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AFRIQUE/ ENLISEMENT DU DEVELOPPEMENT/ DESORDRE SECURITAIRE/ CHOMAGE : c’est notre pays, c’est notre continent, nous ne servons pas le mensonge…

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« BAD/ AFRIQUE : Si les terres africaines suscitent tant de convoitises, c’est parce qu’elles présentent un potentiel immense. L’Afrique concentre près de 65 % des terres arables dans le monde. Paradoxalement, elle importe chaque année pour près de 35 milliards de dollars de produits alimentaires. Il faut sortir de cette situation inacceptable ! En passant d’abord d’une agriculture de subsistance à une agriculture business qui produit de la richesse. Près de 65 % d’Africains, les plus pauvres, vivent dans le milieu rural et dépendent de l’agriculture. Moi qui suis enfant de paysan, j’ai vécu la pauvreté dans ma chair. Et je souhaite aider les agriculteurs africains à en sortir.

Sur les dix prochaines années, la BAD envisage ainsi d’investir 24 milliards de dollars dans l’agriculture, l’enjeu étant de mettre un terme à la situation actuelle qui amène nos Etats à exporter sans transformation nos matières premières agricoles telles que le café, le cacao, le coton. Nous voulons plutôt arriver à un premier niveau de transformation de ces matières premières sur place afin qu’elles apportent une valeur ajoutée à nos économies et créent des emplois. »

 

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1 – Inégalités et chômage… : Les dirigeants africains toujours indifférents en 2017 ?

 

L’Afrique subsaharienne abritant 40 % de la population pauvre du monde risque de connaître un accroissement de l’insécurité alimentaire, de la pauvreté et des inégalités en 2017 du fait de nouveaux défis non budgétisés…

 

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. Riches avec droits, Pauvres sans droits

L’Afrique subsaharienne abritant 40 % de la population pauvre du monde risque de connaître un accroissement de l’insécurité alimentaire, de la pauvreté et des inégalités en 2017 du fait de nouveaux défis non budgétisés à savoir : les changements climatiques avec leurs conséquences sur une amplification de la sécheresse, une augmentation des inondations surtout dans les zones côtières, les hausses de température, les irrégularités dans l’arrosage par les pluies en leur temps, et par conséquent une diminution de la productivité liée à une faible capacité de résilience et d’anticipation des dirigeants africains pris collectivement.

 

2017 doit servir à mettre en place, si possible en faisant participer les Africains de la Diaspora, des systèmes d’alerte et d’anticipation pour promouvoir le « vivre ensemble ». Les transferts de risques de l’État vers le secteur privé pour couvrir tous ces risques pourraient aider car l’efficacité de la gestion publique n’est pas optimale, ceci étant un euphémisme. Les accompagnements transitoires et des incitations pour la création de valeur ajoutée devraient permettre une meilleure protection sociale, si ceux-ci sont octroyés sur des bases de transparence et de signature de contrat de performance et d’excellence.

 

Mais la réalité est que les violences des inégalités tuent en Afrique. Il va falloir en 2017 réapprendre à vivre ensemble et non pas comme le souhaitent certains dirigeants africains autocrates. Il n’est pas admissible qu’avec les niveaux élevés de croissance économique en Afrique, les inégalités se sont installées durablement. Aussi les Africains devront penser à s’organiser collectivement pour imposer le fait de « rendre des comptes » (accountability). Mais pour positiver, stopper les inégalités, c’est d’abord promouvoir l’employabilité et créer des emplois décents.

 

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1.1. LA VIOLENCE DES INÉGALITÉS EN AFRIQUE

L’Afrique prise dans une mondialisation subie ne finit pas de trouver des solutions innovantes pour exister. Mais entre exister en étant extrêmement pauvre et faire partie des nouveaux milliardaires en dollars américains, il y a là une inégalité fondamentale qu’il n’est plus possible d’occulter. Pourtant, au cours des cinq dernières décennies, la gouvernance politique, économique, sociale et culturelle des dirigeants africains, mais aussi des principaux conseillers d’office extérieurs (africains comme non-africains), occidentaux pour l’essentiel, ont dans leur grande majorité considéré les inégalités comme un mal nécessaire, un dysfonctionnement de l’économie du laisser-faire, ou encore une fatalité.

 

Cette inégalité touche plus les femmes et les jeunes. Mais c’est surtout au niveau de l’éducation, de l’emploi, de la santé et de l’accès aux opportunités de créer des richesses que le fossé se creuse. Toutefois il est vrai que le taux d’activité des hommes et des femmes s’est amélioré ces dernières années en Afrique. Mais pour quel salaire et que de maltraitances sociales et psychologiques, sans compter la pénibilité du travail !

 

Mais comme culturellement les Africains n’arrivent toujours pas à promouvoir leur propre africanité en valorisant une culture afrocentrique positive, le mimétisme culturel (souvent calqué sur l’Occident) dans un cadre de globalisation d’une pensée unique tend à transformer l’Africain en un objet migrant sans identité et principes. Les dégâts de 500 ans et plus d’exploitation et de colonisation ont laissé des traces psychologiques, sociales, économiques et même politiques indélébiles. Alors lorsqu’il s’agira de « parler » d’Afrique en 2017, il faudra systématiquement distinguer entre ceux qui dirigent et les autres.

 

En effet, ils et elles sont nombreux qui, dès qu’ils ont acquis un pouvoir, choisissent, volontairement ou involontairement, d’accentuer les inégalités déjà existantes, quand il ne s’agit pas de les augmenter. Il suffit de rappeler les accaparements dans le foncier, les injustices quant à l’accès à des postes publics ou des emplois dans le secteur privé, les différenciations en matière de santé entre celui qui peut payer et celui qui ne le peut pas, le transport dit commun sans sécurité laissé aux mains de véritables réseaux se souciant que très peu du confort et de la sécurité des passagers, etc. L’autocritique en ce début de 2017 est un passage obligé pour s’apercevoir que le culte de la différenciation du « grand » sur le « petit », de celui (celle) qui a sur celui (celle) qui n’a pas pas, n’est pas toujours au rendez-vous. Le respect des droits humains en Afrique par les  dits « grands 1 » est une illusion.

