AFRIQUE/ FINANCES/ MONNAIES : ces fragilités monétaires inquiétantes en Afrique

 

« Le yuan challenge le dollar au Nigeria : Après le dollar américain, principale monnaie commerciale du Nigeria, le yuan chinois se positionnerait maintenant en deuxième position, souligne la BBC. Ceci résulte de l’accord swap sur les devises signé début mai entre la Central Bank du Nigeria et Bank of China, représentant un montant de $ 2,5 milliards. Rappelons que le Nigeria a souffert de graves pénuries de dollar après la chute du prix du pétrole ces dernières années, entrainant la dépréciation du naira et une grave crise de devises, ce qui, à son tour, a eu de lourdes répercussions sur la politique nigériane en matière d’importations. »

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1 – Enquête / Le Franc CFA, une monnaie toujours sujette à débats

Vestige colonial pour les uns, instrument de stabilité pour les autres, le franc CFA reste la monnaie de 15 pays d’Afrique, avec un soutien de la France. Mais 74 ans après sa création, ce système fait toujours l’objet de multiples critiques et cherche à évoluer. Ce jeudi 28 mars, les 15 ministres de l’économie de la zone franc CFA seront réunis à Niamey, au Niger, en présence du français Bruno Le Maire. L’événement est rituel : tous les six mois, se tient une réunion semblable, au printemps dans une capitale africaine, puis en octobre à Paris. Cependant, cette année, la rencontre sera un peu plus observée.

En janvier, en effet, le vice-président du Conseil italien Luigi Di Maio, membre du Mouvement cinq étoiles (M5S), a vivement attaqué le franc CFA, accusé d’être une monnaie qui « appauvrit l’Afrique » et pousse donc les migrants au départ, tout en permettant à la France de « financer une partie de sa dette ». Cette sortie a déclenché une mini-crise. La France a aussitôt convoqué l’ambassadeur italien. Depuis, la fièvre est retombée. Mais ces propos ont réveillé les opposants au franc CFA qui sont nombreux en Afrique. Des manifestations contre cette monnaie s’y déroulent régulièrement. On lui reproche son caractère « néocolonial » et « infantilisant ».

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_ Assurer la stabilité et limiter l’inflation

À Bercy, on tente de dissiper les nombreux mythes sur cette monnaie. Et on estime que le système conserve de nombreux avantages. Adopté par 15 états africains, le franc CFA est arrimé à la monnaie européenne par une parité fixe (655 francs pour un euro). La France est son garant. Paris s’engage à assurer la convertibilité de façon illimitée. Les pays de la zone franc mettent en commun leurs réserves de change et en déposent 50 % sur un compte d’opération, logé à Paris. Et c’est ce compte qui paye les importations.

« Le grand avantage pour un investisseur étranger est donc d’être à l’abri du risque de change. Il sait qu’il pourra récupérer ses dividendes », assure un des artisans du système, basé à Bercy. Pour ses promoteurs, le franc CFA est source de stabilité, limite l’inflation et facilite les échanges régionaux. Et la politique monétaire « reste dans les mains des Africains », fait-on valoir à Paris, puisque les taux d’intérêt restent largement fixés par les banques centrales, à Dakar pour l’Afrique de l’ouest et Yaoundé pour l’Afrique centrale.

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_ Un système qui ne rapporte pas à la France

De plus, les réserves de change déposées en France sont rémunérées à un taux supérieur à celui pratiqué par la Banque centrale européenne. Le système ne rapporte donc pas à la France, contrairement aux multiples rumeurs qui courent en Afrique. Il lui coûte, en purs termes financiers, même si Paris reste attaché au franc CFA pour préserver son lien privilégié avec les pays membres. Et à ceux qui estiment que le franc CFA freine le développement, Paris répond que les pays ayant quitté la zone franc, comme la Mauritanie ou Madagascar, n’ont pas connu ensuite un boom économique…

À Bercy, on se dit ouvert à une évolution du système. Or les chefs d’État africains en parlent régulièrement. Les pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont ainsi un projet de monnaie commune, qui viendrait donc remplacer le franc CFA en Afrique de l’ouest. Une feuille de route prévoit son lancement en 2020.

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_ Le gros défaut : son origine coloniale

« Monnaie forte, qui permet d’importer facilement des voitures et des smartphones, le franc CFA profite surtout aux élites urbaines, qui peuvent vivre au-dessus de leur moyen aux dépens des plus pauvres, les habitants des campagnes qui sont pourtant les vrais producteurs de richesse, souligne Kako Nubupko, ancien ministre de la prospective du Togo, l’un de ses adversaires résolus.  De plus, c’est une assurance tout risque que Paris offre aux dirigeants africains. Le taux de change fixe les met à l’abri d’une chute de la monnaie, qui serait un indicateur de leur mauvaise gouvernance. »

Loin des projets de nouvelle monnaie, certains envisagent plutôt une évolution du franc CFA pour effacer son principal défaut : son origine coloniale. Cela passerait par un changement de nom, par le transfert du compte d’opération auprès de la Banque centrale européenne, voire par l’instauration d’un taux de change flottant. Mais pour cela, il faudrait que les 15 chefs d’État de la zone se mettent d’accord. Or il y a aujourd’hui d’autres urgences.

Actuellement, l’écart se creuse entre une Afrique de l’ouest en phase de croissance et une Afrique centrale plus en difficultés. Plusieurs pays, dont le Cameroun, la Centrafrique, le Gabon et le Tchad ont dû demander le soutien du FMI. Pour eux, l’urgence est là, ce qui renvoie à plus tard les projets de réforme de la zone franc.

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Une zone, trois devises

 Créé en 1945, le franc CFA a une parité fixe par rapport à l’euro (1 € = 655 CFA). Cette monnaie n’a connu qu’une dévaluation, en 1994, quand sa valeur a été brutalement divisée par deux, ce qui reste un traumatisme pour les habitants des pays concernés. À sa création en 1945, elle valait 1,7 franc français.

