AFRIQUE/ GOUVERNANCE/ ELECTIONS : ces processus électoraux qui fonctionnent mal (l’Afrique, piégée par le pouvoir et l’argent corrompu)

 

« 2018 en RDC, les violences et les craintes : L’Année 2018 démarre sous les pires auspices en République démocratique du Congo, ce pays qui porte si mal son nom, où des forces de l’ordre usent de gaz lacrymogène et tirent à balles réelles à la sortie des églises. Le 31 décembre, à quelques heures du réveillon, des marches de catholiques contre le pouvoir en place ont été brutalement réprimées et il faut entendre la légitime et puissante indignation de l’archevêque de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo. “Nous ne pouvons que dénoncer, condamner et stigmatiser les agissements de nos prétendus vaillants hommes en uniforme qui traduisent malheureusement, et ni plus ni moins, la barbarie (…) Comment ferons-nous confiance à des dirigeants incapables de protéger la population, de garantir la paix, la justice, l’amour du peuple ?

Il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systémique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RD Congo ». »

 

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1 – En Afrique du Sud, la délicate purge d’un Etat rongé par la corruption

 

Cyril Ramaphosa doit restaurer la confiance en l’action gouvernementale et prendre solidement en main l’ANC sans déclencher une rébellion interne. A peine élu, et aussitôt dans le feu de l’action. Cyril Ramaphosa devait prononcer, vendredi 16 février au soir, son premier discours sur l’état de la nation. Un moment solennel pour rendre palpable la politique d’urgence qu’il compte mener dans les mois à venir.

 

Depuis plusieurs années, ce rendez-vous crucial se terminait dans le chaos. Les députés du parti Economic Freedom Fighters (EFF, « combattants pour la liberté économique ») interrompaient Jacob Zuma, qui n’attachait de toute évidence pas la moindre importance à cet exercice, jusqu’à ce que la sécurité renforcée pour l’occasion de gros bras les déloge du Parlement. C’est dans les derniers discours perturbés sur l’état d’une nation, qui ne l’était pas moins, que les EFF ont popularisé, en la hurlant inlassablement à Jacob Zuma, l’expression « Bring back the money ! » (« rends l’argent »), en référence aux fonds publics utilisés pour les travaux de sa résidence de Nkandla.

 

Cette année, le ton sera différent. On attend de Cyril Ramaphosa qu’il articule de manière convaincante les fondamentaux d’une politique d’urgence destinée à sauver l’économie tout juste sortie de récession, tout en restaurant la confiance en l’action gouvernementale. Dans la foulée, il faudra procéder à la composition de son gouvernement et décider, arbitrage délicat, quelle est l’étendue des purges des responsables de l’ère Zuma qu’il est possible de réaliser sans risquer de déclencher une rébellion interne, dangereuse pour l’ANC.

 

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_ « Candy Crush » pendant les débats

Les têtes des éléments jugés les plus incompétents, les plus corrompus, les plus obstinément fidèles au système Zuma, devraient rouler en premier. Un homme pose un problème particulier : Malusi Gigaba. Le dernier ministre des finances de Jacob Zuma avait été identifié par les chercheurs du State Capacity Resarch Project, un groupe de professeurs d’université ayant réalisé un travail de recherche approfondi sur le sujet, comme l’un des architectes du système de « capture d’Etat », cette infiltration des structures de l’Etat par un réseau corrompu aux ordres de la famille Gupta, les hommes d’affaires d’origine indienne à présent visés par la justice.

 

Il n’est pas établi que Malusi Gibaba a bénéficié personnellement de ce système de pillage des ressources publiques, mais il incarne le système que Cyril Ramaphosa doit abattre. Or, le budget doit être présenté devant le Parlement dans cinq jours. Il ne peut décemment l’être par M. Gigaba. Ce dernier, lors de la session au cours de laquelle M. Ramaphosa a été élu, jeudi, président de la République, a été surpris en train de jouer à Candy Crush sur une tablette pendant les débats. Sans doute le signe d’un détachement vis-à-vis de ses fonctions menacées.

 

Par Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)/ LE MONDE/ Le 16.02.2018/ Mis à jour le 16.02.2018/

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/02/16/en-afrique-du-sud-la-delicate-purge-d-un-etat-ronge-par-la-corruption_5257894_3212.html

 

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2 – Les défis qui attendent l’Union africaine en 2018

 

Corruption, gouvernement, financement : les dossiers s’amoncellent sur la table des chefs d’État réunis pour le 30e sommet de l’UA, qui se tient jusqu’au 29 janvier. Lutte contre la corruption et observation des élections 2018, c’est le vaste programme sur lequel s’apprêtent à plancher les chefs d’État africains, les 28 et 29 janvier à Addis-Abeba. Le président rwandais Paul Kagamé mènera les débats, puisqu’il reprendra la présidence de l’Assemblée, assurée en 2017 par Alpha Condé, président de la Guinée.

 

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_ Objectif 2018 : éradiquer la corruption

Le thème à l’honneur cette année : « Gagner la lutte contre la corruption : un chemin durable vers la transformation de l’Afrique ». C’est peu dire que ce thème est en parfaite adéquation avec l’actualité de certains chefs d’État présents. À commencer par le Sud-Africain Jacob Zuma, englué dans une série d’affaires de corruption et de fraude. Mais, au-delà des dirigeants, le problème touche une grande partie des Africains, dans toutes les strates de la société. C’est ce qui ressort du dernier Index sur la perception de la corruption réalisé par l’ONG Transparency International. Et parmi les plus mauvais élèves en la matière, le rapport cite la Somalie, le Soudan du Sud ou encore la Guinée-Bissau.

Mais l’étude, qui se base sur des données de l’année 2016, montre aussi que plusieurs pays s’en sortent bien. Le Botswana est classé 35e sur 176 pays étudiés, avec un index de 60 sur 100, 0 étant le score le plus mauvais. Il est suivi de près par le Rwanda, classé 50e, avec un index de 54 sur 100. Quant à la Namibie, elle s’en sort avec la 53e place, avec un index de 52.

 

Pour que ces chiffres soient contagieux au reste du continent, l’UA devra de fait s’attaquer aux facteurs principaux de la corruption. Dans son rapport 2016 sur le sujet, la Commission économique pour l’Afrique explique que « l’absence de bonne gouvernance » engendre « des institutions faibles, un équilibre des pouvoirs inefficace, des cadres juridiques et réglementaires insuffisants, et des mécanismes d’exécution peu efficaces ». Autant de facteurs qui favorisent la corruption. Le dernier indice général Mo Ibrahim sur la gouvernance 2017 met dans le fond de son classement, en adéquation avec l’index de Transparency International, la Somalie, le Soudan du Sud et l’Érythrée.

 

Avec ce thème, l’UA met donc les pieds dans le plat et semble s’imbriquer dans une dynamique déjà amorcée par plusieurs dirigeants. Le président ghanéen Nana Akufo-Addo a, par exemple, promulgué début janvier un projet de loi portant sur la création du nouveau Bureau du procureur spécial (OSP). Autrement dit, un organisme dédié chargé d’enquêter sur les affaires de corruption et qui pourrait viser les fonctionnaires, des politiques ou des personnes issues du privé. Au Tchad, c’est par le biais d’un numéro vert que la population pourra dénoncer des actions de corruption. Un projet présenté à N’Djaména il y a quelques jours.