 

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Bien sûr, le tam-tam de la bouche contribue encore à faire croire que les nombreuses atteintes à l’égalité de traitement d’un Africain par un autre Africain ne sont pas légions. C’est se tromper lourdement que de continuer à croire les médias d’État ou leur relais-partenaires de communication et moins d’information. D’ailleurs, Radio-trottoir se contente de ne voir ces atteintes que chez l’étranger. La musique, la danse et les échappatoires religieuses servent de relais en boucle d’absurdité, annihilateurs du goût et de la culture du combat pour les principes de droit et de bon sens. Ce qui ne veut pas dire que les pays occidentaux ou autres qui maintiennent encore certains pays africains, surtout en zone francophone, sous mainmise postcoloniale ou économique ont cessé de le faire. Ils le font discrètement et autrement, souvent par Africains interposés. C’est d’ailleurs cette approche de la servitude volontaire qui contribue à accentuer les inégalités en Afrique.

 

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1.2. VIVRE ENSEMBLE : OUI, SI « JE » DICTE TOUT !

La servitude volontaire ne se pratique pas uniquement entre blanc et noir, mais entre noir et noir et apparemment entre jaune et noir. Pour les dirigeants africains, c’est une façon bien commode de se soustraire de leurs responsabilités propres et collectives. Bref, les Africains, dirigeants ou pas, devraient s’interroger sur leur conception du vivre-ensemble en 2017 et au-delà, car c’est justement, cette conception inhibée, souvent extravertie, parfois cruelle, qui tend à renforcer les inégalités sous toutes leurs formes. La faillite de la gouvernance nationale qui rappelle les endettements structurels sans désendettement a conduit à un nombre de plus en plus croissant d’exclus, de chômeurs et de sous-employés, ce qui n’a pas manqué de créer de profondes instabilités sociales, avec des radicalités violentes de type BokoHaram.

 

L’État africain et ses dirigeants ne sont pas neutres dans cette histoire. Au lieu de construire une gouvernance du vivre ensemble, ils et elles ont préféré opter pour une gouvernance de la différentiation entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas. Les risques collectifs comme la prolifération de maladies infectieuses créées en laboratoire comme la maladie de « Marburg 2 » dite « Ébola », les migrations anarchiques sud-nord ou sud-sud, les conséquences des changements climatiques, la dégradation de l’environnement couplée avec l’urbanisation non régulée, la montée des populations vieillissantes 3, les disparités auto-récurrentes dans la distribution des richesses et le terrorisme de l’Islam radical ne sont pas de nature à faciliter les visions stratégiques du vivre-ensemble d’émerger et d’être budgétisées.

Avec une baisse des recettes de l’État et une augmentation des dépenses publiques au cours de la dernière décennie en Afrique, la croissance économique constante depuis 9 ans en Afrique et supérieure à l’Union européenne mais doublée par une corruption institutionnelle ne désenfle pas.

 

Le bilan de la gouvernance africaine au cours des 10 dernières années, malgré des progrès ici et là, se ramène au mieux à un status quo. Mais en réalité, c’est bien une augmentation du chômage et des inégalités qui a caractérisé ces dernières années de croissance économique sur le continent. Bien sûr d’un pays à l’autre, les nuances sont perceptibles. Mieux avec les pays qui ont respecté la vérité des urnes et moins avec les pays postcoloniaux qui n’ont pas pu travailler en paix sans ingérence extérieure discrète, mais tout aussi abusive parfois totalement assumée comme une servitude volontaire pour conserver le pouvoir politique à tous prix.

 

Alors, il ne faut pas s’étonner que les inégalités et le chômage, de moins en moins comptabilisés ou souvent largement sous-estimés dans les statistiques officielles nationales et internationales sont en croissance précipitée malgré la croissance économique africaine en mode décroissant pour 2017. L’Afrique subsaharienne n’est pas en position de retrouver la moyenne de 6,6 % de croissance entre 2004-2008. Entre 2014-2017, la moyenne de 3,2 % de croissance économique est pronostiquée, si des catastrophes naturelles, migratoires, environnementales ou sanitaires ne viennent pas modifier à la baisse ce rythme 4.

 

Avec l’autosatisfaction ambiante des dirigeants africains et cette manie des Africains pris collectivement d’être trop souvent « contents » pour ce qu’il convient d’appeler la fatalité du « moins pire », il n’est pas sûr que des changements disruptifs pourraient intervenir au cours de 2017. Car changer la mentalité des Africains pour passer d’un formatage de type rigide vers l’agilité ancestrale d’avant la colonisation n’est pas une tâche facile. L’initiative entrepreneuriale et l’organisation collective sans les turpitudes de la trahison encore trop souvent systématique dans la construction de ce continent demeurent toujours une tâche difficile, mais non impossible.

 

Alors, les dirigeants africains sont-ils toujours indifférents aux inégalités qu’ils ou elles ont contribué à accentuer au cours des années passées ? La réponse est oui pour les années précédentes, ce qui demeure d’ailleurs masqué par les techniques de clientélisme politique, ethnique et autres racolages fondés sur la loi du silence. Cette forme d’omerta empêche de dénoncer les innombrables non-respects des principes du vivre-ensemble, à commencer par ceux occasionnés par les dirigeants africains. Alors, 2017 sera-t-elle une année du changement vers la réduction des inégalités ? Rien n’est moins sûr car les dirigeants africains, pris collectivement demeurent fondamentalement des autocrates. Leur volonté du vivre-ensemble existe, mais est conditionnée par l’acceptation que celui qui dirige fait la pluie et le beau temps.

 

Bref le dirigeant africain n’accepte les démocraties et autres formes du vivre-ensemble que si les termes sont dictés par lui et ses affidés. Les institutions et les Constitutions ne sont là que pour satisfaire les exigences de façade de la « dite » communauté internationale. D’ailleurs, les modifications des textes fondamentaux ou les transitions politiques suite à un refus de quitter le pouvoir sont légions dès lors qu’il y a contestation et moins de trahison de certaines élites africaines adeptes de la ventrologie alimentaire. Aussi, le « vivre ensemble si j’en dicte les termes » s’est transformé en un « vivre avec et sous moi ». Cette dernière définition du vivre ensemble est bien sûr incompatible avec les droits humains, la démocratie et la bonne gouvernance économique. Faut-il rappeler le Burundi, le Congo démocratique, la République du Congo, le Gabon, le Togo  pour ne citer que les plus évidents en espace francophone ?

