AFRIQUE/ SOCIAL/ EDUCATION/ EMPLOI : les ratés du système éducatif africain (violences, grèves, formation escamotée, sous-emploi et chômage…)

 

«  Le chômage des jeunes est un problème partout en Afrique, sauf dans un pays : Sur le continent africain, la croissance démographique surpasse bien souvent la croissance économique. Conséquence, la jeunesse est confrontée au chômage de masse un peu partout. La fondation Mo Ibrahim a publié un rapport dans lequel elle met en exergue ce problème de société qui touche l’Afrique.  «Après avoir observé la situation de 51 pays, la fondation Mo Ibrahim constate que malgré la croissance économique, le chômage reste toujours à un niveau élevé. Même dans les pays qui ont des taux de croissance différents, le taux de chômage des jeunes reste statique. Au Kenya et au Soudan, 22% des jeunes n’ont pas d’emploi. En 2016, le Kenya affichait pourtant une croissance de 6% de son PIB, alors que le Soudan avait une croissance deux fois moins forte, à 3,1%», observe les auteurs de l’étude.  

Mais un pays se distingue de la masse en Afrique: l’Ethiopie : «Le taux de chômage global et celui des jeunes en Ethiopie est resté relativement stable lors de la dernière décade. L’année dernière, le taux de chômage était de 5,7%, alors que celui des jeunes était de 8,1%. Pour le reste du continent ces chiffres étaient de 8% en moyenne pour le taux de chômage et de 13% pour les jeunes», rapporte le site d’information Quartz. »

 

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1 – Bâtir des systèmes éducatifs africains pour un avenir prospère

 

L’Afrique souffre cruellement de l’absence d’une masse critique de main-d’œuvre qualifiée. Un déficit dû au faible accès aux systèmes éducatifs et à un taux important d’abandon scolaire. Seul un tiers environ des enfants fréquentent l’enseignement secondaire sur le continent. La situation est encore plus alarmante pour l’enseignement supérieur, avec un taux d’accès d’à peine un sur dix. À titre de comparaison, les taux sont trois fois plus élevés dans les autres pays en développement. En effet, l’Afrique compte la moitié des enfants non scolarisés en âge de fréquenter l’école primaire et le premier cycle du secondaire dans le monde – soit quelque 60 millions de jeunes au total. Ce qui fait peser une menace grave sur la cohésion sociale et la productivité de la main-d’œuvre de demain. Aujourd’hui, le tout est de savoir ce que l’on peut faire pour y remédier.

 

Tous les trois ans, l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) réunit tout le monde de l’éducation et de la formation en Afrique. « Revitaliser l’éducation dans la perspective du Programme universel 2030 et de l’Agenda 2063 pour l’Afrique » est le thème, cette année, de la triennale de l’ADEA, qui se tient cette semaine à Dakar, au Sénégal. Lieu de débat et d’échanges d’expériences, ce forum dédié à l’éducation en Afrique est l’occasion, pour les participants, d’esquisser des idées pour améliorer les politiques et les activités et de voir comment nous pouvons travailler ensemble pour obtenir de meilleurs résultats. Certes, le continent est en train d’enregistrer des progrès. Mais la réforme des systèmes d’enseignement n’est pas assez rapide pour véritablement préparer les jeunes Africains à un avenir dynamique.

 

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Certes, l’accès à l’éducation s’améliore : ces quinze dernières années, l’Afrique a réduit de moitié le nombre d’enfants d’âge scolaire primaire qui ne fréquentent pas encore l’école. On enregistre également des progrès dans la scolarisation des jeunes dans l’enseignement secondaire et supérieur. On assiste aussi à une augmentation de la fréquentation des centres de formation professionnelle, qui représentent près de 25 % de la fréquentation scolaire globale. Mais il reste encore beaucoup à faire pour que les systèmes éducatifs africains accompagnent réellement la transformation économique du continent. La plupart d’entre eux sont confrontés à une triple crise : rareté du capital humain, piètre qualité de l’enseignement et faible inclusion, en sus d’un manque d’ajustement aux besoins du secteur privé.

 

 

Les lacunes de l’enseignement en Afrique au plan qualitatif sont perceptibles à travers le déficit de compétences fondamentales et d’aptitudes cruciales que présentent les étudiants. Environ un tiers des enfants déscolarisés du primaire ne sait ni lire ni écrire. Les entreprises internationales accordent autant d’importance aux compétences relationnelles qu’aux compétences techniques. Or les classes africaines ploient pour la plupart sous le poids des enseignants et offrent très peu de possibilités aux étudiants de développer ces compétences. En outre, l’Afrique fait face à des défis en termes d’inclusion (genre, espace, revenu). Les disparités entre les sexes, par exemple, s’aggravent fortement entre l’école primaire et l’enseignement supérieur.

 

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Les aptitudes et les compétences disponibles ne répondent pas suffisamment aux besoins du marché du travail. Un exemple ? Les programmes de formation professionnelle qui, trop rigides bien souvent, ne parviennent pas à s’adapter assez rapidement aux besoins du marché du travail – secteur informel compris ! Il y a trop peu de scientifiques et d’ingénieurs dans les secteurs qui stimulent la transformation économique de l’Afrique. Ces faiblesses systémiques contribuent à un taux de chômage élevé, en particulier chez les jeunes.

 

Cet état de fait serait déjà préoccupant dans un environnement statique. Or nous sommes à l’avant-scène de la quatrième révolution industrielle, avec la convergence des nouvelles technologies telles que les TIC, l’intelligence artificielle et la robotique qui révolutionnent les économies tout en accélérant d’une manière vertigineuse le rythme du changement. Et si l’Afrique a la possibilité de faire l’impasse sur des technologies surannées toujours en cours dans des économies avancées, certains pays du continent risquent de rater le coche faute d’investissements dans les sciences, les technologies, la recherche et le développement. Aux dépenses de recherche et développement extrêmement faibles, s’ajoute un manque criant de chercheurs qualifiés.

 

Seules cinq universités africaines figurent parmi les 500 meilleures universités du monde. Le résultat, hélas, tout le monde le connaît : les économies africaines n’arrivent pas à transformer leurs matières premières en produits finis haut de gamme à même de s’imposer sur les marchés mondiaux.

 

 

 

Nous sommes en train de mettre en place deux grands programmes phares dans ces domaines. Le premier, « Repenser l’éducation et l’apprentissage pour la transformation de l’Afrique », vise à aider les pays africains à adopter une approche holistique de leurs systèmes éducatifs. Il devrait leur permettre de tirer le meilleur parti des dépenses éducatives pour produire les diplômés qualifiés nécessaires au développement national. Pour y parvenir, les dialogues sur les politiques avec les gouvernements seront conjugués à une assistance technique et au soutien financier nécessaire.

 

Le deuxième programme phare, « Renforcer la science, les technologies et l’innovation dans les pays africain s», s’avère également ambitieux. Il s’agit, ni plus ni moins, de s’assurer que l’Afrique ne rate pas le coche de la quatrième révolution industrielle. Ce programme entend s’ancrer dans des secteurs prioritaires que sont l’agriculture, l’énergie, les TIC, les infrastructures, les produits pharmaceutiques, la nutrition et les économies dites verte et bleue. Ce qu’il compte faire en misant sur les systèmes nationaux d’innovation, de programmes d’entrepreneuriat et d’incubateurs, et en encourageant l’enseignement des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques, surtout chez les femmes.