 La zone franc regroupe en fait trois devises : le franc d’Afrique de l’ouest (8 pays), celui d’Afrique centrale (6 pays) et celui des Comores. Plusieurs pays ont quitté ou rejoint la zone franc depuis sa création. Le Mali, sorti en 1962 et a finalement décidé de revenir en 1984.

 La politique monétaire de chaque devise est pilotée par une banque centrale : la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à Dakar, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) à Yaoundé, la Banque centrale des Comores (BCC) à Moroni.

 Alain Guillemoles/ 28/03/2019/ Modifié le 28/03/2019/

https://www.la-croix.com/Economie/Monde/Le-Franc-CFA-monnaie-toujours-sujette-debats-2019-03-28-1201011868/

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2 – Tiémoko Meyliet Koné, gouverneur de la BCEAO : « Le franc CFA est géré par les Africains »

Face au concert des critiques, le gouverneur de la BCEAO défend la monnaie de la Cemac et de l’UEMOA. Qui, selon lui, permet à l’Union de traverser les crises et contribue à ses bonnes performances économiques. Il faut simplement déconstruire les préjugés qui l’entourent. Tiémoko Meyliet Koné sort du silence. Alors que le débat sur le franc CFA fait rage, le gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a accepté de répondre aux questions de Jeune Afrique. Davantage, dit-il, pour expliquer les vertus de la politique monétaire en vigueur dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) que pour répondre à ses détracteurs.

Pour cet Ivoirien de 67 ans, pur produit de la Banque centrale qu’il dirige depuis mai 2011, les critiques contre le franc CFA, la monnaie utilisée par ses huit pays membres, relèvent de la méconnaissance des textes qui régissent cette communauté économique et monétaire, et surtout de celle du rôle de la France et du Trésor français dans le système monétaire en vigueur dans cet espace.

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_ Rester uniquement sur le terrain monétaire et économique.

« En tant que banquier central, il ne m’appartient pas de discuter des questions politiques. Je n’aurai donc pas de réponse particulière à ceux qui évoquent des préoccupations de souveraineté », prévient-il, précisant toutefois que les Africains ne devraient plus voir les partenariats entre leurs pays et l’Hexagone sous l’angle de la colonisation. Tiémoko Meyliet Koné dit vouloir rester uniquement sur le terrain monétaire et économique.

Bien évidemment, en la matière, il n’omet pas de mettre en avant les performances économiques actuelles de l’UEMOA, qui, contrairement à celles de la zone jumelle d’Afrique centrale, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), sont plutôt bonnes. L’Union voit son PIB augmenter de 7 % en 2016, ce qui représente la plus forte progression de toute l’Afrique, après avoir enregistré entre 2012 et 2015 un taux de croissance de 6,5 % en moyenne.

Le gouverneur de la BCEAO rappelle que c’est avec cette même monnaie, aujourd’hui décriée, que les économies de la zone réalisent ces performances. « Mon objectif, c’est d’apporter une contribution significative aux politiques ambitieuses engagées par les États pour accélérer la croissance et atteindre leurs objectifs d’émergence économique », explique-t-il. Interview.

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*Jeune Afrique : Les critiques contre le franc CFA se sont multipliées ces derniers mois. Après le président tchadien Idriss Déby Itno en 2015, le Bissau-Guinéen Carlos Lopes, secrétaire exécutif démissionnaire de la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies, s’en est pris à cette monnaie fin septembre. Le moment n’est-il pas venu de faire évoluer le dispositif monétaire en cours dans les zones UEMOA et Cemac ?

 .Tiémoko Meyliet Koné : Les critiques contre le franc CFA ne sont pas du tout nouvelles. Elles sont aussi vieilles que la monnaie elle-même et portent indifféremment sur plusieurs aspects (souveraineté, régime de change, garantie de la convertibilité, politique monétaire, etc.). Depuis les années 1970, les déclarations ont conservé le même fond et la même forme. Aujourd’hui, ce qui est dommage, c’est qu’elles peuvent alarmer inutilement l’opinion.

Pourtant, si vous suivez un peu la vie économique d’une zone comme l’UEMOA, celle que je connais le mieux, vous constaterez que des évolutions importantes sont survenues dans chacun de ses pays membres, qui ont tous renoué avec la croissance après des efforts importants pour assainir leur cadre macroéconomique. Son taux de croissance est actuellement le plus fort en Afrique. Le franc CFA, qu’elle utilise, reste une monnaie stable et prisée dans la sous-région, et emporte l’adhésion des populations et des opérateurs économiques.

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*Il ne faut donc rien changer ?

Des critiques, rarement appuyées par des études scientifiques crédibles, ne sont pas une raison suffisante pour faire évoluer le dispositif monétaire actuel. Des réformes importantes ont régulièrement été réalisées dans la zone UEMOA afin de moderniser et d’adapter les instruments et la gestion de la politique monétaire aux besoins de nos économies en pleine mutation. Si évolution il devait y avoir, celle-ci serait commandée par les besoins des économies dans leur quête de transformation structurelle et d’émergence. Et les réformes seraient déterminées par des études d’impact. Rien n’est jamais fait au hasard. Il ne faut pas oublier que l’UEMOA, ce n’est pas un pays et une monnaie, mais huit pays de niveaux économiques différents qui partagent une même devise.

 *Vous n’êtes finalement pas complètement fermé à l’idée de faire évoluer le système…

.La question ne se pose pas en ces termes. J’insiste, l’évolution des économies commande ce qu’il faut faire. Surtout, dans le cas de la zone UEMOA, il faut bien comprendre l’objectif principal visé par les fondateurs de ce dispositif : créer une zone de solidarité en mettant en place un pool commun de devises permettant à chacun des pays membres d’effectuer ses opérations sans tenir compte de son apport éventuel – ce qui est rare aujourd’hui, dans un monde de plus en plus égoïste.