 

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1.3. AFRIQUE : CROISSANCE ECONOMIQUE ET INEGALITÉS CROISSANTES

Lorsque sur plusieurs années, les 20 % de la population africaine la plus riche s’arrogent en principe plus de 30 % des revenus alors que les 10 % de la population la plus pauvre ne reçoivent que 2,5 %, il y a lieu de constater que les inégalités aux seins des sociétés et économies africaines sont structurelles.  Selon les écoles de pensée, les inégalités tendent à s’aggraver en Afrique. Le paradoxe tient dans le fait que les décideurs politiques et économiques africains ont trop souvent considéré ce phénomène comme une fatalité. La croissance économique élevée autour de 4,4 % entre 2009-2016 en Afrique ne s’est pas traduite par une transformation structurelle du mode de gouvernance. L’efficacité de la dépense publique n’est pas avérée.

 

Au contraire, ce sont des déficits structurels qui tendent à servir de gages à une forme de servitude volontaire face à la dite « communauté internationale » qui s’en accommode pour mieux accéder aux matières premières africaines. Cette croissance est restée fondamentalement arrimée à l’exploitation des matières premières sans une véritable création de valeur ajoutée par la transformation, l’industrialisation et l’introduction de la digitalisation.

 

De ce fait, il s’avère difficile de trouver une corrélation positive entre la croissance économique enregistrée ces dernières années et l’amélioration de la création d’emplois marchands, ceux qui sont créés par le secteur privé. Rien d’étonnant d’ailleurs lorsqu’il s’agit de constater que les politiques fiscales et les incitations diverses de l’État africain ne favorisent que très rarement la création d’emplois décents. Il n’est pas rare de constater que ces mêmes politiques ont malheureusement contribué non pas à réguler les inégalités, mais à les renforcer sous des formes de plus en plus diversifiées.

 

La prise de conscience ne se fait plus au niveau des décideurs mais dans la rue avec les conséquences sur la radicalisation de la violence, elle-même contenue selon que le régime politique repose sur l’appui occidental extérieur, la force militaire, et le non-respect des Constitutions quand il ne s’agit pas de la contre-vérité des urnes.

C’est donc très rarement que les inégalités résultantes des gouvernances politiques et économiques passées des dirigeants africains sont considérées comme une conséquence directe des mentalités africaines du « vivre ensemble », des politiques économiques et politiques mises en œuvre depuis la fin des dépendances effectives ou encore de la hiérarchisation des rapports salariaux dans le secteur privé, ceux-ci fondés sur une conception pyramidale de l’autorité, du travail et de la performance économique.

 

Sur la base des dernières statistiques disponibles, il est possible de rappeler le niveau de l’indice (ou coefficient) de Gini qui mesure pour une année de référence donnée le niveau des inégalités de revenus et de niveau de vie dans un pays choisis. L’indice de Gini est un nombre variant de 0 à 100, où 0 signifie l’égalité parfaite et 100 signifie une inégalité parfaite. Deux pays sont donnés en référence parce que le niveau d’inégalité est en constante augmentation et estimé par l’indice Gini de la Banque mondiale en 2012 au niveau suivant : la France : 33,1, et la Chine : 42,2. Les pays africains suivants sont donnés en exemple : Burundi (33,4/2006), le Congo démocratique (42,1/2012), la République du Congo (48,1/2011), le Gabon (42.2/2005), le Rwanda (50.4, 2013), le Togo (46/2011 et l’Afrique du sud (63,4/2011).

 

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1.4. S’ORGANISER COLLECTIVEMENT POUR IMPOSER LE FAIT DE « RENDRE DES COMPTES »

De nombreux dirigeants africains refusent d’accepter la vérité sur les inégalités créées par leurs politiques. Ces dernières se conjuguent souvent avec l’autosatisfaction et le déni des constats indépendants par les Africains eux-mêmes, qu’ils résident en Afrique ou dans la diaspora. De plus historiquement, les modèles économiques importés utilisés pour fonder les politiques économiques africaines ont régulièrement fait l’impasse sur les inégalités.

 

Certaines grandes institutions financières du développement issues de Bretton-Woods ont même considérer que les inégalités sont « consubstantielles » des politiques libérales, néo-libérales voire des dérives de ces politiques qui ont abouti à la crise financière de 2007/8. Aussi, les dirigeants au pouvoir et ceux qui détiennent le savoir économique en Afrique ont failli d’abord pour n’avoir pas fait l’effort de reconsidérer leur modèle de gouvernance économique et politique à partir de l’histoire du « vivre ensemble » héritée de l’histoire précoloniale africaine.

 

À ce titre, la gouvernance économique de l’Égypte ancestrale pourrait servir de point de repère. Cette erreur stratégique a favorisé la valorisation de la concurrence dite « libre et non distordue » qui a conduit en Afrique, comme ailleurs dans le monde grâce au processus de mondialisation de l’économie, à la destruction graduelle, parfois violente et sans pitié, des modèles sociaux et humains des Africains. La prise de conscience, volontairement ou involontairement, n’étant pas toujours au rendez-vous et une forme moderne de la corruption entre élites au pouvoir ont contribué à faire oublier que les inégalités ont été faites par des humains qui ont choisi de donner une priorité au capital sur le travail.

 

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La difficulté à générer des valeurs ajoutées et réguler une distribution moins inégalitaire a conduit à une bipolarisation de l’Afrique dans un monde en changement constant du fait des évolutions technologiques et des mentalités des consommateurs :

. il y a d’une part, ceux, souvent détenant un pouvoir économique et/ou politique, qui considèrent  la contrainte du libre-échange comme un système où les rapports de force doivent rester aux mains de ceux qui détiennent le « capital » aux dépens de ceux qui n’ont que leur force de travail à offrir sur un marché de l’offre et de la demande ;

 

. il y a d’autre part, ceux, ne détenant que la capacité à s’organiser collectivement pour influencer les décisions, qui considèrent qu’ils sont exclus de manière structurelle des opportunités d’accéder à un niveau de vie décent, de préserver leur capital collectif ou encore d’être associés au capital compte tenu des systèmes institutionnels et des rapports de force établis.

