notre attention sur les jeux de pouvoir locaux, sur les relations internationales africaines et sur l’intégration du continent au grand jeu mondial. La lecture exclusivement ethnique est extrêmement réductionniste, très spéculative et profondément fallacieuse.

 

Par Sonia Le Gouriellec/ LE MONDE Le 26.10.2017/

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/10/26/la-lecture-exclusivement-ethnique-des-conflits-en-afrique-est-fallacieuse_5206416_3212.html

 

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6 – Ces crises post-électorales qui n’en finissent plus de ruiner l’Afrique

 

Le Gabon s’enfonce dans une crise politique durable. Pouvait-il en être autrement alors que de nombreux scrutins sont très violemment contestés sur le continent ?

À l’instar de l’élection présidentielle au Gabon, de nombreux scrutins ont été contestés et accompagnés de violences meurtrières en Afrique, même si certains pays ont connu des alternances réussies. S’il reste difficile de définir les origines de ces crises (politiques, contestations sociales, parfois ethniques), il est de plus en plus aisé d’en définir les acteurs et parfois de les condamner, comme en Côte d’Ivoire ou au Kenya (Uhuru Kenyatta et Laurent Gbagbo ont été convoqués devant la Cour pénale internationale après les violences dans leurs pays).

Pourtant, une question demeure dans tous les esprits : pourquoi réaliser des élections souvent dans la précipitation, en sachant très bien que cela risque de déboucher, tôt ou tard, sur une crise électorale, puisque les résultats seraient évidemment contestés par les perdants ? Preuve qu’au-delà de la crise électorale, il y a une crise structurelle à résoudre dans plusieurs pays africains.

 

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. 2007. Kenya, entre conflit ethnique et révolte politique

Après un vote pacifique le 27 décembre 2007, le Kenya s’est embrasé à l’annonce de la réélection du président Mwai Kibaki, contestée par le camp de son adversaire Raila Odinga, que les sondages donnaient gagnant. Des émeutes ont éclaté dans plusieurs bidonvilles de Nairobi et dans les grandes villes de l’Ouest, fiefs de M. Odinga. Les violences politico-ethniques ont fait quelque 1 300 morts et plus de 600 000 déplacés, selon des documents de la Cour pénale internationale.

En 1992 et 1997, les deux scrutins avaient été marqués par des violences. En 1992, des centaines de personnes avaient été tuées dans la vallée du Rift (Ouest) dans des violences interethniques.

 

. 2008. Au Zimbabwe, le face-à-face Mugabe/Tsvangirai dégénère

Après la victoire de l’opposition aux élections générales de 2008, les partisans de Morgan Tsvangirai ont été la cible d’une vague de violences (180 morts, selon Amnesty International). Tsvangirai s’est retiré avant le second tour de la présidentielle et son rival, Robert Mugabe, a été réélu lors d’un scrutin qualifié de « farce ». En mars 2002, la présidentielle, remportée par Mugabe, avait aussi été marquée par des violences.

 

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. 2011. Nigeria, difficile transition Nord/Sud

Des émeutes ont suivi la présidentielle d’avril 2011, faisant plus de 800 morts dans le Nord (HRW). Les violences ont éclaté après l’annonce de la victoire du sortant Goodluck Jonathan, un chrétien originaire du Sud, sur son rival, Muhammadu Buhari, un musulman du Nord. En avril 2007, les élections avaient aussi été marquées, selon l’opposition et les observateurs, par des fraudes et des violences. Au moins 39 morts selon le bilan officiel, au moins 200 selon l’Union européenne.

 

. 2011. Côte d’Ivoire : Gbagbo/Ouattara, duel politique à mort

Le pays a connu une crise née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de fin 2010 en faveur d’Alassane Ouattara. Arrêté en avril 2011, après deux semaines de guerre et quatre mois de crise, Gbagbo a été incarcéré à La Haye où il est jugé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité. La crise post-électorale a fait quelque 3 000 morts. En 2000, à l’issue d’une élection controversée dont avait été exclu Ouattara, Robert Gueï s’était proclamé vainqueur après avoir fait arrêter le décompte des voix. Gbagbo s’était alors proclamé vainqueur et avait appelé ses partisans à descendre dans la rue. Le général Gueï est renversé par un mouvement populaire et Gbagbo investi après des violences.

 

. 2011. République démocratique du Congo : Joseph Kabila, l’impossible synthèse

Fin 2011, les élections présidentielle et législatives, organisées de façon chaotique et entachées de nombreuses irrégularités, ont été précédées et suivies de violences. Un rapport de l’ONU, dénoncé par Kinshasa, a fait état d’une trentaine de morts. Il accusait les forces de défense et de sécurité de RDC de « graves violations » des droits de l’homme. Le chef de l’État sortant Joseph Kabila a été officiellement réélu, mais l’opposant Étienne Tshisekedi, classé deuxième de la présidentielle, a rejeté ces résultats. Le pays traverse depuis une crise profonde.

 

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. 2005. Togo, une élection traumatisante pour les populations

Lors de la présidentielle de 2005, à la suite du décès de Gnassingbé Eyadéma, des violences ont ensanglanté le pays après l’annonce de la victoire de l’un de ses fils, Faure Gnassingbé. Elles ont fait 400 à 500 morts et des milliers de blessés, selon l’ONU.

