AFRIQUE/ POUVOIR/ GOUVERNANCE : prisonniers politiques africains, entre adversaires politiques bâillonnés et déstabilisateurs patentés

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« Le Nigeria de nouveau menacé par la sécession entre l’Arewa et le Biafra : Il est déjà à l’origine du conflit du Biafra en 1967. Le conflit inter-ethnique au Nigeria fait resurgir la menace d’une sécession du pays. Une nouvelle fois l’ethnie Igbo, les chrétiens du Biafra, est au cœur des tensions. Des groupes musulmans lui demandent de quitter les régions du nord du pays. La mise en demeure émane de groupes de jeunes musulmans du Nord.

La déclaration adoptée et rendue publique à Kaduna, le 6 juin 2017, demande aux Igbos de quitter le nord du pays à compter du 1er octobre 2017, jour anniversaire de l’indépendance du pays. Dans le même temps, les «Nordistes» vivant au Sud sont invités à revenir «au pays». La coalition annonce également des actions futures pour dénoncer un Etat fédéral qui inclut les Igbos. »

 

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1 – Qui sont les 300 prisonniers politiques de Côte d’Ivoire ?

 

Alors que le procès Gbagbo débute à La Haye, un document détaille le profil et la situation de centaines de détenus, dont 85 ont été graciés en janvier. A l’occasion du traditionnel discours à la Nation, le 31 décembre 2015, le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé une grâce présidentielle pour 3 100 prisonniers dans le pays.

« Cette décision permettra à des milliers de détenus de recouvrer immédiatement la liberté et à d’autres de voir leur peine réduite », a-t-il indiqué. S’il s’agit en grande majorité de prisonniers de droit commun, le ministre de la justice de l’époque, Gnénéma Coulibaly – remplacé par Sansan Kambilé après le remaniement du 12 janvier –, a assuré qu’une centaine de détenus politiques pourraient en bénéficier. Selon un rapport que Le Monde Afrique a pu consulter, ils seraient plus de 300, la plupart n’ayant pas encore fait l’objet de jugement. A la date du 15 janvier, 85 d’entre eux ont été graciés.

 

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_ Qui sont-ils ?

Ils ont en commun d’être des partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo, déchu en avril 2011 après une longue crise postélectorale et détenu depuis à la Cour pénale internationale (CPI) en attente de son procès qui débute le 28 janvier. Si certains sont d’anciens soutiens (militaires et politiques) du régime, la majorité des détenus est constituée d’anonymes (sans-emploi, ouvriers, planteurs, étudiants, footballeurs, pasteurs…)

 

La seule femme figurant dans le rapport est Simone Gbagbo. L’épouse de l’ancien chef de l’Etat a été condamnée par la justice ivoirienne en mars 2015 à vingt ans d’emprisonnement, pour « attentat contre l’autorité de l’Etat, participation à un mouvement insurrectionnel et trouble à l’ordre public » lors de la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait plus de 3 000 morts en quatre mois, selon les Nations unies. L’ex-première dame est détenue à l’Ecole de gendarmerie d’Abidjan, la capitale économique ivoirienne. Les anciens ministres Lida Kouassi, Assoa Adou et Hubert Oulaye y sont également mentionnés.

 

On compte aussi des anciens responsables de l’appareil sécuritaire du pouvoir Gbagbo, à savoir les officiers de gendarmerie Anselme Séka Yapo et Jean-Noël Abéhi. L’ancien commandant de la Garde républicaine, le général Bruno Dogbo Blé et une dizaine de militaires de rang font également partie de cette liste.

 

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_ Combien sont-ils ?

Si le pouvoir à Abidjan réfute l’appellation de « prisonniers d’opinion » pour qualifier ces derniers, Gnénéma Coulibaly admet toutefois qu’ils sont 234 à être encore détenus. Le rapport annuel 2014-2015 d’Amnesty International sur la Côte d’Ivoire note que 600 détenus de la crise postélectorale étaient attendus pour être jugés en 2015. Le document très détaillé consulté par Le Monde Afrique, affiche, lui, 311 noms de pro-Gbagbo derrière les barreaux avant la libération des 85 graciés.

 

Par ailleurs, la Commission nationale des droits de l’homme de Côte d’Ivoire (CNDHCI) confie qu’une liste de plus de 400 prisonniers lui a été présentée, il y a deux ans, par des responsables du Front populaire ivoirien (FPI), l’ ancien parti de Laurent Gbagbo. « Depuis, nous ne nous sommes pas rencontrés pour évoquer le sujet et revoir la liste. Mais nous pensons qu’avec les remises en liberté provisoires ce chiffre devrait avoir baissé », relève l’une de ces sources.

 

Au regard du document que Le Monde Afrique a consulté, 219 prisonniers sont retenus à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA), la plus grande prison du pays. Les 92 autres, après avoir transité par le grand centre pénitencier abidjanais, ont été transférés soit au camp pénal de Bouaké, soit à Dabou (sud du pays), à Séguéla (nord) ou encore à Dimbokro (centre).

 

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_ Quels sont les motifs de leur détention ?

La crise électorale a été générée par le refus de l’ancien président Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara, en décembre 2010. Lors des affrontements entre les deux camps rivaux, une centaine de partisans de Laurent Gbagbo avait été arrêtée. Beaucoup furent libérés, et seuls seize civils liés directement à la crise meurtrière sont encore détenus, selon le rapport.

Quatre sont « portés disparus » depuis cinq ans. Trois autres, mis aux arrêts le 9 juin 2011, sont accusés de l’enlèvement et de l’assassinat, le 4 avril 2011, du Français Yves Lambelin, ancien président du conseil d’administration du géant agro-industriel ivoirien SIFCA. Le chef du commando, un officier de l’armée, a pour sa part été condamné à quinze ans de prison.

 

On compte aussi des officiers supérieurs ayant refusé de faire allégeance au président Ouattara, et des officiers et subalternes de l’armée, de la gendarmerie et de la police, arrêtés pour violation de consignes. D’autres, comme le général Bruno Dogbo Blé, ainsi que quatre de ses hommes, ont été condamnés pour l’assassinat, le 12 mars 2011, du colonel major à la retraite Adama Dosso.

 

Par ailleurs, d’autres arrestations, non liées directement à la crise post-électorale, sont venues gonfler le nombre des détenus. Il s’agit notamment des 26 anciens miliciens pro-Gbagbo arrêtés à la frontière libérienne et soupçonnés d’être impliqués dans des attaques contre des positions de l’armée ivoirienne entre le 26 juin 2011 et le 2 juillet 2012. Tous ont été rapatriés du Liberia voisin par la Mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) qui avait perdu, au cours d’une de ces attaques, sept de ses casques bleus.