 

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_ Surveiller les élections

Autre question abordée par les chefs d’État, celle des élections 2018. Cette année, pas moins de dix-huit scrutins électoraux se dérouleront sur le continent. Et parmi eux, celui du Zimbabwe, tout juste investi d’Emmerson Mnangagwa après l’éviction de Robert Mugabe, le nouveau président a annoncé, le 24 janvier, la tenue d’élections présidentielle et parlementaires « avant juillet », précisant son souhait d’avoir des « élections libres, justes, crédibles et qui ne soient pas entachées de violence ».

 

Une promesse que l’UA devrait s’atteler à faire respecter. Pour l’ONG International Crisis Group, l’organisation panafricaine n’aura d’autre choix que de « pousser le gouvernement à nettoyer les listes électorales, de prévoir un mécanisme de contrôle indépendant de la Commission électorale zimbabwéenne et de créer un environnement politique dénué de violence, d’intimidation et de propagande ». Un coche à ne pas louper pour l’UA. Le bon déroulement d’élections libres au Zimbabwe sous son égide est une opportunité pour l’institution d’agrandir son influence en prouvant son efficacité.

 

Plus épineuse, la mise en place de scrutins en République démocratique du Congo (RDC). La commission électorale du pays a fixé des élections le 23 décembre 2018, en dépit de l’accord de la Saint-Sylvestre, qui les avait prévues en décembre 2017. L’UA a donc près d’un an devant elle pour renforcer ses efforts de diplomatie en RDC. « Mener une action concertée et coordonnée, fondée sur un nouveau calendrier, un vote crédible, l’ouverture de l’espace politique et la garantie que la Constitution ne sera pas amendée pour permettre à Kabila de renouveler son mandat », autant de tâches auxquelles l’organisation va devoir s’atteler, selon International Crisis Group. Encore une fois, son rôle dans la résolution de la crise pourrait lui permettre de peser davantage sur l’échiquier des puissantes institutions mondiales.

 

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_ Zone de libre-échange et open sky africain

En dehors de ces préoccupations, les chefs d’État devraient également aborder des sujets d’ordre économique. Et en premier lieu celui de la création d’une zone de libre-échange continentale (ZLEC), incluant les 54 États. Elle abolirait les barrières tarifaires et douanières entre les pays, permettant à 1,2 milliard de consommateurs de renforcer la compétitivité africaine. Le projet, évoqué pour la première fois en 2012 lors de la 18e session ordinaire de la Conférence de l’UA, devait originellement être mis sur pied en 2017. Les négociations avancées de ces dernières années – en 2016 s’est tenu le troisième forum de négociation de la ZLEC à Addis-Abeba – permettront peut-être au projet de voir le jour en 2018.

 

Autre projet que porte le président de la Commission de l’UA Moussa Faki Mahamat, la libéralisation du ciel du continent. L’open sky africain, inscrit parmi les douze projets prioritaires de l’Agenda 2063, sera donc lancé le 28 janvier, 23 pays du continent ayant déjà donné leur accord. Le « Single African Air Transport Market » (SAAT) stimulera « les investissements transfrontaliers dans les industries de production et de services, y compris le tourisme, qui ont permis la création de 300 000 emplois directs supplémentaires et de deux millions d’emplois indirects », a déclaré la commissaire en charge des infrastructures et de l’énergie à la Commission, Amani Abou Zeid, dans un communiqué de presse de l’organisation. Une mesure qui inquiète les compagnies aériennes locales et dont l’application est menacée par le déséquilibre qui existe entre les différents marchés. En effet, environ 70 % du ciel africain est dominé par des compagnies non étrangères.

 

PAR MARLÈNE PANARA/ Publié le 27/01/2018/ Le Point Afrique

 

http://afrique.lepoint.fr/actualites/les-defis-qui-attendent-l-union-africaine-en-2018–27-01-2018-2190084_2365.php

 

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3 – Côte d’Ivoire : Le PDCI exige la réforme de la CEI et annonce avoir saisi le gouvernement

 

Le secrétaire exécutif chargé des élections au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, allié au pouvoir), Roland Adiko a indiqué mardi que “c’est au gouvernement de répondre” à la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI), souhaitée par sa formation politique et l’opposition. “C’est le gouvernement qui a été saisi, ce n’est pas la CEI, c’est donc au gouvernement de répondre”, a affirmé M. Adiko, face à la presse, après une rencontre entre cette commission et les partis politiques.

 

L’opposition ivoirienne demande régulièrement une réforme de la CEI, se disant “insuffisamment représentée” au sein de la cette commission. Pour le président du Rassemblement du peuple de Côte d’Ivoire (RPCI, opposition), Bamba Moriféré, la “reforme” de cette institution en charge des élections est “un préalable”, ajoutant qu’elle “n’est pas apte à organiser” les scrutins locaux prévus en 2018, dans une note mardi. Le 10 janvier, le porte-parole du gouvernement Bruno Koné, a indiqué qu’”aucune décision” n’a été prise” pour la réforme de la CEI.

 

Alerte info/ Publié le Mercredi 24 Janvier 2018/ Par Alerte Info – Côte d’Ivoire/

 

http://www.ivoirebusiness.net/articles/c%C3%B4te-d%E2%80%99ivoire-le-pdci-exige-la-reforme-de-la-cei-et-annonce-avoir-saisi-le-gouvernement

 

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4 – Côte d’Ivoire : Les dessous du ballet chez Bédié

 

Depuis quelques mois, en effet, les observateurs de la politique en Côte d’Ivoire assistent à un intense ballet politico-diplomatique chez le «  Sphinx », aussi bien à Daoukro qu’à sa résidence de Cocody-Les Ambassades à Abidjan. De jour comme de nuit, les parkings de l’ancien chef de l’État ivoirien (1993-1999) ne désemplissent pas acteurs politiques de premier plan, diplomates, cadres, responsables d’associations et organisations non gouvernementales se jouent les coudes pour arracher une audience au « Bouddha de Daoukro ». Une opération de charme qui masque mal les intentions voilées de ces personnalités qui accourent aux domiciles de Bédié.

 

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C’est Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (Fpi) qui, à la surprise générale, pousse la porte de la résidence de Bédié, le 24 janvier 2018. Selon des sources diplomatiques, « c’était une rencontre qui avait été préparée dans le plus grand secret, par le cabinet des deux hommes ». Sous le cache-sexe bien trouvé de la présentation de (ses) vœux (de nouvel an) à l’ex-président pour lequel il n’a pas tari d’éloges, Pascal Affi N’Guessan a assuré Bédié de sa disponibilité « à travailler ensemble ».

