AFRIQUE/ ECONOMIE/ CONSOMMATION : forces, faiblesses et perspectives (les Africains comme consommateurs et non investisseurs)

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« AFRIQUE/ Economie/ Matières premières : Ce sont toujours de fortes incertitudes qui dominent le monde des matières premières industrielles ou agricoles, si l’on en croit l’édition 2017 de Cyclope. Les experts qui ont rédigé l’ouvrage se risquent à quelques prévisions pour l’année en cours. C’est ainsi qu’ils s’attendent à des hausses de prix pour le gaz naturel (+21% en Europe), le pétrole WTI (+20), le charbon (+18% en Europe), le cuivre (+13%), le café (+6%), le caoutchouc (+1%), ce qui réjouira tous les États pétroliers d’Afrique, à commencer par l’Algérie, l’Angola, le Nigeria, le Gabon, le Soudan et le Tchad, mais aussi l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, la RDC ou la Zambie.

. Recul de la famine : En revanche, le cacao se verrait déprécié (-25%), tout comme l’or (-8%), l’huile de palme (-7%), le maïs (-2%), ce qui assombrirait les perspectives de nombreux pays d’Afrique de l’ouest et du centre, comme le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Mali ou le Malawi. La famine ne devrait pas s’aggraver puisqu’en 2016, la planète a produit 3,1 milliards de tonnes de grains (céréales, riz et oléagineux) contre 1,4 milliard en 1986. La sécheresse qui affecte l’Afrique méridionale et orientale semble reculer… »

 

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1 – Économie : pourquoi 2017 est un tournant majeur pour l’Afrique

 

Après une période euphorique, l’Afrique a connu en 2016 des performances en berne. Entre redressement et émergence, les défis ne manqueront pas pour 2017. L’année 2016 restera comme celle de la déstabilisation de la croissance du continent africain au sommet depuis plus de quinze ans. Avec un taux de 2 % ou moins, selon les dernières perspectives économiques mondiales, certaines économies africaines débutent l’année avec de sérieux handicaps, tandis que d’autres se sont bien armées pour consolider leurs acquis. La chute des cours des matières premières a fait plonger les géants d’Afrique comme le Nigeria, l’Afrique du Sud ou encore l’Algérie, sans oublier l’Angola, le Ghana et l’Égypte.

 

De l’autre côté, certains pays comme la Tanzanie, la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou l’Éthiopie ont pris le chemin d’une croissance soutenue (à 5 % en moyenne) par une diversification de l’économie. De leur côté, les institutions internationales, telles que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et la Banque africaine de développement, même si cette dernière est plus optimiste dans sa prospective, tirent la sonnette d’alarme pour que l’Afrique retrouve en 2017 une croissance durable, forte et équilibrée. Voici les pays qui seront scrutés tout au long de l’année et les nouveaux qui font rêver…

 

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_ Le Nigeria en récession va devoir diversifier absolument son économie

Avec 193,3 millions d’habitants, le Nigeria du président Buhari a plongé en 2016 dans une crise économique sans précédent. C’est l’effondrement des prix du baril qui a entraîné le géant pétrolier africain jusqu’à la récession en septembre dernier. Mais la politique économique du président nigérian soulève aussi de nombreuses critiques. Le cours du naira continue de dégringoler face au dollar sur le marché noir et l’inflation s’est envolée à plus de 18 % maintenant. Buhari tente d’emprunter 30 milliards de dollars aux institutions internationales, mais les députés et les sénateurs ont mis leur veto. Pour s’en sortir, le pays doit absolument diversifier pour transformer l’économie, favoriser la création d’emplois. Dans ses plans, l’agriculture apparaît de nouveau pour être propulsée devant le secteur des hydrocarbures comme première source de revenus du pays en 2017.

 

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_ L’année de tous les dangers en Afrique du Sud

L’Afrique du Sud conserve sa note financière, mais reste menacée de dégradation. Depuis des mois, l’ombre d’une dégradation plane avec insistance sur le pays le plus développé du continent. Fitch prévoit une croissance de 1,3 % en 2017 et 2,1 % en 2018. Depuis des années, la machine économique sud-africaine tourne au ralenti, victime notamment de la chute des cours des matières premières. Après + 1,3 % en 2015, la croissance de son produit intérieur brut (PIB) ne devrait guère dépasser 0,5 % cette année. Vingt-deux ans après la fin officielle de l’apartheid, le pays reste perclus d’inégalités, avec un taux de chômage au plus haut depuis treize ans qui frappe 27,1 % de sa population active. Les investisseurs étrangers doutent de plus en plus de la capacité du président Zuma à faire redémarrer son économie.

 

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_ L’Algérie mise sur les taxes pour relancer son économie

Alger a adopté mercredi un budget 2017 avec des hausses de taxes afin de compenser la baisse des prix du pétrole, principale ressource du pays. La TVA va ainsi passer de 7 % à 9 % et de 17 % à 19 % selon les catégories, et la taxe intérieure de consommation – sur les tabacs et alcools notamment – sera relevée, comme celle sur le foncier et l’immobilier. Le gouvernement a renoncé à plusieurs investissements publics, à recruter de nouveaux fonctionnaires et à augmenter les salaires dans le secteur (para)public. Le régime des retraites va aussi être réformé pour lui éviter la « faillite ».

 

Dans la liste des pays à surveiller de près : la République démocratique du Congo, dont la crise politique n’en finit plus d’affecter une économie moribonde. Autre pays en crise, le Ghana, autrefois cité en exemple de croissance économique, le pays a dû recourir à l’aide du Fonds monétaire international (FMI) en 2015 en raison de la baisse générale des prix des matières premières. Selon la Banque mondiale, 25 % des 27,4 millions de Ghanéens vivent encore en dessous du seuil de pauvreté. Le pays manque également d’infrastructures, notamment sanitaires, tandis que l’inflation et les coupures de courant à répétition plombent l’économie. Mais, selon la Banque africaine de développement, la croissance économique devrait repartir à la hausse, aidée par une bonne transition démocratique.