 

En sus, les attaques du camp militaire d’Akouédo (à l’est d’Abidjan) en novembre 2012 ont conduit à l’arrestation de 17 personnes. Entre janvier 2014 et décembre 2015, 32 autres ont été incarcérées suite aux attaques des positions de l’armée à Grabo (ouest). Les proches d’une majorité de ces détenus dénoncent des arrestations dues à des dénonciations calomnieuses en raison de leur soutien à l’ancien régime. Aucun procès ne s’est encore tenu. Enfin, 31 manifestants d’une marche interdite de l’opposition ont été placés sous mandat de dépôt pour « troubles à l’ordre public » le 19 septembre 2015. Et 27 personnes sont poursuivies pour des affaires similaires.

 

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_ Combien ont pu bénéficier d’un procès ?

Selon Gnénéma Coulibaly, l’ex-ministre ivoirien de la justice, ce sont ces personnes arrêtées pour trouble à l’ordre public et pour des attaques contre les forces de l’ordre qui constituent le plus gros du contingent des graciés. Les personnes condamnées aux assises ne sont pas concernées par la décision du chef de l’Etat, a-t-il ajouté. Depuis la fin de la crise postélectorale, 36 personnes ont été condamnées aux assises. Leurs peines vont de trois à trente-cinq ans de prison ferme. Par ailleurs, 15 autres personnes ont été jugées et condamnées hors assises avec des peines allant de trois mois à vingt ans de prison.

 

A l’heure actuelle, 19 prisonniers sont en chambre d’accusation et 35 en correctionnelle. Ils attendent toujours la tenue de leur procès. Mais cela devrait prendre du temps, eu égard à la lenteur constatée dans le traitement des dossiers et, surtout, à la lourde charge des différents cabinets. Pour ne citer qu’eux, le 8e et le 10e cabinet doivent traiter respectivement 59 et 62 dossiers de prisonniers.

 

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_ Quel est leur état de santé ?

Ces trois dernières années, au moins un prisonnier politique est mort à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). En 2014, Amnesty International rapportait que trois détenus étaient décédés dans des circonstances qui restent floues. Depuis 2011, on compte une dizaine de décès au total. Selon le document obtenu par Le Monde Afrique, 49 prisonniers politiques souffrent actuellement de maladies diverses et de traumatismes liés à leur longue détention : treize d’entre eux souffrent d’hypertension artérielle et deux de diabète, trois sont atteints de tuberculose. Leurs proches ont toujours plaidé pour une évacuation hors de la MACA.

 

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_ Que racontent les prisonniers graciés ?

Apollinaire Zadi, commerçant à Grabo, dans l’ouest du pays, témoigne : « J’ai été arrêté en mars 2014, comme plusieurs autres jeunes, après l’attaque d’un poste militaire à Grabo. Il y avait un vrai cafouillage et les militaires nous ont accusés d’être des complices des agresseurs. Nous avons subi une torture morale et physique avant notre transfert à la MACA. Nous étions en nombre dans les cellules et le quotidien était pénible avec un seul repas par jour. Pendant tout ce temps, nous n’avons jamais rencontré un avocat jusqu’à ce que le régisseur vienne nous informer que nous bénéficions de la grâce présidentielle. »

 

Le Monde.fr Le 28.01.2016/ Mis à jour le 28.01.2016/ Par Alexis Adélé (Contributeur, Le Monde Afrique, Abidjan)

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/01/28/qui-sont-les-300-prisonniers-politiques-de-cote-d-ivoire_4855296_3212.html

 

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2 – RD Congo : libération de 24 prisonniers politiques

 

Le gouvernement de Kinshasa a décidé de libérer 24 prisonniers politiques. Parmi eux, Fred Bauma et Yves Makwambala, des jeunes activistes des mouvements citoyens Lucha et Filimbi, détenus sans jugement depuis plus d’une année. Parmi les prisonniers libérés, il y a également le militant, défenseur des droits de l’Homme, Christopher Ngoy Mutamba. Il avait été arrêté lors des manifestations de janvier 2015 contre un projet de loi électorale controversé.

 

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Mises à part ces trois personnalités dont la situation a été particulièrement médiatisée, 21 autres personnes, moins connues du public, vont retrouver la liberté. Il s’agit, pour l’essentiel, de militants d’opposition ou encore d’activistes pro-démocratie détenus à Goma, Kinshasa et Lubumbashi. Par ailleurs, le ministre de la justice a annoncé la réouverture de deux chaines de télévision proches de l’opposition, fermées après les émeutes de janvier 2015. Ces mesures sont prises dans le but de décrisper la tension politique, avant le dialogue proposé par le président Joseph Kabila. Il y a près d’un mois, le chef de l’Etat avait gracié un premier lot de prisonniers politiques. L’opposition juge que ce n’est pas suffisant.

 

Le Togolais Edem Kodjo, facilitateur pour le dialogue, s’est dit satisfait de la libération de cette deuxième vague de prisonniers politiques. Le médiateur de l’Union africaine a estimé que l’un des préalables majeurs posés par l’opposition pour joindre la table des négociations, venait d’être levé, annonçant dans la foulée le début du dialogue dès la semaine prochaine.

 

20 août 2016/

 

http://www.bbc.com/afrique/region-37143583

 

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3 – En Afrique du Sud, des prisonniers « politiques » en attente de pardon

 

Vereeniging (Afrique du Sud) – En 1997, Percy Chepape a été condamné à soixante ans de prison pour un braquage meurtrier. Vingt ans après, ce militant de la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud espère une libération anticipée parce qu’il se considère comme un prisonnier « politique ». « Je paie en principe pour ce que j’ai fait« , confie-t-il, « mais au fond de moi, je me dis que je n’ai pas été puni pour ça, mais uniquement pour ce que j’étais« . 

 

Dans son traditionnel pyjama orange, Percy Chepape, 51 ans, confie sa frustration à l’AFP depuis le parloir de la prison de haute sécurité de Groenpunt, au sud de Johannesburg. « J’attends une grâce depuis de nombreuses années« , poursuit le détenu, « parfois, je me demande si mon engagement politique en valait vraiment la peine…« , dit-il, alors qu’un de ses anciens compagnons d’armes du PAC, Kenny Motsamai, condamné à la prison à vie, a été remis en liberté en janvier dans une affaire similaire à la sienne. 

 

Retour en 1997. L’icône Nelson Mandela préside la nation « arc-en-ciel » depuis trois ans déjà. Mais une partie du « mouvement de libération » rejette la politique d’apaisement de son Congrès national africain (ANC) avec la minorité blanche. Parmi les réfractaires à cette sortie en douceur de l’apartheid, la branche armée clandestine du Congrès panafricain (PAC) à laquelle appartient Percy Chepape fait le coup de feu dans le pays et devient la cible de la police du nouvel Etat dirigé par l’ANC. En juin, il est arrêté avec sept complices pour avoir participé au braquage d’un fourgon blindé devant un bureau d’aide sociale d’un township à l’est de Johannesburg. Trois personnes, dont deux Blancs, sont tuées pendant l’opération. 