 

Cette rencontre faisait suite à une série de tête-à-tête que les deux hommes ont eue. « Nous sommes venus manifester notre disponibilité à travailler ensemble pour la Côte d’Ivoire… Le président Bédié, compte tenu de sa place, est un acteur incontournable avec lequel tous les partis politiques doivent composer », avait argué l’ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo. Les bases d’un rapprochement entre le Pdci et le Fpi, à deux ans de la prochaine élection présidentielle, venaient d’être lancées. Surtout que cette rencontre est intervenue six jours après un tête-à-tête similaire entre les responsables de jeunesse des deux formations politiques.

 

Dans la même dynamique de rapprochement avec le Pdci, Henriette Lagou, patronne du Renouveau pour la paix et la Concorde (Rpc), un parti vassal de la défunte La majorité présidentielle (Lmp, proche de Laurent Gbagbo), débarque au domicile de Bédié, «  notre papa à tous, qui représente le père de la nation », le 1er février 2018. En dehors des vœux, en tant que responsable de parti politique, elle a dit avoir «  écouté les conseils sages, qui nous inspire ».

 

Le «  monument » politique que représente Henri Konan Bédié a également échangé, avec un autre monument du droit en Côte d’Ivoire, Romain-Françis Wanga Wodié. L’ancien président du Conseil Constitutionnel a échangé, ce lundi 26 février 2018, avec le leader du « vieux » parti. A travers allégories et symboles, Francis Wodié a donné le sens de sa démarche qui pourrait être également l’état d’esprit de toutes ces personnalités qui rencontrent HKB. « Le président Bédié m’apparaît comme le pont que nous devons construire, qu’il doit contribuer à construire pour que les Ivoiriens puissent effectuer la traversée ensemble d’un rivage vers l’autre, au lieu que chacun reste sur son bord politique. Quand on aura fait cette traversée, nous pourrons marcher ensemble vers l’avenir partagé de la Côte d’Ivoire », s’est-il convaincu.

 

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Une coalition anti-Rdr ? 

Wodié a indiqué que Bédié occupe, aujourd’hui, en Côte d’Ivoire «  une position qui lui permet de pousser dans un sens ou dans l’autre », ajoutant qu’il peut peser de tout son poids sur l’évolution de la situation. Professeur Bamba Moriferé, président du Rassemblement du peuple de Côte d’Ivoire (Rpci), une des figures emblématiques de l’opposition radicale voire révolutionnaire en Côte d’Ivoire, a aussi pris langue avec Henri Konan Bédié.

 

Le «  sphinx de Daoukro », après son entrevue avec Pr Francis Wodié, a reçu Mohamed Farouk Hamzawi et Julie Sholdice, respectivement ambassadeurs d’Égypte et du Canada en Côte d’Ivoire. Les deux diplomates ont confié être venus lui rendre une visite de courtoisie. Qu’est-ce qui peut bien expliquer ce ballet politico-diplomatique dans un contexte de crise larvée entre, notamment le Pdci et le Rassemblement des républicains (Rdr). Le symbole politique de ce chassé-croisé politico-diplomatique est d’autant plus fort et parlant, que ces rencontres interviennent dans un environnement politique pour le moins trouble. 

 

De fait, le « vivre ensemble » au sein de la coalition du Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) a pris du plomb dans l’aile, sur la question préjudicielle du parti unifié. Le Pdci et son allié ne rame plus dans le même sens bloquant, du coup, l’avancement de la machine Rhdp. Chaque jour, la tension, déjà perceptible, monte un peu plus d’un cran, à travers des déclarations contradictoires entres les alliés. 

 

Hier mercredi 28 février 2018, en manchette du journal le « Nouveau Réveil », proche des thèses politiques du Pdci, Maurice Kakou Guikahué, Secrétaire exécutif en chef de ce parti, semble avoir ruiné les espoirs des « unionistes ». « Allez dire à Ouattara et à Bédié que le Rhdp ne marche pas dans nos bases », a-t-il fait valoir, jetant, du coup, dans la lagune Ebrié, le projet… L’opposition ivoirienne, qui voue au Rdr une violente répulsion, et qui cherche par tous les moyens de lui régler ses vieux comptes de la crise post-électorale de 2010-2011, voit, dans cette crise, une aubaine dont elle veut profiter pour se positionner auprès du Pdci.

 

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En toile de fond, tirer avantage de cette situation pour elle-même. Pascal Affi N’Guessan, Bamba Moriferé, Henriette Lagou et autres Sangaré Abou Drahamane, Ouattara Gnonzié, Gnamien Konan ne chercheraient pas tirer les marrons du feu de cette situation trouble entre le Pdci et son allié, le Rdr, qu’ils s’y prendraient autrement. Se servir du «  bâton Pdci » pour atteindre leur objectif qui est de neutraliser le Rdr en 2020. Et tous s’inscrivent dans la dynamique d’une future collaboration avec le Pdci. C’est la finalité de ce vaste mouvement des opposants autour de Bédié… 

 

« Même si Bédié ne laisse pas transparaître ses intentions, encore moins sa stratégie, il semble qu’au Pdci, de nombreuses personnes commencent à être sensibles à la cour assidue de la tendance du Fpi conduite par Pascal Affi N’Guessan », glisse l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique dans sa livraison de cette semaine. « Nous avons compté avec lui hier, avait indiqué Pascal Affi N’Guessan.

 

Nous allons compter avec lui aujourd’hui, et nous devons compter avec lui demain », parlant de Bédié au sortir de son tête-à-tête avec le patron du Pdci. Le Fpi, incarné par Pascal Affi N’Guisan, ne cache pas son ambition de voir le Pdci prendre la tête d’une coalition anti-Ouattara, à plus deux ans de la présidentielle de 2020. « La Côte d’Ivoire se porte mal, à en croire Konaté Navigué, président de la Jeunesse du Fpi. Il faut que le Pdci sauve la Côte d’Ivoire ». Et comme, selon Affi, Bédié « représente pour chacun d’entre nous, une référence, un acteur avec lequel il faut compter », ils espèrent que cette coalition est un gage fondamental pour venir à bout au Rdr en 2020. 

 

Armand B. DEPEYLA / CIVOX. NET/ Vendredi 2 Mars 2018 – 08:58

 

https://www.civox.net/Cote-d-Ivoire-Les-dessous-du-ballet-chez-Bedie_a9441.html

 

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Côte d’Ivoire: Wodié après une rencontre avec Bédié, «Il y a des germes de tensions et des risques d’affrontement»

 

L’ancien président de la cour constitutionnelle, Francis VangahWodié Rechercher Wodié a rencontré ce lundi le président du PDCI-RDA, Henri KonanBédié Rechercher Bédié a–t-on appris de sources concordantes. Au sortir de son entretien avec l’ex chef d’Etat, il s’est dit préoccupé par la situation du pays. Selon ce dernier, il y a des risques d’affrontement. « Il y a lieu de prendre les dispositions pour se parler et Bédié Rechercher Bédié occupe une position charnière dans la classe politique », a indiqué l’ex président du Parti Ivoirien des Travailleurs (PIT), avant de prévenir: « Nous sommes préoccuper par l’évolution de la situation et il y a déjà des germes de tensions et des risques d`affrontement. »

 

Cette déclaration de Francis wodié est la deuxième du genre après sa sortie en décembre dernier, suite à la condamnation à 20 ans de prison de Hubert Oulaye, par la justice pour assassinat et complicité d’assassinat des casques bleus de l’ex Onuci. Le professeur avait qualifié sa condamnation de « monstrueuse » avant d’interpellerOuattara Rechercher Ouattara à la limite.

