MONDE/ ECONOMIE/ FINANCES : tout va si bien et rien ne va plus (se satisfaire d’un système créateur de pauvreté au Sud)

 

« Afrique/ Environ 80 milliards de dollars de perte en flux financiers (ONU) : Les pays africains perdent chaque année plus de 80 milliards de dollars en fuite de capitaux. C’est ce qu’a déclaré M. Abdalla Hambok, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA). C’était le 27 janvier en marge du 30è sommet de l’Union Africaine (UA) en Ethiopie. Ce sommet a servi au lancement du marché Unique du transport aérien en Afrique.

Mais il a permis surtout de discuter de plusieurs sujets d’ordres politiques et économiques. Sur ce dernier point, la fuite des capitaux africains vers l’étranger a retenu les attentions. S’exprimant sur la question, Abdalla Hamdok, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), a indiqué que l’Afrique perdait environ 80 milliards de dollars par an en raison de flux financiers illicites. »

 

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1 – Coup de froid en Bourse, le doute s’empare des marchés

 

Les indices européens ont ouvert en nette baisse mardi, dans le sillage de la chute des places asiatiques et de Wall Street, qui a vécu lundi sa pire séance depuis août 2011. Après des mois d’euphorie, place au doute. Les marchés européens ont ouvert en nette baisse mardi 6 février. Peu avant, les places financières asiatiques, Tokyo en tête, avaient plongé (l’indice Nikkei a chuté de 4,73 %), emboîtant le pas à Wall Street. Lundi 5 février, le Dow Jones a en effet perdu 4,6 %, à 24 345 points, tandis que le Nasdaq, l’indice riche en technologies, perdait 3,8 %. Cette séance, la pire depuis août 2011, fait suite à celle de vendredi, où l’indice américain avait déjà perdu 2,54 %.

 

Ces événements ne font pas l’affaire de Donald Trump, qui n’a eu de cesse de citer la Bourse comme juge de paix de son action. Dans un discours dans le Midwest, le président n’a pas évoqué la chute de Wall Street. Mais Sarah Sanders, porte-parole de la Maison Blanche, a réagi : « Le président se concentre sur nos fondamentaux économiques à long terme, qui restent exceptionnellement forts, avec le renforcement de la croissance économique, un taux de chômage historiquement bas et des salaires en hausse pour les travailleurs américains. »

 

Le déclencheur de ce mouvement de vente a été la publication vendredi matin par le département du travail de chiffres exceptionnellement bons pour l’emploi : non seulement l’économie américaine a créé 200 000 emplois en janvier, soit plus qu’attendu, mais surtout les salaires ont progressé au rythme annuel de 2,9 %, contre 2,5 %. Du jamais-vu depuis la fin de la récession, en juin 2009. Cette tension sur les salaires était attendue en vain depuis des années, ceux-ci ne progressant pas aux Etats-Unis en dépit d’un taux chômage au plus bas depuis le début du siècle (4,1 %).

 

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_ En attente de la nouvelle politique de la Fed

Ce retour à la normale a immédiatement suscité des craintes inflationnistes du côté des opérateurs financiers. Si les actions sont élevées, c’est en raison des taux d’intérêt bas. Il est trop tôt pour parlerde krach. Certes, la Bourse a effacé ses gains depuis le début de l’année et perdu 9 % depuis le plus haut historique atteint le 26 janvier, mais elle gagne encore 21,5 % sur un an et 64 % sur trois ans. Visiblement, la baisse a été accélérée par les ventes automatiques. Hasard du calendrier, ce lundi était le jour où Jerome Powell prêtait serment pour devenir président de la Réserve fédérale. Le successeur de Janet Yellen, dans une allocution podcastée, a déclaré : « Aujourd’hui, le chômage est bas, l’économie est en croissance et l’inflation est basse. Par nos décisions de politique monétaire, nous soutiendrons une croissance économique continue, un marché du travail sain et la stabilité des prix. »

 

Le retour de la hausse des prix pourrait inciter la Réserve fédérale américaine à augmenter ses taux plus rapidement que prévu. En décembre 2017, en augmentant ses taux directeurs d’un quart de point (compris entre 1,25 % et 1,5 %), elle a laissé entendre qu’elle pourrait procéder à trois resserrements supplémentaires du crédit.