 

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– ‘Dossier oublié’ – 

Aujourd’hui encore, Percy Chepape, père de trois enfants, juge disproportionnée la peine qui lui a été infligée. « J’ai conduit le fourgon après l’attaque, je n’ai pas tiré« , tient-il à préciser. Surtout, il affirme que ce braquage entrait dans le cadre de son activité militante. « C’était motivé politiquement, nous ne l’avons pas fait pour nous-mêmes« , affirme Percy Chepape. Les cambriolages de Blancs visaient alors, explique-t-il, à alimenter le trésor de guerre de son groupuscule, les Chiens de garde révolutionnaires, pour acheter armes et munitions. Le PAC demande depuis des années la libération de son commando dans le cadre d’un programme de grâce des crimes « politiques » lancé en 2007 par le président Thabo Mbeki. 

 

Sur plus de 2.100 candidats au pardon, le département sud-africain de la Justice a à l’époque retenu 149 noms, pour l’essentiel des militants du PAC, du parti zoulou Inkhata et de l’ANC: des oubliés de la Commission vérité et réconciliation (TRC), qui avait réexaminé les crimes de l’ère de l’apartheid jusqu’en 1998 et abouti, dans des certains, à une amnistie.  Les autorités ont ensuite réduit à 51 noms la liste des graciés potentiels, dont 39 ont depuis effectivement été remis en liberté. Percy Chepape sait qu’il fait partie des douze derniers mais ignore si son nom a été rayé ou est toujours en cours d’examen. « Parfois, j’ai l’impression que notre dossier a été oublié et que nous avons combattu et risqué notre vie pour rien« , se désespère-t-il. « Parfois, je me sens trahi par la cause pour laquelle j’ai combattu. » 

 

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– ‘Pourquoi s’excuser ?’ – 

Le cas de Kenny Motsamai lui a toutefois rendu un peu d’espoir: cet ancien compagnon d’armes du PAC a été libéré alors qu’il avait été condamné pour le meurtre d’un policier blanc lors d’un hold-up commis en 1989. Kenny Motsamai n’a jamais exprimé le moindre remords pour son crime. « L’apartheid était un crime contre l’Humanité. Pourquoi nous, les Noirs, devrions-nous présenter nos excuses aux Blancs ?« , s’interroge-t-il aujourd’hui depuis son domicile du township de Katlehong, à l’est de Johannesburg. 

 

Percy Chepape, lui, a tenté à plusieurs reprises de faire amende honorable. « Les familles (des victimes) ont rejeté mes excuses et je l’ai accepté« , dit-il. Mais ce qu’il refuse d’encaisser, c’est la remise en liberté d’Eugene de Kock, l’ancien chef d’un « escadron de la mort » de la police du régime de l’apartheid. Condamné en 1996 à la prison à vie pour avoir torturé et assassiné des militants noirs, il a été libéré sous contrôle judiciaire en 2015. 

 

Le gouvernement de l’ANC avait alors justifié cette mesure « dans l’intérêt de la construction et de la réconciliation de la Nation« . « Il est très décevant d’apprendre que quelqu’un qui a commis bien plus de crimes que moi a été libéré« , se lamente Percy Chepape. Vingt ans après sa condamnation, il attend toujours des nouvelles de son dossier, derrière les barreaux de sa prison de Groenpunt. 

 

Par AFP , publié le 13/07/2017/ mis à jour à 13/07/2017

 

http://www.lexpress.fr/actualites/1/styles/en-afrique-du-sud-des-prisonniers-politiques-en-attente-de-pardon_1927024.html

 

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4 – Côte d’Ivoire : Alpha Blondy réclame la libération des prisonniers politiques

 

Alpha Blondy vient d’ajouter sa voix à celles de ceux qui appellent à une réconciliation nationale vraie. Aussi, le reggaeman ivoirien a-t-il appelé à la libération de tous les prisonniers politiquesAlpha Blondy présente une Côte d’Ivoire « traumatisée » Il est indéniable que la Côte d’Ivoire ne se porte véritablement pas bien. Le «traumatisme» résultant des multiples crises qui ont secoué la Côte d’Ivoire continue de fragiliser le climat social. C’est fort de ce triste constat qu’Alpha Blondy est monté au créneau pour interpeller la classe politique sur la nécessité d’œuvrer à un vivre-ensemble beaucoup plus harmonieux.

Cela passe par un acte majeur. Ainsi qu’il en montre la voie : « Libérez Simone Gbagbo et tous les autres prisonniers politiques! » Il appelle également le président Alassane Ouattara à « retirer sa plainte contre MM. Gbagbo et Blé Goudé. Car à la CPI, c’est le procès de la Côte d’Ivoire, de la famille politique ivoirienne qui va mal. »

 

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Cette recommandation est d’autant plus salutaire que d’autres voix se sont préalablement élevées pour demander la libération des prisonniers pro-Gbagbo. Il s’agit notamment du président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro qui a demandé au président de libérer ces prisonniers. Car pour lui, ces personnes n’ont plus rien à faire en prison. D’autant plus que plusieurs partisans de l’ancien président meurent en détention « dans des conditions qui n’honorent pas la Côte d’Ivoire ».

 

Alpha Blondy appelle par ailleurs à poser « un acte politique courageux » afin d’éviter que le « traumatisme » des Ivoiriens s’éternise. C’est pourquoi il demande au chef de l’Etat ivoirien de résoudre ce problème avant de passer la main à son successeur en 2020. Concernant cette alternance, Koné Seydou trouve qu’il est « indécent de se livrer à des querelles de succession. Surtout que celui à qui on veut succéder est vivant ». Voilà pourquoi il fait cette mise en garde sévère à ceux qui s’agitent pour le pouvoir : « Ça suffit vos querelles d’étudiants. Vous êtes appelés à gérer ce pays, et ce n’est pas en vous comportant en irresponsables que vous allez y arriver! » Avant de terminer par ce proverbe africain très expressif : « On ne confie pas un bœuf à celui qui n’a pas pu sauver un œuf. »

 

JUIN 15, 2017

 

http://www.afrique-sur7.fr/57475/cote-divoire-alpha-blondy-reclame-la-liberation-des-prisonniers-politiques/

 

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5 – Rif marocain, la frange insoumise

 

Des manifestations agitent Al-Hoceïma et sa région depuis octobre et la mort d’un vendeur de poisson broyé dans un camion à ordure. Fin mai, la révolte s’est intensifiée alors que le leader de la contestation a été emprisonné. L’emplacement d’Al-Hoceïma est trompeur. Sur une carte, la localité est située sur la côte. La mer est bien là, c’est indéniable. Mais la cité a l’âme d’une montagnarde : c’est moins une ville d’eau qu’une ville de pierre. La caillasse sèche, râpeuse, friable, jaunâtre du Rif, qui brûle en été quand on y pose la peau. Le massif, ici, plonge directement dans la Méditerranée.