 

Donatien Kautcha, Abidjan/ © koaci.com – Lundi 26 février 2018 –

 

http://koaci.com/cote-divoire-wodie-apres-rencontre-avec-bedie-germes-tensions-risques-daffrontement-117681.html

 

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5 – Soubré : Les maires de Côte d’Ivoire condamnent les violences et soutiennent le Maire et son Conseil Municipal

 

L’Union des villes et communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI) a déploré, dans un communiqué dont Linfodrome a reçu copie, les récentes violences intervenues à Soubré suite à l’incendie du marché central de la ville, du domicile du maire et des locaux de l’Hôtel de Ville. Le lundi, 5 février 2018, au réveil, les maires de Côte d’Ivoire ont appris avec regret, l’incendie du marché central de la ville de Soubré. Deux jours plus tard, les maires constatent que la presse nationale fait état, cette fois-ci, de violences qui ont occasionné l’incendie du domicile du maire et des locaux de l’Hôtel de Ville.

 

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Réunis en Assemblée Générale, ce mercredi 07 février 2018, les maires de Côte d’Ivoire regrettent ces violences et les condamnent avec la plus grande fermeté. Ils appellent les populations au calme, à la responsabilité et au dialogue pour régler tout différent. L’Union des villes et Communes de Côte d’Ivoire apporte son soutien au Maire et au Conseil Municipal de Soubré et appelle de tous ses vœux plus de paix et de cohésion sociale dans cette cité cosmopolite afin d’éviter d’entacher les efforts du Président de la République et du Gouvernement dans la quête d’émergence de notre si beau pays.

 

Fait, à Abidjan, le 7 février 2018/ L’Assemblée Générale

 

http://www.linfodrome.com/societe-culture/36451-soubre-les-maires-de-cote-d-ivoire-condamnent-les-violences-et-soutiennent-le-maire-et-son-conseil-municipal

 

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(Spécialité des pyromanes ivoiriens : brûler de nuit les marchés et centres commerciaux…) 

6 – CÔTE D’IVOIRE/ LA VIOLENCE EST DEVENUE MAÎTRESSE DU JEU

 

Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, il n’y a qu’un langage qui a des chances certaines d’être compris et écouté : la violence. Ce sont les violents qui sont récompensés. 

Bédié a été renversé dans la violence, d’un putsch militaire. Laurent Gbagbo, après avoir été attaqué, a été éjecté dans la violence d’un coup d’État constitutionnel. Les 8.400 soudards qui sont entrés en violente mutinerie au son des rafales et crépitements de Kalach, ont obtenu chacun 15 millions de nos francs. Les Microbes, ces délinquants présentés officiellement comme des «enfants en conflit avec la loi» pour mieux les caresser dans le sens du poil (à l’instar des rebelles ivoiriens baptisés pompeusement Forces nouvelles), dépouillent les uns, agressent les autres à coups de violence. Etc. Etc.

 

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Le message a été compris et bien reçu dans nos lycées et collèges. Le phénomène, au départ marginal, de l’anticipation des congés par les élèves est ainsi devenu désormais national. Et prend des proportions inquiétantes: des postes de police et de gendarmerie sont attaqués, des actes de sabotage et de violence sont orchestrés, etc. pour obtenir la fermeture des établissements et aller en congé avant la lettre, partout sur toute l’étendue du territoire. 

 

Le pays récolte ce que la sédition a semé : en lieu et place de la présumée injustice induite par la politique dite de xénophobie et d’Ivoirité, les actions de subversion et de déstabilisation ont introduit durablement le désordre qui, d’institutionnel, est devenu une gangrène sociale. Houphouët-Boigny (photo) avait prévenu : «Je préfère l’injustice au désordre. L’injustice, on peut la réparer; le désordre, on sait quand il commence mais on ne sait jamais quand il finit», disait-il à raison. La Côte d’Ivoire l’apprend à ses dépens. 

 

Ferro M. Bally/ Vendredi 22 Décembre 2017/ La Dépêche d’Abidjan

 

https://www.ladepechedabidjan.info/COTE-D-IVOIRE-LA-VIOLENCE-EST-DEVENUE-MAITRESSE-DU-JEU_a25216.html

 

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7 – Réforme de la Cei avant les élections de 2018 : Voici la position du gouvernement

 

Le porte-parole du gouvernement, le ministre Bruno Koné, s’est prononcé sur la question de la réforme ou non de la Commission électorale indépendante (Cei), avant les prochaines élections, après les injonctions de la Cour africaine de Droits de l’homme et des Peuples. La Commission électorale indépendante (Cei) sera-t-elle réformée comme souhaité par des partis politiques de l’opposition et exigé par la Cour africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ?

 

À cette interrogation, le ministre Bruno Koné a déclaré, hier mercredi 10 janvier 2018, pendant une conférence de presse au Palais présidentiel d’Abidjan-Plateau, que la Cei sera réformée si le gouvernement le juge nécessaire. « Si à un moment donné, il est jugé qu’il est utile de reformer la Cei pour permettre que cet objectif de bonne élection soit tenu, le gouvernement avisera. Il n’est pas trop tard et en même temps aucune décision n’est prise dans un sens comme dans l’autre », a déclaré Bruno Koné. 

 

« Je ne répondrai pas sur le fond de la question. Les élections sont prévues cette année, l’annonce a été faite. Tout sera mis en œuvre au niveau du gouvernement, au niveau du chef de l’Etat, au niveau de la Cei pour que ces élections se passent de la meilleure façon », a-t-il renchéri. 

 

Y.D./ 11/01/2018

 

http://www.linfodrome.com/vie-politique/35883-reforme-de-la-cei-avant-les-elections-de-2018-voici-la-position-de-la-cei

 

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8 – Six mois après avoir annoncé un « nouveau Madagascar », le pouvoir rattrapé par des affaires de corruption

 

Le ministre des finances, réputé intègre, a démissionné et le Bureau indépendant anti-corruption enquête sur trois ministres dont le chef du gouvernement Olivier Mahafaly. Le fauteuil du ministre des finances et du budget ne sera pas resté longtemps vacant. Moins de vingt-quatre heures après la démission de Gervais Rakotoarimanana, la nomination de Vonintsalama Andriambolonona a été annoncée par la présidence, mardi 18 juillet.

 

Cette inspectrice du Trésor connaît bien le ministère : elle en fut notamment le secrétaire général de 2009 à 2015 pendant la période de la « transition » quand le ministre des finances n’était autre que le chef de l’Etat actuel, Hery Rajaonarimampianina. Son soutien au directeur du Trésor de l’époque, qui avait dénoncé des transactions douteuses au profit du parti présidentiel HMV lui avait valu cependant d’être limogée.