 

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La BAD redoublera d’efforts également pour aider les pays africains à convertir la recherche et les innovations existantes en produits et services commercialisables, tout en veillant à protéger les droits de propriété intellectuelle des chercheurs et innovateurs africains. Ce n’est pas tout. Sachant que, l’un des objectifs majeurs des systèmes d’éducation et de formation est de favoriser l’emploi, nos efforts ne s’arrêtent pas à la salle de classe. La Stratégie de la BAD pour l’emploi des jeunes constitue une réponse directe à la nécessité – vitale – d’offrir des emplois aux jeunes en Afrique. Elle ambitionne de créer 25 millions d’emplois directs et d’autonomiser 50 millions de jeunes dotés de compétences professionnelles, notamment dans l’agriculture, l’industrie et les TIC. Ce, à travers nos différents projets.

 

Les dirigeants africains accordent de plus en plus d’importance à un enseignement adapté et à l’employabilité. C’est un gage que les discussions de cette semaine à Dakar avec les hauts fonctionnaires, les partenaires au développement, les entreprises et les organisations de la société civile nous aideront à aller de l’avant. Cet aiguillon nous permettra de concevoir des systèmes d’éducation et de formation centrés sur les compétences et l’emploi dont nous avons tant besoin aujourd’hui mais aussi dans les années à venir.

 

Triennale de l’éducation et de la formation ADEA 2017/ Stratégie de la BAD pour l’emploi des jeunes (2016-2025) 

 

16 mars 2017/ Par Jennifer Blanke, Vice-présidente, Agriculture, Développement humain et social, BAD
Etienne Porgo, Chef de division, Département du développement humain et social, BAD
Borel Anicet Foko Tagne, Économiste de l’éducation, Département du développement humain et social, BA

 

https://www.afdb.org/fr/blogs/economic-growth-human-and-social-development/post/building-africas-education-systems-for-a-prosperous-future-16831/

 

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2 – Education : les bons et mauvais élèves de l’Afrique francophone

 

La Banque mondiale a récemment rendu public les résultats de l’évaluation internationale des acquis scolaires menée en 2014 dans 10 pays d’Afrique francophones. L’étude qui entre dans le cadre d’un Programme d’analyse des systèmes éducatifs (PASEC), vise à apprécier les compétences des élèves en mathématiques et en lecture. La Tribune Afrique détaille ici les résultats obtenus par les 10 pays en fonction de leur performance dans le secteur tout en mettant en évidence les aspects positifs et les limites tels que relevés par les experts de la Banque mondiale.

 

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(EDUCATION/ Lancement de la 1ère Ecole Doctorale du Burundi, à l’Université du Burundi -U.B)

_ Burundi

C’est l’une des surprises  du résultat de l’étude de la Banque mondiale. Le Burundi a obtenu les meilleurs résultats de l’évaluation PASEC 2014, puisqu’il se classe au premier rang en matière d’éducation des enfants, notamment pour les filles les plus pauvres, et d’égalité d’accès à une éducation de qualité. De mêmes, l’étude relève que les disparités entre les sexes, les riches et les autres sous-groupes de population sont minimes. « Cependant et malgré des résultats supérieurs à ceux de tous les autres pays couverts, seulement 34 % des enfants achèvent leur scolarité primaire en ayant atteint le niveau de maîtrise suffisant défini par le PASEC pour les mathématiques et la lecture » ont mis en évidence les experts du rapport, lesquels justifient ce problème par l’amplification des taux d’achèvement du primaire relativement bas par comparaison avec d’autres pays du programme.

 

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_ Sénégal

Selon l’évaluation de la Banque mondiale, sur les 10 pays ayant participé à l’évaluation PASEC 2014, le Sénégal se classe au deuxième rang pour la proportion d’enfants qui terminent le cycle primaire en ayant acquis des compétences suffisantes en lecture et en mathématiques. Le pays se classe également au deuxième rang pour l’éducation des filles les plus pauvres mais il recule au septième rang pour l’égalité d’accès à une éducation de qualité.« Les importantes disparités constatées entre les élèves les plus aisés et les élèves les plus pauvres montrent que si le Sénégal parvient à instruire ses enfants les plus riches, il lui faut améliorer également les acquis scolaires du reste de la population » ont recommandé les auteurs du rapport.

 

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(Université Denis-Sassou-N’Guesso)

 _ Congo

Sur les 10 pays ayant participé à l’évaluation PASEC 2014, la République du Congo se classe au troisième rang pour l’égalité d’accès à une éducation de qualité. Cependant, si le pays est également classé quatrième en matière d’éducation des filles surtout issues des milieux défavorisés, il n’arrive qu’à la septième place pour l’éducation des enfants. « D’importantes disparités persistent entre les résultats des élèves les plus riches et ceux des plus pauvres », a souligné le rapport prenant comme exemple le fait que les élèves appartenant à a catégorie des milieux riches devancent le reste de la population. Ce qui n’est en rien surprenant mêmes sur les autres parties du continent tout comme me constat que les écoles privées obtiennent de bien meilleurs résultats que les écoles publiques. Pour le Congo, « le principal défi consistera à améliorer les acquis scolaires des autres groupes de population, au-delà du quintile le plus riche ».

 

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_ Burkina Faso

Sur les 10 pays ayant participé à l’évaluation PASEC 2014, le Burkina Faso se classe au quatrième rang pour l’égalité d’accès à une éducation de qualité mais au sixième rang pour l’éducation des filles les plus pauvres. Cependant, le rapport de la Banque mondiale a constaté que seul 28 % des enfants achèvent leur scolarité primaire en ayant atteint le niveau de maîtrise suffisant défini par le PASEC pour les mathématiques et la lecture. « Des disparités persistent entre les résultats scolaires des élèves les plus riches et ceux des élèves les plus pauvres, surtout chez les filles », ont noté les auteurs pour qui « améliorer les résultats scolaires des filles les plus pauvres sera donc un défi majeur pour l’avenir ».

 

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_ Bénin

Le Bénin a été classé au cinquième rang pour l’égalité d’accès à une éducation de qualité et au troisième rang pour l’éducation des filles les plus pauvres. Toutefois, seulement un quart des enfants achèvent leur scolarité primaire en ayant atteint le niveau de maîtrise suffisant défini par le PASEC pour les mathématiques et la lecture. Pour la Banque mondiale, d’importantes disparités persistent entre les résultats scolaires des élèves appartenant à la classes sociale des riches et ceux du reste de la population.

 

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_ Togo

Sur les 10 pays ayant participé à l’évaluation PASEC 2014, le Togo est arrivé au cinquième rang pour l’éducation des filles les plus pauvres et au sixième rang pour l’égalité d’accès à une éducation de qualité. Un quart des enfants achèvent cependant leur scolarité primaire en ayant atteint le niveau de maîtrise suffisant défini par le PASEC pour les mathématiques et la lecture. Pour la Banque mondiale, « s’il réussit à assurer l’éducation des enfants les plus riches, le Togo va devoir s’atteler à l’éducation du reste de la population ».