En contrebas, la plage encadrée d’hôtels semble lointaine. La pente est escarpée, seuls les touristes, les amoureux et les enfants y descendent. On ne se promène pas non plus dans le port : une seule route y mène, qui dévale la montagne en zigzag. Les douaniers contrôlent l’entrée. La vraie ville est donc en surplomb, là où l’asphalte et le ciment recouvrent peu à peu les collines rocailleuses. Les constructions se ressemblent : des immeubles de deux ou trois étages, sans âme, à la façade lisse. La voirie n’a pas suivi le rythme de l’expansion urbaine.

 

Dans les quartiers les plus récents, les rues ne sont pas goudronnées. Combien d’habitants, derrière ces murs brûlants ? 57 000, selon le dernier recensement. Au moins le triple, certainement, quand les émigrés rentrent au pays chaque été. Ils sont la seule richesse d’Al-Hoceïma. Il n’existe pas une seule famille dans la ville – et peut-être dans tout le Rif – qui n’ait un ou plusieurs membres en Europe.

 

Maisons, voitures, vélos, commerces, meubles, cafés, restaurants : tout est payé avec l’argent gagné par les Rifains en France, aux Pays-Bas, en Espagne, en Belgique ou en Allemagne, parfois grâce au trafic de haschich, cultivé ici et vendu là-bas. La manne a transformé Al-Hoceïma mais la ville, dépourvue d’économie propre, ressemble à un décor vide. Les jeunes le savent et le répètent à l’envi : ils s’ennuient à mourir dans cette cité enclavée, à 470 kilomètres – et onze heures de route – de Rabat, la capitale.

 

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_ Lieu du malheur

C’est ici que la révolte qui agite le royaume depuis huit mois a éclaté. Car Al-Hoceïma est d’abord le lieu du malheur : la mort affreuse de Mouhcine Fikri, broyé dans un camion à ordure le 28 octobre. Le vendeur de poisson de 31 ans tentait de sauver sa marchandise (500 kilos d’espadon, interdit à la pêche à cette période de l’année) quand les mâchoires de la benne ont été actionnées. La scène a été filmée. Le soulèvement populaire fut immédiat. Les médias comparent à l’époque Mouhcine Fikri au vendeur ambulant tunisien Mohamed Bouazizi, dont l’immolation par le feu avait constitué l’étincelle des printemps arabes en 2011. Spontanément, des dizaines de milliers d’habitants d’Al-Hoceïma se rassemblent pour dénoncer la hogra, cette atteinte à la dignité du «faible» par le «fort» (le policier, le fonctionnaire, le riche).

 

Le pouvoir central marocain tente d’éteindre le feu en dépêchant des ministres au chevet de la famille Fikri, puis en organisant un procès qui se veut exemplaire – onze personnes poursuivies, dont sept condamnées fin avril à des peines allant de cinq à huit mois de prison. Mais le mouvement continue. Il prend même de l’ampleur, mêlant revendication sociale (emplois), demande d’infrastructures (hôpital, routes, université), lutte contre la corruption et quête identitaire. Semaine après semaine, sans aucun encadrement politique ou associatif, les habitants d’Al-Hoceïma et des villes voisines manifestent pacifiquement et rédigent un cahier de doléances, lu et approuvé publiquement lors des rassemblements. La révolte prend une majuscule : on l’appelle désormais «Hirak» («le mouvement») sur les sites de la diaspora rifaine.

 

Pendant six mois, l’absence de gouvernement (issu des législatives d’octobre) empêche que se noue un véritable dialogue entre les protestataires et les autorités. Le Palais manque de relais politique pour conduire une négociation. Le Hirak ne fait pas confiance aux élus locaux, considérés comme complices du système. Les mois passent, les marches se succèdent, les médias internationaux commencent à se lasser de cette révolte inachevée. Quand, finalement, une délégation de sept ministres se rend à Al-Hoceïma, le 23 mai, elle est snobée par les leaders du mouvement. Quelques jours plus tard, l’ex-Premier ministre islamiste Abdelilah Benkirane, très populaire, refuse de jouer les bons offices. Tout le Maroc attend un geste du roi, qui ne vient pas. 

 

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_ Dimension nationale

La crise va brusquement se précipiter le 26 mai, veille du ramadan. Ce vendredi, lors de son prêche hebdomadaire, un imam d’Al-Hoceïma reproche aux responsables du Hirak de propager la fitna – la discorde entre les musulmans, une accusation grave dans l’islam. Hors de lui, le leader charismatique du mouvement, Nasser Zefzafi, s’empare du micro de la mosquée pour répondre : il dénonce un clergé aux ordres du Palais (les prêches sont transmis par le ministère des Affaires islamiques) qui s’applique à discréditer les manifestations rifaines.

 

C’est l’occasion qu’attendait le pouvoir pour agir : interrompre le prêche du vendredi est un délit au regard de la loi marocaine, passible de trois ans de prison. Le gouvernement ordonne l’arrestation de Nasser Zefzafi. Alors que le ministère a déjà annoncé son inculpation aux agences de presse, dans les ruelles du quartier, la foule fait barrage aux policiers venus mettre la main sur le porte-parole du Hirak. Depuis le toit de sa maison, Zefzafi harangue les manifestants : son discours et sa fuite rocambolesque sont diffusés en direct sur Facebook. Le héros d’Al-Hoceïma sera rattrapé par la police au bout de deux jours de cavale, avec une dizaine d’organisateurs des manifestations.

En réaction, les Rifains défilent en masse dans toutes les villes et villages de la région. La tension monte d’un cran. Le pouvoir a choisi de passer à la manière forte : chaque jour, des arrestations ont lieu, des milliers de policiers et de militaires quadrillent la ville, les rassemblements sont interdits, dispersés à coups de matraques.

 

En solidarité avec les Rifains, 50 000 Marocains défilent le 11 juin dans les rues de la capitale. Le Hirak, ce jour-là, prend une dimension nationale. Dans les rues de Rabat, des défenseurs des droits de l’homme, des militants de la gauche marocaine et, surtout, les sympathisants de la puissante organisation islamiste Al Adl Wal Ihsane (d’inspiration soufie, interdite mais tolérée). Soit le même cocktail que lors des manifestations du «20 Février», le surnom du printemps marocain. Les slogans de 2011 refont surface. En plus de demander la libération des «prisonniers politiques» du Rif, des manifestants osent critiquer directement la monarchie.

 

Quelques jours plus tard, au moment où Emmanuel Macron se pose à l’aéroport de Rabat pour une rencontre «personnelle» avec Mohammed VI, à Al-Hoceïma, les militants accusés d’avoir empêché l’arrestation de Zefzafi sont condamnés à dix-huit mois de prison ferme. Dans la soirée, des pierres volent pour la première fois : des heurts éclatent entre quelques centaines de jeunes manifestants et la police. Les militants chevronnés étant en prison ou en fuite, les rassemblements ne sont plus encadrés.