Les fondateurs de la zone ont jugé nécessaire d’avoir une monnaie stable et convertible indispensable à une croissance durable, d’où les accords de coopération monétaire signés avec la France. Cette architecture a permis aux économies de l’Union de traverser sans dommages irrémédiables toutes les crises sociopolitiques et économiques.

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*Peut-on dire que vous gérez effectivement le franc CFA, quand on sait qu’en contrepartie de la garantie qu’il apporte à sa convertibilité le Trésor français garde une forme de contrôle sur la monnaie ?

.Le franc CFA est une monnaie africaine, gérée par des Africains. Il faut arrêter de voir les relations entre la France et les pays de l’UEMOA comme celles d’un colonisateur avec ses colonisés. Les Africains ne devraient plus nourrir ce genre de complexe. De même, il ne faut pas confondre la gestion de la monnaie et celle des accords de coopération entre notre zone et l’Hexagone. La France assure la convertibilité illimitée du franc CFA.

En contrepartie, une partie [50 %] des réserves de change des banques centrales de la zone franc est déposée sur un compte auprès du Trésor français. Il est évident que la France cherchera à s’assurer que les mécanismes mis en place dans ce cadre sont respectés. Dans le même temps, les Africains doivent gérer leur monnaie de manière qu’elle permette à leurs économies de prospérer.

Nous sommes, et cela est clair pour tout le monde, dans une relation de partenariat, où chacun veille à défendre ses intérêts tout en honorant ses engagements. Nous ne demandons ni l’avis ni l’onction de la France quand nous décidons de mener des réformes. Et, lorsque nous estimons qu’il faut revoir les termes de la coopération, nous en discutons avec nos partenaires.

Par exemple, aujourd’hui, alors que le yuan fait son entrée dans le panier de devises constituant le DTS [droit de tirage spécial, actif de réserve international du FMI pour compléter les réserves de change de ses pays membres], nous sommes en discussion avec la partie française pour en estimer les répercussions sur la gestion du compte d’opérations. Les accords qui nous lient à la France sont très évolutifs, contrairement à ce que prétendent certains détracteurs.

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*Vous affirmez mener vos réformes en toute indépendance et en toute autonomie. Pouvez-vous nous donner un exemple ?

.La suppression des concours monétaires directs aux États est par exemple une décision du Conseil des ministres de l’UEMOA. La BCEAO a arrêté cette pratique et créé un marché de la dette publique. Et, pour dynamiser ce dernier, nous avons mis en place à partir de 2012 l’Agence Umoa-Titres, dont le but est d’aider les États à mobiliser des ressources sur le marché financier régional.

C’est dans ce même cadre que nous avons créé un fonds de stabilité financière ayant pour mission d’intervenir en lieu et place d’un État lorsque celui-ci connaît momentanément des difficultés et ne peut honorer ses engagements. Aujourd’hui, ce marché de la dette est très actif, et les ressources que les États en tirent sont trois à quatre fois supérieures à ce que la BCEAO aurait pu leur donner sous forme d’avances.

C’est là une décision concernant la gestion de notre monnaie, de notre espace. Que je sache, la France n’a pas été à l’origine de cette initiative et n’en a pas non plus le contrôle. Et le modèle a fait l’objet de plusieurs communications lors des réunions de la zone franc pour éventuellement servir d’exemple. Mais, bien évidemment, quand on ne connaît pas ce mécanisme, on a vite fait de déplorer que les banques centrales aient supprimé leurs appuis aux États au moment où ceux-ci ont besoin de ressources pour financer quick loans leur émergence.

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*Mais, sur les marchés financiers, les capitaux coûtent plus cher…

.Le coût du capital est une question d’appréciation du risque par les acteurs du marché. Et justement, pour obtenir des coûts plus bas, les États doivent être plus résilients et donc avoir des politiques économiques et financières plus vertueuses. Nos accords avec la France servent à garantir la convertibilité illimitée du franc CFA

 *L’argent déposé sur un compte d’opérations auprès du Trésor français, à Paris, ne pourrait-il pas plutôt être mis à disposition des économies africaines ?

.D’abord, il faut savoir que les réserves de changes sont obligatoirement conservées à l’extérieur des pays afin de permettre le financement de leurs transactions extérieures par la banque centrale. Ensuite, ces devises représentent de l’argent dont la contrepartie en monnaie nationale a déjà été mise à la disposition des économies par la BCEAO. Enfin, ce serait un non-sens économique que de réinjecter une seconde fois la contrepartie de ces fonds dans l’économie. Nos accords avec la France servent à garantir la convertibilité illimitée du franc CFA, en échange du dépôt d’une partie de nos réserves sur le compte d’opérations logé à Paris.

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*Pourquoi, contrairement à ce que prévoient les accords monétaires qui lient les pays de la zone franc au Trésor français, les banques centrales y déposent-elles plus que 50 % de leurs réserves de change ?

.Cette pratique n’est pas celle en vigueur à la BCEAO. Depuis la signature en 2005 de l’avenant qui fixe la part des réserves de change à déposer en compte d’opérations à 50 %, elle s’est conformée à cette disposition. Il peut y avoir des écarts, mais ceux-ci sont très faibles et uniquement dus à des ajustements de trésorerie inhérents aux opérations quotidiennes. Ces éléments sont vérifiables dans les comptes de la BCEAO publiés dans les rapports annuels.

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*Vous dites que l’évolution des économies commande la politique monétaire à adopter. Alors que la Chine s’impose de plus en plus comme l’un des principaux partenaires commerciaux des pays de l’UEMOA, n’est-il pas temps d’apporter une certaine dose de flexibilité à la politique de change du CFA, tout en arrimant la monnaie à un panier de devises ?

.Selon les statistiques officielles sur le commerce extérieur des pays de notre zone, la structure géographique des échanges extérieurs de l’Union est encore dominée par l’Europe avec une part de 44 % des échanges en 2015 contre 9 % pour la Chine, 5 % chacun pour les États-Unis et l’Inde et moins de 2 % pour le Japon.