 

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_ Cameroun

Le Cameroun s’est classé au sixième rang pour l’éducation des enfants, au septième rang pour l’éducation des filles les plus pauvres et au huitième rang pour l’égalité d’accès à une éducation de qualité. Avec seulement 23 % des enfants qui achèvent leur scolarité primaire en ayant atteint le niveau de maîtrise suffisant défini par le PASEC pour les mathématiques et la lecture, le rapport de la Banque a souligné les disparités importantes en matière d’apprentissage. Ces disparités  persistent notamment entre les élèves les plus aisés et les élèves les plus démunis, ce qui implique le défi majeur pour le pays, c’est  la réduction des inégalités d’acquis scolaires, particulièrement chez les plus pauvres.

 

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_ Côte d’Ivoire

C’est un résultat qui n’honore pas la première puissance économique de la zone UEMOA mêmes s’il faut tenir compte du contexte qui avait prévalu, durant presque une décennie,  dans le pays et dont les répercussions sur le système éducatif vont au delà de l’année de la réalisation  de l’étude. Sur les 10 pays ayant participé à l’évaluation PASEC 2014, la Côte d’Ivoire a été classé au huitième rang pour l’éducation des enfants et pour l’éducation des filles les plus pauvres.

 

Comme motif de satisfaction, le pays arrive au deuxième rang pour l’égalité d’accès à une éducation de qualité mais selon le rapport, les faibles disparités en termes d’acquis scolaires s’expliquent par la médiocrité des résultats obtenus dans l’ensemble du système éducatif. Il va falloir opérer une réforme en profondeur du secteur surtout pour accompagner les efforts du pays pour atteindre l’émergence que vantent les autorités. La Banque mondiale vient d’ailleurs de rendre publique un rapport d’analyse de l’évolution de la situation économique ainsi que de ses perspectives d’évolution de l’économie ivoirienne. La principale conclusion, c’est que pour accéder à l’émergence économique, le pays doit  au préalable réformer son système éducatif  en intensifiant les investissements publics et surtout en s’assurant de l’efficacité des dépenses budgétaires qui seront consacrées au secteur.

  

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_ Tchad

Les résultats du Tchad, déjà pas du tout reluisants, auraient certainement été encore médiocres si l’évaluation a été menée cette année. Ce n’est certes pas le seul pays de la région qui fait face à une récurrence de mouvements sociaux qui perturbent les écoles, mais au Tchad, les grèves ont pris une véritable tournure inquiétante en début d’année scolaire c’est-à-dire en fin 2016. Si la situation est en train de s’améliorer en ce début d’année, les séquelles ne manqueront pas d’amplifier les défis dans ce secteur qui dans le PASEC 2014 déjà, se voit classé au neuvième rang pour l’éducation des enfants comme pour l’éducation des filles les plus pauvres et se situe au dernier rang pour l’égalité d’accès à une éducation de qualité. 

« Tous les sous-groupes de population en fonction du sexe, du lieu de résidence et des revenus obtiennent de mauvais résultats », a noté le rapport de la Banque mondiale qui a mis en exergue par la même occasion que la catégorisation entre écoles publiques et privées est « la seule différence notable qui existe ». Pour les auteurs du rapport, le renforcement des acquis scolaires dans l’ensemble du système éducatif apparaît comme le principal défi à relever pour le Tchad.

 

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_ Niger

L’onde de choc des piètres résultats obtenus par le Niger dans l’évaluation PASEC 2014 a été telle que les autorités du pays en charge de l’éducation ont été les premiers à réagir à leur publication par la Banque mondiale. Dans une conférence de presse sur la télévision publique, le ministre nigérien de l’enseignement primaire a promis la mise en œuvre d’un programme d’amélioration de la qualité du système éducatif du pays. Ce qui devrait se traduire par une évaluation de près de 72.000 formateurs recrutés ces derniers temps sur la base de différents systèmes adoptés depuis les années 2000, volontariat ou contractualisation, qui expliquent en partie la situation de l’école nigérienne.

 

En cause, la formation assez « superficielle »des enseignants, ce qui impacte logiquement la qualité de l’enseignement scolaire. Sur les dix pays concernés par l’évaluation PASEC 2014, le Niger a été en effet classé au dixième rang pour l’éducation des enfants et pour l’éducation des filles les plus pauvres et se situe au neuvième rang pour l’égalité d’accès à une éducation de qualité. « Ces mauvais résultats concernent tous les sous-groupes de population, à l’exception des élèves qui fréquentent les écoles privées, dont les performances sont bonnes », ont noté les auteurs du rapport. Le bilan de la consultation ? « Des interventions à tous les niveaux du système éducatif sont nécessaires pour renforcer les acquis scolaires dans l’ensemble du pays », selon l’ordonnance de la Banque mondiale.

 

Par Aboubacar Yacouba Barma/ 04/02/2017/

 

http://afrique.latribune.fr/politique/politique-publique/2017-02-04/education-les-bons-et-mauvais-eleves-de-l-afrique-francophone.html

 

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3 – Ressources Humaines : l’Afrique subsaharienne encore peu compétitive sur le marché mondial des talents

 

L’indice mondial de compétitivité des talents vient de paraitre. Sur 118 pays classés, seul 19 sont issus d’Afrique subsaharienne. Et en dehors de quelques exceptions, ils apparaissent en grande majorité vers le bas du tableau. Systèmes éducatifs inadéquats aux besoins du marché mondial, cadre réglementaire rigide,…les talons d’Achille. Détails. En matière d’attractivité des talents, l’Afrique subsaharienne reste encore peu compétitive. C’est ce qui ressort de l’indice mondial 2017 de compétitivité et talents (GTCI) fraîchement publié par l’Institut européen d’administration des affaires (Insead), en partenariat avec l’institut public singapourien Human Capital Leadership Institute et le groupe suisse Adecco, leader mondial des solutions en ressources humaines. Il s’agit d’un classement des pays en fonction de leur capacité à développer, attirer et retenir les talents.

 

Alors que l’Europe et l’Amérique du Nord dominent l’indice avec la Suisse pays le plus attractif pour les talents du monde entier, le Royaume-Uni (3ème) et les Etats-Unis (4ème), l’Asie du sud-est lui emboîte le pas avec Singapour n°2 mondial. L’Afrique subsaharienne, elle, ne vient qu’en dernière position et dispose du score régional le plus faible.

 

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Ainsi sur 118 pays étudiés (couvrant 84 % de la population et 96 % du PIB mondial)
cette année, seuls 19 sont d’Afrique subsaharienne et logent pour la plupart au bas du tableau. Lesotho (101), Ghana (102), Ouganda (106), Cameroun (109), Ethiopie (110), Mali (112), Tanzanie (114), suivie du Mozambique, le Zimbabwe, le Burkina Faso et Madagascar qui arrive sur la 118ème marche. Le Sénégal, quant à lui, boucle le top 100, devancé par le Kenya (97ème), le Rwanda, (91ème), la Zambie (89ème) et la Namibie (76ème).

 

Généralement, selon le rapport, les pays d’Afrique subsaharienne présentent des faiblesses quant à leur système éducatifs qui ne permettent pas toujours l’obtention de compétences professionnelles et techniques répondant au besoin du marché du travail. L’autre talon d’Achille est bien le cadre réglementaire qui est n’est assez souple pour permettre aux talents en quête d’horizons favorables de s’y projeter. Et même lorsqu’ils arrivent à capter quelques profils, ces pays arrivent très difficilement à les retenir.