 

Les formes de servitude que le capital impose au travail et donc à l’emploi génèrent des inégalités structurelles que les dirigeants africains n’ont pas —pour la plupart d’entre eux— voulu voir. C’est ainsi que la propriété et les configurations institutionnelles choisies par les pays africains et fondées pour l’essentiel sur les « lois fondamentales du capitalisme » sont focalisées sur le taux de profit maximum et rapide si possible sans efforts.

 

Lorsque la priorité a été donnée à ce taux de profit en période de croissance faible, les inégalités se sont accrues. Lorsque ce taux de profit se conjugue avec une croissance soutenue et élevée, ce sont ceux qui détiennent le capital et ses dérivées qui sont les gagnants dans les échanges. Les inégalités se sont alors décuplées en silence car l’industrialisation intelligente et non polluante n’est toujours pas au rendez-vous malgré les effets de manche à l’Union africaine.

 

Le peuple africain est prié d’accepter le principe de la fatalité, quand il n’y est pas incité avec la prolifération des entités religieuses officielles ou officieuses, voire douteuses, censées détourner l’attention des injustices et inégalités au profit des cultes de neutralisation des actions. C’est le principe de rendre des comptes (accountability) qui demeure le vrai perdant. Autrement dit, il ne fallait surtout pas mettre l’accent sur les rapports sociaux et de production, encore moins sur les modes de production inégalitaires et fondés sur la subordination hiérarchique. Cette conception du vivre ensemble des Africains est un crime contre le peuple africain.

 

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1.5. POUR STOPPER LES INÉGALITÉS, PROMOUVOIR L’EMPLOYABILITÉ

Une prise de conscience africaine par les Africains sur les inégalités en Afrique ne relève pas de la fatalité. Ce n’est plus une option, mais une obligation pour tracer les voies de l’émergence économique et du bien-être des populations. La croissance économique se doit d’être inclusive. Aussi, il est proposé de se recentrer sur la création d’emplois décents en incitant à plus de productivité et à la valorisation de l’employabilité.Les Ministères de l’emploi ou du travail en Afrique doivent être convertis en Ministère de l’employabilité avec un soutien pour le renforcement  et l’indépendance des structures organisées de la société civile africaine. Ne pas y associer les Africains de la Diaspora revient à se priver de talents, d’expertise, de financement mais aussi d’esprit d’indépendance.

 

Des indicateurs régionaux d’amélioration des inégalités doivent permettre de mesurer les progressions. Les défiscalisations systématiques au profit des entreprises augmentant leurs contenus technologiques et créant des emplois pérennes devraient permettre de refonder les rapports entre le  capital et le salariat. La préférence ira à la création de valeur ajoutée aux dépens du capital et de la rente non productive. La modernisation de la propriété commune de la terre, du capital et des moyens de productions nécessitera un effort collectif qui permettra de mettre fin à la fatalité des inégalités structurelles. Les institutions de contrôle du pouvoir et les agglomérations d’entreprises sont à promouvoir. Mais encore faut-il avoir le goût de s’organiser collectivement et de travailler sans trahison interne vers les objectifs afrocentriques d’un mieux vivre ensemble.

Toutefois en 2017, les dirigeants africains devraient néanmoins être moins indifférents aux inégalités structurelles qu’ils et elles ont contribué à faire perdurer. Un vœu pieux ? Une voix dans le désert ? 

 

YEA./2 janvier 2017/ AfrocentricityThink Tank./ 6 JANV. 2017 / PAR FRANÇOIS FABREGAT/ BLOG : AFROUEST-ACTU FRANÇOIS FABREGAT

 

http://www.anti-k.org/2017/01/14/inegalites-et-chomage-les-dirigeants-africains-toujours-indifferents-en-2017/

 

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2 – Chômage des jeunes, économie informelle… Le travail en Afrique face aux défis du futur

 

Plusieurs dizaines de représentants d’employeurs et de salariés ont fait parvenir au Bureau international du travail, qui tient une réunion ces 6 et 7 avril à son siège de Genève, leurs préconisations pour améliorer le futur de l’emploi sur le continent, encore très informel et précaire. La démographie est implacable. Du fait de la prodigieuse natalité africaine, un travailleur sur cinq en 2050 sera africain. Sur les 600 millions d’emplois qui devront être créés d’ici 2030, une bonne part devra émerger entre Le Cap et le Caire.

 

C’est dire la place qu’occupe le continent dans la réflexion que mène l’Organisation internationale du travail (OIT) sur l’avenir des emplois depuis deux ans, avec son centenaire de 2019 en ligne de mire. L’ambition : dépoussiérer une organisation parfois vue comme une machine à rapports éloignée du terrain, « donner la parole à nos mandants [les États qui financent en grande partie l’OIT], et émettre des recommandations ancrées dans la réalité », comme l’explique Nicolas Niemtchinow, ancien ambassadeur français auprès de l’Office des Nations unies à Genève, et conseiller spécial pour l’Initiative sur l’avenir du travail depuis novembre 2015, au sein du secrétariat de l’OIT, son bras exécutif.

 

Message reçu cinq sur cinq sur le continent. Ils sont nombreux, États, représentants d’employeurs et de salariés, à avoir procédé aux dialogues nationaux auxquels ils avaient été invités voilà presque deux ans par le directeur général du Bureau international du travail (BIT), le syndicaliste britannique Guy Ryder, élu à ces fonctions en 2012.

 

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1 – Économie informelle

Sur les 160 pays qui avaient répondu favorablement à la démarche prospective, seuls 80 ont pour l’heure envoyé le compte-rendu de leurs réflexions, ces « dialogues nationaux » qui se sont étalés sur des durées variables allant d’un jour à plusieurs semaines, pour les plus consciencieux. Trente de ces compte-rendus viennent d’Afrique, qui émettent des avis variés sur le rôle que le travail pourra jouer et les règles qui pourront s’y appliquer. « Le travail comme un moyen de survie, le poids de l’informalité, l’emploi des jeunes, l’importance du dialogue social sont récurrents », énumère Nicolas Niemtchinow.