 

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_ Le Sénégal trace sa trajectoire de croissance

Selon les chiffres officiels du FMI, en quatre ans, le Sénégal aurait retrouvé la voie d’une croissance stable et pérenne pour faire enfin décoller son économie : 6,6 % en 2016 et 6,8 % en 2017. Les chiffres sont éloquents. Et tout s’accélère depuis l’arrivée au pouvoir de Macky Sall. Portée par l’agriculture, la croissance du Sénégal est très soutenue par des subventions de l’État, mais l’investissement public dans les infrastructures urbaines n’est pas en reste, comme l’atteste la liste impressionnante des projets lancés, tels que ceux de la ville nouvelle de Diamniadio, à 40 kilomètres de Dakar, l’autoroute Dakar-Mbour-Thiès-Touba, l’aéroport de Ndiass. Sans compter que le gouvernement avec son plan Sénégal émergent veut doter les zones rurales de forages, de pistes, etc.

Mais rien n’est gagné pour autant, car le pays doit réformer en profondeur l’environnement des affaires pour renforcer le secteur privé, tout en continuant de diversifier l’économie, et obtenir que l’électricité soit plus disponible et moins chère.

 

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_ La Côte d’Ivoire s’acharne pour confirmer ses bons résultats

La Cote d’Ivoire devrait connaître en 2017 une croissance de 8,5 %. Depuis deux ans maintenant, les investisseurs saluent les multiples réformes engagées par le pays devenu champion de la croissance en Afrique francophone. La position de la Côte d’Ivoire s’est améliorée grâce à sa croissance économique, l’inflation stable et les récentes élections. Ces éléments favorisent un environnement fertile pour l’investissement.

 

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_ La Tanzanie, championne d’Afrique de l’Est

Le gouvernement tanzanien table sur une croissance économique de 7,5 % en 2017 et de 7,9 % en 2018. Comme les années précédentes, le pays continue sa trajectoire, par l’augmentation des dépenses publiques de 11,5 %. Ces dépenses seront notamment orientées vers les secteurs de l’éducation, de la santé et des services publics ainsi que vers des projets d’infrastructures. Le PIB de la Tanzanie a progressé de 7 %, en 2015 et 2016, tiré essentiellement par les secteurs des transports, du BTP, des télécommunications et de la finance. Quatrième producteur d’or en Afrique, ce pays d’Afrique de l’Est possède aussi de vastes gisements de gaz naturel, de charbon, de diamants, d’uranium et de pierres précieuses.

 

Par Viviane Forson/ Publié le 05/01/2017/ Modifié le 08/01/2017/ Le Point Afrique

 

http://afrique.lepoint.fr/economie/les-defis-economiques-qui-attendent-l-afrique-en-2017–05-01-2017-2094874_2258.php

 

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2 – NIGERIA/ Economie/ Austérité : Comment Buhari a imposé son plan de sortie de crise

 

À force de sacrifices, le Nigeria est en train de redresser son économie. Voici les raisons de ce rebond que personne n’attendait. Inflation galopante, investissements gelés par des pénuries de devises étrangères, licenciements de masse, le Nigeria a traversé l’une des pires crises économiques de son histoire. Mais pour la première fois depuis de mois, les prévisions de croissance sont revues à la hausse.

 

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_ Relancer les grands projets d’infrastructures

Jeudi, le Parlement a finalement approuvé, au bout de cinq mois, le budget ambitieux du chef de l’État, Muhammadu Buhari, de plus de 7 000 milliards de nairas (23 milliards de dollars), établi pour « sortir le Nigeria de la récession aussi vite que possible ». Le plan par une augmentation fragile de la production pétrolière et par un prêt de 1,5 milliard de dollars de la Banque mondiale veut relancer la croissance, notamment grâce à de grands projets d’infrastructures. Frappé de plein fouet par la récession, le budget 2016 n’a pas été honoré et seule la moitié des sommes prévues pour les différents ministères avait été distribuée. Mais cette année, les prévisions de croissance ont réussi à convaincre les législateurs.

 

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_ Un rebond à nuancer

Le Fonds monétaire international table sur un taux d’expansion de 0,8 % pour 2017 et de 2,8 % pour 2018. Moody’s va plus loin : « Une croissance à 2 % (pour 2017) est tout à fait possible », a assuré Aurélien Mali, analyste pour l’agence de notation financière, à l’AFP, en marge du sommet annuel pour l’Afrique de l’Ouest tenu à Lagos cette semaine. C’est également ce qu’envisage BMI Research, cabinet de conseil économique, dans son dernier rapport daté de jeudi, portant ses prévisions de croissance à 2 %. On reste loin de l’âge d’or du géant ouest-africain (5,4 % en 2013, 6,3 % en 2014), qui se targuait d’être la première puissance économique du continent. Certes, « l’optimisme est de retour », mais « l’économie est faible et le restera pendant les 18 prochains mois », nuance Douglas Rowlings, autre analyste pour Moody’s. « Le problème du Nigeria, comparé aux grandes puissances pétrolières du Golfe, c’est qu’il ne s’est pas préparé aux jours de vaches maigres », note-t-il.

 

Pour M. Mali, « il est difficile d’imputer la crise économique au président Buhari ». « À son arrivée au pouvoir (en mai 2015, après des décennies de corruption endémique dans tous les rouages des administrations), le compte d’excédent de pétrole brut – mis en place pour protéger le pays de la volatilité des prix – était d’à peine 3 milliards de dollars » contre 20 milliards en novembre 2008. Quelques mois plus tard, le prix du baril s’effondrait sous les 30 dollars et des groupes armés, qui se disaient décidés à « mettre l’économie du Nigeria à genoux », faisaient exploser les infrastructures pétrolières pour demander une meilleure redistribution des richesses dans la région du Delta.

La « rhétorique belliqueuse » du président Buhari n’a pas non plus favorisé un apaisement des tensions, selon BMI Research. La production est tombée à 1,4 million de barils par jour (contre 2,5 millions, il y a dix ans) et le PIB a reculé de 1,5 % en 2016.

 

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_ Privilégier le dialogue

La solution est pourtant venue du dialogue. D’une part au sein de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), où le ministre nigérian Emmanuel Ibe Kachikwu a réussi à exempter le Nigeria d’un accord sur la réduction de la production mondiale qui vise à maintenir le baril au-dessus des 50 dollars. D’autre part, selon BMI Research, « les absences fréquentes de Muhammadu Buhari pour des examens médicaux à Londres ont laissé le vice-président Yemi Osinbajo en charge d’établir des relations positives » entre le gouvernement et les rebelles du Delta, gelant, du moins pour l’instant, de nouvelles attaques. Une reprise de la production au-dessus des 2 millions de barils a permis au Nigeria de récupérer des devises étrangères et de réapprovisionner les banques et entreprises.