 

Les deux camps savent les conséquences qu’aurait un basculement de la crise dans la violence. Si le mouvement tourne à la guérilla urbaine, le Hirak sera discrédité et perdra tout soutien populaire. A l’inverse, il suffirait d’une bavure sérieuse des forces de l’ordre – un mort dans une émeute, par exemple – pour que le Rif entier s’embrase et que la révolte se transforme en insurrection générale.

 

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_ Icône historique

Al-Hoceïma l’insoumise a déjà connu des épisodes similaires par le passé. Ses dures collines sont même renommées dans tout le pays pour leur histoire rebelle. En 1958-1959, le soulèvement du Rif contre le pouvoir central fut noyé dans le sang par le prince héritier de l’époque et chef des Forces armées royales, le futur roi Hassan II. Le père de Mohammed VI en conservera un mépris et une méfiance tenace pour les Rifains, qu’il traitait de «racailles» : en 1984, les émeutes du pain sont sévèrement réprimées à Al-Hoceïma.

 

En 2011 encore, ce fut la seule ville à compter des morts – cinq personnes brûlées dans une agence bancaire – au cours du printemps marocain. Mais l’icône historique de la révolte du Rif est un héros national, admiré dans tout le royaume : Abdelkrim el-Khattabi, figure de la résistance aux colonisateurs espagnols et français qui instaura une république du Rif entre 1921 et 1926. Il était précisément originaire d’Ajdir, dans la banlieue actuelle d’Al-Hoceïma. Sa photographie est aujourd’hui brandie par les manifestants au côté de celle de Nasser Zefzafi.

 

Célian Macé Envoyé spécial au Maroc/ Par Célian Macé, Envoyé spécial au Maroc/ 23 juin 2017/

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/06/23/rif-marocain-la-frange-insoumise_1579132

 

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6 – En Ethiopie, la contestation des Oromo étouffée par l’état d’urgence

 

Après avoir réprimé dans le sang les manifestations, le gouvernement interdit tout rassemblement public et maintient un climat de peur. Reportage en région Oromia. Bekuma parle tout bas. Il jette un regard à gauche, un autre à droite. Il y a beaucoup de passage dans ce café du centre-ville de Waliso, ville éthiopienne située à une centaine de kilomètres d’Addis-Abeba, dans la région Oromia (centre et ouest). Ici, il vaut mieux se méfier des oreilles indiscrètes. « Les gens ont peur », dit-il, avec un sourire gêné.

 

Waliso était l’un des épicentres de la contestation qui a secoué l’Ethiopie à partir de novembre 2015. Des milliers de fermiers oromo, qui composent l’ethnie majoritaire du pays, ont alors quitté leurs champs pour manifester contre le gouvernement. Ils l’accusaient notamment d’exproprier des terres agricoles au profit d’investisseurs, sans verser une juste compensation. Les manifestations se sont ensuite étendues à la région Amhara, dans le nord du pays, à l’été 2016.

 

Réprimées dans le sang, elles auraient causé la mort de 669 personnes au total en 2016, dont 462 dans la seule région Oromia, selon le dernier bilan officiel de la Commission des droits de l’homme en Ethiopie, un organe mandaté par le Parlement pour enquêter sur les violences. Amnesty International estime pour sa part qu’elles ont fait plus de 800 morts.

Les Nations unies et l’Union européenne ont réclamé des enquêtes indépendantes pour faire toute la lumière sur la répression de ces protestations antigouvernementales. Des demandes rejetées, le 19 avril, lors d’une conférence de presse, par le premier ministre, Hailemariam Desalegn, qui a invoqué la souveraineté de son pays.

 

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_ Détentions arbitraires

Bekuma (les prénoms ont été changés), ingénieur en génie civil dans une agence gouvernementale, n’a pas osé participer aux manifestations de peur des représailles. « Ils auraient pu me virer », dit le jeune homme d’une vingtaine d’années. Mais il était du côté des contestataires. Et il garde en lui cette « rage » partagée par tous ses amis, assure-t-il. Les rassemblements publics sont de fait interdits sans autorisation des autorités en Ethiopie depuis l’instauration de l’état d’urgence, le 9 octobre 2016. Mais qui oserait s’afficher comme « contestataire » auprès du pouvoir ? D’abord établi pour une durée de six mois, l’état d’urgence a été prolongé le 29 mars de quatre mois. Le ministre de la défense éthiopien, Siraj Fergessa, a justifié cette prolongation par la présence d’éléments pouvant perturber la paix et la sécurité.

 

Il a toutefois été assoupli : le couvre-feu autour de lieux considérés comme étant d’intérêt économique a été révoqués tout comme les pouvoirs spéciaux conférés aux services de sécurité pour rechercheret arrêter les suspects, ou fouiller leur domicile sans mandat. « Le gouvernement dit que l’état d’urgence a ramené le calme, mais c’est faux, c’est en raison des mesures cruelles qu’il a prises », poursuit Bekuma. Les forces de l’ordre « ont tué sans faire d’exception » et des gens ont perdu leur sœur, leur frère, leur père, explique-t-il. Il embraye sur des cas de harcèlement, sur les détentions arbitraires. Depuis le 9 octobre, des dizaines de milliers d’Ethiopiens ont été arrêtés et plus de 20 000 personnes libérées.

 

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_ Interrogatoires musclés

Gamsisa, 29 ans, en fait partie. Croix orthodoxe autour du cou, regard dur, il a passé deux mois dans le camp militaire de Tolay dans la région Oromia. « La première nuit, on était environ quarante prisonniers dans une pièce de 20 mètres carrés. Il faisait extrêmement chaud, on suffoquait, j’ai cru que j’allais mourir… », raconte-t-il. Ce n’était que le début. Plusieurs milliers de personnes ont subi des interrogatoires musclés dans ce camp isolé, sans pouvoir joindre leurs proches.

 

Pendant la durée de l’enquête censée désigner les fauteurs de troubles, les policiers, non contents de les frapper, les obligeaient à « se rouler comme des serpents » sur du gravier, à fixer le soleil des yeux, à sauter comme des kangourous, les pieds joints, sur des centaines de mètres. « C’était épuisant », raconte le blogueur éthiopien Seyoum Teshome, qui était dans la même cellule que Gamsisa.