 

Des critères qui s’appliquent à une même réalité, comme l’explique Édouard Ladouyou, chef du département des ressources humaines à la Confédération ivoirienne des entreprises de Côte d’Ivoire, qui représente 1 500 entreprises privées. « Les marchés de l’emploi africains ont en commun des taux d’informalité très élevés, jusqu’à 90%, et des emplois globalement très précaires », explique-t-il.

 

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2 – Croire en la jeunesse

Côté chômage, celui-ci demeure très haut et mal mesuré. « De 50 à 55% parmi ceux qui ont un diplôme, « estime par exemple Mamadou Saliou Diallo, secrétaire général de l’Organisation nationale du syndicat libre de Guinée (ONSLG), qui revendique 23 752 salariés affiliés. « Le futur du travail africain, ce n’est pas à Genève ou dans les métropoles occidentales qu’il peut émerger, prévient Youssouf Maiga, un expert indépendant basé au Burkina. C’est sur les artères africaines où l’on voit partout des dizaines de réparateurs de téléphones et des mécaniciens improvisés sans aucune formation. Pour eux, il faut imaginer des formes de certification et une valorisation du savoir-faire et des acquis ».

 

Les idées de ce genre pullulent parmi les participants africains : limiter les embauches clientélistes, ne pas être effrayé par les technologies, croire en la jeunesse, adapter les formations… Et surtout aboutir à des solutions applicables partout, « de la SiliconValley à la Vallée du Nil », a plaidé Guy Ryder ce 6 avril. Fin de l’exercice en 2019.

 

07 avril 2017/ Par Benjamin Polle – à Genève

 

http://www.jeuneafrique.com/426007/economie/chomage-jeunes-economie-informelle-travail-afrique-face-aux-defis-futur/

 

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3 – La croissance africaine ne fournit pas assez de travail (AeneasChapingaChuma, directeur Afrique de l’OIT):

 

Jeudi et vendredi, l’Organisation internationale du travail (OIT) présentera les conclusions de deux ans de concertation mondiale sur l’avenir du travail, avec en ligne de mire la redéfinition de son propre rôle de garant de la protection sociale. Quarante pays africains y ont pris part. Analyse des réponses avec AeneasChapingaChuma, haut fonctionnaire onusien et directeur de la zone Afrique de l’OIT. L’Afrique n’échappe pas au remue-ménage de l’Organisation internationale du travail. Deux ans ans avant de fêter son centenaire, l’organisation onusienne financée par les États a mis en orbite son réseau mondial pour répondre à une question simple : de quoi le travail sera-t-il fait à l’avenir et quelles règles pourront s’y appliquer ?

 

Quarante pays africains y ont pris part. « Les besoins sont clairs : davantage d’emplois, des compétences à plus forte valeur ajoutée et une place plus grande laissée aux entrepreneurs et aux indépendants », dit AeneasChapingaChuma. Le Zimbabwéen est directeur régional pour l’Afrique de l’OIT depuis le 1er mars 2014 et a été réélu à ce poste fin 2016. Sur le continent comme ailleurs, les défis sont nombreux : travail des enfants, chômage endémique et mauvaise formation des jeunes, emplois précaires et numériques, généralisation de l’uberisation et des économies à la tâche (les petits boulots payés à la journée)… « Le jugement consistant à faire de nous une machine à produire des rapports ne tient pas compte des faits. En réalité, le BIT (Bureau international du travail, secrétariat permanent de l’OIT, ndlr) fixe des standards sociaux qui sont devenus les normes internationales. Les difficultés portent sur leur application par les États ». Interview.

 

_ Jeune Afrique : Parler d’emploi en Afrique, cela revient souvent à évoquer le chômage. Est-ce une fatalité ?

. AeneasChapingaChuma : L’OIT, qui aura 100 ans en 2019, voulait en quelques sorte, en lançant ce cycle de dialogues nationaux sur le futur du travail, dessiner ce qui fera la réalité du travail durant le prochain siècle. Sur le continent, cet avenir sera confronté évidemment à l’entrée sur le marché de l’emploi de plusieurs centaines de millions de jeunes qui, sans changement, seront touchés par l’inactivité, le sous-emploi ou l’emploi informel. La croissance africaine ne fournit pas assez de travail.

 

_ Pourquoi cela ?

La croissance sans emplois s’explique par ce que sont les moteurs de la croissance africaine, qui demeurent ancrés dans l’export de matières premières brutes, de fèves de café plutôt que du café transformé, de matières premières minières plutôt que de métaux… Industrialisation, transformation économique, valeur ajoutée restent les priorités pour l’emploi africain.

 

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« Il faut mettre les plus jeunes en capacité d’avoir les compétences adaptées aux nouveaux modes de travail »

 

_ À qui incombent ces chantiers ?

Les États joueront un rôle de premier plan pour créer un environnement facilitateur, en subventionnant certaines filières pour y inciter les investissements privés. Les efforts étatiques ne doivent pas être seulement réglementaires, comme cela a été la tendance, et doivent inclure l’entrepreneuriat et le travail indépendant, d’autant moins que la hausse de la productivité, du fait de la mécanisation, amènera à des productions plus importantes avec moins de ressources humaines.

A contrario, de nouveaux métiers pourront apparaître, du fait de la numérisation, par exemple, qui réduira la part des travaux manuels dans l’agriculture ou les mines et augmentera les activités à plus forte valeur ajoutée. Il faut mettre les plus jeunes en capacité d’avoir les compétences adaptées aux nouveaux modes de travail.

 

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_ Et quels secteurs vont embaucher ?

L’agriculture, mais davantage en aval de la filière, dans la transformation et dans l’ingénierie plutôt que dans le labour et l’irrigation qui seront rendus obsolètes par la mécanisation. L’agriculture demeure un vivier d’emplois pour la simple raison que la majorité des Africains sont en zone rurale. Dans l’informatique et la télécommunication, le transport, les services, les assurances, il y a des possibilités en fortes croissance. Leur point commun à tous, ce sont les infrastructures et l’électricité. C’est le préalable au développement, et donc aux emplois en plus grand nombre et de meilleure qualité.