 

 

_ Maurice, l’élève exemplaire

Cependant, la sous-région présente tout de même quelques exceptions. On trouve celles-ci dans la partie australe du continent. Il s’agit de l’Afrique du Sud qui arrive 67ème, ainsi que le Botswana qui se contente de la 63ème place, se profilant ainsi comme le deuxième pays africain en termes d’attractivité des talents. Mais le meilleur élève subsaharien n’est autre que l’Ile Maurice, qui siège dans le top 50 au 46ème rang.

 

Avec un score (49,15 points) au-dessus de la moyenne de l’indice, cette petite République qui fait à peine son entrée dans ce classement lancé en 2016 se montre beaucoup plus attractive pour les ressources humaines talentueuses, que des économies beaucoup plus développées telles la Chine (54) ou la Russie (56). Ses points forts : sa capacité à attirer les talents (35ème mondial), mais surtout à les retenir (29ème), grâce notamment à son paysage réglementaire « particulièrement bon », souligne les auteurs du rapport.

 

Conçu tel un outil d’audit des performances des pays en termes d’attractivité des talents, le GTCI se veut un appui pour les gouvernements, les entreprises ainsi que les organismes sans but lucratif à travers le monde, le but étant de contribuer à« surmonter l’inadéquation des talents et renforcer la compétitivité sur le marché mondial ».

 

Par Ristel Tchounand/ 17/01/2017/

 

http://afrique.latribune.fr/entreprises/2017-01-17/rh-l-afrique-subsaharienne-encore-peu-competitive-sur-le-marche-mondial-des-talents.html

 

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4 – Pourquoi la démographie est un enjeu économique pour l’Afrique

 

L’émergence de l’Afrique est à ce prix. Pour le démographe Jean-Pierre Guengant, le continent doit absolument maîtriser sa politique de natalité. La plupart des pays d’Afrique subsaharienne aspirent à devenir rapidement des pays émergents à croissance forte, inclusive et durable. Cependant, l’importance des investissements démographiques, en santé, éducation, logements, etc. qu’ils doivent continuer à faire constitue un des obstacles majeurs pour cet objectif. En effet, comme nous l’avons vu dans nos précédentes data visualisations (ici et ), la fécondité y reste presque partout supérieure à 4 enfants par femme. En comparaison, pour les pays émergents, elle est aujourd’hui d’environ 2 enfants par femme (entre et 1,5 et 3 enfants).

 

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_ Des normes natalistes inchangées

Le maintien d’une forte fécondité en Afrique subsaharienne depuis les années 1960 est le résultat de facteurs socio-économiques et culturels. La faiblesse des niveaux d’instruction, d’urbanisation et du statut de la femme dans la plupart des pays sont des facteurs défavorables à une maîtrise consciente de la fécondité. Aussi, les sociétés africaines continuent de valoriser les familles nombreuses et les femmes ayant beaucoup d’enfants. La persistance de ces normes « natalistes » s’est traduite par une résistance à une utilisation de la contraception.

 

L’utilisation de la contraception en Afrique subsaharienne reste faible. Selon les résultats des dernières enquêtes, elle est, dans la moitié des pays, égale au plus à 20 % parmi les femmes mariées ou vivant maritalement. En revanche, elle se situe entre 60 % et 85 % dans la majorité des pays en développement ayant achevé leur transition de la fécondité : les femmes de ces pays ont donc réussi à maîtriser consciemment la taille de leur famille. Ce qui leur a permis d’entrer sur le marché du travail et d’être plus autonomes. Ces femmes ont ainsi réalisé en 30, 40 ans ce qu’on a appelé leur « révolution contraceptive ».

 

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_ Révolution contraceptive

La faible utilisation de la contraception en Afrique subsaharienne est fortement corrélée à la faiblesse de la demande du côté des femmes. En effet, dans la moitié des pays, moins de 50 % d’entre elles ont exprimé un besoin en contraception. Contre 70 à 90 % des femmes dans la majorité des autres pays en développement. La faible demande peut s’expliquer par le fait que de nombreuses femmes ne sont pas encore pleinement conscientes de leurs droits en la matière. On encore que les pressions du conjoint, de la famille et de l’environnement dans lequel elles vivent les empêchent d’exercer ces droits. Par ailleurs, la faiblesse des programmes de planification familiale dans la plupart des pays peut décourager les femmes de l’utiliser.

 

Mais surtout, la faiblesse de l’utilisation de la contraception et de la demande correspondante apparaît liée aux normes natalistes toujours dominantes. En effet, dans la plupart des pays, les femmes ont indiqué un nombre idéal d’enfants supérieur à quatre, contre deux à trois dans la plupart des autres pays en développement. À noter que les nombres idéaux d’enfants en Afrique subsaharienne diminuent lentement. Mais restent toujours élevés parmi les jeunes femmes, y compris celles ayant suivi des études secondaires.

 

Dans ce contexte, les femmes d’Afrique subsaharienne considèrent logiquement la contraception comme un moyen de réaliser leur nombre idéal d’enfants toujours élevé, en espaçant mieux leurs grossesses. Ainsi, dans la moitié des pays, plus de 65 % de la demande en contraception cible ce besoin d’espacement. À l’inverse, dans la majorité des autres pays en développement, 65 % et plus de la demande l’est dans un objectif de maîtrise de la taille de la famille.

 

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La baisse de la fécondité, une condition indispensable au développement économique  ?

L’accélération de la transition démographique, en particulier de la transition de la fécondité, n’est donc pas acquise. C’est pourtant l’une des conditions préalables à remplir pour pouvoir bénéficier d’un dividende démographique et atteindre l’émergence. Pour enclencher une telle accélération, il est nécessaire de faire sauter le verrou que constituent actuellement les normes natalistes qui caractérisent toujours les sociétés d’Afrique subsaharienne. Cela est possible au travers d’une refonte totale des programmes actuels d’information et d’éducation sur la planification familiale, généralement centrés sur la santé de la mère et de l’enfant.

 

Ces programmes devraient selon nous être recentrés sur l’ensemble des adaptations auxquelles les femmes et les couples sont aujourd’hui contraints dans un contexte de changement rapide des sociétés africaines. Elles devraient aussi mettre davantage l’accent sur le futur espéré par les couples pour leurs enfants en termes d’éducation et d’insertion sociale dans des sociétés en pleine mutation.

* Jean-Pierre Guengant est démographe, et directeur de recherche émérite à l’Université Paris 1- IRD.

 

PAR JEAN-PIERRE GUENGANT*, POUR THE CONVERSATION.COM/ Publié le 24/06/2017/ Modifié le 25/06/2017/ Le Point Afrique

 

http://afrique.lepoint.fr/economie/afrique-subsaharienne-ces-defis-que-pose-l-explosion-demographique-24-06-2017-2137960_2258.php

 

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5 – Des start-up au secours de l’éducation kényane

 

Remédier aux lacunes du système éducatif du pays, tel est le credo de nombreuses jeunes entreprises innovantes. Les écoles kényanes brûlent et, heureusement, les start-up ne regardent pas ailleurs. A l’été 2016, les dortoirs d’une centaine d’établissements scolaires avaient été mis à feu par leurs propres élèves en colère, soulevant une vague d’inquiétude dans le pays… mais aussi suscitant l’intérêt de nombreuses jeunes entreprises innovantes.