 

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(Démission du ministre des Finances à Madagascar)

 

Le Fonds monétaire international (FMI) avec lequel la Grande Ile est liée par un important programme de soutien financier s’est empressé d’écarter d’éventuelles spéculations : « Ce départ ne devrait pas affecter les relations entre nos institutions respectives » a déclaré Patrick Imam, le représentant du FMI à Antananarivo. M. Rakoarimanana avait su gagner la confiance des bailleurs de fonds en se montrant intransigeant sur l’application des mesures entérinées dans le cadre de la Facilité élargie de crédit conclue en juillet 2016 pour un montant de 304 millions de dollars (263,6 millions d’euros).

 

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_ Accord financier avec la Chine

Les circonstances dans lesquelles intervient sa démission s’inscrivent dans un contexte marqué par de nouveaux scandales de corruption impliquant des proches du chef de l’Etat. Le ministre démissionnaire est resté flou sur les raisons de son départ, évoquant « un manque de soutien » pour engager des réformes et une « divergence de point de vue » sur la façon de travailler. Cet ancien compagnon d’études du président de la République, expert-comptable comme lui et rentré à sa demande du Canada en 2015, aurait en réalité souhaité prendre ses distances avec une gestion peu scrupuleuse des finances publiques à l’approche de la prochaine échéance électorale de 2018. Il avait publiquement dénoncé la gestion de deux entreprises publiques, la Jirama, société de production d’eau et d’électricité et la compagnie aérienne Air Madagascar.

 

Mais ce sont les contrats signés avec la Chine lors d’un voyage présidentiel en mars, puis un accord financier conclu avec Pékin à son insu, il y a quelques jours, qui auraient scellé sa décision. Ce trou d’air gouvernemental rapidement maîtrisé en apparence ne règle pas ce qui pourrait être beaucoup plus déflagratoire pour le chef de l’Etat : « l’affaire Claudine », du prénom de cette femme d’affaires et conseillère du président soupçonnée de détournements de fonds dans des subventions attribuées aux communes.

 

Après de rocambolesques rebondissements, le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) est parvenu à faire incarcérer Claudine Razaimamonjy et élargit ses investigations aux ministres ayant facilité « l’évacuation sanitaire » de la femme d’affaires à Maurice pendant une quinzaine de jours. Trois ministres sont directement visés : le ministre de la santé, celui de la justice et le premier ministre, Olivier Mahafaly, en sa qualité de ministre de l’intérieur. Ce dernier a lui-même signé les ordres de virement de subventions exceptionnelles destinées à certaines communes.

 

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_ Grève des magistrats

Interpellé par le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) en grève depuis le 11 juillet pour réclamer le respect de l’indépendance de la justice, Olivier Mahafaly a finalement répondu à la demande de dialogue. « Des discussions ont commencé mardi pour huit jours, confirme la présidente du SMM, Fanirisoa Ernaivo. Nos neuf revendications vont être examinées dans le cadre d’une table ronde et nous ferons un bilan le 28 juillet. La poursuite de la procédure engagée contre Claudine Razaimamonjy est aussi sur la table. » Début avril, le ministre de la justice était intervenu directement auprès du Bianco pour exiger la remise en liberté de la femme d’affaires, ce qui avait déclenché un mouvement de protestation des magistrats qui n’est pas retombé depuis.

 

Jusqu’à quand le chef de l’Etat maintiendra-t-il sa confiance à son premier ministre ? La démission du ministre des finances aurait pu être l’occasion d’un remaniement plus large. Depuis plusieurs semaines, les représentants des bailleurs se relaient pour « conseiller de remettre de l’ordre » dans le gouvernement. Ils ont pour eux de solides arguments. En décembre 2016, la conférence organisée à Paris, au siège de l’Unesco, avait permis de rassembler près de 6 milliards d’euros de promesses d’aide pour financer le plan national de développement de Madagascar. Qualifiée d’« historique » par Hery Rajaonarimampianina, elle a marqué le retour en grâce du pays auprès des bailleurs. Six mois après, certains peuvent avoir le sentiment d’avoir été bernés. Tandis que l’île s’enfonce dans la crise et l’insécurité, le « nouveau Madagascar » annoncé à Paris par le président ne ressemble plus qu’à un mirage.

 

Par Laurence Caramel / LE MONDE Le 19.07.2017/ 

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/07/19/six-mois-apres-avoir-annonce-un-nouveau-madagascar-le-pouvoir-rattrape-par-des-affaires-de-corruption_5162387_3212.html

 

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9 – A Madagascar, les juges ne veulent plus recevoir des ordres du pouvoir

 

L’intervention du ministre de la justice pour protéger « Mme Claudine », une proche conseillère du président, est le scandale de trop pour les juges, qui appellent à nouveau à la grève. La guerre est déclarée : pour la deuxième fois en moins d’un mois, les magistrats malgaches ont voté la grève pour réclamer le respect de l’indépendance de la justice. Mercredi 29 juin, l’unique Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) a mis en demeure le chef de l’Etat de lui donner des assurances sous dix jours, faute de quoi le mot d’ordre de grève serait appliqué. Le 8 et 9 juin, les 42 tribunaux de l’île avaient tiré le rideau.

 

« L’appareil d’Etat se rebelle, il est entré en résistance contre des violations de la justice qui ne sont plus tolérables », prédit le juriste Harotsilavo Rakotoson qui, en travaillant sur l’intarissable trafic de bois de rose, observe de près l’impunité dont jouissent les puissants sur la Grande île.

 

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_ « Une menace pour ceux qui sont impliqués »

Personne n’avait anticipé cette épreuve de force. A commencer par Claudine Razaimamonjy, symbole désormais de ces pratiques honnies par les Malgaches. Femme d’affaires peu connue du grand public et conseillère spéciale du président de la République, « Mme Claudine », avait cru pouvoir se soustraire aux deux convocations adressées par le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) dans le cadre d’une enquête sur le détournement de subventions publiques destinées aux communes. Jusqu’à son arrestation le 3 avril sur le parking d’un stade d’Antananarivo, où elle venait d’assister à un match de l’équipe de basket dont elle est propriétaire.

 

L’histoire aurait pu s’arrêter là pour laisser la justice suivre son cours à l’abri des pressions si Charles Andriamiseza, le ministre de la justice en personne, n’avait décidé de demander publiquement la libération de la conseillère pour éviter une prolongation de sa garde à vue. Les confidences d’un membre du Bianco éclairent les conditions dans lesquelles travaillent les enquêteurs : « Il n’est pas inhabituel que nous procédions à une deuxième garde à vue de quarante-huit heures. Et dans le cas présent, nous savions que si nous libérions cette dame, il serait très difficile de l’interroger à nouveau. Nous avons dû préparer son arrestation pendant des mois et attendre un moment où ses gardes armés, qui appartiennent aux forces de l’ordre, soient moins nombreux pour intervenir », raconte-t-il.

 

Les épisodes qui ont suivi en disent long aussi sur les aménagements avec l’Etat de droit qui se pratiquent au vu et au su de tous. Avant d’être placée sous mandat de dépôt à la prison de femmes d’Antanimora le 12 juin, celle qui est aussi l’un des soutiens financiers du parti présidentiel HVM, a fait un long séjour à l’hôpital JRA de la capitale, puis une escapade de près de deux semaines dans une clinique privée de l’île Maurice, ralliée en jet privé.