Au regard de ce chiffre, on ne peut pas dire qu’un changement s’impose. Par ailleurs, le choix d’un régime de change fixe ou flexible ne doit pas être commandé seulement par les considérations liées aux échanges commerciaux. Il faut aussi prendre en compte les caractéristiques des économies concernées, leurs principaux secteurs d’activité et la capacité de ces derniers à soutenir un régime de change ou un autre.

Il faut aussi rappeler que les États de la zone franc ne sont pas les seuls du monde à avoir des régimes de change fixe. Selon le rapport annuel du FMI sur les régimes et les restrictions de change, publié en octobre 2015, 69 pays l’ont aussi adopté, tandis que 65 États ont opté pour un régime de change flexible. Chaque pays choisit le modèle qui lui convient le mieux en fonction de ses contraintes.

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*Plusieurs autres éléments de votre politique monétaire sont critiqués. Par exemple, l’objectif d’une inflation à 2 %, jugé trop restrictif pour des économies en développement et pénalisant pour le développement du crédit…

.Les études réalisées dans notre zone et dans beaucoup de régions du monde ont prouvé que plus l’inflation est élevée, plus les crédits sont chers et plus les projets à rentabilité faible sont pénalisés. Le consensus est que le maintien d’un taux d’inflation faible et stable contribue à créer un environnement macroéconomique favorable à l’investissement et à la croissance.

Il permet d’attirer plus facilement les capitaux extérieurs et préserve la compétitivité ainsi que le pouvoir d’achat des populations. Les agents économiques sont donc incités à investir et à consommer davantage. Par conséquent, la demande de crédit se développe.

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*En quoi l’assouplissement de cet objectif – certains suggèrent de le porter à 8 % – serait-il néfaste pour les économies de la zone ?

.Pour répondre à cette question, il aurait fallu disposer des études d’impact de ceux qui proposent un seuil d’inflation à 8 %. Les travaux que nous avons menés nous montrent que, jusqu’à 3 %, le taux d’inflation n’a pas d’impact négatif sur la croissance économique. C’est la raison pour laquelle le Comité de politique monétaire de la BCEAO a fixé une cible d’inflation de 2 % avec une marge de plus ou moins 1 %.

Rappelez-vous qu’en 2008, du fait du renchérissement des produits alimentaires au plan mondial et du déficit de productions vivrières, notre zone a connu un taux d’inflation de 7 %. Cela s’est traduit presque spontanément dans la plupart des pays par des manifestations et des revendications sociales contre la vie chère. Cette situation a amené les autorités de l’Union à mettre en place un programme régional spécial d’amélioration de la production vivrière. L’histoire des faits économiques nous enseigne également qu’il est illusoire de penser que l’on peut laisser l’inflation se développer et l’arrêter lorsqu’elle aura atteint un seuil jugé approprié. L’inflation est un processus cumulatif. Et n’oublions jamais que c’est un impôt qui frappe surtout les plus pauvres.

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*La BCEAO et la BEAC ont annoncé, il y a quelque temps, le retour à l’interchangeabilité des deux francs CFA. Où en est ce projet ?

.Les deux banques centrales continuent de travailler en vue de restaurer l’interchangeabilité des billets de banque et de connecter les systèmes de paiement des deux zones. Des progrès significatifs ont déjà été enregistrés. Les discussions techniques sont achevées. Un projet de protocole d’accord global a été élaboré, et l’adoption de ce protocole est en cours au niveau de la Cemac.

15 novembre 2016/ Par Stéphane Ballong

https://www.jeuneafrique.com/mag/371694/economie/tiemoko-meyliet-kone-gouverneur-de-bceao-franc-cfa-gere-africains//

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3 – FCFA : Une contestation qui enfle

Les critiques contre le franc CFA ne sont certes pas nouvelles, mais elles ont pris de l’ampleur depuis les déclarations, en août 2015, du président tchadien. Idriss Déby Itno soutenait alors que, parmi les clauses de l’accord monétaire qui lie la France aux pays de la zone franc (quatorze États africains et les Comores), certaines sont « dépassées » et devraient être revues « dans l’intérêt de l’Afrique ».

Depuis, la contestation n’a cessé de monter, portée par de nombreux économistes africains, dont Kako Nubukpo, coauteur de Sortir l’Afrique de la servitude monétaire. À qui profite le franc CFA ?, paru début octobre. Et plus récemment par Carlos Lopes, le désormais ex-secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies. D’après eux, le franc CFA est une monnaie trop forte pour des pays en développement, elle favorise l’importation au détriment de la production et de la transformation locale.

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De même, ils préconisent une gestion plus dynamique des réserves de change et la mise en œuvre d’une politique monétaire plus favorable à l’industrialisation (par exemple un régime de change flexible et un arrimage à un panier de devises). Des arguments accueillis avec un certain enthousiasme par l’opinion alors que la chute des cours des matières premières a plombé de nombreuses économies africaines, dont celles de la Cemac, qui ne réaliseront pas plus de 2 % de croissance cette année.

15 novembre 2016/ Par Stéphane Ballong

https://www.jeuneafrique.com/mag/371694/economie/tiemoko-meyliet-kone-gouverneur-de-bceao-franc-cfa-gere-africains/

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4 – Le franc CFA au cœur d’une semaine de polémique franco-italienne

Dix questions pour comprendre si vraiment l’appauvrissement de l’Afrique et l’aggravation de la crise migratoire sont la faute du franc CFA. La semaine a été brûlante entre la France et l’Italie. Les deux vice-présidents du Conseil italien, Matteo Salvini et Luigi di Maio, ont multiplié les critiques contre la France et Emmanuel Macron, accusant notamment Paris d’« appauvrir » l’Afrique et de se servir du franc CFA pour poursuivre leur œuvre colonisatrice en Afrique.

