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AFRIQUE/ POLITIQUE/ CRISES INTERMINABLES/ TERRORISME : au-delà des larmes, ces peuples prisonniers de criminels mafieux impitoyables et égoïstes…

 

« Sud-Soudan/ Guerres interminables/ les dirigeants sont la cause de la famine : Pour ces analystes, c’est la politique et la fin du conflit qui sauveront les Soudanais, pas l’aide alimentaire. Les dirigeants sud-soudanais sont les uniques responsables de l’actuelle famine au Soudan du Sud, affirment les analystes. Ces derniers soulignent que si l’aide alimentaire aide à sauver des vies, seule la paix mettra fin aux souffrances de la population. Une paix qui semble plus lointaine que jamais, la communauté internationale semblant paralysée face à ceux qui ont plongé le pays dans la catastrophe et restent insensibles aux appels à déposer les armes.

Il n’y a ni sécheresse catastrophique au Soudan du Sud ni autre facteur naturel expliquant la famine qui touche 100’000 personnes et en menace des millions. Mais bien trois ans de guerre civile, accompagnée d’abjectes exactions à grande échelle, où affamer les populations civiles fait office de tactique militaire… »

 

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1 – TV : « Congo : la guerre des minerais », le récit d’un désastre

 

Notre choix du soir. Un documentaire percutant raconte comment les groupes armés ultraviolents tuent pour le contrôle des ressources minérales nécessaires à l’industrie de l’électronique (sur France Ô à 21 h 50). C’est un proverbe congolais qui résume en une phrase des siècles d’expérience. Il dit que « lorsque deux ­éléphants se battent, c’est l’herbe qui souffre ». La République démocratique du Congo (RDC) est le deuxième plus grand pays d’Afrique et, grâce à son sous-sol qui regorge de ressources minérales, l’ex-Zaïre devrait être l’un des plus riches du continent.

 

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Mais avec un budget public annuel qui tourne autour de 4,5 milliards d’euros pour seulement 70 millions d’habitants, il stagne depuis des décennies en queue de peloton du classement des Nations unies pour le développement humain. Congo : la guerre des minerais, de Mike Ramsdell revient sur les raisons qui ont conduit à ce désastre. Dans cet excellent reportage, diffusé sur France Ô mercredi 15 mars, un habitant du Kivu, la province la plus riche du pays, l’affirme : « Ma vie n’est faite que de souffrances… » En RDC, l’herbe sur laquelle les éléphants se battent, c’est le peuple.

 

Les violations des droits de l’homme dans le pays ont augmenté de près de 30 % entre 2015 et 2016, selon un rapport du bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) en RDC. Depuis quelques mois, la province du Kasaï, au centre du pays, est en proie à de graves violences. Trois charniers ont notamment été découverts, et les forces de sécurité ont tué plus de 100 personnes en septembre et en décembre 2016. Qui sont les éléphants qui se battent ?

 

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_ Jeux de pouvoir

Pour le savoir, le documentaire se penche sur l’histoire de l’ancienne colonie belge. Il s’appuie sur le récit de Joseph Conrad qui, dans Au Cœur des ténèbres(Gallimard, 1899), se disait déjà écœuré par la manière dont les Congolais étaient maintenus en esclavage pour alimenter en ivoire et en caoutchouc la Belgique du roi Léopold. Le film révèle comment, à l’indépendance, les Occidentaux ont refusé d’abandonner ce qu’ils considéraient com­me « leurs » ressources ou, pire, de leslaisser aux Soviétiques. « Ils ont mis au pouvoir Mobutu, qui a volé tout ce qu’il pouvait, tout ce qui pouvait lui rapporter des bénéfices sans jamais investir dans son pays », explique Michael Kavanagh, du bureau de l’agence Bloomberg. Le dictateur s’est construit un empire estimé à 3 milliards d’euros pendant que son peuple mourait de faim.

 

Le film donne la parole à des acteurs qui, dans les coulisses, ont participé à la sombre histoire. Bill Richardson était ambassadeur américain aux Nations unies à la fin des années 1990. L’ancien diplomate explique comment son pays a abandonné le régime kleptocrate de Mobutu afin de favoriser en sous-main l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFLD), emmenées par Laurent-Désiré Kabila.

 

En RDC, il suffit de creuser pour trouver de l’argent. La richesse du sous-sol du Katanga, au sud-est du pays, contient 80 % de la réserve mondiale de cobalt et l’une des plus grandes exploitations de cuivre. Si l’on y ajoute les composants (tungstène, cassitérite, tantale…) qui entrent dans la fabrication des téléphones portables et que l’on trouve au fond des mines du Kivu, à l’est, on trouve de quoi satisfaire tous les besoins des multinationales spécialisées dans l’électronique.

 

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Gangrenée par une corruption endémique, la région est aujour­d’hui sous la coupe réglée de groupes armés ultraviolents qui tuent et violent pour fournir les fabricants de téléphones. Le documentaire soutient une pétition (standwithcongo.org) pourréclamer davantage de transparence dans l’exploitation des mines congolaises. Depuis 1996, les conflits en RDC ont fait plus de 5 millions de victimes.

 

** Congo : la guerre des minerais, de Mike Ramsdell (EU, 2015, 52 min).

 

LE MONDE/ 15.03.2017/ Par Pierre Lepidi

 

http://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2017/03/15/tv-congo-la-guerre-des-minerais-le-recit-d-un-desastre_5095053_1655027.html

 

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(AFRIQUE/ Guerres interminables : Ces soldats, ce sont des instruments entre leurs mains pour déstabiliser et faire fuir les populations de leurs terres richissimes. Les atrocités doivent être inimaginables (décapitation de bébés, dépeçage de femmes enceintes, sang humain comme breuvage, massacres à grande échelle d’innocents, destruction complète de villages et de récoltes…), pour ôter toutes envies de retour aux survivants. Les terres ont ainsi de nouveaux propriétaires et exploitants. Les vrais criminels et les profiteurs, les vrais commanditaires, se feront entendre plus tard…)

   

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2 – RDC : Les richesses du Kasaï jouent-elles un rôle dans l’explosion de violence ?

 

Depuis le début de 2017 et l’élargissement des violences liées à la crise dite « Kamwina Nsapu » – du nom de ce chef de tribu tué par les forces de l’ordre le 12 août 2016 – au Grand Kasaï, des rumeurs persistantes indiquent que le conflit serait lié à l’existence de ressources minières. Qu’en est-il? Et d’abord, y a-t-il quelque chose dans le sous-sol de Dibaya, la région du Kamwina Nsapu ?

 

Pour en savoir plus, La Libre Afrique.be a posé la question à Thierry De Putter, chef du service Géodynamique et Ressources minérales du très réputé Musée royal de l’Afrique centrale, à Tervueren (Belgique). « C’est une région extrêmement compliquée », répond le géologue. « On y trouve des ressources qui sont exploitées depuis très longtemps, comme le diamant. Et d’autres dont on connaît l’existence depuis 1927-1930, grâce à des géologues belges, comme le cuivre, le manganèse et l’or: dans le sud du Grand Kasaï, le long de la frontière congolo-angolaise, on trouve énormément d’indices aurifères ».