 

_ Seul bémol, les réformes structurelles

Des réformes structurelles restent nécessaires pour améliorer le climat et faire remonter le pays au classement de l’environnement des affaires de la Banque mondiale qui le situait à la 169e place mondiale (sur 190 pays) et 37e en Afrique (sur 48) en juin 2016. L’administration Buhari a rempli sa promesse électorale en assainissant tant bien que mal un secteur pétrolier miné par la corruption et les dysfonctionnements et en dynamisant l’agriculture pour une meilleure diversification de l’économie.

Toutefois, c’est bien les hydrocarbures et les cours mondiaux qui tireront le pays du marasme. Avec des réserves estimées à 70 milliards de barils en pétrole et gaz (parmi les 10 plus grandes réserves mondiales), « même si le Nigeria n’est plus aussi attractif qu’avant, il reste incontournable sur le long terme », tranche M. Rowlings.

 

Par Janet Akinyové (avec AFP) / Publié le 13/05/2017/ Modifié le 16/05/2017/ Le oint Afrique

 

http://afrique.lepoint.fr/economie/nigeria-comment-buhari-a-impose-son-plan-de-sortie-de-crise-13-05-2017-2127099_2258.php

 

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3 – Transport aérien : le gros potentiel de l’Afrique de l’Est

 

ÉTUDE. Dans ces pays : la Tanzanie, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi, la libéralisation du secteur aérien pourrait rapporter jusqu’à 202,1 millions de dollars de PIB par an. La libéralisation du secteur aérien dans la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) pourrait rapporter à la région 202,1 millions de dollars par an de produit intérieur brut (PIB), selon une nouvelle étude publiée ce 10 mai à Arusha, ville touristique du nord du Kenya, frontalière de la Tanzanie.

 

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_ « L’augmentation du service aérien et du trafic a entraîné des avantages positifs pour l’économie de la zone CEA »

« La libéralisation du transport aérien contribue à accroître le commerce et le tourisme, l’investissement intérieur, la croissance de la productivité, l’augmentation du nombreux d’emploi et le développement économique. De plus ce dynamisme est soutenu par les principaux acteurs régionaux, notamment les trois principales compagnies régionales (Kenya Airways, Rwanda Air et Ethiopian Airlines) », indique le nouveau rapport, intitulé Coûts et bénéfices de l’ouverture des espaces aériens dans la Communauté d’Afrique de l’Est.*

 

Selon cette étude, la libéralisation des espaces aériens en Tanzanie, au Kenya, en Ouganda, au Rwanda et au Burundi pourrait également conduire à la création de 46 320 emplois. L’étude se concentre sur l’impact de la mise en œuvre de la décision de Yamoussoukro, en Afrique de l’Est. entre autres choses un ciel ouvert en Afrique. « Cette étude démontre qu’une intensification du service aérien et du trafic a généré des bénéfices positifs pour l’ensemble de l’économie de la CAE », a déclaré Lilian Awinja, directrice générale de l’EABC.

Erick Ntagengerwa, économiste principal du Secrétariat de l’EAC, a déclaré que les différents acteurs régionaux ont réussi a créer différents circuits touristiques qui aideront à promouvoir la libéralisation de l’espace aérien « nous avons identifié cinq circuits reliant les aéroports et les aérodromes dans la région. » a t-il déclaré.

 

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_ L’Afrique représente encore moins de 1 % du marché aérien mondial

Elle a appelé les pays membres de la CAE à harmoniser les réglementations sur les transports aériens, et en particulier les taxes dans la région, et à finaliser la réglementation sur la libéralisation des transports aériens afin de mettre en œuvre pleinement la décision de Yamoussoukro. « L’EAC devrait harmoniser les réglementations en matière de transport aérien en particulier les taxes dans la région et finaliser le règlement sur la libéralisation des transports aériens de l’EAC et mettre pleinement en œuvre la décision Yamoussoukro », a déclaré Mme Awinja. Au cours des 10 dernières années, le trafic intra-EAC a augmenté d’un taux de croissance annuel composé de 3,4 % (allant de 2,7 % au Burundi à 4,2 % pour l’Ouganda). La croissance du PIB combiné des cinq pays de la CAE sur la même période, qui a été en moyenne de 7 % par an sur la période.

 

Selon la Banque mondiale, l’Afrique accueille 12 % de la population mondiale, mais elle représente moins de 1 % du marché mondial du service aérien. Aujourd’hui, le transport aérien en Afrique pèse très peu à l’échelle mondiale : l’Afrique représente moins de 3 % du trafic passagers mondial, alors qu’elle compte 15 % de la population mondiale. Si toutes les principales villes africaines sont aujourd’hui desservies par des compagnies européennes, du Golfe voire chinoises, le transport aérien à l’intérieur du continent reste assez peu développé en raison de multiples barrières à commencer par des coûts très élevés: coûts d’assistance aéroportuaire en raison de monopoles, pétrole (30 % plus cher au départ d’Afrique qu’au départ d’Europe) mais aussi des infrastructures aéroportuaires défaillantes.

 

La décision de Yamoussoukro engage ses 44 pays signataires à déréglementer leurs services aériens et à promouvoir des marchés aériens régionaux ouverts à la concurrence transnationale. Une déclaration d’intention commune de pays africains en faveur de la libéralisation du ciel adoptée il y a quinze ans. L’Association internationale du transport aérien (IATA), qui regroupe 250 transporteurs représentant 84 % du trafic mondial, est sur la même ligne. Depuis 2015 l’association invite les pays africains a appliquer réellement la décision de Yamoussoukro. En 2000, cette décision a été adoptée par les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’Organisation de l’unité africaine, avant de devenir pleinement contraignante en 2002.

 

Par Joyce Edimo / Publié le 13/05/2017/ Modifié le 13/05/2017/ Le Point Afrique

 

http://afrique.lepoint.fr/economie/aerien-le-gros-potentiel-de-l-afrique-de-l-est-13-05-2017-2127163_2258.php

 

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4 – En Afrique, une croissance à deux vitesses

 

En 2016, le taux de croissance de l’Afrique subsaharienne est descendu à son niveau le plus bas depuis vingt ans, sous les 2 %. Mais ce piètre résultat cache des réalités très différentes selon les pays.