 

Car le « burn-out » généralisé ne vient pas de nulle part. « Au Kenya, seule l’école primaire est gratuite, les classes sont surchargées avec 50 élèves en moyenne pour un professeur. Il n’y a pas d’accompagnement individuel et seulement 20 % des étudiants dépassent le secondaire », rappelle Michelle Wangari, chargée des opérations à Eneza Education. Cette start-up (dont le nom signifie « diffuser » en kiswahili), catapultée par la presse « première plate-forme africaine de révision en ligne », est l’une des nombreuses jeunes pousses de la Silicon Savannah de Nairobi qui ont décidé de faire fortune en remédiant aux lacunes du système éducatif kényan.

 

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Eneza, fondée en 2012 par un professeur américain et un jeune développeur basé à Nairobi, revendique déjà plus de 1,7 million d’utilisateurs. L’entreprise offre à tout élève kényan âgé de 10 ans à 18 ans un service d’accompagnement scolaire fonctionnant entièrement par SMS. Le principe : pour 10 shillings par semaine (moins de 0,9 euro), l’étudiant reçoit sur son téléphone des séries d’exercices de révision et de devoirs, sous forme de questionnaires à choix multiple (QCM) et de questions ouvertes, adaptés à son niveau d’étude, auxquels il répond par SMS, avant de recevoir un corrigé allié à des mini-leçons pédagogiques. « Nos élèves passent en moyenne deux heures sur Eneza, deux ou trois jours par semaine. On a aussi quelques utilisateurs qui l’utilisent quatre heures et demie par jour ! », assure Michelle Wangari.

 

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_ Bon élève du continent

Dans l’un des pays les plus connectés d’Afrique, où 90 % des habitants possèdent un portable, l’idée a fait mouche. Pourtant, avec un taux de scolarisation en primaire de 86 % (sept points de plus que dans l’Afriquesubsaharienne) et des institutions d’enseignement supérieur prestigieuses, telle que l’université de Nairobi, le pays faisait partie des bons élèves du continent. « Mais le système est trop centralisé autour des KCPE et KCSE [équivalent du brevet et du baccalauréat], vus comme des sésames pour l’emploi. Les élèves ont l’impression de jouer leur vie le jour de l’examen et sont forcés d’étudier de 8 heures à 22 heures tous les jours tout seul pendant des semaines, en apprenant toutes les questions et les réponses par cœur », rappelle David Adula, journaliste spécialiste d’éducation au quotidien Daily Nation.

 

« Il y a un besoin urgent de soutien individualisé », conclut Michelle Wangari. Grâce au mode « Ask The Teacher » d’Eneza, l’élève en difficulté peut ainsi demander, toujours par SMS, des conseils à la quarantaine de professeurs employés à temps partiel par la start-up. L’application se veut aussi interactive que ludique et jette des ponts avec l’actualité kényane : un jeu par texto développé par Eneza, baptisé « Où est passée Madame Mandizi ? », met ainsi en scène une fonctionnaire cupide ayant volé 44 millions d’euros initialement destinés à réparer les écoles et payer des bourses que l’élève doit aider à capturer. De quoi rappeler d’embarrassants souvenirs : en 2015, cinq mille candidats au baccalauréat avaient vu leurs résultats annulés pour avoir acheté les réponses à des employés du ministère de l’éducation, forçant depuis lors le gouvernement à stocker les sujets dans des conteneurs métalliques placés sous protection policière.

 

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_ « Salle de cours numérique »

Mais Eneza n’est pas la seule start-up à essayer de faire du profit sur le dos d’un système éducatif kényan en difficulté. Une autre application développée à Nairobi, baptisée Enewa (« comprendre »), disponible sur ordinateur et tablette, met à disposition des étudiants 15 000 questions posées aux examens du KCSE entre 2000 et 2014, triées par difficulté et matières. « L’élève peut piocher des questions adaptées à son niveau. Ça permet d’être plus efficace pour ne pas tout apprendre par cœur », explique son cofondateur, Mike Kiprorir.

 

D’autres start-up se battent pour introduire le numérique dans un système encore très traditionnel. Ainsi, eKitabu (« livre », en kiswahili), basée à Nairobi, qui a vendu des manuels scolaires numériques à prix cassés (quelques centimes à une dizaine d’euros), à 650 écoles au Kenya, mais aussi en Ouganda, au Rwanda et au Ghana. Ou encore BRCK, spécialisée dans les routeurs portatifs, et qui propose aujourd’hui aux écoles du pays un « Kio Kit », contenant quarante tablettes et une station WiFi permettant de transformer n’importe quelle classe en « salle de cours numérique » du XXIe siècle.

 

Ces start-up, qui prospèrent sur l’échec de l’institution scolaire, vont-elles transformer ou tuer l’école kényane ? « Nous ne sommes là que pour compléter ! On s’en tient aux programmes scolaires kényans », jure Michelle Wangari. Il faudra en tout cas passer le col escarpé de la rentabilité. Eneza, malgré son succès, ne dégage pas encore de bénéfices et, avec son prix dissuasif (110 euros par an) – plus d’un mois de salaire minimum –, n’a attiré que deux cents abonnés. BRCK refuse de dévoiler ses chiffres de vente – peut-être décevants – de son « Kio Kit », qui coûte tout de même la bagatelle de 5 000 dollars !

Mais, pour tous, pas question de s’arrêter en si bon chemin. « On a déjà des projets pilotes en Tanzanie et au Ghana, explique Michelle Wangari. Il y a un marché de 112 millions de jeunes Africains pour nos produitsOn en vise au moins la moitié. »

 

Par Bruno Meyerfeld (contributeur Le Monde Afrique, Nairobi)/ LE MONDE Le 01.02.2017/

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/02/01/des-start-up-au-secours-de-l-education-kenyane_5072980_3212.html

 

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6 – Au Kenya, les écoles brûlent et personne ne sait vraiment pourquoi

 

En trois mois, 113 écoles secondaires ont été partiellement détruites par des incendies volontaires. La société kényane cherche des explications à cette crise nationale. Le Kenya est confronté à une épidémie sans précédent d’incendies volontaires d’écoles publiques, dont les possibles motivations jettent une lumière crue sur le système éducatif du pays le plus développé d’Afrique de l’Est.

 

En l’espace de trois mois, 113 écoles secondaires, accueillant des élèves âgés entre 13 et 20 ans, ont été partiellement détruites par des incendies volontaires. Représailles d’un « cartel » associé au juteux trafic de sujets d’examens, grogne face à la modification du calendrier scolaire, fronde contre les méthodes autoritaires du ministre de l’Éducation : la société kényane, désemparée, cherche des explications à cette flambée devenue crise nationale.