 

Ce professeur d’université est le seul à accepter de témoigner sous son vrai nom. Il parle de « terreur rouge », en référence à la violente répression de 1977-1978, sous le régime marxiste de Mengistu Hailé Mariam, durant laquelle une centaine de milliers d’Ethiopiens furent exécutés ou disparurent. Le trentenaire replet, l’air fatigué, fume cigarette sur cigarette. Il a passé cinquante-six jours à Tolay. Des connaissances bien placées lui ont évité d’être torturé autant que les autres. Mais entendre à longueur de journée les cris et les supplications de ses codétenus lui était insupportable. « Ils utilisent l’état d’urgence comme un permis de torturer. » Quelques prisonniers ont fait un arrêt cardiaque, une jeune femme aurait fait une fausse couche, raconte-t-il dans un billet de blog publié sur le site d’Amnesty International.

 

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_ Rééducation politique

« Ils nous forçaient à nous confesser, explique Gamsisa. Des gens innocents ont avoué pour que cessent leurs souffrances. Ils ont été emmenés, on ne sait pas où ils sont… » Selon les rumeurs, ils ont été dispersés dans plusieurs prisons. Les autres sont restés à Tolay pour subir un « entraînement », une sorte de rééducation politique. Les prisonniers devaient notamment regarder des documentaires dénonçant le système féodal de l’empire d’Hailé Sélassié, le dernier empereur, qui a été destitué en 1974, et la dictature militaire communiste qui lui a succédé, celle du Derg et du colonel Mengistu. « Ils voulaient montrer à quel point les précédents régimes étaient antidémocratiques » en comparaison du leur, ironise Gamsisa, ajoutant que les moins attentifs recevaient des coups.

 

« Le gouvernement maintient un climat de peur, il nous terrorise, assure Seyoum Teshome. La peur est le sombre contraire de la liberté, qui effraie le gouvernement. Mais vous ne pouvez pas arrêter cette quête de liberté. »  Le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) est accusé de dominer sans partage la vie politique éthiopienne à travers notamment le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien, la coalition au pouvoir depuis vingt-cinq ans, qui a raflé tous les sièges du Parlement lors des élections générales de mai 2015.

 

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_ Censure

Les ethnies oromo et amhara, qui représentent près des deux tiers de la population, se sentent lésées face aux Tigréens. Lors des manifestations, cette minorité, qui compose 7 % de la population, était accusée d’accaparer les postes-clés du gouvernement, des forces de sécurité et des grandes entreprises, et de bénéficier de tous les privilèges. Les protestataires ont également dénoncé les manquements démocratiques, l’absence de liberté d’expression et les violences arbitraires.

 

Mais la crainte a désormais pris le pas sur les revendications. Un climat de peur a envahi la région Oromia. Sur le campus universitaire de Jimma, à 240 kilomètres au sud-ouest de Waliso, les allées bordées de palmiers n’ont jamais été aussi calmes. Quelques dizaines de jeunes diplômés en droit s’esclaffent, vêtus de tee-shirts portant un message en faveur de la justice. Celle que réclamaient des milliers d’étudiants il y a quelques mois en chantant le slogan « Down down Wayane ! » (« A bas le TPLF ! »).

 

Certains étudiants hésitent à témoigner, d’autres refusent catégoriquement. Sur Facebook et Twitter, accessibles seulement grâce aux réseaux privés virtuels qui permettent de contourner la censure, peu de gens osent poster des critiques sans pseudonyme, raconte Chala, 22 ans, assis sur un muret près de sa salle de cours. « On a tous peur d’être emprisonnés, harcelés, torturés », explique un élève en droit. Il assure que des « espions », des étudiants affiliés à l’Organisation démocratique du peuple oromo, également membre de la coalition au pouvoir, rôdent sur le campus. « Ils ont suivi les plus militants d’entre nous et les ont dénoncés ! », poursuit-il.

 

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_ « Un face-à-face sinistre »

Demere aussi a peur. « Ne mettez pas mon nom s’il vous plaît », implore l’étudiant en pharmacie, l’air inquiet, après avoir qualifié le régime de « dictature militaire ». Il n’a oublié ni les jeunes roués de coups, ni les gaz lacrymogènes, ni les violences pendant les manifestations. « On était pacifiques, ça a tourné à la violence » à cause des forces de l’ordre, déplore-t-il. Il connaît dix personnes emprisonnées. Ses parents l’ont supplié de ne plus remettre les pieds à l’université.

 

« Beaucoup d’étudiants sont encore traumatisés psychologiquement, ont des séquelles physiques, beaucoup ont été battus, certains ont arrêté leur cursus, soupire Abdi, 21 ans, futur médecin. L’état d’urgence viole la Constitution. Normalement, on devrait avoir le droit de manifester, de critiquer le gouvernement. Et celui-ci devrait répondre à nos revendications au lieu de les nier en envoyant tout son dispositif sécuritaire. »

 

Pour René Lefort, journaliste et chercheur spécialiste de la Corne de l’Afrique, le « pourrissement de la situation » est le scénario le plus probable. « D’un côté, le régime parvient à maintenir la loi et l’ordre à peu près, mais il ne réussit pas à gagner les cœurs et les esprits, faute de réformes assez profondes et rapides, dit-il. De l’autre, le mécontentement est contenu par la peur, par l’efficacité de la répression. On est dans un face-à-face assez sinistre qui peut durer relativement longtemps… Jusqu’à quand ? Personne n’en sait rien. »

Comme de nombreux étudiants interrogés, Abdi, lui, se dit que d’autres manifestations pourraient avoir lieu. « Un de ces jours, dans le futur », lâche-t-il, évasif. On sent de la colère dans le regard de ces jeunes. Mais le souvenir de la répression est encore trop frais.

 

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_ Plus de six ans de prison pour des commentaires sur Facebook.

Yonatan Tesfaye, ancien porte-parole du parti d’opposition Semayawi, a été condamné, jeudi 25 mai, à six ans et demi de prison par un tribunal d’Addis-Abeba pour « incitation au terrorisme ». Il avait été arrêté en décembre 2015 après avoir accusé la coalition au pouvoir en Ethiopie, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF), « d’user de la force contre le peuple, plutôt que de privilégier le dialogue pacifique avec le public ».

 

Les commentaires incriminés de Yonatan Tesfaye avaient été postés sur Facebook, en novembre 2015, peu de temps après le début de manifestations de jeunes Oromo pour protester contre un projet d’expansion d’Addis-Abeba, qui devait selon eux déboucher sur des expropriations en masse. Dans une lettre publiée jeudi, treize ONG ont demandé la libération immédiate des journalistes, défenseurs des droits de l’homme, dirigeants d’opposition et autres manifestants « arbitrairement détenus » pendant et depuis les manifestations.