L’affaire est née le 20 janvier quand Luigi Di Maio a déclaré à propos des migrants : « A partir d’aujourd’hui, ceux qui veulent débarquer en Italie, on va les emmener à Marseille. Je vais demander des sanctions contre les pays qui colonisent l’Afrique. La France imprime le franc dans les colonies pour financer une partie de sa dette : pour laisser les Africains en Afrique, il suffirait que les Français restent chez eux », avait-il lâché sur RTL. Le lendemain, il a surenchéri.

« Tout ce que j’ai dit est vrai, a-t-il insisté. La France imprime une monnaie pour 14 Etats africains et, par conséquent, elle en empêche le développement. Au contraire, elle contribue aux départs des migrants, qui vont ensuite mourir dans la Méditerranée ou débarquer sur nos côtes. Il est temps que l’Europe ait le courage d’aborder le thème de la décolonisation de l’Afrique. »

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Ces déclarations ont été jugées « inacceptables » par le Quai d’Orsay qui a convoqué lundi l’ambassadrice d’Italie à Paris, Teresa Castaldo. Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a tenté de calmer le jeu mardi en assurant que cela ne remettait « pas en question » l’amitié « historique avec la France, pas plus qu’avec le peuple français », évoquant une relation « forte et constante ». Les dix questions que pose cette polémique.

1 – Quels sont les pays du franc CFA

155 millions de personnes utilisent le franc CFA comme monnaie. Celle-ci est utilisée dans quatorze pays (dont douze anciennes colonies françaises). Huit sont en Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) et six en Afrique centrale (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad). Ces deux groupes de pays constituent deux unions monétaires distinctes.

2 – Quelle est cette monnaie ?

Etablie en 1945, une quinzaine d’années avant l’indépendance des colonies françaises, cette monnaie est toujours en circulation. Sa valeur est aujourd’hui indexée sur l’euro (1 euro = 655,96 francs CFA) ce qui maintient les économies africaines dans la dépendance de la politique monétaire européenne.

3 -Où est imprimée cette monnaie ?

Cette monnaie est imprimée à Chamalières, fief de l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing dans le centre de la France.

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4 – Est-ce que la France finance sa dette avec ?

Matteo Salvini et Luigi di Maio, ont notamment accusé Paris de se servir du franc CFA pour financer la dette française. Ce n’est pas vrai pour une raison simple : les Etats africains doivent déposer 50 % de leurs réserves en France ; en contrepartie, leur convertibilité illimitée avec l’euro leur donne une crédibilité internationale. Ces dépôts sont cependant rémunérés à un niveau supérieur aux taux du marché monétaire. Un taux plancher de 0,7 % a été fixé, ce qui est « très favorable » compte tenu des taux actuels. Par ailleurs, ces fonds peuvent être retirés à tout moment et, par conséquent, ne sauraient être utilisés pour financer de la dette française.

5 -Le franc CFA est-il un frein au développement ?

Régulièrement critiqué dans les pays africains qui l’utilisent, le franc CFA compte des ennemis jusque sur le Vieux Continent, tant parmi la gauche radicale anti-impérialiste française que, récemment, chez le gouvernement populiste italien. Les partisans du franc CFA estiment, eux, que ce contrôle extérieur sur le CFA apporte une certaine stabilité et un bouclier contre la tentation de faire tourner la « planche à billets ». Il permettrait aussi de maintenir l’inflation sous les 3 % et de stabiliser la dette à un poids raisonnable. Les opposants au franc CFA pensent que l’Afrique devrait s’en affranchir rapidement, surtout pour casser ce lien historique avec la France.

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6 – Est-ce à l’ordre du jour de quitter le CFA ?

Lors de sa visite au Burkina Faso en 2017, Emmanuel Macron, interpellé sur la question, s’était posé en défenseur de la devise : « C’est une bonne chose pour un aspect, ça donne de la stabilité à ceux qui l’ont », avait-il estimé. Mais des réunions régulières ont lieu pour réfléchir à une sortie en douceur de la monnaie. De leur côté, certains groupes africains aimeraient aussi en sortir car les accusations de néocolonialisme sont également récurrentes sur le continent et plusieurs manifestations contre le franc CFA ont eu lieu en 2017 au Bénin, au Gabon, en Côte d’Ivoire et au Mali.

7 – Peut-on dire que c’est un frein au développement ?

Pour l’économiste sénégalais Demba Moussa Dembele, farouche adversaire du franc CFA, « c’est un frein au développement ». A ses yeux, « la priorité de la BCE (Banque centrale européenne) est de combattre l’inflation (et) la Banque centrale d’Afrique de l’Ouest est obligée de suivre la même politique ». A cause de cette priorité, poursuit-il, la Banque africaine « accorde moins de crédits aux entreprises locales et aux Etats africains ». Or, on sait que les entreprises ont besoin d’argent pour se développer et que l’Afrique en manque. Pour lui, « cette politique monétaire empêche toute politique d’industrialisation », maintenant la plupart des pays de la région dans le bas du classement des pays les moins développés.

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8 – Quel est l’état de développement des pays CFA ?

Du point de vue de la croissance, les pays de la zone franc affichent des réussites variables. Les pays d’Afrique de l’Ouest tirés par le Sénégal et la Côte d’Ivoire tournent autour de 6 % de hausse annuelle de leur PIB tandis que ceux d’Afrique centrale sont plus proches d’une croissance nulle.

9 – Le franc CFA est-il la cause de l’immigration ?

Peut-on dire avec Luigi Di Maio que la devise serait responsable de l’immigration africaine vers l’Europe ? Selon plusieurs experts, la critique ne tient pas. « On ne peut pas dire que les pays africains de la zone franc soient surreprésentés dans les flux migratoires vers l’Europe même si on considère les choses sur le temps long », note Jacques Barou, directeur de recherche au CNRS et spécialiste des migrations. Même si en 2018, les demandes d’asile d’Ivoiriens ont fortement progressé en France (+44 %), les principaux flux venant d’Afrique « partent surtout du Soudan, d’Erythrée et du Nigeria, trois pays qui n’ont jamais été dans la zone franc », souligne-t-il.