 

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_ Parties en fumée

Pour la seule nuit de mercredi à jeudi, cinq écoles sont parties en fumée. Jeudi matin, c’était au tour de la Garbatullah High School située à Isiolo (centre) de connaître le même sort. Quelque 150 élèves ont été arrêtés et inculpés d’incendie criminel ces trois derniers mois, tout comme dix enseignants. « Les incendies touchent majoritairement les dortoirs et semblent bien préparés dans la mesure où jusqu’à présent, les élèves n’ont jamais été pris au piège par le feu, ce qui signifie qu’ils avaient vidé les lieux bien en avance, en sachant ce qui allait se passer », peut-on lire dans un rapport confidentiel de la police et du ministère de l’Éducation dont l’AFP a eu connaissance. La crise des écoles incendiées fait désormais la Une des quotidiens kényans relayant les craintes des parents d’élèves quant à la sécurité de leurs enfants. Jeudi, le journal The Star exhortait en première page le président Uhuru Kenyatta à « mettre un terme à cette folie ».

 

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_ Fractures ethniques

Des écoles ont brûlé peu ou prou aux quatre coins du Kenya et la crise actuelle se singularise par son caractère national, transcendant les habituelles lignes de fractures ethniques, géographiques ou socio-économiques du pays. Les réunions se sont multipliées ces derniers jours à Nairobi, le ministre de l’Éducation Fred Matiang’i recevant les représentants des enseignants, des leaders religieux, les responsables des enquêtes

Mais si la prise de conscience du problème est bien réelle – des parents ont même retiré leurs élèves de certaines écoles pour leur sécurité – la société kényane peine à s’expliquer le phénomène. Pour le gouvernement, tout est lié aux récentes mesures drastiques prises pour éliminer la triche aux examens, qui ces dernières années a pris des proportions dramatiques.

 

En mars 2015, le ministère de l’Éducation a ainsi démantelé le conseil national en charge de l’organisation des examens dont plusieurs ex-responsables ont été inculpés, soupçonnés d’avoir organisé des fuites massives de sujets d’examens moyennant finances. Pour le gouvernement, le « cartel » impliqué dans ces fuites est derrière la vague actuelle d’incendies volontaires.

 

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_ Le premier mot

La presse kényane avance également le fait que des parents d’élèves auraient déjà payé à l’avance pour des sujets d’examen dont leurs enfants ne verront pas le premier mot, en raison du coup de filet des autorités. Par ailleurs, depuis sa prise de fonctions en novembre 2015, le ministre de l’Éducation Fred Matiang’i a multiplié les réformes, modifiant le calendrier scolaire (qui réduit la durée des vacances), ainsi que la gestion des fonds publics alloués aux fournitures scolaires, froissant ainsi de nombreuses susceptibilités.

 

Cette méthode musclée lui a valu le surnom de « Magufuli », en référence au nouveau président tanzanien, John Magufuli, qui s’est illustré par des actions coups de poing dans l’administration de son pays. M. Matiang’i a lui-même opéré plusieurs visites surprises dans des écoles, prenant à partie des professeurs qui ont vécu l’épisode comme une véritable humiliation.

 

Et dans plusieurs établissements du pays, les élèves en dernière année (Form Four) ont ces derniers jours refusé de prendre part aux examens blancs, préparatoires à ceux de fin d’année en octobre. Plusieurs élèves ont, sous couvert d’anonymat, expliqué à l’AFP qu’ils souhaitaient un report des examens en raison de retards occasionnés par une grève des enseignants en octobre 2015. « Un système éducatif où les étudiants incendient les dortoirs et détruisent des écoles chaque jour équivaut à une sérieuse mise en cause de l’esprit collectif de la nation. C’est une honte et cela constitue le reflet d’une société qui s’est détraquée », estimait jeudi le quotidien Daily Nation dans son éditorial.

 

Le Monde.fr avec AFP Le 29.07.2016 à 12h13 • Mis à jour le 29.07.2016 à 14h27

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/07/29/au-kenya-les-ecoles-brulent-et-personne-ne-sait-vraiment-pourquoi_4976263_3212.html

 

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7 – Cote d’Ivoire : Violence en milieu scolaire – 207600 élèves victimes d’agressions sexuelles de la part des enseignants

 

Les violences en milieu scolaire en Côte d’Ivoire deviennent de plus en plus préoccupantes. Et les statistiques sont alarmantes. Plus de deux élèves sur cinq sont quotidiennement victimes de violences physiques dans la sphère scolaire. Soit 1,776 million d’élèves victimes de harcèlements ou agressions physiques répétées. Un élève sur dix dans le primaire et plus d’un élève sur cinq dans le secondaire ne se sentent pas en sécurité à l’école. Soit plus de 317.000 élèves du primaire et 264.000 du secondaire. Quatre élèves sur dix sont victimes de harcèlements sexuels et près de deux sur dix ont déjà été victimes de viols. On enregistre également plus d’un élève sur dix victimes de harcèlements sexuels de la part d’un enseignant quand plus d’un élève sur six a déjà été victime d’agression sexuelle ou viol de la part d’un enseignant.

 

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C’est ce qui ressort d’une étude conduite par le ministère de l’Education nationale ( Men), mais rendue publique par l’Organisation des Nations Unies pour l’Enfance ( Unicef) jeudi dernier. Ce, à l’occasion de la commémoration de la journée de l’enfant africain. Cette étude est intitulée « Etude sur le bien-être et la sécurité des élèves dans les écoles de Côte d’Ivoire ». L’agence onusienne a profité de cette occasion pour rappeler à toute la communauté que l’école doit être un endroit sûr, protecteur et favorable au bien-être et au développement de l’enfant. L’engagement du ministère de l’Education nationale.

 

La représentante résidente par intérim de l’Unicef en Côte d’Ivoire, Christina Bruin, a expliqué que la violence en milieu scolaire n’est pas un problème strictement confiné aux écoles, il s’agit plutôt d’un problème complexe et multiforme. « Elle prend place dans les communautés et au niveau des familles elles-mêmes. Elle est parfois tolé- rée sous couvert de normes sociales », a-telle déclaré. En effet, neuf parents sur dix ont admis avoir recouru à la violence verbale (94%) et un parent sur deux à de la violence physique (59%) pour discipliner leur enfant selon cette étude sur le bien-être et la sécurité des élèves.

Elle a signifié que la violence peut avoir de lourdes conséquences sur la santé ainsi que des répercussions psychologiques à long terme sur l’enfant. « Le fait d’être victime ou simplement menacé de violence entraîne aussi une performance scolaire médiocre, une fréquentation irrégulière, l’abandon des études, l’absentéisme et une faible estime de soi » a fait remarquer la représentante de l’Unicef.

 

Relevant le fait que lorsque la violence est tolérée et cautionnée à l’école, les conséquences sur le développement de l’enfant prennent de l’ampleur. Les victimes, selon elle, hésitent à prendre des mesures et les auteurs peuvent se sentir à l’abri. Ces sentiments et comportements néfastes dépassent le cadre scolaire et contribuent à la perpétuation des inégalités et à l’amplification de la violence au sein de la société. Cette étude a également montré que près d’un élève sur quatre (38%), filles comme garçons, a déjà été victime de harcèlement sexuel à l’école, en particulier dans les établissements d’enseignement secondaire.