Ce rythme pourrait s’accélérer en période de surchauffe économique, d’autant que les colombes se font rares à la Fed avec le départ de Janet Yellen et de son adjoint Stanley Fischer. Toutefois, il n’y a pas eu de panique sur le marché obligataire. Les taux d’intérêt à dix ans sont retombés, lundi, à 2,794 % après avoir touché un plus haut de 2,852 % vendredi soir. Ce mouvement s’explique par le fait que des vendeurs d’actions ont réinvesti sur les bons du Trésor américain pour limiter leurs risques.

 

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_ Une hausse du dollar

Dans ce contexte, la crise boursière américaine, qui a fait chuter les autres Bourses mondiales, a conduit à une hausse paradoxale du dollar. En cas de crise, les opérateurs choisissent la devise américaine, qui a gagné 0,2 % par rapport à des monnaies extérieures et 0,3 % par rapport à l’euro. Ce phénomène a été amplifié par le discours de Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, mettant en garde contre une hausse de l’euro dans des propos tenus devant le Parlement européen. « La récente volatilité du taux de change a suscité de nouveaux vents contraires et ses implications pour les perspectives de stabilité des prix à moyen terme sont à surveiller de près. »

 

La surchauffe américaine peut s’expliquer par un triple phénomène : la politique monétaire très accommodante depuis des années, mais aussi la réforme fiscale : celle-ci a conduit les entreprises qui regorgeaient de liquidités à les rapatrier aux Etats-Unis et va accentuer le déficit budgétaire des Etats-Unis, qui était encore supérieur à 3 % en 2017. Depuis le début des débats, la plupart des économistes estiment ce stimulus budgétaire inutile, voire dangereux.

 

Toutefois, sur le fond, la hausse des salaires aux Etats-Unis, si elle était confirmée, est une des meilleures nouvelles économiques engrangées depuis longtemps. Leur stagnation, conjuguée à une hausse des inégalités qu’incarne l’envolée de Wall Street, a conduit à une grave dégradation de la cohésion sociale aux Etats-Unis. Logiquement, ce retour à la normale marquerait la fin de l’argent gratuit et donc une valorisation plus faible des actifs, même si les profits des entreprises restent, pour 80 % d’entre elles, supérieurs aux prévisions.

 

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_ Débâcle sur les places asiatiques

 

Les places financières asiatiques, Tokyo en tête, plongeaient mardi, emboîtant le pas à Wall Street où les investisseurs ont soudainement cédé à l’affolement après plusieurs mois d’euphorie boursière. La Bourse de Tokyo a dévissé de plus de 4 % à la clôture après être tombée de plus de 7 % en séance. A l’issue des échanges, l’indice Nikkei des 225 valeurs vedettes a cédé 4,73 % (- 1 071,84 points) à 21 610,24 points, soit son plus important recul depuis l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche début novembre 2016.

 

La place tokyoïte était en outre affectée par une appréciation du yen, valeur refuge prisée en période d’incertitudes : le dollar s’affichait ainsi à l’ouverture à 109,23 yens, contre 109,91 yens lundi à la fermeture, tandis que l’euro fléchissait à 135,16 yens contre 136,92 yens, des mouvements défavorables aux titres des sociétés exportatrices japonaises. La Bourse de Shanghai a chuté de plus de 3 % en clôture, tandis que Shenzhen, deuxième place de Chine continentale, dévissait de 4,44 %. A l’issue des échanges, l’indice composite shanghaïen a lâché 3,35 % (116,85 points) à 3 370,65 point, tandis que l’indice composite de Shenzhen abandonnait 80,21 à 1 726,09 points.

Ailleurs dans la région, Sydney abandonnait 3 %, Hongkong près de 5 %.