  

Provinces
Minéraux
Bandundu Diamant, pétrole, kaolin, argile.
Bas-Congo Bauxite, pyroschite, calcaire, phosphate, vanadium, diamant, or, cuivre, plomb, zinc, manganèse, marbre, granite noire et rose, sel gemme, fer, argile gypse, talc, silice, kaolin, baryte, schiste bitumineux.
Equateur Fer, cuivre et minéraux associés, or, diamant, calcaire, kaolin, argile, granite, niobium, ocre
Province Orientale Or, diamant, fer, argent, argile, cuivre, kaolin, niobium, ocre, schiste bitumineux, talc
Kasaï Oriental Diamant, fer, argent, nickel, étain, argile, chrome, cobalt, cuivre, or, kaolin, talc
Kasaï Occidental Diamant, or, manganèse, chrome, nickel, argile, cobalt, platine, cuivre, fer, kaolin, plomb
Katanga Cuivre et métaux associés, cobalt, manganèse, calcaire, uranium, charbon, niobium, or, platine, lithium, talc, tantale, wolfram, zinc, argile, bismuth, cadmium, germanium, cassitérite, fer, granite, gypse, kaolin, monazite, saline, béryl (émeraude), saphir
Nord-Kivu Or, niobium, tantalite, cassitérite, béryl, tungstène, manganite, argile, bastnaésite, charbon, granite, monazite, niobium, platine, wolfram, tantale
Sud-Kivu Or, niobium, tantalite, cassitérite, saphir, amblyogonite, argent, argile, bastnaésite, béryl, bismuth, diamante, diatomite, monazite, wolfram, zinc, tantale
Maniema Etain, diamant, cassitérite, or, amblyogonite, lithium, argile, cuivre, fer, kaolin, manganèse, columbium, plomb, talc, tantale, wolfram
Kinshasa Argile, silice, kaolin, grès arkosique

Source/ RD Congo : CTCPM, Guide de l’investisseur du secteur des mines et hydrocarbures, juin 2003.

 

_ Des compagnies minières « juniors »

« Ce n’est pas neuf », insiste le géologue, « mais les Belges n’ont jamais exploité l’or ou le cuivre dans cette région. Cela suffit à alimenter de petites manipulations, notamment par la société West River », une « junior » dont le gérant, Chris Merendino, est un ancien Navy Seal (forces spéciales de la marine américaine), ou Frontier Resource Group, fondé par un autre ex-Navy Seal, Erik Prince, qui co-fonda la société militaire privée Blackwater, aujourd’hui rebaptisée Academi. « West River affirme avoir trouvé du cuivre le long de la rivière Lubi et avait tenté de lever des fonds. J’ignore si cela s’est concrétisé », précise M. De Putter.

 

On sait, dans les milieux miniers, qu’un petit joueur peut gagner de l’argent au Congo lorsque les autorités lui bradent à prix d’ami des actifs miniers ensuite revendus avec une forte plus value sur le marché international – comme l’a fait l’Israélien Dan Gertler, un proche du président Kabila. Ou en gonflant des indices de présence de minerai afin de revendre un gisement à une compagnie « senior ».« A ma connaissance, cela n’a pas pu se faire jusqu’ici » pour le cuivre du Kasaï, précise le géologue.

 

 

_ Enclavé et difficile à valoriser

« Je ne vois pas pourquoi une compagnie sérieuse irait exploiter du cuivre là-bas, alors qu’il est plus accessible dans l’ex-Katanga ou au Kongo-central » (ex-Bas-Congo), commente Thierry De Putter. « Oui, il y a du cuivre, du plomb et du manganèse dans cette région, mais le potentiel exact n’est pas connu et ils ne sont pas faciles à valoriser en raison de l’absence d’infrastructures et du peu d’énergie disponible. Dans ces conditions, l’exploitation apparaît comme un projet difficilement réalisable ».

 

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Cela dit, ajoute le géologue, « c’est différent pour l’or, qu’on trouve au sud de Dibaya, en allant vers Dilolo, dans les alentours de Luiza, Kapanga et Sandoa. Ce sont des terrains très anciens, en termes géologiques, où abondent les indices de présence d’or. Jusqu’ici, on y a exploité le manganèse, à Kisenge (à une centaine de km de la frontière angolaise) mais on y trouve aujourd’hui plusieurs compagnies minières « juniors » ou des intermédiaires qui font de la prospection d’or. Contrairement au manganèse – lourd et difficile à évacuer – qui s’entasse en piles de minerai à Kisenge, l’or est facile à évacuer. Avec une valise, vous en avez pour votre argent! »

« Bref, conclut-il, il y a un remue-ménage autour de choses pas neuves mais que l’on peut faire mousser. C’est assez pour alimenter l’idée d’un eldorado et des plans d’expropriations ».

 

Dans République démocratique du Congo/ 14 juin 2017/

 

https://afrique.lalibre.be/4834/rdc-les-richesses-du-kasai-jouent-elles-un-role-dans-lexplosion-de-violence/

 

. Les réserves géologiques pour quelques substances de la RD Congo

 

Substances minérales
Quantéités (tonnes)
1
Cuivre
75 000 000
2
Lithium
31 000 000
3
Niobium
30 000 000
4
Manganèse
7 000 000
5
Zinc
7 000 000
6
Cobalt
4 500 000
7
Fer (plus de 60%)
1 000 000
8
Cassitérite
450 000
9
Or
600
10
Diamant
(carats) 206 000 000

 

Source : www.cami.cd.

 

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(Equatoria Tower – Juba city/ South Sudan)

3 – Sud-Soudan/ Guerres interminables : les dirigeants sont la cause de la famine

 

Pour ces analystes, c’est la politique et la fin du conflit qui sauveront les Soudanais, pas l’aide alimentaire. Les dirigeants sud-soudanais sont les uniques responsables de l’actuelle famine au Soudan du Sud, affirment les analystes. Ces derniers soulignent que si l’aide alimentaire aide à sauver des vies, seule la paix mettra fin aux souffrances de la population. Une paix qui semble plus lointaine que jamais, la communauté internationale semblant paralysée face à ceux qui ont plongé le pays dans la catastrophe et restent insensibles aux appels à déposer les armes.

 

Il n’y a ni sécheresse catastrophique au Soudan du Sud ni autre facteur naturel expliquant la famine qui touche 100’000 personnes et en menace des millions. Mais bien trois ans de guerre civile, accompagnée d’abjectes exactions à grande échelle, où affamer les populations civiles fait office de tactique militaire. «Ce n’est pas l’aide alimentaire qui peut réellement sortir les Sud-Soudanais de la famine, mais uniquement un projet politique pour mettre fin à la crise nationale au Soudan du Sud», a expliqué à l’AFP l’analyste Alan Boswell, spécialiste du pays.

 

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. Famine délibérée

Selon lui, la famine «n’est pas accidentelle, mais délibérée» et le gouvernement utilise «le blocus alimentaire comme arme de guerre». Ce n’est pas un hasard si les zones touchées par la famine sont, selon un rapport d’enquête de l’ONU, favorables à l’opposition, peuplées principalement de Nuer – ethnie de Riek Machar, chef des forces opposées au président Salva Kiir, d’ethnie dinka – et largement contrôlées par les forces pro-Machar.

«Le faisceau de preuves laisse penser que la famine dans l’Etat (septentrional) d’Unité est le résultat du conflit prolongé et, en particulier, le tribut cumulé des opérations militaires répétées menées par le gouvernement dans le sud d’Unité depuis 2014», peut-on lire dans ce rapport de 48 pages. L’armée sud-soudanaise et les milices qui lui sont alliées ont interdit l’accès de la région – et parfois attaqué – les employés des agences humanitaires et pillé l’aide alimentaire.

 

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. Sanctions bloquées

Ambassadrice adjointe des Etats-Unis auprès de l’ONU, Michele Sison a récemment averti le Conseil de sécurité que les obstacles dressés par le gouvernement sud-soudanais aux activités humanitaires dans les zones touchées par la famine «pourraient relever de tactiques délibérées pour affamer» les populations. Washington, Londres et Paris ont à nouveau émis jeudi l’idée de sanctions contre des dirigeants sud-soudanais ou d’un embargo sur les armes, des mesures que l’abstention, en décembre, de huit des 15 membres du conseil avait empêché d’adopter.

