FRANCE/ POLITIQUE/ PRESIDENTIELLE 2017 : Emmanuel Macron et Marine Le Pen, deux visions et deux leaderships opposés au choix des Français

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« Emmanuel Macron et Marine Le Pen, Politique étrangère/ la Russie les sépare : Mme Le Pen est favorable à un rapprochement de la France avec la Russie. En témoigne par exemple sa rencontre avec le président Vladimir Poutine à Moscou, fin mars. La candidate s’est également déclarée favorable à un « rapprochement stratégique » dans la lutte contre l’organisation Etat islamique et estime que l’annexion de la Crimée en 2014 n’est pas illégale. A l’inverse, M. Macron était l’un des rares candidats au cours de cette élection, avec M. Hamon, à s’opposer à ce rapprochement. Il estime que l’Europe a « vocation à s’entendre avec la Russie » mais défend les sanctions vis-à-vis du pays « tant que les accords de Minsk ne seront pas respectés ». »

 

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1 – Emmanuel Macron et Marine Le Pen, deux programmes que presque tout oppose

 

Europe, modèle social, société, environnement, Russie… Tour d’horizon des principaux clivages entre les deux candidats qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle. Deux programmes radicalement différents. Le leader d’En marche ! Emmanuel Macron et celle du Front national (FN) Marine Le Pen, les deux candidats qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle ont fait campagne en proposant des visions opposées de la France et des projets radicalement différents. Tour d’horizon, thème par thème.

  

_ Economie : deux programmes libéraux, mais des options différentes

Au rayon des divergences, la candidate frontiste souhaite revenir sur la loi travail, tandis que l’ancien ministre de l’économie veut la maintenir. Du côté des dépenses publiques, M. Macron porte un plan de 60 milliards d’euros d’économies, qui passe notamment la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires. Mme Le Pen n’a quant à elle pas de budget chiffré, mais un objectif de réduction du déficit. Elle cible notamment l’aide médicale d’Etat (AME), la contribution française au budget de l’Union européenne ou encore la fraude fiscale et la fraude sociale.

 

Les programmes économiques de Mme Le Pen et de M. Macron présentent aussi un certain nombre de convergences, mais avec des solutions différentes : tous deux proposent de baisser les cotisations sociales et patronales, de réformer ou supprimer le régime social des indépendants (RSI) ou encore de geler ou supprimer la taxe d’habitation. Les deux prétendants à l’Elysée ont promis de n’augmenter ni la TVA ni le smic et souhaitent réduire l’impôt sur les sociétés. Ils prévoient également d’encadrer l‘« ubérisation » du travail et de favoriser les entreprises françaises (Mme Le Pen) et européennes (M. Macron) dans l’attribution des marchés publics.

 

_ Modèle social : « favoriser les Français » pour Le Pen, des « réformes profondes » pour Macron

Les deux candidats affichent clairement des priorités différentes dans la réforme du modèle social. La priorité de Mme Le Pen : réduire les aides sociales aux étrangers et réserver les bienfaits de la protection sociale aux Français. La candidate FN veut « rendre du pouvoir d’achat aux Français » et notamment aux retraités et aux bas revenus (grâce à une « prime de pouvoir d’achat »). Elle ne formule aucune proposition sur le chômage mais veut réformer les retraites : abaissement de l’âge légal de départ et revalorisation du minimum vieillesse.

 

Macron met la priorité sur deux réformes profondes : celles de l’assurance chômage et celle des retraites. Il veut créer une protection chômage universelle gérée par l’Etat, et non plus par les partenaires sociaux. Chaque actif, quel que soit son statut, serait couvert, y compris en cas de démission. En contrepartie, l’ancien banquier propose de supprimer ces allocations après deux refus d’emplois « décents ». Pour les retraites, là encore, son idée est d’aller vers un régime unique pour tous les actifs, qui fonctionnerait selon un système « par points ».

Un seul point commun entre les deux programmes : le meilleur remboursement des soins de santé coûteux (soins dentaires, prothèses auditives, etc.).

 

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_ Europe : « Frexit » contre « nouveau projet européen »

C’est une opposition frontale. D’un côté, Mme Le Pen a fait campagne sur la sortie de l’euro et de l’Union européenne. Elle propose pour cela un référendum proposant aux Français de sortir de l’Europe. De l’autre, M. Macron s’est positionné comme le plus européen des onze candidats au cours de sa campagne. Le candidat veut ainsi doter la zone euro d’un budget, d’un parlement et d’un ministre de l’économie. Surtout, il espère lutter contre la montée des discours anti-Europe en proposant la tenue de conférences citoyennes pour proposer un nouveau projet européen.