 

LE MONDE/  05.02.2018/ Mis à jour le 06.02.2018/ Par Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)/

 

http://www.lemonde.fr/economie-mondiale/article/2018/02/05/wall-street-le-dow-jones-perd-4-6-a-l-issue-d-une-nouvelle-seance-chaotique_5252232_1656941.html

 

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2 – Les bourses mondiales voient rouge, l’inquiétude monte

 

La chute de l’indice Dow Jones, lundi, a provoqué une réaction en chaîne sur les autres places boursières mondiales. Si la Bourse de New York est repartie dans le vert à l’ouverture mardi, la menace d’un krach futur est à prendre au sérieux. Il en va toujours ainsi avant une dégringolade boursière. Aux yeux des marchés financiers, tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, du moins quelques secondes avant la catastrophe. L’instant d’après, lorsque le flot des ordres de ventes a abondamment dépassé les achats, il se trouve quantité d’experts patentés pour expliquer que ce scénario était finalement inéluctable. Il suffisait d’attendre le moment de l’accident.

 

Celui de Wall Street a donc eu lieu lundi : en moins d’une heure l’indice Dow Jones s’est brutalement amaigri de près de 1 500 points (il en reste encore 24 345,75, soit une chute de 4,6 %). Et quand la seconde place financière mondiale éternue (Londres reste, malgré le Brexit, encore sur la première marche), c’est toute la planète financière qui risque la contagion.

Certes, il est encore difficile de parler de krach financier consécutif à la formation d’une bulle financière, même si nombre d’économistes estiment qu’une aiguille ne cesse de se rapprocher des marchés actions américains, considérés comme anormalement élevés. En attendant, le mini-choc de Wall Street n’a pas manqué de secouer la plupart des places étrangères. 

 

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A Tokyo, l’indice Nikkei, qui avait ouvert sur un recul de 1,83 %, a fini sur une baisse de 4,73 %. L’indice Asie-Pacifique MSCI, qui regroupe plus de 1 000 valeurs hors Japon, a fini sur une baisse de plus de 3 %. Ailleurs dans la région Pacifique, l’indice composite de Shanghai a clôturé sur un recul de 3,35 %, tandis que Hongkong a dévissé de 5,12 %. A l’ouverture, en Europe, la baisse est relativement brutale: -3,43 % à Paris, -3,5 % à Londres, -3,58 % à Francfort, -3,3 % à Madrid, -3,6 % à Amsterdam…

Presque au même rythme, toutes semblaient marquer un moindre recul quelques heures avant leur clôture. D’autant que le Dow Jones, lui, repassait dans le vert à l’ouverture. Mardi soir, la Bourse de Paris a de nouveau fini dans le rouge (-2,35 %).

  

_ Bulletin de notes

Lundi, la Maison Blanche s’est voulue rassurante, en affirmant que Donald Trump se préoccupait des «fondamentaux» de l’économie à long terme qui restent «exceptionnellement forts», selon sa porte-parole Sarah Huckabee Sanders. La chute est pourtant un gros coup dur pour le milliardaire new-yorkais qui n’a eu de cesse de se féliciter dans des tweets ou des interventions publiques de la bonne santé de Wall Street, au point de donner l’impression de s’en servir comme un bulletin de notes. Il est vrai que l’indice de la Bourse de New York n’a cessé de gonfler de manière quasiment ininterrompue depuis l’élection de Trump. En quatorze mois, la hausse du Dow Jones atteint les 34 %. Du jamais vu depuis 1959. Mais l’euphorie semble céder la place à un début de panique : ce sont des craintes au sujet de l’inflation qui ont mis le feu aux poudres, alors que l’année 2018 semblait, selon les analystes financiers, bien partie.

 

En fait, l’élément déclencheur de mini sauve-qui-peut boursier outre-atlantique a commencé vendredi. Sur les écrans des salles de marchés, dans les grandes banques et autres fonds d’investissement, une nouvelle statistique vient tout juste de tomber en milieu de journée : celle de la hausse moyenne des salaires. Sur un an, l’augmentation atteint 2,9 %. Pas de quoi rassurer les investisseurs, qui y voient le signe d’un changement de paradigme.