 

Les circonstances dans lesquelles a été délivrée l’autorisation d’évacuation sanitaire font l’objet d’une enquête. Aujourd’hui Claudine Razaimamonjy a été transférée à la maison d’arrêt de Manjakandriana, située à une cinquantaine de kilomètres de la capitale, où elle jouit de conditions de détention plus confortables. « Il est clair que les autorités ont tout fait pour la soustraire à la prison, car elle constitue une menace pour ceux qui sont impliqués dans ce scandale des subventions », poursuit le membre du Bianco.

 

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_ « Seules les petites gens vont en prison »

Pour l’heure, le Bianco a achevé l’instruction de deux dossiers qui ont été transmis à la chaîne pénale anti-corruption chargée de les juger. Ils concernent des subventions exceptionnelles d’un montant de 500 millions d’ariary (145 000 euros) accordées en 2014 et 2015 aux communes d’Antananarivo et de Fianarantsoa par le ministre de l’intérieur et de la décentralisation Olivier Mahafoly. Celui-ci est devenu premier ministre en 2016. « Le cas de Claudine Razaimamonjy n’est pas le seul ni le premier, mais il a été démasqué et il est le symbole de l’immixtion de l’exécutif dans les procédures » Fanirisoa Ernaivo

 

« Mme Claudine » dont la société opère dans le secteur du BTP et équipe les collectivités est soupçonnée de « favoritisme » dans l’attribution de ces marchés de gré à gré et de « détournement d’argent ». Mais il ne s’agirait là que d’une toute petite partie du scandale. Certaines sources parlent d’un montant de 200 milliards d’ariary (58 millions d’euros) dans lequel serait impliqué tout un réseau de prête-noms remontant vers la femme d’affaires et d’autres proches du pouvoir. « Le cas de Claudine Razaimamonjy n’est pas le seul ni le premier, mais il a été démasqué et il est le symbole de l’immixtion de l’exécutif dans les procédures » : de passage à Paris, mardi 27 juin, Fanirisoa Ernaivo, la jeune présidente du Syndicat des magistrats malgaches, a dénoncé une situation qui aboutit à ce que « seules les petites gens vont en prison ».

 

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_ Un militant écologiste malgache sous les verrous depuis huit mois

Clovis Razafimalala, un militant écologiste connu pour son combat contre les trafiquants de bois de rose dans le nord de l’île, est emprisonné à Maraoentsetra depuis septembre 2016 pour « la destruction présumée de biens et de documents publics au cours d’une manifestation à laquelle il n’a pas participé », selon Amnesty international. Cette détention prolongée est pour l’ONG « un exemple frappant de la tendance actuelle visant à réduire au silence les opinions critiques à Madagascar ». Clovis Razafimalala fait partie du collectif Lampogno Maraoentsetra. Une pétition circule dans l’île pour réclamer sa libération.

 

« L’institution judiciaire a perdu tout son crédit auprès de la population qui refuse de plus en plus d’y recourir pour faire justice elle-même. Nous assistons à des cas de lynchage et à la recrudescence de la vindicte populaire. C’est grave. Nous défendons l’image de la justice. Il faut que les juges puissent faire leur travail. » Y parviendront-ils dans l’affaire Razaimamonjy ? Le syndicat des magistrats n’est pas seul à attendre un engagement du président de la République, Hery Rajaonarimampianina. Les Malgaches, dont le plus grand nombre continue de vivre dans l’extrême pauvreté, suivent de près le procès de la conseillère dont le verdict dira s’il reste une place pour l’Etat de droit à Madagascar.

 

Par Laurence Caramel / LE MONDE Le 02.07.2017 / Mis à jour le 03.07.2017/

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/07/02/a-madagascar-les-juges-ne-veulent-plus-recevoir-des-ordres-du-pouvoir_5154533_3212.html

 

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10 – Guinée : l’opposition dénonce des fraudes massives aux élections locales

 

Plusieurs ténors de l’opposition n’ont pas attendu longtemps après la fermeture des bureaux de vote, dimanche, pour dénoncer ce qu’ils estiment constituer des fraudes « à l’échelle nationale » lors des élections locales, les premières depuis 2005. « Il y a une fraude à l’échelle nationale », a commencé, l’une des figures de l’opposition, l’ancien Premier ministre Sidya Touré (1996-1999), peu après la fermeture des bureaux de vote à 18H00 GMT pour les quelque 5,9 millions d’électeurs inscrits. « Nous constatons des problèmes, notamment celui de l’encre, dans pas mal de bureaux de vote », a expliqué à la presse, sans plus de détail, le président de l’Union des Forces républicaines (UFR).

 

Sidya Touré a cité également le cas d’un « sous-préfet » qui a voulu « changer le président d’un bureau de vote » à Tanéné, dans le nord-ouest du pays. Plus grave encore, il a affirmé que la fin d’après-midi a été le « moment choisi par certains chefs de quartiers qui détenaient des dizaines de procurations, pour les livrer à des partisans du pouvoir », lorsque l’affluence constatée le matin n’était plus au rendez-vous dans les bureaux de vote. Et de citer trois communes de la capitale, Dixinn, Matam et Matoto, « où un chef de quartier a été pris par des électeurs de l’opposition en possession de 2 000 procuration qu’il était prêt à introduire dans les urnes ».

 

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_ Nombreux reports des élections

Les dernières élections locales remontaient à 2005, sous la présidence du général Lansana Conté (1984-2008), dont le parti avait raflé plus de 80% des suffrages. Après de nombreuses manifestations de protestation, souvent meurtrières, elles avaient été fixées à février 2017, puis à nouveau retardées en raison de divergences sur l’organisation du scrutin, pour être finalement convoquées en décembre par le président Condé pour le 4 février.

 

Sidya Touré s’est toutefois dit « confiant » de l’emporter, à condition que les opérations de dépouillement supervisées par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), qui ont commencé dans la soirée, se déroulent correctement. « Si la transparence est au rendez-vous, je pense bien que les résultats de l’UFR seront étonnants. Si les résultats sont faussés, nous ne les accepterons pas », a-t-il prévenu. La Céni a quant à elle indiqué qu’elle espérait proclamer les résultats « le plus tôt possible ».

 

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Le président Alpha Condé a volé cette élection, a lancé Cellou Dalein Diallo

« Nous allons démontrer que le président Alpha Condé a, à l’aide de l’administration, volé cette élection, ce qui ne lui profitera pas », a pour sa part lancé un autre ancien Premier ministre, Cellou Dalein Diallo (2004-2006), chef de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti de l’opposition. Opposant historique, élu président de Guinée en 2010, Alpha Condé avait appelé ses partisans, après avoir déposé son bulletin, à « rester mobilisés pour refuser la fraude ». « Nous ne souhaitons pas la fraude et si cela arrivait, il faudra qu’on résiste comme on l’a toujours fait », a-t-il déclaré.