 

Par Emeline Wuilbercq (Waliso (Ethiopie), envoyée spéciale)/ LE MONDE Le 25.05.2017 / Mis à jour le 26.05.2017/

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/05/25/en-ethiopie-la-contestation-des-oromo-etouffee-par-l-etat-d-urgence_5133895_3212.html

 

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7 – Éthiopie : la déstabilisation du gouvernement vise sa coopération avec la Chine

 

Dimanche, la tentative de déstabilisation du gouvernement éthiopien, lancée depuis plusieurs mois, a franchi un cap. Si l’Éthiopie est dans la ligne de mire, c’est notamment pour son partenariat de plus en plus fructueux avec la Chine dans le grand projet de « Nouvelle Route de la soie ». Depuis dimanche, la ville éthiopienne de Bishoftu est en deuil après de la mort d’au moins une soixantaine de personnes piégées dans un mouvement de foule après des affrontements avec la police pendant le traditionnel festival oromo Irreecha. La région Oromia est la plus importante du pays et c’est là que bouillonne un vaste mouvement de contestation antigouvernemental.

 

« En conséquence de ce chaos, des vies ont été perdues et plusieurs blessés ont été transportés à l’hôpital » a déclaré le bureau des communications du gouvernement. À la télévision, le Premier ministre Haile Mariam Dessalegn a dit que les émeutiers avaient « planifié le chaos » et nié les rapports selon lesquels les forces de sécurité auraient tiré à balles réelles. Il a également loué les efforts des forces de l’ordre pour protéger la population. Enfin, il a juré de traduire en justice les responsables de ces actes. Sur place, un médecin de l’hôpital de Bishoftu a confirmé à Radio France International que les corps ne portaient pas de blessures par balle.

 

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_ L’opposition et la NED

Merera Gudina, président de l’opposition du congrès fédéraliste Oromo, a vivement critiqué le gouvernement à qui il attribue l’entière responsabilité des événements ayant conduit à la mort des victimes. Mais qui est Gudina, et d’où a-t-il fait cette déclaration ? Il l’a faite depuis Washington, où il y a sa maison. L’homme y bénéficie également d’une bourse fournie par la fameuse National Endowment of Democracy (NED), depuis longtemps un canal par lequel passe les financements des « révolutions de couleurs » lancées contre tous ceux venant contester les desseins géopolitiques de l’oligarchie anglo-américaine. D’ailleurs, la plupart des leaders de l’opposition qui sont cités en direct à la télé aux États-Unis, ont tous obtenus de belles positions au NED, à Harvard, ou dans d’autres institutions des élites américaines.

 

L’interview de Gudina avec Reuters n’est pas une première. Il a été interviewé à plusieurs reprises par la « Fondation Thomson Reuters » qui finance la promotion de la « Primauté du droit » aux États-Unis. Il s’agit du groupe canadien Thomson Corp, qui a racheté Reuters en 2008. Le conseil d’administration de la fondation est rempli de dirigeants de banques et de sociétés d’investissement.

 

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_ Le train est en marche

Bien entendu, le calendrier de ces provocations est parfait. L’agence de presse chinoise Xinhuarapporte que le 5 octobre la liaison ferroviaire construite par les chinois qui part de la capitale éthiopienne et arrive au port de Djibouti est en passe de devenir pleinement opérationnel et sera le premier chemin de fer électrifié moderne de l’Afrique. L’électrification, qui est beaucoup moins cher que l’utilisation de locomotives diesel, a été rendue possible grâce aux investissements du gouvernement dans de grands projets hydroélectriques.

 

Cette ligne est déjà utilisée depuis le mois de juin dernier pour apporter de la nourriture d’urgence dans les zones frappées par la sécheresse. Longue de 753 kilomètres, elle permet aux trains d’atteindre la vitesse moyenne de 120 km par heure. Construit par la China Railway Group et la China Civil Engineering Construction Corp, elle représente un investissement de quatre milliards de dollars. La nouvelle ligne permet de réduire la durée du trajet entre Djibouti et la capitale éthiopienne à 10 heures seulement, au lieu de 7 jours précédemment !

 

Zeng Deli, directeur de projet du China Railway Group explique à Xinhua : Le chemin de fer est construit sur le modèle des normes technologiques du chemin de fer chinois tout en tenant compte des conditions propres de l’Éthiopie et de Djibouti. La construction du projet a été finalisée en six ans, ce qui est considéré, y compris en Chine, comme un miracle.

 

20 000 travailleurs ont dû être embauchés pour compléter un tronçon de la ligne. Il était impossible de n’avoir que des ouvriers chinois, a précisé Fu Xun, un autre responsable du projet. Les équipes chinoises ont donc assuré la formation de 15 000 travailleurs locaux. Le chemin de fer, à écartement standard moderne est parallèle à celui, décrépit, construit il y a plus de 100 ans par les européens. Plus de 90 % des importations et des exportations de l’Éthiopie – et notamment, en énergie et en nourriture – passent par le port de Djibouti. La capacité du réseau routier actuel est depuis longtemps submergée.

 

Cette ligne Abeba-Djibouti est la première étape d’un vaste réseau ferroviaire. L’Éthiopie entend construire 5 000 km de voies ferrées d’ici à 2020. En plus d’assurer un acheminement plus rapide des biens et des personnes, l’Éthiopie entend bien faire de cet outil un catalyseur de son développement national.

 

La rédaction/ jeudi 6 octobre 2016

 

http://www.solidariteetprogres.org/actualites-001/Ethiopie-destabilisation-gouvernement-cooperation-Chine.html

 

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8 – Le Nigeria de nouveau menacé par la sécession entre l’Arewa et le Biafra

 

Il est déjà à l’origine du conflit du Biafra en 1967. Le conflit inter-ethnique au Nigeria fait resurgir la menace d’une sécession du pays. Une nouvelle fois l’ethnie Igbo, les chrétiens du Biafra, est au cœur des tensions. Des groupes musulmans lui demandent de quitter les régions du nord du pays. La mise en demeure émane de groupes de jeunes musulmans du Nord. La déclaration adoptée et rendue publique à Kaduna, le 6 juin 2017, demande aux Igbos de quitter le nord du pays à compter du 1er octobre 2017, jour anniversaire de l’indépendance du pays. Dans le même temps, les «Nordistes» vivant au Sud sont invités à revenir «au pays». La coalition annonce également des actions futures pour dénoncer un Etat fédéral qui inclut les Igbos.

 

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_ Le rêve de l’Arewa
La revendication d’un Etat souverain au nord, l’Arewa, n’est pas nouvelle. Dans ce pays aux 250 groupes ethniques, ce n’est pas la première fois que des tensions apparaissent. C’est le cas en particulier entre musulmans du Nord et chrétiens du Sud. Le Sud et son pétrole qui s’oppose au Nord pauvre et peu développé. Mais ce sont surtout les agissements de Boko Haram qui ont marqué la communauté chrétienne dans les régions du nord-est et du centre du Nigeria. Incendies d’églises, attaques de villages, attentats à la bombe, les morts se comptent par centaines.