 

. 2001. Madagascar, de la crise post-électorale à la transition

En 2001-2002, une crise politique, marquée par des manifestations, a paralysé le pays. Didier Ratsiraka a contesté la victoire de son rival, Marc Ravalomanana, au premier tour de la présidentielle de fin 2001, et répondu à l’autoproclamation de son rival par une confrontation qui a dégénéré en affrontements faisant plusieurs dizaines de morts.

 

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. 2009. Gabon : bras de fer entre Ali Bongo et André Mba Obame

Déjà en 2009, la proclamation de la victoire d’Ali Bongo, fils du défunt Omar Bongo, à la présidentielle avait été contestée par l’opposition et suivie de trois jours d’émeutes notamment à Port-Gentil. Les violences avaient fait officiellement trois morts, au moins 15 selon l’opposition.

 

PAR LE POINT AFRIQUE (AVEC AFP)/ Publié le 06/09/2016/ Modifié le 06/09/2016/ Le Point Afrique

 

http://afrique.lepoint.fr/actualites/ces-crises-post-electorales-qui-n-en-finissent-plus-de-ruiner-l-afrique-06-09-2016-2066275_2365.php

 

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7 – Les nouvelles « cyberarnaques » africaines

 

Les réseaux de cybercriminalité se sont renforcés en Afrique de l’Ouest, selon une étude parue jeudi et réalisée par Interpol et Trend Micro. C’est une autre menace technologique, invisible et sournoise. En Afrique de l’Ouest, les réseaux de cybercriminalité se sont considérablement renforcés et structurés ces dernières années. Ce ne sont plus seulement des amateurs utilisant des techniques basiques depuis des cybercafés mal équipés pour échapper à la pauvreté. Désormais, des experts bien formés lancent des offensives pour piller des individus ainsi que des entreprises de la région et d’ailleurs, selon l’étude réalisée conjointement par Interpol et le laboratoire de sécurité informatique japonais, Trend Micro, rendue publique jeudi 9 mars.

 

Une variable explique en partie la sophistication de ces nouveaux réseaux mafieux : plus de la moitié des 10 millions de diplômés des 668 universités de la région englobant la dizaine de pays situés en Afrique de l’Ouest ne trouvent pas d’emplois. Et de Bamako à Accra, en passant par Abidjan, Cotonou et Lagos, près de 50 % des gangsters œuvrant sur les territoires numériques sont des chômeurs.

 

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_ Les « Yahoo boys », de redoutables amateurs

Une nouvelle génération de cybercriminels ouest-africains a émergé. Elle se compose de jeunes diplômés sans emploi, regroupés pour certains au sein de gangs virtuels, qui se vantent sur les réseaux sociaux de leurs cyberbraquages, échangent leurs techniques d’arnaques classiques et sophistiquées dans le monde réel. La plupart d’entre eux ont entre 19 à 39 ans. Selon Interpol et Trend Micro, ils se répartissent en deux catégories.

 

D’un côté, les « Yahoo boys » – du nom des outils gratuits du grand groupe de l’Internet américain qu’ils utilisaient autrefois. Ces novices du piratage informatique maîtrisent les outils et les techniques simples mais éprouvés depuis bientôt deux décennies pour séduire leurs proies en ligne, qu’ils tentent de harponner par e-mails. Ils n’inventent rien, n’innovent pas mais recyclent et améliorent continuellement – notamment dans la formulation et l’orthographe – les stratagèmes d’envoi de courriels de séduction, de propositions d’affaires ou des invitations à payer pour débloquer d’importantes sommes sur des comptes en banque. Cette « arnaque nigériane » a même hérité d’un nom de code, le « scam 419 » (scam est un mot anglais qui signifie « arnaque »), du nom de la loi 419 du code pénal nigérian qui tente de la combattre.

 

Le plus souvent, ces « Yahoo boys » orchestrent plusieurs tentatives de fraudes en même temps et varient les scénarios. Ces gamins aiment à musarder sur les réseaux sociaux, à commencer par Facebook. Ils y repèrent régulièrement leurs victimes en utilisant de faux comptes. Et ils exhibent sur leurs pages officielles leurs butins transformés en bouteilles de champagne, montres, voitures et autres objets de luxe.

 

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_ Les barons du cybercrime

D’un autre côté, les « cybercriminels en chef », eux, bénéficient de l’expérience de « Yahoo boys » qu’ils furent autrefois. Ils ont, au fil des années, acquis des connaissances informatiques sur le terrain ou, pour certains, sur les bancs des universités. Et disposent désormais d’un certain entregent. Ces barons de la cybercriminalité ont recours à des logiciels plus complexes, qu’ils acquièrent à peu de frais dans les tréfonds de l’Internet : le Dark Web. Là, ils se fournissent auprès de hackeurs d’origine russe pour la plupart, selon la dernière étude d’Interpol et de Trend Micro.

 

Leurs offensives nécessitent plus de temps et de compétences. Ils utilisent notamment des logiciels spécifiques, comme des key loggers (espionnage de frappe au clavier), des RATS (Remote Access Tools – prise de contrôle à distance), mais aussi des outils plus sophistiqués d’envoi automatique d’e-mails, et désormais d’autres techniques plus élaborées de phishing (« hameçonnage ») ou de crypto lockers (racket par verrouillage de l’ordinateur). Cet arsenal de piraterie informatique s’installe habituellement sur les ordinateurs des victimes, à leur insu, grâce à des virus, malwares et chevaux de Troie dissimulés dans des e-mails de spam (pourriels).