 

Plus d’un élève sur dix (11,7%) a été victime d’attouchements forcés, soit 320 000 élèves victimes. Et près d’un élève sur cinq (18%) a été victime de viols, soit près de 470.000 élèves victimes. Au total, 775 000 élèves du primaire et du secondaire sont victimes d’attouchements forcés ou de viols. Un élève sur dix est victime de harcèlement sexuel de la part des enseignants, et plus d’un sur six a déjà été victimes d’agressions sexuelles / viols de la part d’un enseignant (soit 207.600).

 

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En tout cas, la ministre de l’Education nationale, Kandia Camara, s’est engagée à y mettre fin et à sanctionner sévèrement tout enseignant auteur et toute personne qui s’abstient de signaler de tels abus. Un code de conduite pour l’ensemble du personnel a été promulgué par la ministre Kandia en décembre 2014. Ce, dans le but de prévenir, détecter et sanctionner les comportements abusifs ou dangereux pour les enfants.

 

Ce code est actuellement dissé- miné dans le cadre d’une campagne de protection des élèves contre la violence, doit être connu de tous, personnels, parents, élèves et strictement appliqué. L’Unicef salue les engagements forts du ministère de l’Education nationale qui a adopté une note d’orientation de politique dans ce domaine et le Code de conduite du personnel ; mis en place un groupe interne de coordination sur la protection des élèves (GTPE), ainsi qu’un système de suivi et de collecte de données sur la violence et les abus affectant les élèves, et lancé une campagne nationale sur la protection des élèves contre la violence.

 

«Nous sommes profondément engagés à ce que chaque enfant, quel qu’il soit, ait une éducation de qualité, sûre et centrée sur les droits. Avec cela à l’esprit, nous nous sommes efforcés de créer un modèle éducatif complet, à facette multiple et dynamique afin d’aider les écoles à produire un environnement sûr, sain et protecteur qui répond aux besoins spécifiques des enfants », a signifié Christina De Bruin.

 

Par Anzoumana Cissé/

 

http://fr.allafrica.com/stories/201606201029.html

 

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8 – Le chômage des jeunes à l’ombre de la croissance économique

 

Les gouvernements africains luttent contre le chômage à plusieurs niveaux. Au Sénégal, 200 000 Sénégalais arrivant chaque année sur le marché du travail, le président Macky Sall a lancé en février 2013 un programme visant à créer 30 000 emplois en un an et éventuellement 300 000 avant 2017. La Banque africaine de développement (BAD) finance certains de ces programmes qui visent à l’auto-emploi des jeunes et des femmes. Selon la Banque mondiale, les jeunes représentent 60 % de l’ensemble des chômeurs africains.

 

En Afrique du Nord, le taux de chômage des jeunes est de 25 %, mais ce taux est encore plus élevé  au Botswana, en République du Congo, au Sénégal et en Afrique du Sud, entre autres pays. Avec 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans, l’Afrique compte le plus de jeunes au monde. Dans la plupart des pays africains, le chômage des jeunes « est au moins deux fois supérieur à celui des adultes », souligne la BAD. Les jeunes femmes sont plus durement touchées. La BAD a constaté que dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne et dans tous ceux de l’Afrique du Nord, il est plus facile pour les hommes que pour les femmes d’obtenir un emploi, même si celles-ci possèdent le même  niveau d’expérience et de compétences. 

 

Les statistiques du chômage en Afrique ne tiennent pas compte des emplois précaires  ni du sous-emploi dans le secteur informel. Selon un rapport de la Brookings Institution, un groupe de réflexion basé à Washington, « Les jeunes [africains] trouvent du travail, mais celui-ci est souvent mal rémunéré et ne leur permet pas de  perfectionner leurs compétences ni  de jouir d’une certaine sécurité de l’emploi ». 

 

La Brookings Institution considère le sous-emploi comme un grave problème, qui masque la réalité dans les pays qui affichent un  faible taux de chômage. Plus de 70 % des jeunes de la « République du Congo, de la République démocratique du Congo, de l’Éthiopie, du Ghana, du Malawi, du Mali, du Rwanda, du Sénégal et de l’Ouganda sont à leur compte ou contribuent au travail familial  », ajoute le rapport de la Brookings Institution.

 

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_ Sous-emploi masqué 

Gabriel Benjamin, chômeur diplômé de l’université de Lagos (Nigéria), explique qu’on rencontre souvent de jeunes Nigérians diplômés qui exercent  de petits boulots. « Ils nettoient les sols dans des hôtels, vendent des cartes téléphoniques ou sont même ouvriers dans des usines ». Cependant, le sous-emploi ne constitue pas une solution à la pauvreté, souligne l’Organisation internationale du Travail (OIT), qui a signalé en 2016 que jusqu’à 70 % des travailleurs africains sont des « travailleurs pauvres », le taux le plus élevé dans le monde. Et l’organisation d’ajouter que « la part de jeunes travailleurs pauvres a augmenté de près de  80 % ces 25 dernières années ».

 

Alexander Chikwanda, ancien ministre zambien des Finances, a résumé ainsi la situation lors d’un entretien : « Le chômage des jeunes est une bombe à retardement », qui semble maintenant dangereusement proche de l’explosion. M. Chikwanda entendait ainsi attirer l’attention sur les conséquences d’un taux de chômage des jeunes aussi important sur un continent où près de 10 à 12 millions de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail. « Comme les événements en Afrique du Nord [le Printemps arabe] l’ont montré, le manque de possibilités  d’emploi peut fragiliser la cohésion sociale et la stabilité politique », avait mis en garde la BAD.

 

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_ Intervention des dirigeants

Un certain nombre de gouvernements africains, toutefois, se sont efforcés de joindre les actes à la parole. C’est ainsi que le  Ghana a mis en place un service national de la jeunesse et des programmes d’autonomisation visant à doter les diplômés de l’enseignement supérieur des compétences requises et à les aider à trouver un emploi. Maurice a élaboré un plan visant à inciter les jeunes à se tourner vers l’enseignement technique et la formation professionnelle. La Zambie a adopté une politique nationale pour la jeunesse et créé un fonds pour les jeunes entrepreneurs afin de stimuler la création d’emplois. 

 

L’effet de ces initiatives nationales sur le taux de chômage des jeunes reste à évaluer. Mais il n’y a « pas de solution miracle », a indiqué M. Ncube, qui a recommandé « de renforcer les mécanismes de création d’emplois ». La Banque mondiale propose une stratégie pour l’emploi qui accorde plus d’attention au développement rural. L’investissement dans l’agriculture ralentit l’exode rural des jeunes et les prépare au marché du travail. 

 

La Brookings Institution préconise de mettre l’accent sur la production industrielle, « le secteur le plus étroitement associé à une forte croissance de l’emploi ». Elle encourage aussi l’accroissement des investissements dans l’agriculture, le tourisme, le bâtiment et dans les projets qui emploient des jeunes. « Les programmes de travaux publics permettent  aux jeunes travailleurs, en particulier à ceux des zones rurales et aux personnes peu qualifiées,  d’acquérir une première expérience professionnelle. »

 

L’Union africaine préconise également d’accroître les investissements dans l’agriculture et  demande à ses membres d’y  consacrer 15 % de leur budget national. Lors de l’élection présidentielle de décembre 2016, l’opposition ghanéenne a utilisé le taux élevé de chômage pour mobiliser les jeunes contre l’ancien Président Dramani Mahama.  