Jusqu’ici rassuré par la petitesse des hausses de salaires, les voilà qu’ils se mettent à imaginer le pire lorsqu’ils apprennent que la hausse moyenne frôle les 3 % sur les douze derniers mois. Leur inquiétude ? Que le thermomètre de l’inflation ne se mette à chauffer, avec pour conséquence un resserrement de la politique budgétaire. Et ainsi une hausse des taux d’intérêt de la Fed, la banque centrale fédérale des Etats-Unis.

 

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_ Exubérance irrationnelle

Or, pour les marchés financiers, le resserrement monétaire ne manquera de réduire la consommation des ménages. Et donc le rendement des entreprises américaines. Dans ces conditions, ou du moins dans cette hypothèse, selon eux, mieux vaut prendre l’argent et partir avant qu’il ne soit trop tard. «Le raisonnement des investisseurs américains est assez incompréhensible», estime le responsable d’une salle de marché parisienne, qui n’exclut pas un mouvement de panique totalement irrationnel.

 

Même analyse du côté de l’économiste Patrick Artus : «Cette hausse de salaire est effectivement ce qui a déclenché la chute de New York. Mais l’attitude des marchés est pour le coup totalement infondée. Certes, les salaires augmentent, mais corrigés de la hausse de la productivité du travail, cette hausse ne représente plus que 1,4 %. Pas de quoi s’effrayer quand on sait que l’inflation est d’environ 1,5 %. La réaction des marchés est exagérée.»

 

Et puis difficile de comprendre comment les Etats-Unis pourraient générer une inflation forte. Certes, Trump crie haut et fort «America First», mais il n’en demeure pas moins que l’économie américaine est l’une de plus ouverte au monde. Laisser filer la hausse des prix, c’est perdre de sa compétitivité par rapport au reste du monde. Et c’est sans compter avec un marché du travail au bord du plein-emploi. De l’avis de nombreux experts, l’économie américaine carbure à fond. Et les marges de manœuvre pouvant générer de l’inflation semblent toujours bien minces.

  

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_ Passager ou durable ?

Pour autant, la question que tout le monde se pose aujourd’hui en Europe et ailleurs est la suivante : la baisse ne fait-elle que commencer ou bien s’agit-il seulement d’un accès de faiblesse passager ? Beaucoup d’économistes sont formels : le pire est à venir puisque les marchés financiers, notamment et surtout aux Etats-Unis, sont en réalité totalement déconnectés de la réalité économique. Certes, l’analyse de ces critiques des marchés financiers suscite la polémique, mais leur démonstration est loin de se faire au doigt mouillé. Car il y a d’abord, selon eux, la nature instable des marchés financiers, dont la fréquence des crises est toujours plus forte depuis la libre circulation des capitaux au début des années 80 : une crise tous les cinq ans en moyenne.

 

Mais aujourd’hui plus que jamais, il est un indice qui n’a cessé de s’emballer, au point d’imaginer qu’effectivement, l’aiguille serait toute proche de faire péter le ballon des actifs financiers. Il s’agit de l’indice de Robert Schiller, professeur à l’université Yale et prix de la Banque centrale de Suède en sciences économiques (toujours confondu avec le prestigieux prix Nobel). Spécialiste des actifs financiers, Schiller a mis au point une méthode permettant de savoir si le prix d’un actif financier était surévalué ou non. Son modèle s’appelle le Cape, pour «Cyclically adjusted price to earnings». Et il est en fait relativement simple.

 

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_ Nouvel emballement

Pour répondre à la question du surcoût potentiel d’une action, il faut commencer par comparer son cours actuel par son bénéfice. Les jargonnants de la finance parlent de PER: le «Price Earning Ratio». Mais voilà, pour faire des comparaisons dans le temps, encore faut-il éliminer deux éléments du passé : celui de l’inflation et celui des cycles économiques (il s’agit de déflater et de lisser ces périodes de fortes ou faibles conjonctures économiques). A la fin des années 90, Schiller a donc passé au crible le cours des 500 premières actions de Wall Street (le fameux «S and P 500») qu’il a rapporté aux bénéfices de ces mêmes actions, mais sur les décennies passées. Le résultat ? Quand ce rapport (ou cet indice) dépasse les 17, alors on risque de pénétrer dans une zone de danger qui n’est autre qu’un emballement du marché action.