 

_ Pourtant, il n’est pas rare que des entreprises se plaignent du manque de compétences disponibles et des difficultés à recruter. Où se situent les blocages ?

À l’heure actuelle, le grand écart persiste entre les compétences attendues sur le continent et la nature des formations administrées, laissant sur le carreau des bataillons de jeunes qui ne sont pas employables. Le dialogue entre les patrons d’industrie et le secteur éducatif doit être plus étroit. Aussi, il faut que les pays africains se lient davantage les uns aux autres, et que l’intégration économique régionale accélère. La libre-circulation ne doit pas s’arrêter aux biens, mais doit être étendue aux personnes et aux compétences. C’est une lacune importante.

 

05 avril 2017/ Par Benjamin Polle

 

http://www.jeuneafrique.com/424925/economie/aeneas-chapinga-chuma-directeur-afrique-de-loit-croissance-africaine-ne-fournit-assez-de-travail/

 

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4 – BAD : En Afrique, il faut briser le triangle du désastre pour en finir avec le terrorisme 

 

Pour le président de la Banque africaine de développement (BAD), la lutte contre le chômage des jeunes et pour l’agriculture et l’accès à l’énergie sont indispensables.Présent au 28e sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, le président de la Banque africaine de développement (BAD), AkinwumiAdesina, défend une réponse africaine à la menace terroriste qui associe sécurité et développement. L’ancien ministre nigérian de l’agriculture, devenu président de la BAD en mai 2015, plaide particulièrement pour l’accès des Africains à l’énergie et la création massive d’emplois pour les jeunes. Il estime également que seuls des investissements conséquents dans le secteur agricole peuvent sortir de la pauvreté les 65 % d’Africains vivant en milieu rural.

 

_ La menace terroriste n’a jamais été aussi pressante sur le continent avec les chabab, BokoHaramAl-Qaida au Maghreb islamique, Ansare Dine, l’organisation Etat islamique… Comment construire une réponse africaine efficace et durable ?

. A regarder attentivement la cartographie de la menace terroriste en Afrique, on s’aperçoit qu’elle correspond à ce que j’appelle le triangle du désastre. Le premier indicateur, c’est le niveau de pauvreté très élevé dans le monde rural. Le second élément, c’est le très fort taux de chômage chez les jeunes. Il y a enfin la dégradation de l’environnement du fait du changement climatique. Partout en Afrique où vous trouvez ce triangle du désastre, vous trouvez la menace terroriste : au nord-Mali avec Al-Qaida au Maghreb islamique, Ansare Dine, le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) ; au nord du Kenya avec les chabab ; au sud-est du Niger et au nord-est du Nigeria avec BokoHaram.

 

Si nous voulons en finir avec ces menaces et actions terroristes, nous devons, outre sur la sécurité, agir sur un certain nombre de leviers. Premièrement, il nous faut transformer les zones de misère en zones de prospérité. Il nous faut également offrir à la jeunesse africaine des perspectives d’emplois. L’Afrique compte aujourd’hui près de 480 millions de jeunes. Chaque année près de 13 millions de jeunes Africains arrivent sur le marché de l’emploi alors qu’il n’existe que 3 millions de postes. Que faire des 10 autres millions ?

 

Certains se désespèrent et s’engagent dans des aventures périlleuses comme on a pu le voir avec ces bateaux de fortune de migrants lancés à l’assaut de la Méditerranée. D’autres deviennent des proies faciles pour les groupes terroristes. A cet enjeu majeur, il faut une solution globale et inclusive. C’est pourquoi la Banque africaine de développement (BAD) ambitionne d’aider les Etats africains à créer 25 millions d’emplois pour les jeunes Africains sur les dix prochaines années.

 

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« L’accès à l’énergie est autant une question de développement qu’un enjeu de sécurité »

_ Certains Etats en situation d’extrême fragilité comme la Somalie peinent à convaincre les bailleurs de financer la reconstruction et le développement. Comment éviter de leur imposer une double peine, en leur refusant l’accès aux guichets alors qu’ils paient déjà un lourd tribut au terrorisme ?

. Il est important de continuer à accompagner et soutenir les Etats en situation de fragilité. Dans le cas particulier de la Somalie, nous travaillons avec le Royaume-Uni pour doter le pays d’infrastructures de qualité. La BAD dispose d’un instrument spécifique pour accompagner les Etats en transition : le Fonds africain du développement, qui a fait l’objet d’une reconstruction de près de 7,2 milliards de dollars (6,7 milliards d’euros) en novembre 2016 à Luxembourg.

Cet instrument nous a permis de soutenir les efforts de la Côte d’Ivoire pour sortir de la fragilité et devenir une des économies les plus dynamiques du continent avec près de 10 % de croissance. Partout où il y a fragilité de l’Etat, il y a faiblesse des institutions, déficit d’énergie, faible niveau de formation. Nous devons être aux côtés des Etats concernés pour les aider à renforcer leur résilience. L’exemple de la Côte d’Ivoire conforte mon optimisme et m’amène à penser que même les pays du continent actuellement en difficulté extrême ne sont pas définitivement condamnés.

 

_ Aux côtés des Etats et des bailleurs de fonds traditionnels, le secteur privé peut-il jouer un rôle dans les efforts pour sortir de la fragilité des pays comme le Burundi, le Soudan du Sud, la Centrafrique, la République démocratique du Congo ?

. Le piège serait justement ne pas investir dans ces pays sous prétexte qu’ils sont en situation de fragilité. Nous comprenons les réticences du secteur privé qui peut considérer l’absence d’institutions fortes et d’infrastructures comme des freins. Il faut donc en même temps éviter que ces pays-là soient abandonnés à leur sort. C’est pour cette raison que nous, à la BAD, avons créé un instrument doté de 250 millions de dollars (233 millions d’euros) pour encourager le secteur privé à investir dans les Etats en transition comme la Centrafrique, la République démocratique du Congo, le Soudan du Sud. Il s’agit pour la BAD de se tenir aux côtés des hommes d’affaires pour partager les risques liés à leurs investissements dans ces pays.