 

Né en 2011, sur les décombres de plusieurs décennies de guerres d’indépendance, le Soudan du Sud a plongé dans la guerre civile en décembre 2013, acmé de luttes de pouvoir teintées de rivalités ethniques entre le président Kiir et son ancien vice-président Riek Machar. Le conflit est un interminable catalogue d’effroyables atrocités contre les civils, commises par les deux camps: massacres ethniques, enrôlement d’enfants soldats, viols de masse, esclavage sexuel, meurtres, tortures, enlèvements, voire cas de cannibalisme forcé évoqués par des enquêteurs de l’Union africaine (UA).

 

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. 2,5 millions de réfugiés

Quelque 2,5 millions de personnes, soit environ un tiers de la population, ont fui leur foyer et 5,5 millions survivent grâce à l’aide alimentaire. Plus de 18 mois de négociations avaient laborieusement abouti en 2015 à un accord de paix et de partage du pouvoir, timidement mis en oeuvre sur fond de violences persistantes. Il a toutefois été définitivement enterré par la reprise des combats à Juba en juillet 2016, puis à l’intérieur du pays.

 

Les efforts régionaux de paix restent depuis stériles et l’ONU est incapable d’imposer un embargo sur les armes ou de faire lever les obstacles au déploiement d’une force militaire régionale. Le secrétaire général de l’ONU António Guterres a dénoncé jeudi «le refus par les autorités (sud-soudanaises) de simplement reconnaître la crise ou d’assumer ses responsabilités pour y mettre fin».

 

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. 10’000 dollars le visa

Au contraire, quelques jours après la déclaration, le 20 février, de l’état de famine au Soudan du Sud, entraînant une accélération de l’action humanitaire, Juba a multiplié par 100, jusqu’à 10’000 dollars, le prix des visas pour les travailleurs étrangers. L’enjeu du conflit «est le contrôle d’un Etat kleptocrate, dirigé sans partage, avec des institutions otages de responsables politiques et de leurs affidés en affaires à des fins d’enrichissement personnel et de répression brutale de toute dissidence», dénonce John Prendergast, fondateur du projet Enough de prévention des conflits.

Plusieurs rapports, dont certains d’Enough, ont révélé les détournements d’argent et l’acquisition par des dirigeants et leurs acolytes des deux camps de propriétés et de biens de luxe. «La guerre est un enfer pour les Sud-Soudanais, mais est très lucrative pour les dirigeants du pays», relève John Prendergast. 

 

Créé: 26.03.2017/ (ats/nxp)

 

http://www.tdg.ch/monde/afrique/dirigeants-cause-famine/story/25675352

 

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4 – L’Afrique, futur grand marché des drogues

 

Le prochain grand marché des drogues sera l’Afrique, dont le territoire sert déjà à envoyer de la cocaïne d’Amérique du Sud vers l’Europe, prédit l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (Onudc). «Le futur marché des drogues et de la cocaïne (en particulier) est en Afrique», estime Pierre Lapaque, policier français et représentant du bureau régional de l’Onudc pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Selon cet expert, les facteurs qui doperont le narcotrafic en Afrique dans les prochaines années sont la porosité des frontières, le manque de moyens humains et matériels pour affronter les groupes criminels, la corruption, la faiblesse des institutions et l’instabilité politique.

 

Les pays d’Afrique de l’Ouest servent déjà, depuis une décennie, de plateforme pour acheminer la drogue d’Amérique latine vers l’Europe. « Il y a 15 ans, cette cocaïne voyageait par bateaux et avions mais directement vers l’Europe. Il y a 10 ans, les groupes criminels ont identifié l’Ouest de l’Afrique, comme possible plateforme de transit, car c’était plus facile pour eux ». Chaque année, 35 à 40 tonnes de cocaïne passeraient par cette région, dont 20 à 25 parviennent en Europe de l’Ouest, le reste étant notamment destiné au marché africain, appelé à grandir en raison d’une importante population jeune et de l’expansion de sa classe moyenne. 

 

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Une grande partie de cette drogue part du Brésil jusqu’au Suriname avant de voyager jusqu’en Mauritanie, au Sénégal, en Gambie, en Guinée et en Sierra Leone. D’ores et déjà, «les saisies d’héroïne sont de plus en plus fréquentes», et près de la frontière entre le Mali et le Sénégal, les laboratoires clandestins de drogues de synthèse se multiplient. En 2014, en Afrique occidentale, 291 saisies de drogues et 321 arrestations liées à ce trafic se sont produites.

 

Lefigaro.fr avec AFP/ Source: Le Figaro/ Admin EconomieFaits diversInternationalUrgent

 

http://www.malinet.net/economie/lafrique-futur-grand-marche-des-drogues/

 

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5 – Terrorisme : l’Afrique, cette cible de choix des djihadistes

 

Au détour de ce recensement des attaques islamistes opérant sur le continent depuis 2001, l’on découvre combien l’Afrique est en première ligne. Récemment, cinq chefs djihadistes sont apparus dans une vidéo de sept minutes tournée dans le Sahel. Par la voix du chef djihadiste malien Iyad Ag Ghaly, ils annoncent l’unification de plusieurs groupes armés en une seule entité : le Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans, de son nom original en arabe « Nusrat al-Islam wal-Muslimeen ». État islamique (EI), Al-Shabbaab, Ansar Beït al-Maqdess ou encore le Groupe sunnite pour la prédication et le djihad (ex-Boko Haram)… Si tous ces mouvements islamistes armés agissent avec des motivations politiques et régionales différentes, tous revendiquent aussi l’instauration de la charia.

 

Combien sont-ils ? Pour y voir plus clair, Le Point Afrique a comptabilisé le nombre de groupes djihadistes présents en Afrique, et a passé au crible leurs actions terroristes revendiquées. Au total, nous avons répertorié huit groupes principaux affiliés à l’EI ou Al-Qaïda, regroupant plus de 52 400 combattants. Pour ce faire, nous nous sommes basés sur la liste officielle établie par le Comité contre le terrorisme, mandaté par les résolutions 1373 et 1624 du Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que sur les données du Global Terrorism Index et le Centre américain de surveillance des sites djihadistes(SITE).

 

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_ Les attaques djihadistes se sont intensifiées

La plupart de ces groupes islamistes ont émergé en Afrique dès le début des années 2000. On en trouve certes ailleurs dans le monde, mais c’est en Afrique que les combattants sont le plus actifs : du Burkina Faso au Mali en passant par le Cameroun, le Tchad, le Kenya et la Somalie. Seules l’Afrique australe et la région des Grands Lacs semblent épargnées par les attaques djihadistes. Trois pays de la bande sahélo-saharienne, Mali, Niger et Burkina Faso, ont été frappés par 257 attaques en 2016, soit une hausse impressionnante de 150 % par rapport à l’année précédente.

 

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_ Le Nigeria est le pays le plus touché

Le Nigeria, situé en Afrique de l’Ouest, est la première cible du terrorisme, avec plus de 9 000 morts attribués à l’ex-Boko Haram depuis 2002. Suivent la Somalie, le Cameroun, et l’Algérie. Les pays les plus touchés par les attentats sont les lieux d’implantation historiques de ces combattants. La zone d’action de ces groupes djihadistes, elle, s’est étendue au fil de leur montée en puissance. Les attaques meurtrières touchent désormais la Côte d’Ivoire ou le Burkina Faso.

 

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_ Quelles sont les branches les plus meurtrières ?