 

Et à combien se situe l’indice Schiller aujourd’hui ? Réponse : il oscille entre 20 et 32. Depuis plusieurs mois. 32, c’est le niveau atteint juste avant le grand plongeon boursier de 1929. Et la dernière fois que ce même indice semblait avoir perdu la raison, c’était en 2000, lorsqu’explose la bulle internet. Là, il venait juste de dépasser les 40. Mais puisqu’on vous dit que tout va bien…

 

Vittorio De Filippis/ Par Vittorio De Filippis/ 6 février 2018/

 

http://www.liberation.fr/planete/2018/02/06/les-bourses-mondiales-voient-rouge-l-inquietude-monte_1627816

 

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3 – Afrique subsaharienne : « une reprise modeste » en 2018, selon la Banque mondiale

 

Les prévisions de la Banque mondiale, publiées mardi, indiquent qu’une reprise modeste est en cours en Afrique subsaharienne, avec 3,2 % de croissance en 2018, même si les risques d’une baisse restent importants. Dans le rapport sur les « Perspectives économiques mondiales » publié le mardi 9 janvier, la Banque mondiale présente ses prévisions pour l’année à venir. Dressant le bilan de l’année écoulée, l’institution de Washington rappelle que la croissance en Afrique subsaharienne a rebondi de 2,4 % en 2017, après 1,3 % en 2016, grâce à la hausse du prix des matières premières, des conditions financières internationales favorables et un ralentissement de l’inflation, qui a eu un effet positif sur la demande des ménages. Cette reprise est cependant marquée par une croissance du revenu par habitant négative, de faibles investissements, et une chute de la croissance de la productivité.

 

Les plus grosses économies de la région – l’Angola, le Nigeria et l’Afrique du Sud – ont connu une croissance modeste, tandis que la reprise a été limitée pour les producteurs pétroliers de la Cemac, qui ont continué à subir les conséquences de la baisse du prix du pétrole. La croissance s’est accélérée pour les économies exportatrices de métaux, tandis que l’activité dans les économies non intensives en ressources – principalement basées sur l’agriculture – a été stable, soutenue par des investissements dans les infrastructures et l’accroissement de la production agricole.

 

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_ Les réserves extérieures restent faibles

Les déficits des comptes courants se sont réduits, mais restent élevés, avec une médiane de 7 % du PIB. Les conditions financières internationales accommodantes ont facilité le financement de ces déficits, avec une augmentation des émissions souveraines et un sentiment des investisseurs favorable aux économies « frontières ». Cependant, les IDE en direction de l’Afrique subsaharienne ne devraient augmenter que de manière limitée en 2017. En conséquence, les niveaux de réserves extérieures vont rester faibles, à environ 3 mois d’importations, signalant la nécessité pour les économies de la région de reconstituer un « coussin » financier, d’après la Banque mondiale.

 

Les monnaies de la région se sont stabilisées, en particulier pour les économies exportatrices de pétrole, qui ont bénéficié de la hausse des prix du pétrole, d’une augmentation de la production pétrolière, et de l’affaiblissement du dollar. L’inflation a suivi la même trajectoire, à la faveur de la stabilisation des monnaies nationales et d’un ralentissement de la hausse des prix alimentaires, ce qui a permis à certaines banques centrales de réduire les taux d’intérêt. L’inflation reste néanmoins élevée dans certains pays (Nigeria, Angola).

 

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_ En 2018, la croissance devrait s’établir à 3,2 %

Alors que les déficits publics ont eu tendance à baisser, en particulier en raison des coupes budgétaires importantes dans les pays pétroliers, la dette publique a continué de croître, avec une médiane qui est passée de 48 % en 2016 à 53 % en 2017, avec les économies non basées sur les ressources naturelles qui ont réalisé d’importants investissements publics. Au total, l’écart de soutenabilité des finances publiques s’est accru en moyenne de 4 points, reflétant une hausse de la dette et des déficits publics. L’augmentation de l’endettement public s’accompagne d’un accroissement de la dette privée, avec les prêts bancaires au secteur privé domestique atteignant 29 % du PIB de la zone.