 

_ Sujets de société : Le Pen conservatrice, Macron plus libéral

En dehors de l’ouverture de la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes, le projet de M. Macron est pauvre en mesures sociétales. A l’inverse, Mme Le Pen ne fait pas de ses positions conservatrices un cheval de bataille. Elle reste néanmoins, sur le fond, dans la lignée des positions du FN. Sans remettre en cause l’IVG, elle s’est dite en 2012 hostile aux « avortements de confort » et reste hostile à leur « banalisation totale ». Elle est également hostile à la loi Taubira sur le mariage pour tous et lui préfère un « pacs amélioré ».

 

_ Identité nationale : France ouverte contre la « préférence nationale »

Là encore, le clivage est net entre les deux candidats. Mme Le Pen a fondé tout son programme sur la notion de « préférence nationale », incarnée par quelques mesures phares : taxation de l’embauche d’un salarié étranger, suppression du droit du sol, conditionnement voire suppression des aides sociales aux étrangers notamment. Pour elle, l’immigration, est un danger contre lequel la France doit se prémunir, c’est pourquoi elle compte réduire les entrées sur le territoire à 10 000 par an (200 000 actuellement). Son objectif : exalter « l’identité française », dénaturée selon elle par l’accueil d’étrangers.

 

A l’inverse, M. Macron porte le projet d’une France « ouverte » et « fidèle à ses valeurs ». Pour lui, le pays doit « prendre ses responsabilités » dans l’accueil de réfugiés et renforcer la coopération européenne sur ce sujet. Le candidat d’En marche ! considère l’immigration, notamment l’accueil d’étudiants étrangers, comme une « chance et une fierté ». Il ne propose pas de modification de la législation actuelle et entend surtout favoriser une meilleure intégration des étrangers.

 

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_ Institutions : des options différentes pour rénover la vie politique

Mme Le Pen veut revenir au septennat pour le mandat présidentiel, mais non renouvelable. Elle souhaite également créer un référendum d’initiative populaire, sur proposition d’au moins 500 000 électeurs et diminuer le nombre de députés et sénateurs. Enfin, elle souhaite mettre en place un scrutin proportionnel aux différentes élections. M. Macron propose également plusieurs réformes visant à « rénover » la vie politique. On peut citer l’interdiction du cumul de plus de trois mandats identiques successifs ; la présentation, par le chef de l’Etat, de son bilan national et européen une fois par an devant le Congrès ; l’interdiction pour les parlementaires d’exercer des activités de conseil pendant leur mandat et, pour tout élu ou ministre, d’employer un membre de sa famille

 

L’ancien locataire de Bercy souhaite également faire évoluer le fonctionnement des institutions, notamment en réduisant d’un tiers le nombre de députés et sénateurs, ou en limitant le nombre de mois pendant lesquels le Parlement légifère, le reste du temps servant à l’évaluation et au contrôle de l’action du gouvernement.

 

_ Environnement : Macron un peu plus « vert »

Sur les questions environnementales, M. Macron a pris des engagements en retrait par rapport au candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon et à celui du Parti socialiste Benoît Hamon. Il propose tout de même plusieurs mesures comme l’alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence, la mise en place d’une prime de 1 000 euros pour acheter un véhicule moins polluant, la fermeture de toutes les centrales au charbon au cours du mandat…

Le programme environnemental de Mme Le Pen est quant à lui plutôt concentré sur les questions de défense des droits des animaux et une défense de la production locale. A noter : si M. Macron veut fermer la centrale de Fessenheim et réduire à 50 % la part de l’énergie nucléaire dans la production d’électricité d’ici à 2025, les deux candidats ne sont pas pour une sortie du nucléaire.

 

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_ Politique étrangère : la Russie les sépare

Mme Le Pen est favorable à un rapprochement de la France avec la Russie. En témoigne par exemple sa rencontre avec le président Vladimir Poutine à Moscou, fin mars. La candidate s’est également déclarée favorable à un « rapprochement stratégique » dans la lutte contre l’organisation Etat islamique et estime que l’annexion de la Crimée en 2014 n’est pas illégale. A l’inverse, M. Macron était l’un des rares candidats au cours de cette élection, avec M. Hamon, à s’opposer à ce rapprochement. Il estime que l’Europe a « vocation à s’entendre avec la Russie » mais défend les sanctions vis-à-vis du pays « tant que les accords de Minsk ne seront pas respectés ».

 

LE MONDE/ 23.04.2017/ Mis à jour le 24.04.2017/ Par Adrien Sénécat, Eléa Pommiers et Gary Dagorn

 

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/04/23/emmanuel-macron-et-marine-le-pen-deux-programmes-que-presque-tout-oppose_5116067_4355770.html

 

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2 – Présidentielle française : Emmanuel Macron arrive en tête, suivi de Marine Le Pen

 

Le jeune centriste pro-européen Emmanuel Macron est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle avec 23,75% des voix. Il affrontera au second tour la candidate du Front National (FN) Marine Le Pen qui a été créditée dimanche de 21,53% des suffrages. En cas de victoire au second tour prévu le 7 mai, il deviendrait ainsi à 39 ans le plus jeune président de la République de l’histoire, devant Louis-Napoléon Bonaparte.