À moins de 2 % en 2016, après 3,5 % en 2015, la croissance africaine est descendue à son niveau le plus bas depuis vingt ans, confirmant la rupture avec la décennie écoulée où les taux enregistrés – entre 5 et 7 % – laissaient espérer l’émergence du continent. Celui-ci serait-il en train d’atteindre ses limites ? En tout cas, malgré les perspectives d’une modeste reprise cette année, la situation paraît suffisamment préoccupante pour que les principales institutions financières, du Fonds monétaire international à la Banque mondiale en passant par la Banque africaine de développement, tirent la sonnette d’alarme et invitent les États à réagir pour relancer l’activité.

 

Mais ce tableau d’une économie africaine à la peine doit aussitôt être nuancé tant les trajectoires des pays sont différentes. « La raison principale de cette mauvaise performance globale tient à la baisse des prix des matières premières, pétrole en tête, qui a fortement impacté les pays exportateurs de produits de base », souligne Ruben Nizard, économiste à la Coface.

 

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_ Un bloc de pays maintient une bonne dynamique

C’est notamment le cas du principal producteur de pétrole de la région, le Nigeria, dont 60 % des recettes sont tirées des exportations d’or noir et qui a plongé en 2016 dans une crise sans précédent. Mais le phénomène touche aussi l’Afrique du Sud, l’Angola ou la République du Congo, tous riches en ressources naturelles, qui ont également vu leur activité se réduire dans des proportions importantes.

 

« À l’inverse, il existe un autre bloc de pays africains dont les économies maintiennent une bonne dynamique, avec une croissance autour de 6 % », précise Vincent Caupin, économiste à l’Agence française de développement. On y retrouve certains États de l’Afrique de l’Est comme le Kenya, le Rwanda et l’Éthiopie, qui ont su diversifier leur modèle économique et développer des industries. Il y a aussi des pays de l’Afrique de l’Ouest tels le Sénégal ou la Côte d’Ivoire, dont la stabilité politique retrouvée a permis d’engager des réformes saluées par les investisseurs.

 

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_ Des fragilités persistantes

Une récente étude du Conseil français des investisseurs en Afrique montre d’ailleurs que le monde des affaires reste relativement confiant sur les potentiels du continent. Ainsi la moitié des 500 dirigeants d’entreprises sondés prévoit un chiffre d’affaires en augmentation pour 2017. Plus d’un tiers se disent prêts à accroître leurs investissements, en particulier en Afrique francophone. Un excès d’optimisme ? Bien sûr, des nuages continuent d’obscurcir les perspectives du continent.

 

« L’environnement économique mondial, en particulier le ralentissement chinois, n’est guère favorable. Et l’Afrique reste soumise à de fragilités persistantes en raison des risques politiques mais aussi du changement climatique dont on voit les effets dans la corne de l’Afrique avec le retour des famines », souligne Ruben Nizard. Mais cette vulnérabilité ne doit pas fait oublier quelques lignes de force prometteuses. « La première tient à l’évolution démographique du continent et au développement d’une classe moyenne urbaine qui constitue un marché de consommateurs considérable », souligne Vincent Caupin.

 

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_ À qui profitera la croissance

Dans une récente étude intitulée « 10 idées reçues pour démystifier l’Afrique », Stéphane Colliac, économiste chez Euler Hermes France, liste les ressources, naturelles et humaines, qui laissent espérer que le retard de l’Afrique n’est pas insurmontable. « Amélioration du climat des affaires et des institutions, développement des infrastructures, révolution des technologies du numérique et de la téléphonie, niveau d’éducation qui progresse, effort dans la recherche et développement, toutes ces révolutions sont nettement amorcées et un cercle vertueux s’est installé dans plusieurs pays », détaille Stéphane Colliac.

 

Pour l’économiste, au-delà du mauvais chiffre 2016, la tendance de long terme est bel et bien là : « L’Afrique va forcément s’affirmer comme l’une des zones qui fournira une contribution de plus en plus majeure à la croissance mondiale ». Reste à savoir à qui profitera cette croissance. Car si la pauvreté sur le continent a reculé de 57 % à 43 % entre 1990 et 2012, l’Afrique reste la région du monde où l’extrême pauvreté demeure la plus élevée, avec 350 millions de personnes vivant avec moins de deux euros par jour.

 

Antoine d’Abbundo, le 07/04/2017/ Mis à jour le 07/04/2017/

 

http://www.la-croix.com/Economie/Monde/En-Afrique-croissance-deux-vitesses-2017-04-07-1200837824

 

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5 – Classes moyennes africaines : elles vont encore croître

 

Dans les dix prochaines années, la forte volonté d’entreprendre et un meilleur pouvoir d’achat vont largement contribuer à cette nouvelle donne. « Les différentes classes moyennes en Afrique […] vont augmenter pendant les dix prochaines années, en raison d’une forte volonté d’entreprendre et d’un pouvoir d’achat de plus en plus élevé », révèle un rapport de la société Kantar TNS, la division étude marketing du géant britannique de la publicité WPP.

 

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_ Le constat d’une dynamique qui s’installe

Selon l’étude, « en 2020, le PIB combiné de l’Afrique sera de 2,6 milliards de dollars ». « Les consommateurs africains dépenseront annuellement plus de 1,4 milliard de dollars. Ils [les Africains] seront 1,5 milliard d’habitants, dont 47 % auront moins de 18 ans, 43 % habiteront en ville, 55 % (plus de la moitié) en âge de travailler. » L’Afrique francophone s’intègre dans « une dynamique tout aussi prometteuse », selon une enquête menée en Côte d’Ivoire, au Cameroun et au Sénégal.

 

« Dans cette zone [Afrique francophone, NDLR], les taux de croissance économique au cours des trois dernières années sont parmi les plus élevés du continent, générant de nouveaux besoins, de nouveaux modes de consommation et surtout d’immenses opportunités pour les entreprises qui sauront s’y adapter. » « Il y a des spécificités locales à prendre en compte en Afrique », a expliqué à l’AFP Ndeye Diagne, directrice Afrique francophone de la société Kantar TNS. Elle a recommandé « de ne pas appliquer de façon aveuglante des méthodes qui ont fait certes leurs preuves ailleurs ».