 

Elles ciblent en priorité des entreprises aux Etats-Unis d’abord (11 % des attaques) puis en Chine (10 %) et en Inde (5 %). Ces e-mails conçus pour piéger les entreprises sont de plus en plus élaborés : arnaques aux dirigeants de société, demandes d’ordres de virement ou de changements des identifiants bancaires… Plus de 400 entreprises sont ainsi ciblées chaque jour dans le monde par ces e-mails visant à gagner la confiance par « ingénierie sociale », selon le FBI.

 

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_ Nigeria, épicentre de la cybercriminalité africaine

Selon les autorités africaines, désormais préoccupées par les ravages de la cybercriminalité, il est temps d’agir. Les estimations varient selon les sources, mais plusieurs centaines de millions de dollars sont détournées par des cybercriminels chaque année sur le continent. La société d’antivirus, Kaspersky, prétend avoir neutralisé 49 millions de cyberattaques en Afrique, en 2014. Pour se faire une idée des sommes détournées, il faut se plonger dans les études annuelles de l’IC3, (Internet Cyber Crime Center), une entité dépendant du FBI américain. On y apprend qu’en 2015 près de 31 000 victimes d’escroqueries classiques, comme celles pratiquées par les « Yahoo boys » africains, s’étaient fait délester de près de 50 millions de dollars.

 

Une étude menée en 2016 par le cabinet de sécurité Symantec met en exergue l’importance du Nigeria dans cette économie criminelle. Pas moins de 46 % des e-mails envoyés à des fins cybercriminelles proviennent de ce seul pays. Dans son ouvrage sur le crime organisé au Nigeria (Hurst, 2016, non traduit), le chercheur Stephen Ellis relate avec précision la dissémination des réseaux de cybercriminels nigérians opérant en Afrique du Sud, en Côte d’Ivoire, en Grande-Bretagne ou en Australie« Il y a même des collèges privés à Lagos [capitale économique du Nigeria] qui proposent des cours de fraudes à la carte de crédit et d’autres techniques [de cybercrimes]. » 

 

Ces enseignements sont facturés 70 000 nairas (210 euros) et sont dispensés le plus souvent la nuit. Plusieurs cybercriminels arrêtés au Nigeria en 2009 et 2010 étaient en contact régulier avec des hackeurs lituaniens et russes, spécialistes des arnaques et du piratage de comptes bancaires. Le 1er août 2016, Interpol annonçait l’arrestation de « Mike », le « Prince nigérian » de cette industrie criminelle. A lui seul, il aurait détourné plus de 60 millions de dollars, dont plus du quart au préjudice d’une seule entreprise.

 

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_ Impunité et rites mystiques

« Nous avons un sérieux problème dans la région en matière de cybersécurité et plusieurs de nos pays sont listés en haut des classements internationaux en matière de cybercrimes », constate Isaias Barreto da Rosa, commissaire de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), qui s’apprête à lancer un programme de lutte contre la cybercriminalité. En Afrique de l’Ouest, la cybercriminalité est de plus en plus souvent entrée dans les mœurs. Elle est même encouragée dans certaines sociétés où des rites mystiques protègent les cybercriminels. C’est le cas du sakawa, au Ghana, un rituel lors duquel des chefs traditionnels et féticheurs apportent leur bienveillance à ces transactions électroniques illégales. Mais c’est au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, que les réseaux de cybercriminalité se sont le plus développés.

 

Les Etats de la Cedeao restent mal équipés et démunis face à cette menace. Pourtant, les plaintes de victimes ouest-africaines de ces cybercriminels ont augmenté ces dernières années, passant de 940 en 2013 à 2 182 deux ans plus tard. Le taux d’arrestations, lui, stagne à 30 %, selon l’étude d’Interpol et de Trend Micro, ce qui renforce le sentiment d’impunité de la part des cybercriminels, futures recrues des mafias africaines de demain.

 

Par Olivier Dumons et Joan Tilouine/ LE MONDE Le 09.03.2017/ Mis à jour le 09.03.2017/

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/03/09/les-nouvelles-cyber-arnaques-africaines_5092106_3212.html

 

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8 – Côte d’Ivoire : Une lutte de façade contre la corruption

 

La Côte d’Ivoire dispose d’une Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance mais on se demande à quoi elle sert vraiment sachant que son président est nommé par le président de la république et qu’elle dispose de bien peu d’informations pour mener à bien sa mission. Dans son article, Safiatou Ouattara, s’insurge contre le fait que les déclarations obligatoires de patrimoine pour les gouvernants soient totalement secrètes. A quoi bon faire une déclaration si l’information n’est pas mise à la disposition des journalistes et de la société civile pour qu’ils puissent jouer leur rôle de contrôle ? Pire, ce secret renforce le pouvoir du Président de la république qui peut utiliser ces informations comme objet de chantage. Bref, cette opacité n’est pas favorable à la bonne gouvernance. La corruption risque avoir la vie longue en Côte d’Ivoire.