Ils sèment la terreur et tuent civils et militaires sur l’ensemble du continent, ciblant des populations aussi bien chrétiennes que musulmanes. Au total, en dix ans, pas moins de 28 500 personnes ont été tuées au cours de plusieurs centaines d’attaques. Le Groupe sunnite pour la prédication et le djihad (ex-Boko Haram) est de loin la branche la plus sanguinaire de l’EI avec plus de 2 480 attaques depuis 2002. Toutefois, le Mali, fief du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (unification notamment de la branche Al-Mourabitoune, AQMI et Ansar Eddine), enregistre une hausse des attaques pour l’année 2016. Dernier exemple en date : l’attaque revendiquée d’un poste de sécurité à Boulekissi, ville située à la frontière avec le Burkina Faso.

 

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_ Une évolution des modes opératoires et des cibles

Les fusillades et les attentats-suicides dans des lieux publics sont les modes opératoires les plus courants. Ils aboutissent à des massacres de masse, à l’instar de la sanglante attaque à Grand-Bassam, en Côte d’Ivoire, le 13 mars 2016, causant la mort de 19 personnes. De fait, chaque groupe djihadiste a son propre mode opératoire. L’ex-Boko Haram a recours à de jeunes kamikazes dans des lieux publics. Plus de 75 % d’entre eux sont des filles, selon un rapport de l’Unicef publié en 2015. Autres exemples : la branche égyptienne de l’EI utilise des voitures piégées et les shebabs se distinguent par des assauts meurtriers dans des grands hôtels de Mogadiscio, la capitale somalienne.

 

PAR AURÉLIE BAZZARA/ Publié le 04/04/2017/ Le Point Afrique

 

http://afrique.lepoint.fr/actualites/terrorisme-l-afrique-cette-cible-de-choix-des-djihadistes-04-04-2017-2117104_2365.php

 

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6 – Sierra Leone : Après Ebola, la pénurie alimentaire aggrave la malnutrition infantile

 

Après avoir été durement touchée par l’épidémie Ebola, la Sierra Leone fait face à un autre défi: la malnutrition des orphelins, due à la pénurie d’aliments. L’ONG britannique Street Child lance la sonnette d’alarme : en Sierra Leone, des milliers d’enfants et de mères adolescentes souffrent de malnutrition suite à la pénurie alimentaire qui frappe ce pays qui a été durement touché par le virus Ebola.

 

A peine la Sierra Leone commence-t-elle à se relever du terrible épisode de l’épidémie d’Ebola, la voici confrontée à un autre fléau – conséquence directe du premier : la malnutrition infantile. Bien que de nombreuses familles aient reçu une aide humanitaire, l’ONG britannique Street Child estime qu’au moins 1 400 mineurs orphelins requièrent une assistance immédiate. Avec plus de 11 300 morts, 28 600 personnes infectées et 12 000 enfants devenus orphelins, le virus Ebola a décimé un pays classé parmi les plus pauvres au monde.

 

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_ Ultime recours pour nourrir la fratrie : se prostituer

« La majorité des orphelins, adolescents, ont pris la responsabilité de leurs petits frères et ils ont les plus grandes difficultés à trouver de la nourriture », explique Tom Dannatt, le fondateur et directeur de l’ONG. Dannatt souligne les sacrifices consentis par ces jeunes confrontés à des charges bien lourdes pour leurs épaules. « Beaucoup ont abandonné le collège et sacrifié leur avenir pour s’assurer que leurs frères puissent continuer à aller à l’école », a-t-il précisé. Au moins 3,5 millions de personnes – soit plus de la moitié de la population de Sierra Leone – n’ont pas accès à une nourriture en quantité suffisante selon les chiffres avancés par le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture (FAO).

 

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La part de la population « sévèrement » affectée par la pénurie d’aliments a bondi de 60% depuis 2010, selon Street Child. D’autant que le prix d’un sac de riz est devenu inabordable, renforçant davantage encore la vulnérabilité de ces orphelins devenus chefs de famille. Au point que certaines de ces grandes soeurs, démunies face à la faim et aux besoins de leur fratrie, sont acculées àau pire des sacrifices : se prostituer en échange d’un peu de nourriture. Un phénomène qui explique que plus de 18 000 adolescentes se sont retrouvées enceintes depuis la propagation de l’épidémie d’Ebola.

 

SALIMA TRAORÉ/ 8 NOVEMBRE 2016

 

http://revue-afrique.com/sierra-leone-penurie-alimentaire-malnutrition-infantile/

 

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7 – Libye : Derrière le chaos, la guerre du pétrole

 

L’accaparement des ressources pétrolières par les milices continue de faire rage. Des pans entiers du pays échappent au contrôle des deux gouvernements rivaux de Tripoli et Tobrouk. En Libye, alors que les lignes de front ne cessent de bouger, sur le plan politique, c’est toujours l’impasse. En septembre dernier, le maréchal autoproclamé Khalifa Haftar, chef de l’Armée nationale libyenne (ANL), soutenu par le Parlement de Tobrouk, croyait avoir fait le plus dur en prenant le contrôle des quatre sites pétroliers du très convoité Croissant pétrolier, situé dans l’est de la Libye, par où s’exporte l’essentiel du pétrole libyen. Mal lui en a pris.

 

Le 3 mars, une coalition de groupes islamo-djihadistes, les Brigades de défense de Benghazi (BDB), fortement armés et équipés de radars brouilleurs, s’emparaient des terminaux pétroliers de Ras Lanouf et d’Al-Sedra. Les BDB, liées à al-Qaida, connues pour avoir offert le gîte et le couvert au djihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar, sont parrainées par le prédicateur wahhabite Sadiq Al Ghariani, et soutenues par le très controversé Khalifa Ghweil, premier ministre déchu du « gouvernement de salut national ».

 

Al Ghariani, nommé grand mufti de la Libye quand les amis de Bernard-Henri Lévy avaient pris le pouvoir en 2011, multiplie les prêches et les appels au djihad via sa télévision en ligne Tanasuh, et à coups de podcasts, contre les « impies » installés à Tobrouk et leurs rivaux du « gouvernement d’union nationale » (GNA) de Fayez Al Sarraj, basé à Tripoli. Mercredi, au grand soulagement des majors pétrolieres occidentales, les forces de Haftar ont repris le contrôle du Croissant pétrolier.

 

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_ Forces armées, islamistes et Touareg se disputent un pays atomisé

Au même moment, à Tripoli, décidées à faire le ménage dans leur propre territoire, les forces loyales du GNA de Fayez Al Sarraj ont chassé des milices armées d’obédience islamiste et leurs alliées, des brigades amazighs (berbères) du sud et de l’ouest de la capitale libyenne, milices restées fidèles à Khalifa Ghweil. Ce dernier, qui refusait de céder sa place après la formation en mars 2016 du GNA, a dû quitter précipitamment les locaux où il avait installé son gouvernement de salut national et se replier sur Misrata. Fort de ce succès intervenant quelques mois après la reprise de la ville de Syrte, alors aux mains de Daech, le GNA de Fayez Al Sarraj voit son autorité se renforcer, alors que jusque-là il peinait à s’imposer sur la scène libyenne. Qui plus est, au cours d’une rencontre tenue samedi au Caire, la Ligue arabe, l’UE, l’UA (Union africaine) et l’ONU ont exprimé leur soutien au cabinet d’Al Sarraj.