 

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_ Echauffourées entre électeurs

Pour désigner les dirigeants des 342 communes guinéennes, les électeurs devaient choisir parmi 29 554 candidats, dont 7 055 femmes, répartis sur plus de 1 300 listes. Les élus constitueront les conseils municipaux, chargés ensuite de désigner les exécutifs locaux. Des échauffourées ont eu lieu entre électeurs et entre des administrateurs territoriaux et électeurs de l’opposition ou candidats indépendants, selon des témoins. Au lycée Kipé de Conakry, de nombreux électeurs n’ont pas pu voter parce que leurs noms ne figuraient pas sur les listes électorales. D’autres étaient abandonnés à eux-même, sans assistance de l’administration, a constaté un correspondant de l’AFP.

 

En province, si des villes comme Kankan (est) et Labé (centre) paraissent respectivement acquises au pouvoir et à l’opposition, la bataille s’annonçait rude à Kindia (ouest) ou N’Zérékoré (sud). A Kindia, le maire, appartenant à l’opposition, faisait face au candidat du parti présidentiel, qui a reçu le renfort de deux ministres, Cheick Taliby Sylla (Energie) et Oyé Guilavogui (Transports), tous deux natifs de la ville.

 

05 février 2018/ Mis à jour le 05 février 2018 / Par Jeune Afrique avec AFP

 

http://www.jeuneafrique.com/527342/politique/guinee-lopposition-denonce-des-fraudes-massives-aux-elections-locales/

 

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11 – Egypte : des personnalités appellent au boycott de la présidentielle

 

Des signatures en faveur de la candidature du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour un deuxième mandat, le 24 janvier 2018. Cinq personnalités égyptiennes ont appelé dimanche au boycott de la présidentielle prévue en mars pour laquelle le chef de l’Etat sortant Abdel Fattah al-Sissi est candidat à sa propre succession, accusant le régime «d’empêcher toute compétition loyale».

 

Sissi, au pouvoir depuis 2014, est actuellement le seul candidat officiellement en lice pour l’élection dont le premier tour est prévu entre les 26 et 28 mars. Les aspirants à la présidence ont jusqu’à lundi pour déposer leur candidature. L’appel de ces personnalités a été lancé alors que la course à la présidentielle, où M. Sissi part largement favori, a vu depuis quelques semaines plusieurs prétendants écartés par les autorités. D’autres se sont dits découragés, dénonçant des pressions sur leurs partisans.

 

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Les signataires condamnent «toutes les mesures administratives et sécuritaires prises par le régime actuel pour empêcher toute compétition loyale lors de la prochaine élection» présidentielle. Le texte, signé entre autres par deux anciens candidats à la présidentielle de 2012, Mohamed Anouar El-Sadate, le neveu de l’ancien président Sadate, et Abdel Moneim Aboul Foutouh, ancien dirigeant des Frères musulmans, appelle «notre grand peuple à boycotter totalement cette élection». Il dénonce aussi «le climat de peur» ayant accompagné le processus électoral ainsi qu’«un calendrier électoral ne donnant pas aux candidats une réelle chance de se présenter».

 

Hicham Geneina, ex-président de l’Autorité de contrôle des comptes publics et grand pourfendeur de la corruption, a aussi signé le texte. Démis de ses fonctions en 2016 par le président Sissi, il était le responsable de campagne d’un candidat récemment écarté de la présidentielle, l’ex-chef d’Etat-major Sami Anan. Il a été blessé samedi à l’arme blanche au Caire, son entourage évoquant un «motif politique» pour cette «attaque». Sami Anan a été écarté de la présidentielle et selon des membres de sa campagne, ni sa famille, ni ses avocats n’ont pu le joindre depuis sa comparution mardi devant un procureur militaire.

 

Le texte appelant au boycott a également été signé par Hazem Hosni, professeur de sciences politiques à l’université du Caire et Essam Heggy, un éminent scientifique égyptien. Mercredi, l’avocat défenseur des droits de l’Homme Khaled Ali avait annoncé qu’il renonçait à se présenter à la présidentielle de mars. D’autres adversaires potentiels ont été ces dernières semaines écartés ou découragés comme l’ancien Premier ministre Ahmed Chafiq.

 

Par AFP — 28 janvier 2018 à 21:50

 

http://www.liberation.fr/planete/2018/01/28/egypte-des-personnalites-appellent-au-boycott-de-la-presidentielle_1625831

 

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12 – RD Congo/ Perspective 2018 : encore des violences et des craintes ?

 

L’Année 2018 démarre sous les pires auspices en République démocratique du Congo, ce pays qui porte si mal son nom, où des forces de l’ordre usent de gaz lacrymogène et tirent à balles réelles à la sortie des églises.

Le 31 décembre, à quelques heures du réveillon, des marches de catholiques contre le pouvoir en place ont été brutalement réprimées et il faut entendre la légitime et puissante indignation de l’archevêque de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo. “Nous ne pouvons que dénoncer, condamner et stigmatiser les agissements de nos prétendus vaillants hommes en uniforme qui traduisent malheureusement, et ni plus ni moins, la barbarie (…) Comment ferons-nous confiance à des dirigeants incapables de protéger la population, de garantir la paix, la justice, l’amour du peuple ?

 

Il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systémique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RD Congo ». A juste raison, l’International Crisis Group, ce think tank qui analyse les régions à risque dans le monde, décrit la situation en RDC et son année électorale à venir comme l’une des dix crises internationales à suivre avec attention dans les mois qui viennent. Et pour cause, officiellement, le mandat du président Joseph Kabila s’est achevé le 20 décembre 2016. Depuis, il exerce son pouvoir en dehors de tout cadre constitutionnel, et les élections sont sans cesse repoussées. A la Saint-Sylvestre 2016-2017, sous l’égide de l’Eglise catholique, un accord encourageant avait pourtant été signé avec l’opposition pour annoncer un scrutin un an plus tard et mettre en place une transition.

 

Mais il a été foulé au pied, et voilà les élections générales, présidentielle, législatives et provinciales renvoyées officiellement au 23 décembre 2018, plongeant à nouveau le pays dans l’incertitude. Tout cela alors que l’année a été difficile pour ce pays très fragile, de violents troubles touchant même des régions relativement épargnées jusqu’ici comme le Kasaï.

 

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_ Ce mystérieux M. Kabila

Finalement, les craintes de l’opposition se sont confirmées. Le président Joseph Kabila, 49 ans, est bien parvenu à faire durer son mandat, et prouve une nouvelle fois, malgré sa personnalité mystérieuse et discrète, qu’il est un fin manoeuvrier, comme le confie Pierre Jacquemot, ancien ambassadeur de France en RDC, interrogé par l’Afrique des idées: “il est beaucoup plus intelligent et subtil qu’on ne le laisse entendre dans certaines chancelleries. Il écoute les uns et les autres mais n’est en aucune manière influencé. Aujourd’hui, il est dans une position extrêmement favorable. Il a réussi à rester au pouvoir pour permettre à son entourage de continuer à amasser de l’argent. Il y a une absence d’unité internationale. On est dans une situation un peu bloquée”.