 

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_ Une confirmation d’études précédentes

Une étude du cabinet de consultants Deloitte, parue en 2015, avait prévu que l’Afrique devrait devenir d’ici à la fin 2017 la première destination à l’international des investissements des sociétés européennes de distribution et de biens de consommation, en raison de taux de croissance attendus autour des 7,7 % par an jusqu’en 2019. Pour rappel, le groupe de grande distribution français Carrefour a ouvert en décembre 2015 son premier hypermarché d’Afrique subsaharienne, fruit d’un partenariat avec le groupe CFAO, qui a aussi lancé sa marque PlaYce de centres commerciaux.

 

Par James Barma / Publié le 07/05/2017/ Modifié le 09/05/2017/ Le Point Afrique

 

http://afrique.lepoint.fr/economie/classes-moyennes-africaines-elles-vont-encore-croitre-07-05-2017-2125424_2258.php

 

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6 – La classe moyenne africaine et la consommation

 

370 millions d’Africains, soit le tiers de la population du continent, appartiennent à la classe moyenne, selon une étude de la Banque africaine de développement publiée le 27 octobre 2014. Mais une autre étude publiée en septembre 2015, réalisée par le groupe de distribution CFAO pour l’institut de sondage Ipsos, a évalué la classe moyenne africaine à 143 millions de personnes, soit 13% de la population du continent au lieu de 34%.

 

Une différence due au mode de calcul, la BAD ayant pris pour seuil de pauvreté 2,2 dollars par jour et par famille, alors que CFAO et Ipsos ont choisi 20 dollars par jour et par famille. Au-delà de ce débat sur la taille de cette classe moyenne, le sujet a suscité un intérêt dans certains milieux.

 

Par Stanislas Ndayishimiye /

 

http://www.rfi.fr/emission/20151214-classe-moyenne-africaine-consommation

 

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7 – En Afrique, la croissance des classes moyennes va se poursuivre

 

L’émergence des classes moyennes africaines va se poursuivre au cours des dix prochaines années, rapporte une étude publiée vendredi dans la capitale économique ivoirienne Abidjan. « Les différentes classes moyennes en Afrique (…) vont augmenter pendant les dix prochaines années, en raison d’une forte volonté d’entreprendre et d’un pouvoir d’achat de plus en plus élevé », révèle un rapport de la Société Kantar TNS, la division étude marketing du géant britannique de la publicité WPP.

 

Selon l’étude, « en 2020, le PIB combiné de l’Afrique sera de 2,6 milliards de dollars ». « Les consommateurs africains dépenseront annuellement plus de 1,4 milliard de dollars. Ils (les Africains) seront 1,5 milliard d’habitants dont 47% auront moins de 18 ans, 43% habiteront en ville, 55% (plus de la moitié) en âge de travailler ».

 

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_ Une dynamique tout aussi prometteuse

L’Afrique francophone s’intègre dans « une dynamique tout aussi prometteuse », selon une enquête menée en Côte d’Ivoire, au Cameroun et au Sénégal. « Dans cette zone (Afrique francophone, ndlr), les taux de croissance économique au cours des trois dernières années sont parmi les plus élevés du continent, générant de nouveaux besoins, de nouveaux modes de consommation et surtout d’immenses opportunités pour les entreprises qui sauront s’y adapter ». Une étude du cabinet de consultants Deloitte, parue en 2015, avait prévu que l’Afrique devrait devenir d’ici fin 2017 la première destination à l’international des investissements des sociétés européennes de distribution et de biens de consommation, en raison de taux de croissance attendus autour des 7,7% par an jusqu’en 2019.

 

06 mai 2017/ Source : https://www.rtbf.be/info/economie/ 7 mai 2017 Publié dans Actu africaine /

 

https://www.nigerdiaspora.net/index.php/l-actu-africaine/672-en-afrique-la-croissance-des-classes-moyennes-va-se-poursuivre

 

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8 – La taille de la classe moyenne africaine divise les experts

 

La classe moyenne africaine évaluée plus de 350 millions de personnes par la Banque africaine de développement est jugée surévaluée. « Nous pensions que ce serait la prochaine Asie, mais nous avons réalisé que la classe moyenne ici dans la région est très petite et n’est pas vraiment en progression. » La déclaration de Cornel Krummenacher, responsable de la zone Afrique équatoriale chez Nestlé, a fait du bruit. Dans les pages du Financial Times du mardi 16 juin, le géant de l’alimentaire a annoncé une réduction de 10 % de ses effectifs en Afrique équatoriale.

 

Mais au regard des effectifs globaux du groupe sur le continent, la coupe est plus une goutte d’eau qu’un torrent. La réduction concerne 60 personnes sur 11 000, soit 0,5 % de son effectif total en Afrique. Un chiffre bas qui « ne représente en rien une restructuration importante, ni un désengagement de Nestlé en Afrique », affirme-t-on au siège du groupe. Mais le motif de la maigre réduction de cette force de frappe sur le continent soulève une interrogation : et si l’émergence de la classe moyenne en Afrique, représentant plus d’un Africain sur trois selon la Banque africaine de développement (BAD), était surestimée ?

 

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_ Une définition trop large

La réponse est à chercher dans la définition même de la classe moyenne africaine, établie par les divers instituts de mesure. Pour la BAD, un Africain appartient à la classe moyenne lorsque son revenu quotidien est compris entre 2,2 et 20 dollars. Selon ce critère, près de 370 millions de personnes appartiennent à la classe moyenne, soit 34 % des quelque 1,1 milliard d’habitants du continent. Mais il y a une réalité que les chiffres ne disent pas. Selon le cabinet Deloitte, 60 % des Africains considérés comme appartenant à la classe moyenne vivraient avec 1,7 à 3,5 euros par jour. « La BAD considère que lorsqu’un Africain a plus de 2 dollars par jour pour vivre, il n’est plus pauvre et donc appartient à la classe moyenne », regrette Florence de Bigault, directrice du développement d’Ipsos. Pour l’institut, les critères de définition de la classe moyenne africaine manquent parfois de précision et peuvent mettre dans le même sac des personnes au niveau de ressources pourtant très différent.