 

Dans le reste du pays, des pans entiers échappent au contrôle des deux autorités (Tripoli et Tobrouk) se disputant le pouvoir. Il en est ainsi de certaines régions de l’Ouest libyen sous contrôle des milices amazighs, dont la ville de Zouara, d’une partie de la frontière avec la Tunisie dont deux de ses principaux postes, et de celles sous contrôle des milices de Zantan qui détiennent Saïf Al Islam, le fils de Mouammar Kadhafi. Dans le sud, à proximité de l’Algérie et du Mali, les Touareg en guerre avec les Toubou alliés d’Haftar échappent à toute autorité. Enfin, au sud-est de Benghazi, Derna et Al-Jufra sont toujours sous le contrôle des djihadistes du Conseil des moudjahidine dominés par Ansar al-Charia, la filiale libyenne d’al-Qaida et les BDB.

 

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_ L’Algérie prône une solution dite « inclusive »

Dans ce climat où la Libye et sa population sont les otages des rivalités de pouvoir, de milices islamistes et d’une kyrielle de groupes armés mus par l’appât du gain (trafic d’armes, racket), basculant d’un camp vers l’autre au gré de leurs intérêts, où les nostalgiques du kadhafisme pointent leur nez, les pays de la région – Algérie, Égypte et Tunisie – qui ont tout à redouter d’une crise libyenne s’installant dans la durée et qui a déjà débordé chez eux et au Sahel, essaient tant bien que mal d’accorder leurs agendas. L’Égypte, qui appuie le maréchal Haftar, est tentée par une solution militaire ; pas question pour Le Caire que les islamistes liés aux Frères musulmans fassent partie de la solution. L’Algérie, quant à elle, prône une solution dite « inclusive », impliquant tous les protagonistes de la crise libyenne y compris les islamistes, à la seule exception des djihadistes liés à al-Qaida ou à Daech ; d’autant que, pour l’ex-djihadiste Abdelhakim Belhadj, nommé gouverneur militaire de Tripoli, rallié à une solution politique et qui soutient le GNA, il n’est pas question d’accepter que la Libye devienne un « régime militaire ».

 

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Dans cette Libye si compliquée mais gorgée de pétrole, en plus des États-Unis qui y multiplient les raids aériens – plus de 450 – et la France qui place ses billes dans les deux camps libyens opposés, un nouvel acteur, la Russie, est en train de prendre place. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, qui s’est rendu récemment au Caire et à Alger, a reçu, le 2 mars, Fayez Al Sarraj, et appelé au dialogue interlibyen, mais, dit-on, Moscou serait prêt à appuyer militairement l’imprévisible maréchal Haftar, reçu avec les honneurs le 15 janvier au large des côtes libyennes sur le porte-avions Kouznetsov en route vers la Syrie.

 

Hassane Zerrouky/ Journaliste, rubrique Monde/ HASSANE ZERROUKY/ MARDI, 21 MARS, 2017/ L’HUMANITÉ

 

http://www.humanite.fr/libye-derriere-le-chaos-la-guerre-du-petrole-633655

 

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8 – Afrique/ Libye : plongée au cœur de la guerre du pétrole

 

Des combats opposent des milices et les forces du maréchal Khalifa Haftar autour d’installations pétrolières. Explications sur le casse-tête libyen.

 

_ Quels sont les sites visés par les combats et quelle est la situation ?

. Il s’agit des installations de ce que l’on appelle « le croissant pétrolier », qui comprend quatre sites majeurs : Zoueitina, Brega, Ras Lanouf et Al-Sedra. À lui seul, le croissant pétrolier assure 70 % des exportations de pétrole de la Libye. Tenues depuis par les milices d’Ibrahim Jadhran, qui avait fait alliance avec le GNA (Government of National Accord, gouvernement installé à Tripoli par l’ONU), ces installations ont été reprises par Khalifa Haftar en septembre. Depuis, les forces armées opposées à Haftar ont tenté à plusieurs reprises de s’en emparer à nouveau, sans succès. Vendredi, l’offensive était, selon Mary Fitzgerald, spécialiste de la Libye, « mieux organisée et, fait inhabituel pour la Libye, restée secrète. »

 

Les combats se sont poursuivis ce week-end, ponctués par des déclarations difficiles à vérifier, des deux côtés. Étant donné l’absence de journalistes indépendants sur le terrain, il est compliqué d’avoir une certitude, mais il semble avéré que les forces anti-Haftar se sont emparées de Sidra et de l’aéroport de Ras-Lanouf, mais pas de son terminal. Les LNA (Libyan National Army) de Haftar seraient en train de procéder à des frappes aériennes à Ras Lanouf et les milices anti-Haftar s’attaqueraient également à Brega. La situation, cependant, n’est toujours pas fixée.

 

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_ Quelles sont les forces en présence ?

. D’un côté, on trouve les Brigades de défense de Benghazi (BDB), constituées de groupes islamistes alliés à des troupes de l’est du pays. Constituées en mai 2016, elles comprennent d’anciens éléments de l’armée et de la police, opposés à Haftar, ainsi que de diverses milices, y compris islamistes. Adoubées par le mufti de Tripoli, Sheikh Sadeq al-Gheriani, ces brigades ont le soutien de la population de Benghazi, dépouillée ou chassée de la ville par Haftar. Celui-ci, jusqu’à son incursion dans le croissant pétrolier, à la frontière avec la Tripolitaine, combattait essentiellement les groupes islamistes radicaux (parmi lesquels, l’État islamique), dans l’est du pays, en Cyrénaïque, à Benghazi, Derna, Ajdabiya. La prise des terminaux pétroliers avait valu au général, le 15 septembre, d’être promu maréchal par des parlementaires de l’Est.

 

Le pays compte actuellement trois gouvernements : celui, islamo-conservateur, de Khalifa Ghweil à Tripoli, non reconnu par la communauté internationale, celui de Tobrouk, en Cyrénaïque, dont les forces sont commandées par Haftar (LNA), et enfin celui de Fayez Serraj imposé par l’ONU à Tripoli en mars 2016 et, depuis, confiné dans la base navale. Haftar, depuis septembre, se présentait comme l’homme fort de tout le pays. « Le succès de cette offensive met en évidence la faiblesse des forces terrestres du maréchal Heftar, dont le principal atout par rapport à ses ennemis réside dans son aviation de combat », analyse Patrick Haimzadeh, ancien diplomate en Libye. La défaite de Haftar dans ces sites pétroliers serait d’ailleurs due, selon Mattia Toaldo, chercheur au Conseil européen des relations internationales, à la perte de deux avions, récemment. « Il y a aussi des preuves qu’il était soutenu par des mercenaires soudanais, qui l’ont abandonné », ajoute Mattia Toaldo.

 

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_ Quels sont les enjeux ?

. Que les BDB conservent ces sites pétroliers ou non, c’est pour elles une belle victoire, notamment de communication. « L’objectif des Brigades de défense de Benghazi n’est pas tant les sites pétroliers eux-mêmes que de revenir à Benghazi », estime Patrick Haimzadeh. La récupération de la ville est, depuis leur formation, leur principale revendication et, selon lui, elles seraient prêtes à céder les sites pétroliers aux milices de Misrata, pour progresser vers l’est. Encore faudrait-il que Benghazi soit prête à les accueillir, ce qui semble tout sauf acquis après des mois de combats. Quoi qu’il en soit, les BDB auront contribué à affaiblir la position de Haftar, qui ne parvient pas à dépasser Brega alors qu’il rêvait d’un destin national. Son image à l’étranger s’en trouve dégradée.

 

« La prise des terminaux en septembre lui avait donné un énorme poids politique. Beaucoup d’acteurs étrangers avaient adopté la version selon laquelle il contrôlait le croissant pétrolier. Cela avait changé le regard sur lui », développe Mary Fitzgerald. Depuis ce retournement de situation, ces derniers jours, l’Égypte et la Russie se sont montrées moins compréhensives.