 

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3,2 % de croissance en 2018, puis 3,6 % en 2018-2020

Pour 2018, la croissance devrait s’établir à 3,2 %, puis à une moyenne de 3,6 en 2018-2020. Malgré cette reprise, les taux de croissance demeurent inférieurs à ceux avant la crise financière globale, reflétant en partie les difficultés des plus grandes économies de la région à accroître les investissements privés. La croissance dans la région Cemac va rester modérée, mais devrait s’améliorer progressivement, les économies continuant à s’ajuster à des niveaux de prix du baril moins élevés. En revanche, l’activité économique devrait rester solide au sein de l’UEMOA, avec une croissance rapide au Sénégal et en Côte d’Ivoire.

 

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_ La Banque mondiale recommande des politiques permettant une croissance plus inclusive et des réformes structurelles

Parmi les risques pointés par les prévisions de la Banque mondiale, figurent le ralentissement de l’économie chinoise, qui pourrait avoir des effets importants sur la région, à travers la baisse du prix des matières premières. Les pays les plus vulnérables à ces risques seraient les exportateurs de métaux et les économies de la Cemac. Des difficultés au niveau domestique pourraient apparaître en raison de la hausse de l’endettement public, de l’instabilité politique et de la dégradation des conditions sécuritaires, en particulier en Afrique de l’ouest et en Afrique centrale. Pour faire face à ces risques, la Banque mondiale recommande des politiques permettant une croissance plus inclusive et des réformes structurelles pour réduire les déficits budgétaires.

 

10 janvier 2018/ Mis à jour le 10 janvier 2018 / Par Victor Bérenger

 

http://www.jeuneafrique.com/509002/economie/afrique-subsaharienne-une-reprise-modeste-en-2018-selon-la-banque-mondiale/

 

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4 – L’Afrique en tête… des inégalités

 

Concernant les inégalités, deux rapports qui viennent d’être publiés nous interpellent. Avec la participation du très médiatique Thomas Piketty, le Laboratoire sur les inégalités mondiales (World Inequality Lab) a passé en revue les statistiques de distribution des revenus par quantiles, confirmant la concentration obscène de richesses au profit des 1 % les plus riches de la planète. Il estime que la moitié de la population la plus pauvre a vu ses revenus augmenter de façon significative, grâce à une forte croissance en Asie. Toutefois, en raison des inégalités toujours plus élevées à l’intérieur de la plupart des pays, les 1 % les plus riches du monde ont vu leur fortune augmenter deux fois plus vite au cours des vingt-cinq dernières années que les 50 % les plus pauvres.

 

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Le niveau des inégalités autour du globe n’a pas été stable au cours des trois dernières décennies. Si la part mondiale des revenus des 50 % les plus pauvres oscille autour de 9 % depuis 1980, celle des 1 % les plus riches est passée de 16 % en 1980 à 22 % en 2000, puis a baissé légèrement par la suite, à 20 %. L’infléchissement observé après 2000 est dû à une réduction des inégalités des revenus moyens entre les pays, tandis que les inégalités intra-pays ont continué d’augmenter. L’Afrique subsaharienne présente plus d’inégalités que l’Europe, l’Amérique du Nord, la Russie ou la Chine. La part détenue par les 1 % les plus riches – stable depuis presque trois décennies – atteint environ 54 %. C’est un scandale. Mais le Brésil, l’Inde ou le Moyen-Orient font encore pire.

 

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_ La crise mondiale des inégalités atteint un nouvel extrême, conclut Oxfam

En 2016, Oxfam avait aussi marqué les esprits avec la publication de son rapport à l’intention du Forum de Davos, en montrant que la fortune des 62 milliardaires les plus riches de la planète équivalait à la part détenue par la moitié la plus pauvre de la population mondiale en comparant la liste établie par le magazine Forbes et les calculs de Crédit suisse. En 2018, Oxfam récidive. Cette année, 42 milliardaires suffisent pour obtenir une richesse équivalente à celle de la moitié de la population la plus pauvre. Oxfam en conclut que la « crise mondiale des inégalités atteint un nouvel extrême ».