 

_ A en croire une étude du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), seuls deux pays d’Afrique subsaharienne, Maurice et les Seychelles, assurent l’électricité à tous leurs habitants. Dans d’autres pays, le taux d’accès tourne autour de 10 %. Comment l’Afrique peut-elle relever cet immense défi ?

. J’ai honte de la situation de l’accès à l’énergie en Afrique. Sans énergie, on ne peut même pas assurer une éducation de qualité aux enfants. Les terroristes profitent de l’obscurité entraînée par l’absence d’électricité pour commettre leurs forfaits – c’est autant un problème de développement qu’une question de sécurité. J’ai donc décidé dès mon entrée en fonction en 2015 de faire de l’accès à l’énergie un chantier majeur de mon mandat. Nous avons lancé le « Nouveau pacte pour l’énergie pour l’Afrique » qui vise à résoudre durablement le problème. Il ne s’agit pas seulement d’éclairer mais aussi de faire en sorte que l’Afrique nourrisse l’Afrique à travers le développement de l’agro-industrie, l’industrialisation, l’intégration régionale.

 

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« Nous voulons arriver à un premier niveau de transformation des matières premières sur place afin qu’elles apportent une valeur ajoutée »

 

L’énergie est un préalable et la BAD l’a compris. C’est pour cette raison qu’elle va mettre sur la table 12 milliards de dollars (11,2 milliards d’euros) pour les dix prochaines années. Nous escomptons, à partir de notre mise, un effet de levier de 50 milliards de dollars en faveur de l’accès à l’énergie en Afrique. Rien que pour 2016, nous avons investi près de 1,7 milliard de dollars sur ce point, ce qui a entraîné 2,8 milliards apportés par le secteur privé. Signe de la priorité que nous accordons à l’urgence énergétique, une vice-présidence de la Banque chapeaute un complexe spécifiquement créé pour l’énergie : c’est un cas unique dans les organisations multilatérales. Il colle à l’immensité du défi.

Nous n’aurons d’autre choix que d’exploiter au maximum les opportunités offertes par les énergies renouvelables : le solaire, l’hydroélectrique, le géothermique et même le charbon puisqu’il existe des techniques pour le rendre moins polluant. Avec l’Union africaine, nous avons mis en place l’« Initiative énergie renouvelable pour l’Afrique ». La cellule technique d’implantation de cette initiative est déjà en place à la BAD. Nous sommes fermement convaincus que résoudre le problème d’accès à l’énergie en Afrique, c’est aussi résoudre les problèmes de stabilité et de développement.

 

_ Vous qui prônez un « retour du continent à la terre » – l’agriculture –, quelle est votre position sur l’achat des terres agricoles africaines par des investisseurs étrangers, notamment de la Chine et du Golfe ?

. Si les terres africaines suscitent tant de convoitises, c’est parce qu’elles présentent un potentiel immense. L’Afrique concentre près de 65 % des terres arables dans le monde. Paradoxalement, elle importe chaque année pour près de 35 milliards de dollars de produits alimentaires. Il faut sortir de cette situation inacceptable ! En passant d’abord d’une agriculture de subsistance à une agriculture business qui produit de la richesse. Près de 65 % d’Africains, les plus pauvres, vivent dans le milieu rural et dépendent de l’agriculture. Moi qui suis enfant de paysan, j’ai vécu la pauvreté dans ma chair. Et je souhaite aider les agriculteurs africains à en sortir.

 

Sur les dix prochaines années, la BAD envisage ainsi d’investir 24 milliards de dollars dans l’agriculture, l’enjeu étant de mettre un terme à la situation actuelle qui amène nos Etats à exporter sans transformation nos matières premières agricoles telles que le café, le cacao, le coton. Nous voulons plutôt arriver à un premier niveau de transformation de ces matières premières sur place afin qu’elles apportent une valeur ajoutée à nos économies et créent des emplois.

Plus stratégiquement, nous avons décidé d’accompagner l’émergence d’une génération de jeunes agro-entrepreneurs africains auxquels nous apporterons le financement et l’accompagnement technique. L’Afrique ne peut plus continuer à pratiquer l’agriculture pour créer des emplois et de la richesse pour les autres. L’avenir de notre continent sera fonction de ce qu’il fera de son agriculture. C’est par elle que passe également la solution durable et efficace à la pauvreté et à la misère qui nourrissent le terrorisme et l’instabilité.

 

Par Seidik Abba (Addis-Abeba – contributeur Le Monde Afrique)/ LE MONDE Le 08.02.2017/ Mis à jour le 08.02.2017/

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/02/08/en-afrique-il-faut-briser-le-triangle-du-desastre-pour-en-finir-avec-le-terrorisme_5076417_3212.html

 

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5 – Migrations africaines, le défi de demain

 

En 2016, l’immigration de ce continent de 1,2 milliard d’habitants a détrôné les arrivées syriennes, afghanes et irakiennes en Europe. A trop se focaliser sur le Moyen-Orient, on n’a pas vraiment vu venir l’Afrique… En 2016 pourtant, à bas bruit, l’immigration de ce continent de 1,2 milliard d’habitants a détrôné les arrivées syriennes, afghanes et irakiennes en Europe. Selon une communication de Frontex, l’agence européenne de gardes-frontières et de garde-côtes, du 6 janvier, 93 % de ceux qui ont débarqué en Italie l’an dernier, venaient de ce continent.

 

L’année qui vient de s’achever pourrait donc s’imposer comme une transition, un passage de relais entre deux exils. Avec son million de réfugiés en Europe, s’ajoutant aux millions déjà massés en Turquie, au Liban ou en Jordanie, 2015 avait été une « année syrienne », une « année de l’asile », et les esprits sont restés sur cette vision, qui a masqué les autres mouvements de migrations en train de s’affirmer.