 

Le diplomate décrit aussi la profonde déception de l’Eglise catholique congolaise, qui pensait avoir fait le plus dur il y a un an en accompagnant le fameux accord de la Saint-Sylvestre, finalement bafoué. “Dans le passé, il y a eu plusieurs médiations organisées sous l’égide de l’Eglise qui ont donné des résultats. Cette fois, cela n’a pas marché. Tout le monde vit cela comme un échec, ils ont l’impression de se faire avoir, d’être tournés en bourrique par un président, et une commission électorale absolument hallucinante”, estime-t-il.

 

Les arguments avancés par la commission électorale pour justifier le report des élections sont connus. Il faut du temps pour l’enrôlement des électeurs (leur enregistrement sur les listes électorales) et les défis logistiques et budgétaires sont immenses dans ce pays continent de 80 millions d’habitants. “C’est très compliqué d’organiser des élections au Congo, ça c’est indéniable. Sur le plan logistique, il faut des moyens considérables, des hélicoptères pour transporter les urnes, installer les bureaux de vote. C’est un pays où l’état civil est défaillant, toutes les opérations, depuis l’enrôlement jusqu’au dépouillement sont compliquées. Mais il n’empêche que cela a déjà été fait dans le passé: il y a eu des élections en 2006 et en 2011. Il n’y a pas de raison d’invoquer des problèmes maintenant, ils ont eu le temps, c’est un argument fallacieux qui ne tient plus à mon avis”, tranche encore Pierre Jacquemot.

 

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_ Les difficultés de l’opposition

L’autre atout de Joseph Kabila est sa maîtrise de la scène politique congolaise. “Sa majorité politique est restée cohérente toute l’année, alors que l’opposition est divisée, surtout depuis février dernier et la disparition de son chef de file historique Etienne Tshisekedi”, relève Richard Moncrieff, le directeur Afrique Centrale de l’International Crisis Group qui a récemment rendu public un rapport sur la RDC, réclamant une “action concertée” des acteurs occidentaux et africains pour résoudre la crise.

 

La situation du RDPS symbolise les difficultés de l’opposition: le parti fondé par Etienne Tshisekedi est scindé en deux. D’un côté le premier ministre Bruno Tshibala, qui a fait le choix de gouverner pendant la transition avec le soutien de quelques dissidents du parti, de l’autre Félix Tshisekedi – fils d’Etienne – et les siens qui estiment représenter le RDPS canal historique et jugent que Tshibala s’est auto-exclu du parti… Dans ses recommandations, publiées avant les événements du 31 décembre, l’International Crisis Group en appelle à une “opposition engagée”, en l’encourageant à prendre part aux négociations avec le pouvoir et entrer plus concrètement dans le jeu politique. Mais comment ne pas se retrouver à nouveau dans le rôle du dindon de la farce ?

 

“Il y a un risque, mais c’est la vie politique. Il faut accepter ce risque. Il faut s’impliquer, critiquer le gouvernement à partir d’éléments solides. Il faut rester dans l’esprit d’une opposition constructive même si les frustrations sont très fortes”, considère Richard Moncrieff. “Dans une certaine mesure, le risque de se faire rouler par un président qui veut rester au pouvoir s’est déjà produit. Le président est là. Rester en exil, ça n’apporte pas grand chose non plus. Il faut une implication plus importante et quotidienne à la fois des membres de l’opposition et des acteurs internationaux afin de contrecarrer les manoeuvres du régime sur le terrain”, poursuit-il.

 

De son côté Pierre Jacquemot se souvient d’un président Kabila plus que sceptique sur la qualité des dirigeants de l’opposition. “Il n’accordait aucun crédit à l’opposition et aux personnalités qui la composaient. Il les jugeait tous comme étant des gens qui avaient profité du système à un moment ou un autre, et qui pour beaucoup s’étaient remplis les poches”.

 

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_ Eviter le découragement international

Outre l’engagement de l’opposition, la relance du processus politique passera par une mobilisation internationale qui fait défaut. Ces derniers mois, ce sont les Etats-Unis qui ont semblé vouloir reprendre le leadership sur le dossier avec la venue fin octobre de Nikki Haley, l’ambassadrice américaine aux Nations Unies. Mais il faudra un engagement dans la durée, alors que les Américains n’ont pas d’ambassadeur à Kinshasa, mais une chargée d’affaires ad interim, et que l’administration Trump a décidé de supprimer les postes d’envoyés spéciaux régionaux, dont celui d’envoyé spécial en charge des Grands Lacs.

 

Il faut aussi trouver une voix commune entre les acteurs occidentaux et africains, souvent moins ouvertement critiques au sujet du régime de Kabila. Certains voisins ont parfois semblé se satisfaire de repousser à plus tard les incertitudes d’une présidentielle à risque. L’International Crisis Group cite le Congo-Brazzaville, dont la proximité géographique avec Kinshasa incite à la prudence, ou l’Angola et son immense frontière de 2.500 kilomètres avec la RDC. “Le problème de ce raisonnement à court terme, c’est de laisser perdurer une crise qui va détériorer chaque jour un peu plus l’état de droit, le respect de la constitution et des institutions. C’est une bombe à retardement. Plus on attend, plus il sera difficile d’éviter l’explosion du pays”, met en garde Richard Moncrieff.

 

Cet expert considère également que le système des sanctions ciblées des Etats-Unis ou de l’Union Européenne contre des responsables congolais est en train d’atteindre ses limites, en l’absence de position concertée avec l’Union Africaine et les pays de la région. “On est pas contre les sanctions, mais les sanctions devraient faire partie d’une stratégie politique cohérente. On constate que le résultat des sanctions diminue avec le temps, surtout parce que le pouvoir à Kinshasa s’en sert volontiers pour diviser les positions des acteurs africains et occidentaux au sujet de la RDC. Donc, en ce moment, les sanctions ne servent pas à grand chose, la priorité devrait être une meilleure coordination avec les pouvoirs africains”, insiste Richard Moncrieff.

 

La difficulté est de se mobiliser sur une crise qui dure depuis de longues années, dans un pays où l’instabilité chronique fait le jeu de ceux qui veulent en exploiter les ressources, notamment dans l’Est de la RDC. Ces derniers mois, la communauté internationale s’est aussi concentrée sur d’autres dossiers sensibles du continent: les pays du Sahel, déstabilisés par le terrorisme, ou la Libye.

 

La tentation de céder au découragement est donc bien réelle dans une Afrique centrale restée complètement à l’écart de la dynamique démocratique en cours en Afrique de l’Ouest. Pour ne pas s’y abandonner, Pierre Jacquemot insiste sur l’existence d’une identité congolaise forte, “même si le pays est grand et qu’on y parle quatre langues”. Malgré les épreuves, “ce pays indépendant depuis presque 60 ans est encore dans ses frontières. C’est déjà assez miraculeux”. Il souligne aussi le bouillonnement, “la vitalité et la créativité assez exceptionnelles” d’une ville comme Kinshasa, que ce soit sur le plan artistique ou entrepreneurial. Et la qualité de l’élite intellectuelle dans les milieux littéraires ou à l’Université. “Il se passe beaucoup de choses, dès lors qu’il y a un peu de stabilité”, conclut-il.

 

Adrien DE CALAN -Le 17 janvier 2018

 

http://www.lafriquedesidees.org/2018-rdc-violences-craintes/

 

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