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10 – Que répond la France ?

Le 23 janvier, la ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau a estimé que les propos tenus depuis quatre jours par certains dirigeants italiens étaient « insignifiants » et « inamicaux », excluant toute mesure de rétorsion dans l’immédiat de la part de Paris dans les dossiers économiques. « Ces propos posent des questions : est-ce que ça rend service au peuple italien, est-ce que ça contribue au bien-être du peuple italien ? Je ne le pense pas », a-t-elle dit lors du compte rendu du conseil des ministres à l’Elysée.

 Le Monde avec AFP / Publié le 26 janvier 2019/ Mis à jour le 28 janvier 2019/

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/01/26/le-franc-cfa-au-c-ur-d-une-semaine-de-polemique-franco-italienne_5415019_3212.html/

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5 – Le yuan challenge le dollar au Nigeria

Après le dollar américain, principale monnaie commerciale du Nigeria, le yuan chinois se positionnerait maintenant en deuxième position, souligne la BBC. Ceci résulte de l’accord swap sur les devises signé début mai entre la Central Bank du Nigeria et Bank of China, représentant un montant de $ 2,5 milliards. Selon l’accord, les deux institutions pourront se payer mutuellement dans une des monnaies afin de faciliter les échanges commerciaux qui s’inscriront dans le cadre du partenariat commercial sur deux ans conclu entre les deux pays.

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Ainsi, les importateurs nigérians paieront directement en monnaie chinoise au lieu du dollar pour les articles et services achetés en Chine. Rappelons que le Nigeria a souffert de graves pénuries de dollar après la chute du prix du pétrole ces dernières années, entrainant la dépréciation du naira et une grave crise de devises, ce qui, à son tour, a eu de lourdes répercussions sur la politique nigériane en matière d’importations.

NigeriaPolitique & Juridique/ 11 juin 2018/ par Commodafrica

http://www.commodafrica.com/11-06-2018-le-yuan-challenge-le-dollar-au-nigeria/

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6 – Afrique/ Finances : Le yuan gagne du terrain en Afrique

Toujours très active sur le marché financier, la Chine renforce de plus en plus ses positions en Afrique, qui a déjà converti une partie de ses réserves de change en yuans. Le dollar semble reculer face à la monnaie chinoise. «En Afrique, le yuan chinois est largement utilisé», a confirmé à Sputnik l’expert chinois Liu Ying.

Les pays d’Asie de l’Est et d’Afrique du Sud envisagent la possibilité d’utiliser le yuan chinois en tant que monnaie de réserve. Des fonctionnaires de haut rang de 14 pays africains et des représentants de la Banque africaine de développement ont examiné cette possibilité lors d’un forum à Harare, la capitale du Zimbabwe.

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Selon Gladys Siwela-Jadagu, représentant de l’Institut de gestion macroéconomique et financière d’Afrique orientale et australe (MEFMI), organisateur du forum, cité par le site chinois Huanquwang, la dette nationale des pays africains, libellée en devises étrangères, s’accroît. Qui plus est, presque tous les pays ont des crédits octroyés par la Chine. La Chine est en outre le principal partenaire de plus de 130 pays et régions. C’est pourquoi il est plus avantageux pour les pays africains de rembourser leurs dettes en yuans, déjà devenu la «monnaie commune» du commerce avec l’Afrique.

La Chine semble en effet changer ses priorités d’investissements au profit de l’Afrique: un tiers des investissements étrangers chinois de 2017 (6,8 milliards de dollars) ont été réalisée en Afrique, tandis que la plupart des pays africains ont converti une partie de leurs réserves de change en yuans.

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Au Zimbabwe et en Angola, le yuan est même devenu une monnaie légale. Liu Ying, collaborateur de l’Institut financier Chunyang de l’Université populaire de Chine, a indiqué à Sputnik : «En Afrique, le yuan chinois est largement utilisé. Premièrement, dans le domaine des règlements commerciaux. Deuxièmement, dans le domaine des investissements et des marchés financiers. […] Troisièmement, ce sont les réserves de change des pays africains, qui peuvent être faites en yuans au lieu des dollars.

En outre, dans de nombreux autres domaines, tels que la construction des infrastructures de base en Afrique, des chemins de fer, la création de clusters, on peut déjà se passer des règlements en dollars et utiliser les yuans. […] Le yuan est une monnaie très stable qui est capable d’assurer le soutien et la sécurité que ce soit dans les règlements commerciaux ou dans les investissements financiers ou encore dans la création de réserves.»

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Cependant, le renforcement du yuan pourrait provoquer la diminution de la balance commerciale chinoise. Ce qui n’est pas un sujet de préoccupation pour Liu Ying : «Je ne pense pas que le yuan se renforce. Il se stabilisera. Le plus important est de maintenir la stabilité. En ce qui concerne les importations, elles ne se fondent pas que sur le cours de la monnaie».

Selon la Banque centrale de Chine, fin 2017, plus de 60 pays utilisaient le yuan en tant que monnaie de réserve.

30.05.2018/ Mis à jour 30.05.2018/

https://fr.sputniknews.com/economie/201805301036594782-yuan-afrique-finances/

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7 – Zambie : la monnaie s’effondre, alors que les pourparlers avec le FMI s’éternisent

La devise zambienne, le Kwacha continue de souffrir de l’allongement des négociations avec le FMI. La monnaie a perdu 5,9% de sa valeur en deux semaines. Parallèlement, les craintes sur la soutenabilité de la dette extérieure zambiennes se renforcent.

La monnaie zambienne vient d’enregistrer une nouvelle chute atteignant son niveau le plus bas en 4 mois, entraînant la hausse de ses taux d’euro-obligations alors que les négociations avec la Fonds monétaire international demeurent au point mort. La baisse de valeur du Kwacha peut également s’expliquer par la crainte des marchés que le pays sous-estime le poids de sa dette extérieure.