 

Globalement, les ordres de grandeur ont chuté. En 2016, les flux ont diminué des deux tiers (364 000 arrivées sur le Vieux Continent) et ont changé de nature. Les traversées par la Méditerranée centrale (181 000) ont augmenté d’un cinquième, prenant le pas sur les passages par la mer Egée (175 000), divisés par quatre. L’accord entre l’UE et la Turquie, signé en mars 2016 et par lequel Ankara s’engage, moyennant finances, à contrôler l’émigration vers l’Europe, est la ­première explication à cette baisse des arrivées syriennes en Europe. L’UE salue l’efficacité de cet accord et la réduction des noyades, mais de nombreuses voix dénoncent le blocage de 54 000 Syriens dans des camps en Grèce et l’inhumanité de la situation.

 

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_ L’Italie en première ligne

C’est donc en Italie que s’observe la pression migratoire africaine. Celle-ci transite via la Libye, pays anarchique où les migrants sont victimes des trafics et des pires exactions. « La Libye est un enfer absolu pour les migrants. Ils en parlent avec effroi, plus que de la traversée de la Méditerranée », commente Pascal Brice, directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).

 

Sur les dix premières nationalités des migrants arrivés en Italie entre janvier et novembre, neuf sont du continent africain, comme l’a comptabilisé l’Organisation internationale des migrations (OIM). Seuls les Bangladais, en 9e position avec 4,4 % des arrivées, viennent rompre cette unité. Principale communauté, les Nigérians ont constitué 21 % des entrants, suivis par les Erythréens (11,7 %), les Guinéens (7,2 %) et les Ivoiriens (6,7 %). Selon Frontex, les ressortissants de ces pays sont dix fois plus nombreux à avoir fait le voyage en 2016 qu’en 2010. L’agence chargée des frontières extérieures de l’Europe estime même que « cette évolution reflète la pression migratoire croissante du continent africain, et plus particulièrement de l’Afrique occidentale, responsable de la majeure partie de la croissance des arrivées par cette route en 2016 ».

 

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« Qu’un pays africain prospère rencontre des difficultés, et c’est toute une émigration régionale qui se redirige vers l’Europe. »

 

L’immigration africaine est mixte, composée de réfugiés éligibles au droit d’asile (Erythréens, Soudanais, Ethiopiens), mais aussi de migrants économiques, notamment originaires de l’Afrique de l’Ouest. Cette évolution risque donc de changer la nature du débat dans une Europe en proie aux mouvements populistes, où le droit d’asile est défendu comme un devoir moral et juridique absolu, tandis que l’immigration économique est beaucoup plus contestée. Plus ce flux augmentera, plus certains Etats européens renâcleront à reconnaître l’éligibilité des ressortissants de certains pays à l’asile.

 

Aujourd’hui, en France, même si un sur deux seulement obtient le statut de réfugié, les Soudanais se sont situés au 4e rang entre janvier et novembre 2016. A Calais, ils étaient même la nationalité majoritaire dans la « jungle » démantelée en octobre. Peu enclins il y a quelque temps encore à rester en France, ils commencent à y déposer des demandes d’asile. « Nous observons depuis deux ans une montée du nombre de dossiers du Soudan et de l’Erythrée, et une baisse de ceux qui proviennent de République démocratique du Congo », explique Pascal Brice. Les demandes africaines représentaient 39 % des demandes d’asile déposées en France en 2015. Un pourcentage qui ne devrait pas bouger en 2016.

 

Déjà mise à mal par la crise syrienne, qui a semé le doute sur la gestion de ­l’espace Schengen et révélé l’incapacité à répartir équitablement les réfugiés ­entrants, l’Union européenne ne semble pas avoir vraiment pris la mesure du défi auquel elle pourrait avoir à faire face si la migration africaine continue sur sa lancée actuelle.

 

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_ Mesures insuffisantes

Le sommet de La Valette, qui a réuni à Malte les dirigeants européens et africains, en novembre 2015, a bien été consacré à ce sujet, mais les mesures annoncées ne sont pas jugées suffisantes – en dépit du chèque de 1,8 milliard d’euros signé par l’Union européenne pour ces pays – pour calmer les velléités de départ d’une jeunesse très largement sans emploi et impatiente.

 

Côté français, on insiste sur la nécessité de ne pas avoir avec les pays africains uniquement un rapport punitif – conditionner l’aide au tarissement des flux. L’idéal est de développer des partenariats et d’avoir une approche ciblée : aide au contrôle des frontières et des trafics ; compensation du manque à gagner pour les populations locales dans les pays de transit comme le Niger ; développement ciblé dans les villages de départ (Sénégal, Mali, Nigeria), qui ne profitent pas du décollage économique de leur pays, mais sont toutefois assez riches pour réunir les milliers d’euros nécessaires pour financer le long voyage vers l’Europe d’un des leurs. Cette politique permettrait de réduire des deux tiers le transit à travers le Niger, affirme l’Elysée.

 

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A court terme, les dernières études scientifiques soulignent que le développement d’un pays permet, dans un premier temps, à plus d’individus de disposer des moyens de réaliser leur projet migratoire, et favorise donc les départs. C’est dans un second temps que l’émigration commence à baisser. A condition que l’économie et la démocratie suivent et que la ­natalité, galopante en Afrique subsaharienne, tombe à des niveaux soutenables.

 

Aujourd’hui, les Africains du sud du Sahara représentent à peine 10 % des migrants de la planète, et la plupart de ces « déplacés » sont juste passés dans un pays voisin du leur. Selon l’OIM, en 2015, sur les 32 millions qui ont pris la route, la moitié d’entre eux ont posé leur sac sur leur continent. Et l’Union européenne compte près de 9 millions de migrants africains.

 

Reste que les équilibres peuvent vite basculer. Qu’un pays relativement prospère du continent africain comme le Nigeria rencontre des difficultés économiques ou politiques imprévues, et c’est toute une émigration régionale qui se redirige vers l’Europe. Sur un continent qui abritera 2,5 milliards de personnes, soit un quart de la population mondiale, en 2050, une toute petite augmentation du pourcentage de projets de départ au long cours posera un défi majeur du côté nord de la Méditerranée.

 

 

 

LE MONDE/ 16.01.2017/ Mis à jour le 16.01.2017/ Par Arnaud Leparmentier et Maryline Baumard/

 

http://www.lemonde.fr/international/article/2017/01/16/migrations-africaines-le-defi-de-demain_5063273_3210.html

 

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