 

Pour répondre aux critiques autour de cette comparaison, le rapport inclut une série de statistiques révélatrices, fondées sur les travaux récents de Christoph Lakner, de la Banque mondiale, et de Branko Milanovic, de la City University of New York. Oxfam fait des raccourcis, admettons-le, mais on comprend que, quels que soient les indicateurs utilisés, la conclusion est la même : les inégalités augmentent.

 

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_ Les effets de la révolution numérique

Pour l’Afrique, ce débat est crucial. Non seulement le continent comprend six pays parmi les dix les plus inégalitaires de la planète, mais le gouffre entre le continent et les pays qui avancent le plus vite ne va cesser de se creuser du fait de l’évolution de la structure des économies. Il s’agit de se rendre compte que la révolution numérique en cours concentre la valeur dans le système financier et dans la propriété intellectuelle. Pour faire simple, on paie plus pour le savoir-faire d’intermédiation, le marketing et la distribution du chocolat que pour les fèves de cacao. Il est facile de dire que cela a toujours été ainsi. Ce qui explique d’ailleurs pourquoi l’industrialisation d’un continent si riche en matières premières n’était pas bien vue, encore moins recommandée, par les experts qui nous offraient des stratégies de développement. Mais le problème est que la tendance s’accélère.

 

L’homme le plus riche de la planète est un distributeur : Jeff Bezos, fondateur d’Amazon. Sa fortune, atteignant 100 milliards de dollars, est plus importante que le PIB de 50 pays Africains réunis. En Chine, Jack Ma a vendu via son site Alibaba pour plus de 4 milliards de dollars en une seule journée l’année dernière, plus que le PIB de 15 pays africains. Sa compatriote Yang Huiyan, sixième sur la liste des Chinois les plus riches établie par Forbes, a réussi à placer 6 milliards de dollars en sept jours dans le secteur de l’immobilier, plus que le PIB de 19 pays du continent.

 

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_ Un modèle structurellement inégalitaire

Si l’on ne peut comparer ces célébrités avec nos prétendus riches africains, comme certains le font sur les réseaux sociaux, nos élites creusent elles aussi les inégalités en continuant de centrer les économies africaines sur les rentes tirées de la vente des matières premières. La poursuite de ce modèle ne fera qu’agrandir le fossé entre l’Afrique et les autres régions du monde, et ces élites ne maintiendront leur train de vie que si elles accaparent une part toujours plus importante de cette rente, au détriment de la majorité, au lieu de transformer les économies de leurs pays.

 

Avec l’intelligence artificielle, la robotisation, l’impression 3D, nous allons assister à une plus grande altération de la valeur travail. L’Afrique a encore quelques chances de réussir son saut d’impala, à condition de faire vite et de profiter des fenêtres d’opportunités démographiques (jeunesse, urbanisation), climatiques (potentiel immense en énergies renouvelables) et technologiques (innovation frugale) qui s’offrent à elles. Le temps est venu d’agir pour le continent où ont commencé l’expansion humaine et l’utilisation du langage, où sont nés les hiéroglyphes, l’écriture et les mathématiques. Voilà des réalisations plus excitantes et inspirantes que la fierté liée à la richesse de Mansa Moussa.

 

Publié le 29 janvier 2018/ par Carlos Lopes

 

http://www.jeuneafrique.com/mag/519351/economie/lafrique-en-tete-des-inegalites/

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5 – Réforme de l’UA : « Les pressions existeront toujours dès lors que l’Afrique souhaitera se prendre en charge »

 

En marge du 30e sommet des chefs d’État de l’Union africaine (28-29 janvier), l’économiste rwandais Donald Kaberuka, membre du comité pilote mis en place en 2016 pour réfléchir à la réforme – notamment financière – de l’institution panafricaine, juge significatifs les progrès réalisés à l’issue de cette réunion continentale. L’économiste rwandais Donald Kaberuka, ancien ministre et ex-patron de la BAD, fait partie du Comité pilote en charge des propositions pour réformer l’Union africaine (UA). Présent lors du 30e sommet des chefs d’État, à Addis Abeba les 28 et 29 janvier, il revient pour Jeune Afrique sur l’avancée des travaux qui doivent conduire l’organisation à son autofinancement, en partie, d’ici 2020.