 

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_ Une classe moyenne plus proche des 13 % que des 34 %

Aussi l’institut de sondage a-t-il fait ses propres prévisions, dans l’étude « la classe moyenne africaine » réalisée pour le groupe CFAO (leader de la distribution en Afrique) qui devrait être publiée en septembre prochain et dont les grandes lignes ont été présentées jeudi 18 juin lors de la conférence annuelle de l’African Business Lawyer’s club portant sur les classes moyennes et les biens de consommation en Afrique. Plutôt que de fonder son étude sur les ressources individuelles, Ipsos s’appuie sur celles des ménages et distingue deux catégories de classes moyennes. La plus basse regroupe les ménages dont le revenu est compris entre 12 et 25 dollars par jour environ. La plus haute concerne les ménages ayant entre 25 et 50 dollars par jour. Selon cette méthode, le poids de la classe moyenne africaine sur le continent s’approcherait davantage des 13 % que des 34 %, représentant près de 143 millions d’Africains.

 

Ce chiffre revu à la baisse ne veut pas dire que l’heure de l’avènement de la classe moyenne africaine n’a pas sonné. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance sur le continent de 5,8 % en 2015 et ce taux est largement soutenu par l’essor de la classe moyenne. « Cette classe se développe en Afrique, c’est certain. Elle va porter la société de consommation », affirme Florence de Bigault. Une opportunité économique que les grands groupes étrangers soucieux de conquérir de nouveaux marchés saisissent de plus en plus. D’ici deux ans, l’Afrique pourrait devenir le second marché recevant le plus d’investissements de la part des sociétés européennes de biens de consommation.

 

Morgane Le Cam/ LE MONDE Le 19.06.2015/

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/06/19/la-taille-de-la-classe-moyenne-africaine-divise-les-experts_4658109_3212.html

 

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9 – L’Ethiopie veut générer 30 milliards $ d’ici 2025, grâce à l’exportation de produits textiles et de vêtements

 

Le gouvernement éthiopien ambitionne de dégager à l’horizon 2025, 30 milliards $ à partir de l’exportation de vêtements et de produits textiles. L’annonce a été faite par Arkebe Oqubay (photo), conseiller spécial du Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, lors d’une interview accordée au site web « just-style ». Cet objectif ne sera pas le seul, puisque le pays aspire également à devenir, à cette échéance, le hub africain de l’industrie du textile et du vêtement. « C’est un défi, mais si nous sommes confiants, nous pouvons le réaliser. Nous croyons que si le Vietnam peut le faire, si le Bangladesh peut le faire, alors l’Ethiopie peut le faire aussi.», a indiqué le dirigeant.

 

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Si selon les propos de M. Oqubay, il faudra beaucoup d’efforts pour remplir cet objectif de taille, il convient de noter que le pays qui ne tire actuellement que 115 millions $ de l’export, a déjà à son actif plusieurs atouts. En effet, l’Ethiopie qui affiche le deuxième plus fort taux de croissance d’Afrique subsaharienne, joue depuis quelques années sur deux tableaux afin d’attirer les investisseurs de la planète dans son secteur du textile et de l’habillement. Il s’agit notamment d’un régime fiscal incitatif qui offre aux compagnies étrangères, sous certaines conditions, l’exemption d’impôts sur le revenu ou encore de l’exonération de droits de douane ou de taxes sur certains biens d’équipements importés.

 

A ce facteur, s’ajoute la mise à disposition des entreprises de l’énergie à un des prix les plus faibles de la planète et d’une main-d’œuvre bon marché. Une stratégie payante puisque, selon les données de la Commission éthiopienne pour l’investissement, relayées par l’Agence de presse éthiopienne (ENA), 124 investisseurs étrangers ont d’ores et déjà exprimé leur intérêt pour le secteur textile éthiopien dont 71 de nationalité chinoise.

 

Ecofin/ Afrique/ par Rédaction AE/ 7 mai 2017/

 

http://www.algerie-eco.com/2017/05/07/lethiopie-veut-generer-30-milliards-dici-2025-grace-a-lexportation-de-produits-textiles-de-vetements/

 

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10 – Ethiopie : industrialisation rapide, mais limitée

 

L’industrialisation de l’Ethiopie n’en est qu’à ses débuts, mais elle représente déjà un cas d’école. Avec 10,8% de croissance en moyenne depuis 2008, ce pays pauvre, peu urbanisé et situé dans la région troublée de la Corne de l’Afrique, n’en est pas moins devenu un espoir africain de transformation économique. Les débuts prometteurs de l’industrialisation de l’Ethiopie contribuent à changer, peu à peu, l’image de ce pays de 90 millions d’habitants disposant d’une main d’œuvre abondante. Ils prouvent qu’avec beaucoup de volonté, un minimum de vision et des investissements publics soutenus dans les infrastructures, l’essor est possible.

 

L’Ethiopie part de très bas, certes. Son revenu annuel par habitant ne dépasse pas 702 dollars, ce qui la classait en 2015 au 19e rang des 25 pays les plus pauvres du monde selon le Fonds monétaire international (FMI) – dix places de mieux qu’en 2013. Il n’empêche : l’Ethiopie caracole en tête des classements mondiaux de la croissance, avec un robuste taux de 10,2 % en 2015, deux fois plus que la moyenne africaine. Cette performance vient de la forte croissance de l’industrie (autour de 20 % ces trois dernières années), même si les manufactures, la construction, l’électricité et les mines ne contribuent qu’à 15,2 % du PIB et n’emploient pas plus de 7 % des actifs.

 

De leur côté, les autorités d’Addis-Abeba entendent poursuivre leur élan grâce à la construction de parcs agroindustriels et à des exonérations fiscales incitatives pour les investisseurs étrangers. Elles ambitionnent de passer dans la catégorie des Pays à revenus intermédiaires (PRI) d’ici 2025. Leur pari : soutenir l’essor de manufactures légères, fortement demandeuses en main d’œuvre, pour transformer sur place les matières premières agricoles – céréales, café, graines, canne à sucre, coton, légumes, viande et cuir. Le tout en modernisant peu à peu l’agriculture (39 % du PIB, 70 % des exportations, 80 % de l’emploi), pour la rendre plus compétitive et rentable. « Nous avons une double responsabilité à l’égard de nos populations, explique Mebrahtu Meles, ministre éthiopien de l’Industrie, mais aussi vis-à-vis des autres pays africains, pour leur montrer que le développement est possible, même dans un pays dépourvu de ressources minérales comme le nôtre. »

 

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_ Des salaires de 60 euros par mois

L’importance de la filière cuir a incité Huajian, fabricant de chaussures chinois, à s’installer en 2011 dans une banlieue d’Addis-Abeba, où il emploie 3 500 personnes. Des ouvriers payés entre 50 et 60 euros par mois. Dix fois moins élevés qu’en Chine, ces salaires font tout l’attrait de l’Ethiopie. « Il en faudrait cent comme Huajian, cependant, pour faire la différence », note le magazine britannique The Economist , estimant la route encore longue avant l’émergence. En cause : le manque de qualifications à des niveaux intermédiaires de management, la bureaucratie, la mainmise des sécurocrates sur l’appareil d’Etat et le fait que certains secteurs stratégiques – télécoms et finances – soient réservés aux opérateurs nationaux.