 

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_ Quelles sont les conséquences économiques pour la Libye ?

. Le pétrole représente 95 % des revenus du pays et ce qui affecte sa production a des conséquences sur l’économie du pays, dont l’état était déjà catastrophique. La production, de 1,6 million de barils avant la guerre, était tombée à 350 000, avant de remonter à 700 000 depuis que deux sites avaient rouvert à l’ouest, El Sharara et El Feel. Les revenus qui en étaient tirés étaient bien versés à la Banque centrale. Reste à savoir qui gardera le contrôle du croissant pétrolier. Si les Brigades de défense de Benghazi le conservent, il existe un risque que la production s’arrête tout simplement. Pour certains, la situation est tellement dégradée que cela ne changerait pas grand-chose : « Honnêtement, même si la production était montée à 800 000 ou à un million, ce serait toujours insuffisant pour compenser le déficit fiscal et budgétaire du pays », assure Mary Fitzgerald.

 

Selon un rapport de la Banque mondiale en 2016, avec 600 000 barils fin 2017, le déficit budgétaire se situerait à 35 % du PIB… Les réserves en devises, elles, sont passées de 107,6 milliards de dollars en 2013 à 43 milliards en 2016. Les retraits de liquide auxquels ont droit les Libyens sont limités, l’inflation atteint des sommets. Mais, pour d’autres, la situation peut encore empirer : « Avec une production de 700 000 et une perspective de 1 million, on pouvait se montrer un tout petit peu optimiste, les réserves de change pouvaient tenir deux ans. Mais sans production, dans un an, l’économie pourrait se dégrader encore plus, il pourrait ne plus y avoir d’argent pour payer les fonctionnaires, 80 % des emplois en Libye », prévoit Mattia Toaldo.

 

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_ Reste-t-il une possibilité de règlement politique ?

. Difficile, aujourd’hui, de savoir quelles alliances vont se recomposer. « La conséquence immédiate, c’est que le dialogue politique va devenir encore plus compliqué. Avant, on pouvait espérer des rencontres qui ne menaient nulle part. Maintenant, on ne peut même plus s’attendre à ces rencontres », estime Mattia Toaldo. La fragmentation s’accentue et on voit mal comment réunir les pièces, milices et tribus, d’un puzzle qui ne cesse de s’éparpiller depuis la mort de Muammar Kadhafi, en 2011. Cette offensive éloigne encore la perspective d’un apaisement. Ghweil, du gouvernement islamo-conservateur non reconnu par la communauté internationale, s’est renforcé à Tripoli. Il n’est pas très proche des Brigades de défense de Benghazi, mais celles-ci ont tout de même prêté allégeance au mufti de Tripoli. Toute victoire des BDB lui profite. Serraj se retrouve seul, malgré le soutien de l’ONU et de la communauté internationale.

 

À la mi-février, il devait rencontrer Haftar au Caire, grâce à la médiation du gouvernement égyptien, mais celui-ci a finalement refusé de le voir. Il ne semble même pas maîtriser son ministre de la Défense, Mahdi al-Barghati, soupçonné de collusion avec… les Brigades de défense de Benghazi. « La seule chance de Serraj, ce serait que Barghati récupère le croissant pétrolier, cela changerait sa situation », imagine Mattia Toaldo. Quant à Haftar, son image de pourfendeur des djihadistes, qui aurait libéré Syrte de Daech, est sévèrement écornée. « La réalité, c’est que ce sont les forces anti-Haftar qui ont vaincu Daech dans ses bastions de Derna et de Syrte, détaille Mary Fitzgerald. La force dominante était les milices de Misrata, il y avait aussi des milices locales et d’anciens officiers qui s’opposent à lui depuis 2014.

 

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Les forces de Haftar, elles, ont combattu Daech et d’autres groupes à Benghazi. » Il pourrait bien pourtant continuer à utiliser cette rhétorique, notamment en direction de Trump, en faisant valoir que les Brigades de défense sont djihadistes, même si c’est exagéré. La suite dépendra des réactions internationales. « La Russie, pragmatique, pourrait cesser de soutenir Haftar. À l’inverse, les États-Unis pourraient être convaincus par l’idée selon laquelle il faudrait attaquer les djihadistes qui ont pris possession du croissant pétrolier, analyse Toaldo. Selon mes projections, on pourrait passer de deux Libye à cinq ou six, selon la forme que prendra cette escalade. » Seule lueur d’espoir, cette lutte entre des acteurs tous aussi faibles, malgré des rapports de force évolutifs, pourrait laisser de la place à d’autres initiatives.

 

Pour Patrick Haimzadeh, « cette nouvelle situation est porteuse de risques d’escalade, mais aucun des protagonistes n’étant en mesure de l’emporter, elle peut aussi être perçue comme une fenêtre d’opportunité pour les bonnes volontés qui travaillent à trouver une issue au blocage. Si elle n’a pas encore donné de résultats concrets, l’initiative en cours de la Tunisie, de l’Égypte et de l’Algérie mérite d’être encouragée, de même que les initiatives de nombreux acteurs locaux en Libye qui œuvrent pour reconstruire le tissu social libyen. »

 

PAR CLAIRE MEYNIAL/ Publié le 07/03/2017/ Modifié le 07/03/2017/ Le Point Afrique

 

http://afrique.lepoint.fr/actualites/libye-la-guerre-du-petrole-07-03-2017-2109980_2365.php

 

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9 – Dix conflits à surveiller en 2017

_ Cas de l’Afrique

 

De la Turquie au Mexique, la liste des points chauds les plus volatiles du monde est devenue beaucoup moins prévisible cette année. Le monde s’ouvre sur son chapitre le plus dangereux depuis des décennies. L’escalade sensible de la violence ces dernières années nuit à notre capacité à faire face à ses conséquences. De la crise mondiale des réfugiés à question de la diffusion du terrorisme, notre échec collectif à résoudre les conflits donne naissance aujourd’hui à de nouvelles urgences et de nouvelles menaces. Même dans les sociétés en paix, la politique de la peur mène à des polarisations dangereuses et à la démagogie.

 

C’est la toile de fond de l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, sans aucun doute l’événement le plus important de l’année passée, qui aura des conséquences géopolitiques déterminantes pour l’avenir. Beaucoup a été dit des inconnues de l’agenda de politique étrangère de Trump, mais s’il y a une chose que nous savons, c’est que l’incertitude elle-même peut-être profondément déstabilisante, particulièrement lorsqu’elle implique l’acteur le plus puissant de la scène internationale. Les alliés des Etats-Unis, de l’Europe à l’Asie orientale analysent déjà nerveusement les tweets et les fanfaronnades de Trump. S’alliera-t-il à la Russie au détriment des Européens? Tentera-t-il de casser l’accord avec l’Iran? Cherche-t-il vraiment à relancer une course aux armements

 

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_ Incertitudes

Qui sait? Voilà précisément quel est le problème. Les 60 dernières années ont eu leur lot de crises, du Vietnam au Rwanda en passant par la dernière guerre en Irak, mais les relations entre les puissances principales depuis la fin de la Guerre froide ont été structurées par la vision d’un ordre international fondé sur la coopération qui avait émergé après la seconde guerre mondiale et avait été mené jusqu’alors par les Etats-Unis. Cet ordre était soumis à une forte tension avant même que Trump ne remporte l’élection.