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_ Effet domino

Le Kwacha s’est affaibli de 0,8% à 10,34 pour un dollar le 4 mai, ce qui porte sa baisse lors des deux dernières semaines à 5,9%. Parallèlement, le rendement des 2025 euro-obligations valorisées à 1,25 milliards de dollars a grimpé de 12 points de base pour atteindre un taux de 9,34%, le plus haut depuis décembre 2016. Le rendement a en effet, bondi de 246 points de base par rapport au creux record enregistré en janvier dernier.

Il reste également peu probable que les négociations avec le FMI sur l’octroi d’un prêt de 1,3 milliard de dollars, dont la fin se fait attendre n’aboutissent avant la fin de l’année. D’ailleurs, si l’on croit une note publiée par Eurasia Group, le 3 mai dernier, «la dette extérieur est probablement plus élevée que le chiffre officiel de 8,7 milliards de dollars. Un examen planifié de la situation a été retardé et les résultats pourraient ne pas être rendus publics».

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_ L’austérité loin d’être appliquée

Bien que le risque de défaut soit jugé faible en 2018 par les analystes d’Eurasia, il pourrait augmenter considérablement en 2019 et 2020, «en l’absence d’un effort concerté pour réduire les dépenses et du lancement du programme du FMI». En attendant, le gouvernement du président Edgr Lungu qui souffre de manque de fonds pourrait ne pas faire cas des appels du FMI à maîtriser ses dépenses. «Lungu continuera probablement d’emprunter et de dépenser en prévision des élections de 2021», précise la note d’Eurasia Group.

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Les chiffres de la dette devraient par ailleurs être révisés à la hausse après que le ministère des Finances aura terminé son analyse de viabilité de la dette. Un exercice dont les résultats sont attendus en juin. Il n’empêche que cette situation reste loin d’un scénario de «dette cachée» de style mozambicain, mais s’apparente plutôt à une « rupture » du processus de suivi de la dette, vu qu’il est de moins en moins évident d’identifier les ministères et organismes parapublics qui garantissent le financement de projets.

«La hausse des prix du cuivre devrait fournir un petit coussin à court terme, mais le gouvernement très vulnérable aux chocs externes tels que la chute des prix des matières premières ou une sécheresse qui entrave la production d’hydroélectricité et nuit au secteur minier», alertent les analystes d’Eurasia Group.

Par La Tribune Afrique/ 05/05/2018//

https://afrique.latribune.fr/economie/budget-fiscalite/2018-05-05/zambie-la-monnaie-s-effondre-alors-que-les-pourparlers-avec-le-fmi-s-eternisent-777658.html/

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8 – Premiers échanges de la nouvelle quasi-monnaie au Zimbabwe

La nouvelle quasi-monnaie introduite par le Zimbabwe pour tenter de desserrer l’étau financier qui étrangle son économie a commencé à s’échanger vendredi au taux de 2,5 pour un dollar américain, lors des premiers échanges sur les marchés.

« Les échanges ont commencé ce matin », a annoncé le gouverneur de la Banque centrale zimbabwéenne John Mangudya lors d’une rencontre avec des responsables économiques à Harare. « Le taux d’ouverture a été fixé à 2,5 dollars RTGS (real time gross settlement) pour un dollar américain en accord avec les vendeurs de devises des banques », a-t-il ajouté. Dans la matinée, cette valeur n’a que peu varié. Ecobank achetait ainsi ses billets verts au taux de 2,5625 dollars RTGS et les revendait à celui de 2,439.

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La Banque centrale a annoncé mercredi la fin de la parité fixe entre sa quasi-monnaie, connue jusque-là sous le nom de « bond notes »‘, et le dollar américain, afin d’assécher le marché noir et d’enrayer la fuite des capitaux vers l’étranger. Le Zimbabwe avait abandonné en 2009 son dollar zimbabwéen, totalement dévalué pour cause d’hyperinflation, au profit du dollar américain.

Mais les précieux billets verts se sont faits de plus en plus rares, au point d’étrangler l’économie. En 2016, le gouvernement a alors introduit des « bonds notes », des sortes d’obligations de même valeur que les billets verts.

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Là encore l’opération a échoué et la valeur des « bonds notes » a chuté. Ils se sont échangés ces dernières semaines au marché noir à des taux entre 3 et 4 pour un billet vert. L’inflation a repris de plus belle, creusé les déficits et provoqué, depuis plusieurs mois, le retour des pénuries des produits de base, comme le pétrole, l’huile ou les médicaments.

L’introduction des dollars RTGS a été saluée comme un premier pas vers un retour à la réalité des prix mais analystes et habitants redoutent qu’elle ne provoque une nouvelle vague d’inflation, officiellement déjà à plus de 50%. Au pouvoir depuis la fin 2017, le président Emmerson Mnangagwa a promis de relancer l’économie au bord du gouffre du pays, jusque-là sans résultat.

février 22, 2019/ AFP/VOA

https://www.voaafrique.com/a/premiers-%C3%A9changes-de-la-nouvelle-quasi-monnaie-au-zimbabwe/4799767.html/

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9 – Zimbabwe – Nouvelle quasi-monnaie : le scepticisme demeure

Le gouvernement zimbabwéen a introduit une nouvelle devise la semaine dernière dans le but d’inverser les pénuries chroniques de liquidités qui font que les populations ont du mal à se procurer les produits de base. Si des hommes d’affaire et économistes ont félicité la décision d’abandonner l’ancrage irréaliste du dollar aux obligations de substitution et aux dollars électroniques du pays, ils craignent que le gouvernement n’ait pas la discipline budgétaire et monétaire nécessaire pour respecter son engagement de réduire le déficit budgétaire et ainsi contenir l’inflation.