 

Qui sont les investisseurs déjà installés ? De mémoire, le ministre de l’Industrie cite les brasseurs Castel et Heineken, Aytak Addis, société turque opérant dans le textile et quelque 130 compagnies horticoles, néerlandaises pour la plupart, qui ont fait de l’Ethiopie le second exportateur africain de fleurs coupées après le Kenya. Mebrahtu Meles dément au passage tout accaparement des terres, un phénomène pourtant dénoncé par des ONG et des partis d’opposition. « La terre appartient à l’Etat, qui la loue dans le cadre de concessions à durée déterminée », affirme le ministre.

 

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_ « Pas d’aide, mais des investissements »

Le parti au pouvoir, qui tient le pays d’une main ferme, s’inspire de l’exemple donné par la Chine, son premier partenaire commercial. Etat fort, développement planifié, programme sur dix ans donnant la priorité à l’industrie et l’essor des villes… La comparaison s’arrête là : la main d’œuvre éthiopienne dépend encore à 80 % de l’agriculture, contre 70 % en Chine à la fin des années 1970 et 40 % aujourd’hui. En Ethiopie, où le chômage s’élève à 17 % des actifs, l’élevage et les cultures vivrières restent fortement exposés aux aléas climatiques. La sécheresse de 2015 a encore une fois rappelé les mauvais souvenirs de la famine de 1984, avec sa cohorte d’images négatives restées dans les esprits occidentaux.

 

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« De plus en plus, les perceptions que les Africains peuvent avoir de leurs partenaires vont compter aussi, se défend Meles Mebrahtu. Bien des pays africains se montrent sceptiques par rapport à l’Europe, qui absorbe nos matières premières sans investir sur place pour les transformer. »

 

Cette critique à peine voilée intervient alors que la Commission européenne envisage de lier son aide au meilleur contrôle par certains pays africains de leurs flux migratoires – même clandestins. Sept pays sont concernés : Lybie, Tunisie, Sénégal, Mali, Niger, Nigeria et Ethiopie. « Nous aussi, nous sommes confrontés aux défis globaux des migrations et du terrorisme, proteste Mebrahtu Meles. Nous ne cherchons pas de l’aide, mais des investissements ! Donner des emplois aux jeunes relève dans nos pays de l’urgence. Ces générations émigrent parce qu’elles n’ont pas de perspectives… »

 

Par Sabine Cessou / Publié le 24-06-2016/ Modifié le 24-06-2016/

 

http://www.rfi.fr/hebdo/20160624-ethiopie-industrialisation-rapide-limitee-economie-agriculture

 

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11 – Afrique/ Economie : « Il existe une sorte de malédiction des matières premières »

 

Philippe Chalmin, professeur d’économie internationale, relativise l’impact de la hausse du prix des métaux sur les économies des pays producteurs. Philippe Chalmin est professeur en économie internationale à l’université Paris-Dauphine. Directeur du rapport Cyclope, il est aussi spécialiste du marché des matières premières. Dans un entretien au Monde Afrique, il revient sur la récente hausse du prix des métaux et sur l’impact de cette croissance sur les économies des pays africains.

 

. Comment expliquer l’actuelle hausse des prix des matières premières ?

Il y a effectivement un rebond d’un certain nombre de marchés, mais plusieurs d’entre eux n’enregistrent pas de hausse significative. Je trouve qu’il est donc hâtif de parler d’une reprise des prix des matières premières. Quand on regarde dans le détail, on voit que ce n’est pas universel. Certains prix ont flambé, c’est vrai, et notamment le caoutchouc. Le pétrole est également remonté. Il y a aussi de fortes tensions sur le marché du charbon, un petit peu sur le minerai de fer et d’autres métaux.

Mais, pour beaucoup de produits agricoles, ce n’est pas le cas. C’est même l’inverse pour ce produit très important pour l’Afrique qu’est le cacao. Il faut donc relativiser l’expression « reprise des prix des matières premières ». Son emploi est encore un peu hâtif car le rebond n’est pas généralisé.

 

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. Cette amorce peut-elle quand même avoir un impact sur les économies africaines ?

Si les matières premières sont importantes pour l’Afrique, l’Afrique n’est plus très importante pour les matières premières. Quelles sont aujourd’hui les matières premières qui comptent pour l’Afrique ? Il y a d’abord le pétrole. C’est vrai qu’entre 2016, où l’on était autour des 30 dollars le baril et le pessimisme de certains qui le voyaient « bientôt à 20 dollars », et aujourd’hui, où l’on flirte avec la barre des 55 dollars, la situation est meilleure. Mais ce n’est pas encore suffisant pour de nombreux pays africains, dont les équilibres budgétaires sont établis à des niveaux de prix du pétrole beaucoup plus élevés. Cela va donc mieux, mais ce n’est pas encore fabuleux.

 

Sur d’autres marchés qui sont un peu remontés et qui sont importants pour l’Afrique, on trouve les métaux et il est vrai que la remontée des prix du cuivre, par exemple, est assez favorable pour les deux grands producteurs que sont la République démocratique du Congo et la Zambie. Par ailleurs, on peut considérer que l’Afrique du sud doit profiter de la hausse du prix du charbon, bien qu’elle ne soit plus tellement exportatrice. Enfin, on peut considérer que l’Afrique du Sud et la Mauritanie peuvent se réjouir de la hausse du prix du minerai de fer.