 

Dans la lutte contre la corruption, le suivi et le contrôle des patrimoines des gouvernants sont indispensables. D’où l’instauration de la déclaration de patrimoine à laquelle doivent se soumettre le Président de la République, les chefs et les présidents des institutions, les membres du gouvernement, les personnalités élues, les gouverneurs et vice-gouverneurs de district, les membres de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance ou toute autre personne agissant pour le compte de l’Etat et utilisant, dans le cadre de ses fonctions, les moyens financiers de l’Etat. (Article 5 de l’ordonnance n°2013-660 du 20 septembre 2013 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption). Ces déclarations de patrimoines peuvent-elles être un moyen efficace de lutte contre la corruption ?

 

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_ Une transparence gardée secrète….

La lutte contre la corruption ne saurait se faire sans la traçabilité, le suivi et le contrôle des patrimoines des gouvernants. C’est pourquoi, la déclaration de patrimoine est devenue incontournable. Toutefois, il ne suffit pas d’adopter la déclaration de patrimoine pour arriver à bout de la corruption des hauts fonctionnaires de l’Etat. En effet, l’article 9 de l’ordonnance n°2013-660 du 20 novembre 2013 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption confère un caractère confidentiel à cette déclaration. Cela constitue un réel danger à plusieurs niveaux. D’abord, cela viole l’esprit de la déclaration de patrimoine qui est la transparence.

 

La confidentialité des déclarations de patrimoines met un voile sur la transparence. Ensuite, elle prive d’information les médias et la société civile, ce qui les empêche de suivre et contrôler les patrimoines de leurs gouvernants pendant et après leurs fonctions. Enfin, le secret de la déclaration de patrimoine pourrait devenir une épée de Damoclès dans la main du Président de la république contre les récalcitrants et ceux qui lui tiennent tête. Puisque les citoyens ne connaissent pas le contenu les patrimoines déclarés, il est donc aisé de fomenter un coup contre ‘’les indésirables’’ en les accusant de corruption et en brandissant des éléments que ni les médias ni les populations ne peuvent démontrer ou démonter.

 

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_ Une transparence bien opaque

Les médias publics ivoiriens couvrent régulièrement les cérémonies de déclarations de patrimoine des personnalités et hauts fonctionnaires. Cependant, les patrimoines déclarés par les personnalités sur lesquelles pèsent de graves soupçons de détournement de fonds publics non élucidés ne sont pas passés au scanner par la Haute Autorité à la Bonne Gouvernance (HABG) pour infirmer ou confirmer ces soupçons.

 

Parmi ces personnalités deux méritent une réelle interrogation. L’actuel conseiller spécial du président de la République chargé des affaires juridiques, institutionnelles et politiques, Monsieur Cissé Bacongo qui, lors de son mandat de ministre de l’enseignement supérieur en 2013, avait été sous le feu des projecteurs dans le scandale de la réhabilitation des universités publiques. Il était soupçonné par les uns d’avoir détourner des milliards de francs CFA tandis que pour d’autres l’on cherchait à le salir. Le directeur administratif et financier de son ministère avait été alors limogé.

 

Quant à l’actuel Président du conseil, économique, social, environnemental et culturel, Charles Koffi Diby qui a récemment mis à jour sa déclaration de patrimoine ; il avait été accusé d’enrichissement illicite et de conflit d’intérêt dans l’attribution de marchés publics par le journal l’Eléphant déchaîné dans non numéro 105 du 16 novembre 2012. Ministre de l’économie et des finances à l’époque des faits, Charles Koffi Diby selon les résultats des investigations de ce journal, était propriétaire de 22 sociétés, toutes gérées par les membres de sa famille restreinte et ayant raflé tous les appels d’offre lancés par son ministère. Avec plusieurs maisons de luxe en France, des Hôtels à Abidjan et ailleurs ; Charles Koffi Diby affiche une fortune personnelle estimée à plus de 50 milliards de francs CFA. L’accusé n’a jamais pu porter la contradiction au journal l’ayant incriminé.

 

Les patrimoines de ces deux personnalités ont-ils été minutieusement vérifiés par les services de la HABG ? Les populations ivoiriennes méritent de savoir si ces deux personnalités (pour ne parler que d’elles) sont coupables des faits qui leurs ont été reprochés afin qu’elles subissent la rigueur de la loi ou si elles sont innocentes afin que leurs réputations soient blanchies et qu’elles puissent être dédommagées.

 

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_ Aucune indépendance de l’organe de contrôle

Pour rendre les déclarations de patrimoine plus efficaces et en faire un véritable moyen de lutte contre l’enrichissement illicite des agents de l’Etat, la HABG devrait jouir d’une pleine indépendante et avoir une stratégie pragmatique. Malheureusement, elle est rattachée au Président de la république, ses dix membres dont nombre n’ont aucune expérience du domaine viennent de divers secteurs et son chef est nommé par le Président de la république. Pour renforcer son indépendance, il serait judicieux de la rattacher au parlement ce qui lui donnerait les coudées franches pour contrôler tous les patrimoines y compris celui du Président de la république. Il faudrait revoir sa composition pour y faire siéger des personnes reconnues pour leur probité et intégrité. Dans ce sens, des représentants des médias et des ONG œuvrant dans le domaine de la bonne gouvernance pourraient y siéger.

 

De plus, son président devrait être désigné par ses membres ainsi que son budget inscrit à la loi de finance et adopté en même temps que le budget de l’Etat pour lui permettre un bon déroulement de ses activités. Dans sa stratégie, la HABG devrait, dans un premier temps, limiter la déclaration de patrimoine aux personnalités politiques et hauts fonctionnaires les plus stratégiques. Ainsi, elle aurait le temps de bien mener toutes les investigations nécessaires pour que le contrôle soit plus efficace. Une fois, le système bien huilé, elle pourrait alors élargir graduellement la liste.