 

La résolution de l’Arewa adoptée le 6 juin ne parle pas d’actions violentes. Pour autant, l’Etat fédéral a décidé de poursuivre en justice les signataires pour ce qui est considéré comme une «déclaration de guerre». Pourtant, si des groupes sont cités, il n’est pas sûr, selon Sahara Reporters, que tous leurs leaders aient signé ce texte. L’un d’entre eux, Ahmed Yerima, dément que la coalition ait appelé à des actions violentes. Selon lui, il s’agit d’une réponse aux groupes activistes Igbos qui agissent dans le Sud.

 

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_ Le réveil du Biafra
Ainsi, un certain Indigenous People of Biafra (IPOB) milite pour obtenir un référendum d’autodétermination du peuple biafrais. Il annonce boycotter les élections à venir tant que le gouvernement du Nigeria n’aura pas fixé une date. Un vote pour déterminer «une fois pour toute si le peuple du Biafra veut demeurer dans son état d’humiliation, de servitude et de désespoir au Nigeria». IPOB se revendique comme un mouvement pacifiste. Il ne veut pas la guerre, juste un référendum, déclare son leader Mazi Nnamdi Kanu.

 

Mais comme le rapporte cet article du Daily Post, certains dans le pays soufflent sur les braises. Ainsi, l’info d’une attaque contre des Igbos dans l’Etat de Kaduna était fausse. Le message audio émanant d’un soi-disant témoin oculaire faisait état de l’attaque d’un bus et du massacre de ses passagers Igbos. Le porte-parole du gouverneur de l’Etat de Kaduna a démenti qu’il y ait eu un attentat lors d’une conférence de presse, évoquant «des forces obscures (qui) s’efforcent de semer la panique dans notre communaut黫Notre Etat est un lieu sûr pour tous ceux qui l’ont choisi pour y faire leur vie.» Une référence directe à la présence des Igbos, peuple commerçant venu du sud du pays, installé de longue date dans le nord.

 

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_ Un président musulman empêché par la maladie
Ce regain de tension n’est peut-être pas étranger à la situation à la tête de l’Etat nigérian. Depuis le 9 mai, le président Muhammadu Buhari est empêché pour des raisons de santé. Cela avait déjà été le cas en début d’année durant deux mois. Buhari est à Londres pour se soigner, et c’est le vice-président Yemi Osinbajo qui assure l’intérim pour la seconde fois (article payant). Or, si Buhari est musulman, Osinbajo est anglican et natif de Lagos. Le pouvoir ne sera pas resté longtemps aux mains des musulmans. C’est seulement en mai 2015 que Buhari avait remplacé Goodluck Jonathan, un homme du Sud.

Curieusement aussi, c’est la seconde fois que la maladie perturbe le «ticket» convenu. Un président du Nord et un vice-président du Sud. Ainsi, Goodluck Jonathan est devenu président à la suite du décès de son colistier Umar Yar’Adua. Cette fois encore, le scénario semble se répéter. De quoi potentiellement énerver certains milieux musulmans. A tort ou à raison, un groupe de militants du Sud met en garde le Nord contre tout soutien à un coup d’Etat envers Yemi Osinbajo. On le voit, plus aucune confiance ne cimente l’Etat fédéral nigérian. Buhari l’avait annoncé ruiné par la chute du pétrole. Le manque de partage des richesses creuse le fossé entre ethnies. Il y a cinquante ans, le même type de conflit entre Nord et Sud, musulmans et chrétiens, avait conduit à la terrible guerre du Biafra. Il serait urgent de s’en souvenir.

 

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique/ Publié le 28/06/2017/

 

http://geopolis.francetvinfo.fr/le-nigeria-de-nouveau-menace-par-la-secession-entre-l-arewa-et-le-biafra-148131

 

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9 – Nigeria : En échange avec les prisonniers, Boko Haram libère 82 de leurs otages lycéennes depuis 2014

 

Cette zone du Sahel qui regroupe le Tchad, le Nigeria, le Cameroun, le Niger, finira-t-elle un jour avec le groupe Djihadiste Boko Haram qui sème la terreur et la désolation soi-disant au profit ou au compte de l’Islam ? Il est vraiment nécessaire de nourrir des réflexions de ce genre pour permettre à beaucoup d’Africains n’ayant pas pris encore conscience du retard de leur continent de se réveiller de leur sommeil stupide. Franchement c’est désolant et cynique que beaucoup de groupes armés ou djihadistes à l’exemple de Boko Haram se tournent souvent vers les enfants et les femmes pour mettre en application un bon nombre de leurs projets et stratégies sanguinaires. Et les réalités sont palpables.

 

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En effet, depuis hier samedi 06 mai 2017 les autorités nigérianes ont annoncé la libération de quatre-vingt-deux lycéennes de la ville de Chibok, dans l’Est du Nigéria ce samedi des mains du groupe terroriste Boko Haram dans le cadre d’un échange de prisonniers. « En échange de membres présumés de Boko Haram détenus par les autorités, aujourd’hui, 82 nouvelles filles de Chibok ont été libérées », a déclaré la présidence nigériane à travers un communiqué de presse rendu public aux journalistes nationaux et internationaux.

 

D’après RTBF et ces agences belges ayant assisté à la conférence de presse de la présidence nigériane, plus tôt dans la journée, l’information de cette libération avait été relayée notamment par le mouvement de Bring Back Our Girls (BBOG, qui manifeste pour la libération des lycéennes depuis leur enlèvement), en contact avec des parents des filles retenues en otage.

 

Sur les 276 écolières âgées de 12 à 17 ans enlevées par Boko Haram le 14 avril 2014 à Chibok, 57 étaient parvenues à s’échapper juste après le rapt. 21 autres avaient été libérées en octobre 2016, après des négociations entre Boko Haram et le gouvernement, avec l’aide du Comité International de la Croix-Rouge et de la Suisse. L’une d’elles avait rapporté avoir survécu à la faim et à la soif durant 40 jours, et avoir échappé de peu à la mort au moins une fois.

 

Le pays a commémoré le mois dernier ce triste évènement, les autorités affirmant poursuivre des efforts considérables en vue de la libération du reste du groupe. « L’opération militaire suit son cours pour débarrasser le nord-est des terroristes toujours présents, en particulier dans la forêt de Sambisa. En même temps, des discussions sont en cours afin de libérer d’autres écolières en plus de celles déjà libérées », avait affirmé un porte-parole de la présidence nigériane, Garba Shehu, lors d’une interview à la BBC.

 

Les lycéennes de Chibok sont devenues le symbole des dizaines de milliers de personnes encore détenues par Boko Haram qui utilise le kidnapping de masse comme moyen derecrutement.Ces jeunes filles avaient été enlevées en 2014 par le groupe djihadiste avec près de 200 autres lycéennes.

 

Ahmat Zéïdane Bichara/ 7 Mai 2017/

 

http://zeidane.over-blog.fr/2017/05/nigeria-en-echange-avec-les-prisonniers-boko-haram-libere-82-de-leurs-otages-lyceennes-depuis-2014.html

 

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