“Je pense que nous devons essayer la voie de l’adoption du rand, si nous pouvons adopter le rand jusqu‘à un moment où tout se stablilise, nous pouvons alors introduire notre propre monnaie. Mais sinon, avec des industries fermées et une économie aussi informelle que ce que nous avons en ce moment, je ne pense pas que ce soit une bonne idée d’instaurer le RTGS, mais plutôt d’adopter le rand”, a réagi Godfrey Chinani, marchand de pièces détachées de véhicule.

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La Banque centrale a annoncé mercredi la fin de la parité fixe entre sa quasi-monnaie, connue jusque-là sous le nom de “bond notes”’, et le dollar américain, afin d’assécher le marché noir et d’enrayer la fuite des capitaux vers l‘étranger.

Le Zimbabwe avait abandonné en 2009 son dollar zimbabwéen, totalement dévalué pour cause d’hyperinflation, au profit du dollar américain, mais depuis, l’opération s’est soldée par un échec en raison de la rareté des billets verts. L’inflation a repris de plus belle, creusé les déficits et provoqué, depuis plusieurs mois, le retour des pénuries des produits de base, comme le pétrole, l’huile ou les médicaments.

La capacité des décideurs politiques zimbabwéens à convaincre les sceptiques, tant sur les marchés financiers que dans la rue, sera déterminante pour le succès ou l‘échec du nouveau dollar RBTR.

26/02/2018/

https://fr.africanews.com/2019/02/26/zimbabwe-nouvelle-quasi-monnaie-le-scepticisme-demeure/

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10 – CEDEAO : l’Afrique de l’Ouest est-elle prête pour une monnaie unique en 2020 ?

Les chefs d’Etat de la Cédéao souhaitent remplacer le franc CFA et les autres devises en cours dans la zone, mais les obstacles sont nombreux. Lors d’un sommet des chefs d’Etat de la zone qui s’est tenu mardi 24 octobre à Niamey, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a répété sa volonté de créer une monnaie unique pour ses quinze pays dès 2020, mais le Nigeria, poids lourd de la zone, a exprimé sa réticence.

Serpent de mer dont il est question depuis trente ans, une monnaie unique pour les quinze pays de la Cédéao, qui remplacerait le franc CFA et sept autres devises nationales, apparaît difficile à mettre en place rapidement au vu des problèmes de convergence économique et financière entre les Etats. Le sommet a cependant proposé « une approche graduelle privilégiant un démarrage avec les pays qui respectent les critères de convergence », selon le communiqué final du sommet lu par le ministre nigérien des finances, Hassoumi Massoudou.

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_ Huit (8) monnaies différentes

Créée en 1975, la Cédéao regroupe aujourd’hui quinze pays totalisant 300 millions d’habitants qui utilisent des monnaies différentes. Huit de ces pays regroupant 155 millions d’habitants ont en commun le franc CFA, arrimé à l’euro, et sont rassemblés au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.

Les économistes sont divisés sur les coûts et les bénéfices du franc CFA, à la fois garant de stabilité mais monnaie trop forte pour des pays aux économies fragiles. Certains plaident pour sa réforme, par exemple en l’arrimant à un panier de monnaie euro-dollar-yuan. Le communiqué final n’a pas fait état de cette question. Chacun des sept autres pays de la Cédéao a sa propre monnaie : l’escudo pour le Cap-Vert, le dalasi pour la Gambie, le cédi pour le Ghana, le franc guinéen pour la Guinée, le dollar libérien pour le Liberia, le naira pour le Nigeria et le leone pour la Sierra Leone. Ces monnaies ne sont pas convertibles entre elles, ce qui ne facilite pas les échanges.

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_ Un bilan sévère

Le président de la Commission de la Cédéao, Marcel De Souza, avait indiqué dès le début du sommet qu’il pensait impossible qu’une monnaie unique voie le jour en 2020, contrairement au programme prévu. Malgré des « progrès sur la convergence macroéconomique »« les résultats sont faibles nous ne pouvons pas aller en 2020 à la monnaie unique », a-t-il déclaré. De Souza a dressé un bilan sévère. « La feuille de route »pour la monnaie unique « n’a pas été mise en œuvre vigoureusement »« De 2012 à 2016, aucun de nos pays n’a pu respecter de manière continue les critères » du programme de convergence macroéconomique ;l’harmonisation des politiques monétaires « entre les huit monnaies de la Cédéao, qui devait précéder la monnaie unique », n’est pas faite ; et « l’institut monétaire », prélude à une banque centrale commune, n’a pas vu le jour, a-t-il noté.

Les chefs d’Etat ont néanmoins décidé de faire preuve de volontarisme politique, réaffirmant leur engagement à poursuivre et à accélérer « la réalisation de l’agenda de l’intégration économique et monétaire » et demandant au comité ministériel de la Cédéao de « se réunir dans un délai de trois mois pour proposer une nouvelle feuille de route en vue d’accélérer la création de la monnaie unique en 2020 », selon le communiqué final.

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_ Manque de préparation

Le président nigérien, Mahamadou Issoufou, a suggéré la mise en « circulation à partir de 2020 » d’une monnaie unique au sein des pays de la Cédéao « qui sont techniquement prêts », suivant le modèle européen avec l’euro. « L’adhésion » des autres Etats pourrait se faire « au fur et à mesure », a-t-il dit. Une proposition reprise dans le communiqué final.

Dans un communiqué séparé, le président nigérian, Muhammadu Buhari, a invité ses pairs à « avancer avec prudence vers l’intégration », citant l’exemple des déboires de l’Union européenne avec l’euro. Le président Buhari a pointé la persistance d’importantes disparités macroéconomiques entre les pays de la Cédéao et le manque de « préparation » des Etats pour aller vers une monnaie unique. Un nouveau sommet des chefs d’Etat est programmé en février 2018 à Accra.

 

Le Monde avec AFP / Publié le 25 octobre 2017/ Mis à jour le 25 octobre 2017 /

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/10/25/l-afrique-de-l-ouest-est-elle-prete-pour-une-monnaie-unique-en-2020_5205567_3212.html/

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