 

Les déclarations de patrimoines faites de façon confidentielle ne contribuent pas à lutter efficacement contre la corruption. Cette manière de lutter contre la corruption n’est rien d’autre qu’un feu de paille. Il est donc nécessaire de rendre la déclaration de patrimoine publique et de réformer la Haute Autorité à la Bonne Gouvernance afin qu’elle soit réellement indépendante et adopte une stratégie pragmatique de travail. Sans cela, la corruption continuera de régner en maître en Côte d’Ivoire.

 

Safiatou Ouattara, chercheure ivoirienne./ Article publié en collaboration avec Libre Afrique./ Afrik.com/ MISE À JOUR  20 DECEMBER, 2017/ AUTRE PRESSE BY JAKE COULIBALY/ CÔTE D’IVOIRE

 

https://www.akody.com/cote-divoire/news/cote-d-ivoire-une-lutte-de-facade-contre-la-corruption-314534

 

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9 – Les défis qui attendent l’Union africaine en 2018

 

Corruption, gouvernement, financement : les dossiers s’amoncellent sur la table des chefs d’État réunis pour le 30e sommet de l’UA, qui se tient jusqu’au 29 janvier. Lutte contre la corruption et observation des élections 2018, c’est le vaste programme sur lequel s’apprêtent à plancher les chefs d’État africains, les 28 et 29 janvier à Addis-Abeba. Le président rwandais Paul Kagamé mènera les débats, puisqu’il reprendra la présidence de l’Assemblée, assurée en 2017 par Alpha Condé, président de la Guinée.

 

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_ Objectif 2018 : éradiquer la corruption

Le thème à l’honneur cette année : « Gagner la lutte contre la corruption : un chemin durable vers la transformation de l’Afrique ». C’est peu dire que ce thème est en parfaite adéquation avec l’actualité de certains chefs d’État présents. À commencer par le Sud-Africain Jacob Zuma, englué dans une série d’affaires de corruption et de fraude. Mais, au-delà des dirigeants, le problème touche une grande partie des Africains, dans toutes les strates de la société. C’est ce qui ressort du dernier Index sur la perception de la corruption réalisé par l’ONG Transparency International. Et parmi les plus mauvais élèves en la matière, le rapport cite la Somalie, le Soudan du Sud ou encore la Guinée-Bissau. Mais l’étude, qui se base sur des données de l’année 2016, montre aussi que plusieurs pays s’en sortent bien.

 

Le Botswana est classé 35e sur 176 pays étudiés, avec un index de 60 sur 100, 0 étant le score le plus mauvais. Il est suivi de près par le Rwanda, classé 50e, avec un index de 54 sur 100. Quant à la Namibie, elle s’en sort avec la 53e place, avec un index de 52. Pour que ces chiffres soient contagieux au reste du continent, l’UA devra de fait s’attaquer aux facteurs principaux de la corruption. Dans son rapport 2016 sur le sujet, la Commission économique pour l’Afrique explique que « l’absence de bonne gouvernance » engendre « des institutions faibles, un équilibre des pouvoirs inefficace, des cadres juridiques et réglementaires insuffisants, et des mécanismes d’exécution peu efficaces ».

 

Autant de facteurs qui favorisent la corruption. Le dernier indice général Mo Ibrahim sur la gouvernance 2017 met dans le fond de son classement, en adéquation avec l’index de Transparency International, la Somalie, le Soudan du Sud et l’Érythrée.

Avec ce thème, l’UA met donc les pieds dans le plat et semble s’imbriquer dans une dynamique déjà amorcée par plusieurs dirigeants. Le président ghanéen Nana Akufo-Addo a, par exemple, promulgué début janvier un projet de loi portant sur la création du nouveau Bureau du procureur spécial (OSP). Autrement dit, un organisme dédié chargé d’enquêter sur les affaires de corruption et qui pourrait viser les fonctionnaires, des politiques ou des personnes issues du privé. Au Tchad, c’est par le biais d’un numéro vert que la population pourra dénoncer des actions de corruption. Un projet présenté à N’Djaména il y a quelques jours.

 

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_ Surveiller les élections

Autre question abordée par les chefs d’État, celle des élections 2018. Cette année, pas moins de dix-huit scrutins électoraux se dérouleront sur le continent. Et parmi eux, celui du Zimbabwe, tout juste investi d’Emmerson Mnangagwa après l’éviction de Robert Mugabe, le nouveau président a annoncé, le 24 janvier, la tenue d’élections présidentielle et parlementaires « avant juillet », précisant son souhait d’avoir des « élections libres, justes, crédibles et qui ne soient pas entachées de violence ». Une promesse que l’UA devrait s’atteler à faire respecter.

 

Pour l’ONG International Crisis Group, l’organisation panafricaine n’aura d’autre choix que de « pousser le gouvernement à nettoyer les listes électorales, de prévoir un mécanisme de contrôle indépendant de la Commission électorale zimbabwéenne et de créer un environnement politique dénué de violence, d’intimidation et de propagande ». Un coche à ne pas louper pour l’UA. Le bon déroulement d’élections libres au Zimbabwe sous son égide est une opportunité pour l’institution d’agrandir son influence en prouvant son efficacité.