A l’inverse, la baisse des prix du cacao fragilise la Côte d’Ivoire. Et, au niveau des produits agricoles, c’est probablement l’un des produits les plus importants. Bien souvent, les matières premières pèsent extrêmement lourd dans les balances commerciales des pays africains, même si la plupart du temps il ne s’agit que de producteurs extrêmement modestes.

 

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. La baisse des prix de certaines matières premières, entre 2014 et 2016, va t-elle laisser des traces ?

La baisse des prix du pétrole a eu des conséquences importantes pour un pays comme le Tchad, d’autant plus que c’est le pétrole qui finançait l’effort de guerre. Et si vous enlevez le pétrole, il n’y a plus d’Angola, ni de Guinée équatoriale. Ces dernières années, un afro-optimisme tout à fait sympathique régnait. On entendait dire : « Regardez, l’Afrique est en train de s’en sortir ! Voyez l’Angola, la spéculation immobilière à Luanda… »

Mais tout ceci n’était lié qu’à la rente pétrolière. Il s’est vérifié, en Angola comme ailleurs, que la rente pétrolière n’a pas été gérée. Le drame, et le Nigeria en est un parfait exemple, est qu’il existe une sorte de malédiction des matières premières en général et du pétrole en particulier.

 

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. Que faut-il en conclure ?

Cela prouve que vous ne pouvez pas baser le développement économique d’un pays sur la seule exploitation de ses matières premières. Mais la gestion d’une rente, pétrolière en l’occurrence, est extraordinairement difficile et demande de la part des pays concernés une capacité assez exceptionnelle. Parce que lorsque les prix sont bas, on prend en général de bonnes résolutions. Mais quand ils sont élevés, c’est la facilité qui séduit les hommes politiques. Le pouvoir corrupteur que peut avoir notamment le pétrole est assez extraordinaire. Ce n’est évidemment pas propre à l’Afrique, mais valable dans tous les pays.

 

. Peut-on supposer que les gouvernements tiendront compte de ce qui s’est passé et que les croissances seront plus inclusives ?

Les promesses n’engagent que ceux qui les font et que ceux qui les croient. Malheureusement, je ne vois pas tellement de marge de manœuvre. Nous avons connu une période exceptionnelle, de 2006 à 2014, avec une très forte flambée des cours. Depuis 2014, les cours sont retombés et ce n’est pas la petite hausse limitée à certains produits à laquelle nous assistons depuis quelques mois qui va changer les choses. Nous sommes toujours dans une période probablement relativement longue de cours déprimés. Cela va obliger un certain nombre de pays à modifier encore considérablement leur train de vie.

 

Propos recueillis par Pierre Lepidi / LE MONDE Le 14.02.2017/ Mis à jour le 14.02.2017/

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/02/14/il-existe-une-sorte-de-malediction-des-matieres-premieres_5079559_3212.html

 

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12 – Cyclope 2017 : les matières premières toujours chahutées

 

Ce sont toujours de fortes incertitudes qui dominent le monde des matières premières industrielles ou agricoles, si l’on en croit l’édition 2017 de Cyclope, bible des produits de base commercialisés sur les marchés internationaux, présentée par Philippe Chalmin, professeur à l’Université de Paris-Dauphine, lundi 15 mai. Personne ne sait où va l’administration Trump et personne ne sait à quelle vitesse le ralentissement de la Chine se poursuivra. Du coup, les prix des matières premières qui avaient commencé à redresser la tête en 2016 hésitent. Les gouvernants des pays exportateurs se gratteront encore longtemps la tête pour boucler leurs budgets et maintenir leur monnaie à flot.

 

Les experts qui ont rédigé l’ouvrage se risquent à quelques prévisions pour l’année en cours. C’est ainsi qu’ils s’attendent à des hausses de prix pour le gaz naturel (+21% en Europe), le pétrole WTI (+20), le charbon (+18% en Europe), le cuivre (+13%), le café (+6%), le caoutchouc (+1%), ce qui réjouira tous les États pétroliers d’Afrique, à commencer par l’Algérie, l’Angola, le Nigeria, le Gabon, le Soudan et le Tchad, mais aussi l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, la RDC ou la Zambie.

 

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_ Recul de la famine

En revanche, le cacao se verrait déprécié (-25%), tout comme l’or (-8%), l’huile de palme (-7%), le maïs (-2%), ce qui assombrirait les perspectives de nombreux pays d’Afrique de l’ouest et du centre, comme le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Mali ou le Malawi. La famine ne devrait pas s’aggraver puisqu’en 2016, la planète a produit 3,1 milliards de tonnes de grains (céréales, riz et oléagineux) contre 1,4 milliard en 1986. La sécheresse qui affecte l’Afrique méridionale et orientale semble reculer. Pas de famine, donc, « sauf celle due à la folie des hommes », a commenté Philippe Chalmin en pointant les conflits qui ensanglantent le Soudan du sud ou le nord du Nigeria.

 

_ Bulle spéculative de la vanille

De l’ananas au zirconium, Cyclope 2017 fait méthodiquement le point sur les marchés des différents produits de base. Retenons-en un dans la catégorie « Convalescence » et un autre dans la catégorie « Catastrophe annoncée ». Le premier est le pétrole, dont les prix ont de grandes chances d’atteindre les 54 dollars le baril cette année, grâce à « l’excellente discipline de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) » qui a contribué à réduire la production mondiale depuis la fin de l’année dernière, selon Francis Perrin, Président de Stratégies et Politique Énergétiques.

 

Le second est la vanille qui apparaît pour la première fois dans Cyclope et dont le prix du kilo est passé en cinq ans de 50 dollars à plus de 400 au cours de la campagne 2016-2017. Cette « bulle spéculative » pourrait éclater tant les qualités sont médiocres et tant le monopole de la vanille malgache (80% de la production mondiale) pénalise les industriels de cette gousse aromatique. La Grande Île devrait se méfier de ses concurrents potentiels ougandais, indonésiens et indiens qui se préparent à profiter des cours astronomiques de l’arôme le plus vendu au monde.

 

. CyclOpe 2017, sous la direction de Philippe Chalmin et Yves Jégourel, Ed. Economica, mai 2017, 139 €.

 

15 mai 2017/ Mis à jour le 16 mai 2017/ Par Alain Faujas

 

http://www.jeuneafrique.com/438777/economie/cyclope-2017-matieres-premieres-toujours-chahutees/

 

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