 

Pendant la campagne électorale, certains opposants politiques ghanéens ont  fréquemment cité le rapport 2016 de la Banque mondiale sur  la situation de l’emploi dans le pays. Ce rapport, rédigé par Maddalena Honorati et Sara Johansson de Silva,  indiquait que seuls « 52 % des jeunes  âgés de 15 à 24 ans travaillaient, contre 77 % pour l’ensemble de la population », signifiant que 48 % de ces jeunes étaient au chômage. Bien que les auteurs aient attribué le taux élevé de chômage des jeunes au fait que près d’un tiers de ces derniers étaient actifs à l’école, ces chiffres ont toutefois mis en évidence le défi que doit relever le pays. 

 

« J’ai peur pour l’avenir de ce pays », déclarait le candidat Addo avant les élections. « Nous devons faire en sorte de réduire le taux actuel de chômage  au Ghana, parce que si rien n’est fait, les conséquences pourraient être désastreuses. » Il faisait ainsi sans doute discrètement allusion  à certains pays africains (Nigéria et Somalie, par exemple), où les jeunes se laissent  facilement recruter  par des groupes armés ou des forces rebelles. Une enquête réalisée en 2011 par la Banque mondiale a montré qu’environ 40 % de ceux qui rejoignent des mouvements rebelles se disent motivés par le manque d’emplois.     

 

Topics : Jeunes & chômage/ Par : Kingsley Ighobor/ Afrique Renouveau: 

Édition spéciale jeune 2017/

 

http://www.un.org/africarenewal/fr/magazine/%C3%A9dition-sp%C3%A9ciale-sur-la-jeunesse-2017/le-ch%C3%B4mage-des-jeunes-%C3%A0-l%E2%80%99ombre-de-la-croissance

 

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9 – Taux de chômage dans le monde en 2016 : Les pays africains encore abonnés au rang des cancres dans un climat de pauvreté ambiante

 

L’OIT estime que le taux mondial du chômage des jeunes devrait atteindre 13,1% en 2016 et se stabiliser à ce niveau en 2017 (contre 12,9% en 2015). Le document «Emploi et questions sociales pour les jeunes dans le monde (2016)» montre que le nombre global de jeunes chômeurs devrait ainsi augmenter d’un demi-million cette année pour atteindre 71 millions, la première hausse du genre en trois ans. Plus inquiétants encore, la proportion et le nombre de jeunes, souvent dans les pays émergents et en développement, qui vivent dans une pauvreté extrême ou modérée, tout en ayant un emploi. En fait, 156 millions, ou 37,7%, des jeunes travailleurs sont pauvres ou extrêmement pauvres (contre 26% des travailleurs adultes).

 

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«La montée alarmante du chômage des jeunes et les hauts niveaux, tout aussi perturbants, de jeunes gens qui travaillent mais continuent de vivre dans la pauvreté, montrent combien il sera difficile d’atteindre l’objectif global d’éradication de la pauvreté d’ici à 2030, si nous ne redoublons pas d’efforts pour instaurer une croissance économique durable et le travail décent», a déclaré la Directrice générale adjointe de l’OIT pour les politiques, Deborah Greenfield. «Cette étude révèle aussi de fortes disparités entre jeunes femmes et jeunes hommes sur le marché du travail auxquelles les Etats Membres de l’OIT et les partenaires sociaux doivent s’attaquer de toute urgence», a-t-elle ajouté. En 2016, le taux d’activité des jeunes hommes s’élevait à 53,9% contre 37,3% pour les jeunes femmes. Le problème est particulièrement aigu en Asie du Sud, dans les Etats arabes et en Afrique du Nord.

 

Dans les pays émergents, le taux de chômage devrait passer de 13,3% en 2015 à 13,7% en 2017. En Amérique latine et dans les Caraïbes, par exemple, on s’attend à ce que le taux de chômage passe de 15,7% en 2015 à 17,1% en 2017; de 16,6 à 17,5% en Asie centrale et occidentale; de 12,4 à 13,6% en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique. La mauvaise qualité des emplois continue d’affecter les jeunes de manière disproportionnée, avec des différences régionales considérables. Par exemple, l’Afrique subsaharienne continue d’endurer les taux de pauvreté au travail des jeunes les plus élevés au monde, avec près de 70%.

 

VIGNIKPO AKPENE/ 25 août 2016/

 

http://www.afriquinfos.com/2016/08/25/taux-de-chomage-dans-le-monde-en-2016-les-pays-africains-encore-abonnes-au-rang-des-cancres-dans-un-climat-de-pauvrete-ambiante.php

 

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10 – Le chômage des jeunes est un problème partout en Afrique, sauf dans un pays

 

Sur le continent africain, la croissance démographique surpasse bien souvent la croissance économique. Conséquence, la jeunesse est confrontée au chômage de masse un peu partout. La fondation Mo Ibrahim a publié un rapport dans lequel elle met en exergue ce problème de société qui touche l’Afrique.  «Après observé la situation de 51 pays, la fondation Mo Ibrahim constate que malgré la croissance économique, le chômage reste toujours à un niveau élevé. Même dans les pays qui ont des taux de croissance différents, le taux de chômage des jeunes reste statique. Au Kenya et au Soudan, 22% des jeunes n’ont pas d’emploi. En 2016, le Kenya affichait pourtant une croissance de 6% de son PIB, alors que le Soudan avait une croissance deux fois moins forte, à 3,1%», observe les auteurs de l’étude.

 

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Plus généralement, sur les dix dernières années la croissance moyenne des pays africains était de 4,5%. Sur la même période, le taux de chômage des jeunes est resté stable. «La forte croissance économique de la dernière décennie n’a pas créé d’emploi», note la fondation Mo Ibrahim.  «En Tunisie et en Egypte, où les jeunes sont parmi les plus éduqués, le taux de chômage des jeunes était de 60%. Ce qui prouve que les diplômes universitaires ne créent pas de travail», dit la fondation Mo Ibrahim. 

 

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_ Mais un pays se distingue de la masse en Afrique: l’Ethiopie. 
«Le taux de chômage global et celui des jeunes en Ethiopie est resté relativement stable lors de la dernière décade. L’année dernière, le taux de chômage était de 5,7%, alors que celui des jeunes était de 8,1%. Pour le reste du continent ces chiffres étaient de 8% en moyenne pour le taux de chômage et de 13% pour les jeunes», rapporte le site d’information Quartz.

 

L’Ethiopie, dont le taux de croissance a chuté de 10,2% en 2015 à 6,5% en 2016, est un pays agricole, mais qui s’est aussi diversifié en investissant dans le secteur industriel. L’agriculture y est cependant toujours le plus gros pourvoyeur d’emplois: 80% de la population travaille dans le domaine agricole qui représente 40% du PIB national. Cependant, le gouvernement éthiopien n’est pas forcément tendre avec sa jeunesse. Des manifestations politiques y ont été durement réprimées ces derniers mois.

 

24 AVRIL 2017/ PUBLIÉ DANS ACTU AFRICAINE / Source : http://www.slateafrique.com/738089/ethiopia-chomage-jeunes

 

https://www.nigerdiaspora.net/index.php/l-actu-africaine/567-le-chomage-des-jeunes-est-un-probleme-partout-en-afrique-sauf-dans-un-pays

 

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