 

Plus épineuse, la mise en place de scrutins en République démocratique du Congo (RDC). La commission électorale du pays a fixé des élections le 23 décembre 2018, en dépit de l’accord de la Saint-Sylvestre, qui les avait prévues en décembre 2017. L’UA a donc près d’un an devant elle pour renforcer ses efforts de diplomatie en RDC. « Mener une action concertée et coordonnée, fondée sur un nouveau calendrier, un vote crédible, l’ouverture de l’espace politique et la garantie que la Constitution ne sera pas amendée pour permettre à Kabila de renouveler son mandat », autant de tâches auxquelles l’organisation va devoir s’atteler, selon International Crisis Group. Encore une fois, son rôle dans la résolution de la crise pourrait lui permettre de peser davantage sur l’échiquier des puissantes institutions mondiales.

 

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_ Zone de libre-échange et open sky africain

En dehors de ces préoccupations, les chefs d’État devraient également aborder des sujets d’ordre économique. Et en premier lieu celui de la création d’une zone de libre-échange continentale (ZLEC), incluant les 54 États. Elle abolirait les barrières tarifaires et douanières entre les pays, permettant à 1,2 milliard de consommateurs de renforcer la compétitivité africaine. Le projet, évoqué pour la première fois en 2012 lors de la 18e session ordinaire de la Conférence de l’UA, devait originellement être mis sur pied en 2017. Les négociations avancées de ces dernières années – en 2016 s’est tenu le troisième forum de négociation de la ZLEC à Addis-Abeba – permettront peut-être au projet de voir le jour en 2018.

 

Autre projet que porte le président de la Commission de l’UA Moussa Faki Mahamat, la libéralisation du ciel du continent. L’open sky africain, inscrit parmi les douze projets prioritaires de l’Agenda 2063, sera donc lancé le 28 janvier, 23 pays du continent ayant déjà donné leur accord. Le « Single African Air Transport Market » (SAAT) stimulera « les investissements transfrontaliers dans les industries de production et de services, y compris le tourisme, qui ont permis la création de 300 000 emplois directs supplémentaires et de deux millions d’emplois indirects », a déclaré la commissaire en charge des infrastructures et de l’énergie à la Commission, Amani Abou Zeid, dans un communiqué de presse de l’organisation.

Une mesure qui inquiète les compagnies aériennes locales et dont l’application est menacée par le déséquilibre qui existe entre les différents marchés. En effet, environ 70 % du ciel africain est dominé par des compagnies non étrangères.

 

PAR MARLÈNE PANARA/ Publié le 27/01/2018 / Le Point Afrique

 

http://afrique.lepoint.fr/actualites/les-defis-qui-attendent-l-union-africaine-en-2018–27-01-2018-2190084_2365.php

 

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10 – Soupçons sur la Cour pénale internationale

_ Le procès de Laurent Gbagbo révèle les failles de la juridiction

 

Le 21 mars 2016, la Cour pénale internationale a déclaré l’ancien vice-président congolais Jean‑Pierre Bemba coupable de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre en Centrafrique. Mais c’est seulement son quatrième jugement en quatorze ans. Et les péripéties du procès de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, ouvert au début de l’année, entament son crédit déjà fragile. En ce 28 janvier 2016, la Cour pénale internationale (CPI) lève le rideau sur une nouvelle pièce de son répertoire : le procès de M. Laurent Gbagbo débute à La Haye. L’ancien président ivoirien est accusé de crimes contre l’humanité commis lors de la crise postélectorale de 2010-2011. Il comparaît avec son ancien ministre de la jeunesse Charles Blé Goudé. Trois mille personnes auraient péri durant les événements (1). Pour la CPI, il s’agit d’une « affaire d’envergure (2) » : M. Gbagbo est le premier ex-chef d’Etat à comparaître devant elle.

 

Cependant, lors de la troisième journée d’audience, les avocats ne se livrent pas à la traditionnelle défense de leur client. Bien au contraire : ils accusent. Ils reprochent à la CPI de mener une procédure partiale et de vouloir protéger coûte que coûte un secret de Polichinelle : lors de la crise postélectorale, des crimes ont également été commis par les forces de M. Alassane Ouattara, alors adversaire de M. Gbagbo et actuel président de la Côte d’Ivoire. Or la procureure, la Gambienne Fatou Bensouda, n’a rien fait pour éclairer cette partie des événements. Elle s’est exclusivement consacrée à M. Gbagbo, poursuivi pour quatre chefs d’accusation : la répression de la marche pacifique du 16 décembre 2010 devant le bâtiment de la Radiodiffusion-télévision ivoirienne (RTI), l’attaque lancée contre la manifestation des femmes dans le nord d’Abidjan le 3 mars 2011, le bombardement du marché d’Abobo le 17 mars 2011 et les violences commises par ses partisans dans le quartier de Yopougon à Abidjan le 12 avril 2011.

 

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Après quatorze ans d’existence, la CPI fait figure d’accusée principale dans ce procès. La procédure lancée contre l’ancien président ivoirien agit comme un miroir grossissant des failles d’une juridiction qui, à sa naissance, avait pourtant suscité de grands espoirs. Sera-t-elle le tombeau d’un rêve séculaire : en finir avec l’impunité des autorités politiques et militaires jusqu’au sommet des Etats (3) ?