 

Le repli des Etats-Unis sur eux-mêmes, avec ce que ça a de bon et de mauvais, a débuté pendant la présidence de Barack Obama, mais celui-ci a travaillé au renforcement des institutions internationales pour combler le vide laissé. Aujourd’hui, on ne peut plus supposer que les Etats-Unis, redessinés par le slogan «America first», fourniront les briques et le ciment du système international. La puissance armée des Etats-Unis, sans être accompagnée de politique d’influence, sera plus probablement perçue comme une menace que comme la présence sécurisante qu’elle a pu être pour beaucoup.

 

En Europe, les doutes et interrogations qui accueillent le nouveau positionnement politique des Etats-Unis sont renforcés par les lendemains incertains du Brexit. Les forces nationalistes ont gagné en force et les élections à venir en France, en Allemagne et aux Pays-Bas seront un défi à l’avenir du projet européen. La déliquescence potentielle de l’Union européenne est un des plus grands défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui mais la question est  perdue parmi de nombreux autres développements inquiétants réclamant eux aussi leur part d’attention. On ne peut pas se permettre de perdre le contrepoids que constitue la voix de l’Europe dans le monde.

Des rivalités régionales exacerbées contribuent également à transformer le paysage international, comme cela est particulièrement évident dans la compétition pour l’influence au Moyen-Orient qui se joue entre l’Iran et les pays du golfe persique. Les guerres par acteurs interposés qui en ont résulté ont eu des conséquences dévastatrices, de la Syrie à l’Irak en passant par le Yémen.

 

De nombreux leaders internationaux prétendent que le meilleur moyen de lutter contre le développement des divisions consiste à s’unir autour de l’objectif commun de la lutte contre le terrorisme, mais c’est une illusion: le terrorisme n’est qu’une tactique, et combattre une tactique ne peut pas définir une stratégie. Les groupes djihadistes exploitent les guerres et la chute des Etats pour consolider leur pouvoir, ils se nourrissent du chaos. Ce dont le système international a réellement besoin, c’est d’une stratégie de prévention des conflits qui soutient de façon inclusive les Etats qui en construisent les murs. Pour se construire, le système international a besoin de plus que du spectre d’un ennemi commun.

 

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_ La diplomatie de transaction

Avec l’avènement de l’administration Trump, la diplomatie de transaction, qui a le vent en poupe, devrait continuer à se développer. Les négociations tactiques remplacent de plus en plus les stratégies à long-terme et les politiques fondées sur des valeurs. Un rapprochement entre la Russie et la Turquie permet d’espérer une réduction du niveau de violence en Syrie mais Moscou et Ankara doivent à terme contribuer à définir un chemin vers une gouvernance plus inclusive ou s’exposeront au risque d’un empêtrement plus profondément encore dans le bourbier syrien. Il est peu probable qu’un Moyen-Orient stable puisse émerger de la consolidation temporaire de régimes autoritaires qui ignorent les attentes de la majorité de leur population. 

 

L’UE, fer de lance de longue date d’une diplomatie s’appuyant sur des valeurs, a négocié des accords avec la Turquie, l’Afghanistan et certains Etats d’Afrique pour réduire le flux des migrants, suscitant une grande inquiétude quant aux conséquences internationales de cette décision. Par ailleurs, l’Europe pourrait tirer un avantage de toute amélioration des relations entre les Etats-Unis et la Russie pour relancer les politique de réduction des armements conventionnels et nucléaires, ce qui ne serait pas tant opportuniste qu’opportun.

 

Au contraire, l’approche dure choisie par Pékin dans ses relations à certains pays asiatiques, à l’Afrique et à l’Amérique du sud donne une idée de ce à quoi ressemblerait un monde privé de la présence sécurisante des Etats-Unis.

De tels accords transactionnels peuvent sembler indiquer un retour de la realpolitik mais un système international guidé par des négociations d’accords à court terme a peu de chance d’être stable. Lorsqu’ils ne suivent pas des stratégies à long-terme, il n’est pas difficile de rompre des accords. Sans ordre prévisible, sans des règles largement partagées, des institutions forces, un espace d’expression plus grand est laissé aux troubles. Le monde est de plus en plus fluide et multipolaire, tiré de tous côtés par des acteurs étatiques et non-étatiques, par des groupes armées comme par la société civile. Dans un monde redéfini par les visions ascendantes de l’action politique, les grandes puissances ne peuvent à elles-seules contenir ou contrôler les conflits locaux, mais elle peuvent les manipuler ou s’y trouver mêlées : les conflits locaux peuvent alors devenir l’étincelle qui allume l’incendie.  

 

Que nous le voulions ou non, la mondialisation est un fait. Nous sommes tous connectés. La guerre en Syrie a donné lieu à une crise des réfugiés qui a contribué au Brexit dont les conséquences politiques et économiques profondes vont à leur tour rebondir ailleurs. Des pays peuvent être tentés de se fermer sur eux-mêmes, mais il ne peut y avoir de paix et de prospérité sans une gestion plus coopérative des affaires internationales. Cette liste de 10 conflits à surveiller en 2017 illustre certaines tendances fortes et tente également d’explorer quelques moyens de renverser des dynamiques actuelles dangereuses.

 

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. Yémen

La guerre au Yémen a créé une catastrophe humanitaire de plus, détruisant un pays qui était déjà le plus pauvre du monde arabe. Alors que des millions de personnes se trouvent à présent au bord de la famine, la nécessité d’un cessez-le-feu complet et d’un règlement politique du conflit sont plus urgents que jamais. Les Yéménites ont souffert de difficultés immenses en raison de bombardements aériens, d’attaques de roquettes et de blocus économiques. Selon l’ONU, environ 4.000 civils ont été tués, surtout lors de frappes aériennes de la coalition menée par l’Arabie saoudite.

L’Arabie saoudite est entrée dans le conflit en mars 2015 pour contrer les avancées réalisées par les houthis, une milice dominée par les chiites zaydites et considérée par Riad comme combattant pour le compte de son ennemi juré: l’Iran. Bien que les houthis ne soient pas intimement liés à l’Iran, il est dans les intérêts de l’Iran que l’Arabie saoudite soit empêtrée dans une impasse au Yémen.  

 

« Un échec de la reprise du processus de paix comporte des risques pour toutes les forces en présence, notamment parce que des groupes djihadistes se réjouissent du chaos yéménite »/.

 

Les deux camps semblent pris dans un cycle de violence et de provocation croissantes mettant à mal les discussions de paix menées par l’ONU. En novembre, le gouvernement yéménite dirigé par Abed Rabbo Mansour Hadi et soutenu par l’Arabie saoudite a rejeté le plan proposé par l’ONU. Le même mois, le mouvement houthis et ses alliés, principalement les forces ralliées à l’ancien président Ali Abdullah Saleh, ont formé un nouveau gouvernement. Malgré les défis que cela implique, il semble possible de convaincre les deux parties d’accepter le plan comme base d’un compromis qui mettrait fin aux aspects régionaux de la guerre et n’en faire à nouveau qu’un processus interne au Yémen. Beaucoup dépend des calculs de l’Arabie saoudite et de la volonté de ses soutiens internationaux, notamment les Etats-Unis et le Royaume-Uni, d’encourager Riad à soutenir complètement le compromis politique proposé. Un échec de la reprise du processus de paix comporte des risques pour toutes les forces en présence, notamment parce que des groupes djihadistes, notamment al-Qaïda dans la Péninsule arabique et l’Etat islamique, se réjouissent du chaos yéménite. 

 

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. Sahel et bassin du Tchad

Les conflits mêlés de la région du Sahel et du bassin du lac Tchad ont provoqué une grande souffrance humaine, notamment le déplacement d’environ 4.2 millions de personnes. Djihadistes, groupes armés et réseaux criminels rivalisent dans cette région pauvre où les frontières sont poreuses et où le pouvoir des gouvernements est réduit.