 

Favori du premier tour de l’élection présidentielle, favori il restera pour le second. Arrivé en tête des suffrages dimanche 23 avril avec 23,75% des voix, l’ancien ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, 39 ans, affrontera  lors du second tour de l’élection présidentielle prévu le 7 mai, la candidate du Front National (FN), Marine Le Pen, 49 ans, qui a obtenu 21,53%. Suivent François Fillon (Les Républicains) et Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise), respectivement troisième et quatrième du scrutin avec 19,91% et 19,64%.

 

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_ La participation à 70 %

Alors que les sondeurs anticipaient une abstention record, le scrutin a mobilisé les Français : le taux de participation devrait avoisiner 78,69%, selon les résultats quasi définitifs. Le niveau de mobilisation des quelque 47 millions d’électeurs était l’une des clés du scrutin, alors qu’un sur quatre se disait encore indécis ces derniers jours. Trois jours après une attaque revendiquée par le groupe jihadiste État islamique sur l’avenue parisienne des Champs-Elysées, qui a coûté la vie à un policier, 50 000 policiers et 7 000 militaires avaient été déployés pour assurer la sécurité du scrutin.

 

Visée depuis janvier 2015 par une série d’attaques jihadistes qui ont fait 239 morts, la France organisait cette présidentielle pour la première fois sous le régime de l’état d’urgence. Le président socialiste François Hollande, affaibli par une impopularité record, ne se représentait pas après cinq ans au pouvoir et un bilan critiqué jusque dans son camp, notamment dans la lutte contre le chômage.

 

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_ Pari gagné

La campagne présidentielle française a été riche en coups de théâtre et la plupart des ténors qui occupaient la scène politique depuis des années sont tombés les uns après les autres. Parmi eux, l’ex-président Nicolas Sarkozy et les anciens Premiers ministres conservateur Alain Juppé et socialiste Manuel Valls. Les débats de fond ont été éclipsés pendant des mois par les affaires touchant notamment François Fillon, exclu du deuxième tour de la présidentielle. Ce dernier avait dévissé dans les sondages après la révélation fin janvier de soupçons d’emplois fictifs au Parlement au bénéfice de sa femme et de ses enfants, suivie de son inculpation pour détournement de fonds publics.

 

À 39 ans, Emmanuel Macron, qui se présentait pour la première fois à une élection, a gagné son pari. Inconnu des Français il y a encore trois ans, il a mené campagne sur une ligne pro-européenne et un programme libéral, tant en économie que sur les questions de société.

 

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_ Rejet des partis traditionnels

Ovni de la campagne, cet ancien conseiller de François Hollande puis ex-ministre de l’Économie (2014-2016) a construit la popularité de son mouvement « En Marche! », qui se veut « et de droite et de gauche », sur le rejet des partis traditionnels et le désir de renouvellement exprimés par les Français.

À 48 ans, Marine Le Pen, présidente du parti Front national, était donnée en tête du scrutin encore récemment par de nombreux instituts de sondage. Elle a semblé profiter de la vague populiste qui a porté Donald Trump à la Maison Blanche et conduit la Grande-Bretagne à voter pour la sortie de l’Union européenne.

Celle qui se définit comme une « patriote » veut en finir avec l’euro et la libre circulation dans l’espace européen de Schengen. Elle est visée par une enquête pour des soupçons d’emplois fictifs de collaborateurs de son parti au Parlement européen.

 

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_ Les déboires de Fillon

François Fillon, 63 ans, ex-Premier ministre (2007-2012), n’est pas dans le duo de tête. Libéral assumé porteur d’un programme de coupes budgétaires, il avait vu ces derniers mois dans ses déboires judiciaires un « scandale démocratique » et un « complot », voire l’oeuvre d’un « cabinet noir » au sommet de l’Etat décidé à lui nuire. Autre candidat en échec alors que certains le voyaient au deuxième tour, Jean-Luc Mélenchon, 65 ans, ex-socialiste devenu l’étendard de la gauche radicale sous le slogan de la « France insoumise », était un adepte revendiqué du « parler dru et crû », populiste de gauche pour ses adversaires, défenseur du peuple contre l’oligarchie pour ses partisans.

 

23 avril 2017/ Mis à jour le 24 avril 2017/ Par AFP

 

http://www.jeuneafrique.com/431947/politique/presidentielle-francaise-emmanuel-macron-arrive-tete-suivi-de-marine-pen/

 

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