 

Complémentaire des juridictions nationales, la CPI n’est compétente que si les poursuites se révèlent impossibles dans le pays concerné, soit parce que les autorités y mettent de la mauvaise volonté, soit parce que le système judiciaire national n’est pas en mesure de rendre efficacement la justice. Cette complémentarité a souvent été considérée comme une règle discriminatoire : les pays visés par les poursuites internationales sont les Etats les plus pauvres, les plus faiblement administrés, et notamment ceux du continent noir. Jusqu’en 2015, les procédures n’ont concerné que des Africains. C’est dans ce contexte que l’Union africaine a, lors de son sommet du 31 janvier 2016, accepté d’étudier l’idée d’un retrait collectif de ses Etats membres de la CPI.

 

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_ « Tribunal de l’Afrique » ?

De surcroît, le procureur peut décider des enquêtes et des poursuites de façon discrétionnaire et sur la base de critères subjectifs. La sélection qu’il opère apparaît, en pratique, très suspecte : aucun crime international impliquant directement ou indirectement les Etats les plus puissants n’a encore fait l’objet d’investigations. Membre de la CPI depuis le 1er avril 2015, la Palestine a transmis une première série de documents au procureur concernant la colonisation israélienne en Cisjordanie, l’offensive contre Gaza en 2014 et le sort des prisonniers palestiniens.

 

Mais aucune « situation », comme on dit dans le jargon de la CPI pour désigner les affaires traitées, n’a pour l’instant été déférée. Il en est de même pour les crimes commis en Irak en 2003 par les militaires ressortissants des Etats parties à la CPI, notamment le Royaume-Uni. Trois membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, les Etats-Unis, la Russie et la Chine, ne reconnaissent toujours pas la CPI ; Israël non plus. Mais il suffit que l’Etat où les crimes ont été commis la reconnaisse, ou que l’accusé soit ressortissant d’un Etat partie, pour qu’elle soit compétente.

 

A l’occasion de la procédure concernant la Côte d’Ivoire, les allégations de partialité se font de plus en plus vives. En 2013, Amnesty International évoquait déjà une « loi des vainqueurs (4 ».Plus récemment, Human Rights Watch soulignait l’importance primordiale de voir la CPI « progresser dans ses enquêtes sur les forces pro-Ouattara (5 ». Face aux crimes des partisans de M. Ouattara, « connus de tous », comme le dit l’avocat Emmanuel Altit, pourquoi la procureure reste-t-elle inactive ? Elle a notamment passé sous silence le rôle joué par les forces françaises dans la chute de M. Gbagbo et l’installation au pouvoir d’un homme politique connu pour son amitié avec le président d’alors, M. Nicolas Sarkozy.

 

Aucun militaire ou civil français n’est d’ailleurs cité à la barre des témoins (6). Au printemps 2013, le dossier contre M. Gbagbo était si mince que la chambre préliminaire de la CPI avait demandé à la procureure des « preuves additionnelles »,obligeant Mme Bensouda à revoir en toute hâte sa copie afin d’éviter un humiliant abandon des charges. Et Me Altit de lâcher les mots qui fâchent : « procès politique ».

 

Le rôle de la France dans la chute de M. Gbagbo suscite de nombreuses interrogations. Le 2 février 2016, la juge d’instruction française Sabine Kheris a demandé le renvoi devant la Cour de justice de la République des anciens ministres Dominique de Villepin, Michèle Alliot-Marie et Michel Barnier. Ils auraient permis la fuite de mercenaires biélorusses soupçonnés d’avoir bombardé le camp de Bouaké en 2004. Neuf soldats français de la force d’interposition avaient péri, et Paris avait profité de l’émotion suscitée par cette attaque trouble pour « riposter » en détruisant la flotte aérienne ivoirienne. Pour les partisans du président déchu, la France cherchait en fait un prétexte dans une stratégie visant à éliminer M. Gbagbo (7).

 

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La procureure Bensouda se contente de réclamer la patience, en indiquant que d’autres enquêtes seront diligentées. Elle invoque également le manque de moyens de la CPI : soixante enquêteurs seulement. De fait, des témoignages flous et contradictoires, des dossiers bouclés à partir d’informations de seconde main (des rapports d’associations, par exemple) conduisent régulièrement à l’abandon de procédures. Le Kényan Francis Muthaura et le milicien congolais Mathieu Ngudjolo Chui ont ainsi échappé au glaive de la justice internationale.

 

La CPI a été conçue comme une « cour de sécurité (8) », un tribunal qui ne remplit pas seulement une fonction judiciaire. Elle est également dotée d’une finalité pacificatrice : les crimes relevant de sa compétence sont considérés comme menaçant « la paix, la sécurité et le bien-être du monde » (préambule du statut de Rome, qui la fonde). Mais, souligne Human Rights Watch, « comment peut-il y avoir réconciliation si la justice n’est pas impartiale (9 ? ».Que se passera-t-il en Côte d’Ivoire si M. Gbagbo est condamné sur des bases aussi fragiles ou si, après un acquittement spectaculaire, il rentre à Abidjan sous les vivats (10) ? L’attente sera cependant encore longue : le procès devrait durer quatre ans. Pour l’heure se déroule la première étape de la procédure : les interrogatoires des témoins de l’accusation.