En 2016, des djihadistes basés au centre du Sahel ont mené des attaques meurtrières dans l’ouest du Niger, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire, soulignant la vulnérabilité de la région. AQMI et al-Mourabitoun y restent actifs et un nouveau groupe se réclamant de l’Etat islamique s’y développe. Tous semblent vouloir continuer à attaquer des civils aussi bien que des forces armées nationales et internationales.

 

Le Mali est la mission de maintien de la paix la plus dangereuse de l’ONU, 70 agents ayant été tués depuis 2013 par «des actes effectués avec la volonté de nuire».

Le Mali pourrait faire face à une crise majeure cette année, tandis que l’entrée en vigueur de l’accord de paix de Bamako de 2015 menace d’être repoussée. La fracturation récente de la principale alliance rebelle au nord du pays, la Coordination des Mouvements de l’Azawad, a contribué à la prolifération de groupes armés et la violence s’est étendue au centre du Mali. Les puissances de la région devraient utiliser le sommet de l’Union africaine de ce mois-ci pour relancer le processus de paix en y incluant peut-être des groupes actuellement mis à l’écart. L’Algérie, acteur important de la stabilité régionale, a un rôle important à jouer en tant que négociateur principal de l’accord.

 

Dans le bassin du lac Tchad, les forces armées du Nigéria, du Niger, du Cameroun et du Tchad ont passé un cap dans leur combat contre l’insurrection menée par Boko Haram. A la fin du mois de décembre, le président nigérian a annoncé «l’écrasement final des terroristes de Boko Haram dans leur dernière enclave» dans la forêt de Sambisa, mais le groupe n’a pas encore été complètement vaincu. Une querelle d’appareil a divisé le mouvement djihadiste, mais il reste résilient et agressif. Bien que l’attention internationale se soit concentrée sur l’enlèvement et le viol de femmes et de jeunes filles, les responsables politiques devraient également noter que des femmes ont rejoint le mouvement pour y chercher des opportunités économiques et sociales. Mieux comprendre les différentes façons dont le conflit est vécu par les femmes devrait être pris en compte directement pour bâtir des stratégies s’attaquant aux racines-mêmes de l’insurrection. 

 

L’insurrection Boko Haram, la réaction militaire agressive qu’elle a suscité et l’absence d’assistance efficace à ceux qui ont été pris dans le conflit menacent de créer un cycle de violence et de désespoir sans fin. Si les gouvernements de la région ne réagissent pas de façon responsable au désastre humanitaire, ils pourraient se couper encore plus de certaines communautés et planter les graines de futures rébellions. Les Etats devraient également investir dans le développement économique et renforcer la gouvernance au niveau local pour ne pas donner à des groupes extrémistes des opportunités d’émerger.

 

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. République démocratique du Congo

La République Démocratique du Congo a reçu de bonnes nouvelles un peu avant minuit le soir de la nouvelle année lorsque les évêques catholiques ont annoncé qu’un accord destiné à résoudre la crise politique du pays avait été trouvé. Le président Joseph Kabila n’a pas encore signé cet accord qui implique qu’il démissionne après la tenue d’élections, avant la fin de l’année 2017. Malgré des niveaux de méfiance très élevés entre les différentes parties, l’accord dont l’Eglise catholique congolaise a été l’intermédiaire reste la meilleure option pour aboutir à des avancées. Le défi global se présentant aujourd’hui consistera à préparer des élections et une transition politique en peu de temps, ce qui nécessitera un soutien international important. 

 

La détermination de Kabila à se maintenir au pouvoir au-delà de son deuxième mandat, au mépris de la constitution congolaise a suscité une opposition importante ainsi que desmanifestations explosives durant toute l’année 2017 et l’extension de la violence menace. Lacorruption endémique et la politique du pouvoir sans partage qui ont cours au Congo signifient que l’entourage de Kabila a beaucoup à perdre et qu’il pourrait donc ne pas céder la place facilement. Les puissances africaines et occidentales doivent coordonner leurs effortspour tirer le Congo du danger et empêcher le développement de plus d’instabilité dans la région ? La MONUSCO, plus grande mission de maintien de la paix de l’ONU, n’a pas les moyens de faire face à un tel défi et serait plus efficace dotée d’un mandat plus spécifique, déchargé de la reconstruction institutionnelle et se concentrant plutôt sur les bonnes pratiques et la surveillance des droits de l’homme.

 

En septembre dernier, plus de 53 personnes ont été tuées, principalement par des forces de police, lorsque les manifestations contre le maintien au pouvoir de Kabila au-delà de la période de son mandat sont devenues violentes. Dans différentes villes, des affrontements entre les forces de police et des manifestants ont fait plus de 40 morts les 19 et 20 décembre, vers la fin de son mandat. Il est probable que la violence continue si les élections sont repoussées à nouveau. La principale coalition d’opposition, le Rassemblement, sera préparée à utiliser la puissance de la rue pour tenter de forcer Kabila à partir. La tension politique à Kinshasa contribue également à la croissance de la violence dans certaines région du pays, notamment l’est où les conflits se multiplient.

 

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. Soudan du Sud

Après trois ans de guerre civile, le plus jeune pays du monde est toujours tracassé par plusieurs conflits. Les plaintes contre le gouvernement central et des cycles de violences inter-ethniques nourrissent des combats qui ont déjà déplacé 1.8 millions de personnes et forcé près d’1.2 millions d’entre elles à fuir le pays. L’inquiétude internationale a cru après qu’ont été rapportées des atrocités de masse et l’absence d’avancées dans la mise en place de l’accord de paix de 2015. En décembre, le président Salva Kiir a appelé au renouvellement du cessez-le-feu et d’un dialogue pour promouvoir la paix et la réconciliation. Le succès de ces tentatives dépend de la volonté du gouvernement de transition de négocier de façon juste avec chaque groupe armé et discuter jusqu’au niveau local avec les communautés laissées à l’abandon.

 

L’accord de paix soutenu internationalement a été mis à mal en juillet 2016 lorsque lescombats ont éclaté à Juba entre les forces gouvernementales et d’anciens rebelles. Le leader d’opposition et ancien vice-président Riek Machar, qui venait de rentrer à Juba comme le prévoyait l’accord, a fui le pays. Depuis, Kiir a renforcé ses positions dans la capitale et dans la région en général, ce qui créée une opportunité de promouvoir des négociations avec des membres de l’opposition armée, y compris des groupes ne faisant pas partie actuellement du gouvernement de transition.

 

La situation sécuritaire à Juba s’est améliorée ces derniers mois, bien que les combats et la violence ethnique continuent ailleurs. Les efforts diplomatiques internationaux se concentrent aujourd’hui sur le déploiement d’une force régionale de protection d’environ 4000 hommes, un détail qui ne pourrait pas grand-chose pour circonscrire un important éclatement de violence et qui utilise une énergie qui pourrait être utilisée dans l’effort politique profond qui est nécessaire à la consolidation de la paix.

 

L’UNMISS, la mission de maintien de la paix actuelle au Soudan du Sud a besoin d’une réforme en urgence, cela semble particulièrement clair depuis son échec à protéger les civils lors de la dernière flambée de violence à Juba. Dans la tragédie que connaît le pays, une lueur d’espoir subsiste grâce au rapprochement fragile en train d’être construit entre le Soudan du Sud, l’Ouganda et le Soudan: il pourrait un jour contribuer à garantir une plus grande stabilité.

 

Jean-Marie Guéhenno, traduit par Pierre Marti / 12.01.2017/ Mis à jour le 12.01.2017/

 

http://www.slate.fr/story/134114/dix-conflits-surveiller-en-2017

 

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