 

Mais l’odyssée procédurale de la Côte d’Ivoire révèle une autre faille : la dépendance de la Cour vis-à-vis de la coopération des Etats. Mme Simone Gbagbo, épouse de l’ex-président, fait elle aussi l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI, délivré le 29 février 2012, pour crimes contre l’humanité. Cependant, le gouvernement ivoirien refuse de remettre l’accusée à la Cour. En visite à Paris le 4 février 2016, M. Ouattara a même affirmé que la Côte d’Ivoire ne livrerait plus un seul Ivoirien à La Haye, la CPI ayant « joué le rôle qu’il fallait ». Mais comment expliquer que la justice nationale soit considérée comme opérationnelle pour Mme Gbagbo et pas pour son époux ? L’ancienne première dame a en effet été condamnée par un tribunal d’Abidjan, le 10 mars 2015, à vingt ans de réclusion pour « attentat contre l’autorité de l’Etat, participation à un mouvement insurrectionnel et trouble à l’ordre public ».

 

Aucun procès ne peut débuter sans la présence de l’accusée. Or la Cour ne peut pas compter sur un service international de police. Plusieurs « situations » de la CPI demeurent donc en suspens en raison du manque de coopération des Etats concernés (11). Certaines affaires ont été clôturées faute d’avoir reçu des Etats des documents déterminants. M. Joseph Kony, milicien ougandais accusé de crimes contre l’humanité, reste ainsi « introuvable » depuis 2004. De même, l’abandon, en 2013, des poursuites à l’encontre de M. Uhuru Kenyatta, président du Kenya, est en partie dû à un manque de preuves, le gouvernement kényan ayant toujours refusé de remettre à la CPI certaines pièces du dossier.

 

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Le président soudanais Omar Al-Bachir, qui fait l’objet de deux mandats d’arrêt, continue de mener une vie publique sereine et de se déplacer à l’étranger, même si, le 15 mars 2016, la Cour suprême sud-africaine a (tardivement) condamné le gouvernement pour avoir laissé échapper M. Al-Bachir, en visite en Afrique du Sud en juin 2015. Mais, indépendamment de ce manque de moyens, le procès Gbagbo souligne un certain amateurisme de la CPI. Le 5 février 2016, l’identité de témoins protégés a ainsi été révélée sur la chaîne publique du tribunal.

 

Pour la journaliste Stéphanie Maupas, le procès Gbagbo illustre l’instrumentalisation politique de la justice pénale mondiale : « On a l’impression que les puissances locales ou internationales ont fait de la CPI un joker, observe-t-elle. Une carte diplomatique qu’ils peuvent brandir lorsqu’ils en tirent avantage. C’est le cas dans l’affaire Gbagbo et dans d’autres. Au final, ils ne font que fragiliser une institution qu’ils ont voulue et qu’ils financent (12). » Dans les procédures concernant la Côte d’Ivoire, la Cour a perdu beaucoup de son crédit. L’une des fonctions les plus importantes de la justice pénale internationale devrait être non seulement la répression des crimes, mais aussi et surtout la dissuasion et la prévention. Or cet objectif ne pourra être atteint que si l’organe des poursuites internationales est crédible et fiable. C’est par la certitude du châtiment qu’« on prévient le plus sûrement les crimes », écrivait le juriste italien Cesare Beccaria en 1764…

 

Alors que cette défaite semble se confirmer, un petit succès se concrétise lui aussi, et l’optimisme vis-à-vis de la Cour pourrait resurgir. Le 26 janvier 2016, le président de la CPI a donné l’autorisation au procureur d’ouvrir une enquête sur les crimes qui auraient été commis « autour de l’Ossétie du Sud, en Géorgie, entre le 1er juillet et le 10 octobre 2008 ». Accusée plusieurs fois par l’Union africaine de mener une « chasse raciale » et de jouer le rôle de « tribunal de l’Afrique », la CPI tente enfin d’élargir son champ d’action. Mais il ne s’agit en l’occurrence que de la phase embryonnaire de la procédure internationale ; aucun suspect n’a encore été identifié.

 

Après quatorze ans, la CPI ne saurait se retrancher derrière un manque d’expérience. Mais, depuis 2002, elle n’a rendu que quatre jugements, dont un acquittement. Sur les 18 suspects qui ont comparu, six ont bénéficié d’un non-lieu. Un bilan peu glorieux, alors que chaque année entre 100 et 130 millions d’euros lui sont alloués par les Etats membres.

 

Seul l’abandon de toute tergiversation et de l’inertie procédurale pourrait faire regagner à la CPI un peu d’impartialité et de crédit. Si elle continue de faire la sourde oreille et s’obstine à n’entreprendre aucune poursuite à l’encontre des membres des forces pro-Ouattara, son sort sera très probablement celui d’un tribunal international purement symbolique, juge du petit nombre.

 

Francesca Maria Benvenuto/ Avocate au barreau de Paris, docteure en procédure pénale comparée et droit international pénal./ Avril 2016

 

https://www.monde-diplomatique.fr/2016/04/BENVENUTO/55185/

 

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Laurent Gbagbo : un criminel ou un innocent diabolisé par un système inconnu ?

Ce que les Ivoiriens n’ignorent pas est que dans leur pays, les leaders aux prétentions nationalistes sont politiquement achevés, d’une façon ou d’une autre. C’est une constante machiavélique. C’est le cas de M. Henri Konan Bedié. C’est le cas de M. Laurent Gbagbo, aujourd’hui diabolisé, sans que la justice internationale n’arrive à apporter les preuves de ses crimes…

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