 

  • Jeune Afrique : Ce 30e sommet des chefs d’État de l’UA a-t-il permis des avancées ?

 

D onald Kaberuka : Le train de la réforme – et de sa composante financière – est en marche. Tout le monde admet que l’autofinancement de l’Union africaine est une urgence. Je n’ai pas entendu un seul pays s’opposer à la formule. Sur le plan technique, ce n’est pas si compliqué, mais je comprends que nos économies soient différentes d’un pays à l’autre. Et certains ont donc besoin de s’assurer que le fardeau ne sera pas insoutenable. Des consultations supplémentaires sont nécessaires pour peaufiner le consensus, mais vingt-et-un pays ont déjà signé, ce qui représente pour moi un verre à moitié plein.

 

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La taxe de 0,2 % sur les importations répond à un critère de faisabilité technique

Concernant la taxe de 0,2 % sur les importations, certains pays très dépendants des importations sont inquiets. Le Premier ministre mauricien Pravind Kumar Jugnauth a expliqué à Jeune Afrique ne pas vouloir faire peser sur ses concitoyens « une taxe additionnelle »…

 

La réforme financière de l’UA ne concerne pas uniquement la partie sur les recettes. Elle s’attaque aussi aux dépenses et à la gouvernance. La taille du fardeau dépendra donc aussi de ces deux autres pans de la réforme. Je rappelle que la décision d’autofinancer l’UA a d’abord été prise à Addis Abeba en 2012. À Johannesbourg, en 2015, il a été précisé que 100 % du budget administratif, les trois quarts du budget « programmes » et 25 % du « fonds paix et sécurité » devraient être financés d’ici 2020. À Kigali, en 2016, nous avons simplement proposé les moyens d’y parvenir. Les premières propositions de l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo étaient trop complexes : taxes sur les billets d’avion, sur les assurances, sur les téléphones…

On nous a donc demandé de trouver une formule éprouvée et qui ne posait pas de problèmes d’ordre technique. La taxe sur les importations est une formule qui s’applique très bien au niveau de la Cedeao et de l’UEMOA.

 

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La zone de libre-échange continentale va contribuer à lever les obstacles

 

  • Maurice, mais aussi l’Égypte ou la Tunisie ont fait part des pressions exercées par l’OMC dont ils font partie. Cette taxe est-elle en adéquation avec les traités qui les lient à cette institution ?

Les pressions existeront toujours, dès lors que l’Afrique souhaitera se prendre en charge. Nous sommes conscients du fonctionnement des traités internationaux, et il n’y a d’ailleurs pas que l’OMC. C’est pourquoi il existe dans notre réforme la souplesse nécessaire pour prendre en compte les contraintes de ces accords.

Je rappelle également que quatorze pays africains ne font pas partie de l’OMC. L’Égypte, la Tunisie ou Maurice ne sont pas l’Union africaine. Nous pensons par ailleurs qu’avec la zone de libre-échange, qui devrait être actée lors du sommet extraordinaire de Kigali le 21 mars, tous ces obstacles seront levés. En son temps, l’Union européenne avait connu les mêmes difficultés. Et certaines ne sont d’ailleurs toujours pas réglées.

 

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Il n’est évidemment pas simple d’engager des réformes intergouvernementales. C’est le cas pour n’importe quelle organisation internationale. Mais l’urgence que j’ai sentie lors de ce huis clos, malgré des débats actifs, me donne à penser qu’il y a un consensus qui se dégage. Maintenant, faut-il qu’il soit à 100 % immédiat ?

Je ne crois pas que cela existe dans une autre organisation mondiale. Mais, dans les six mois, nous obtiendrons une masse critique qui nous fera avancer très rapidement. Les débats les plus longs ont concerné le processus décisionnel, les compétences au niveau des différents ensembles de l’UA. Il n’y a pas eu de débats d’ordre idéologique.

 

07 février 2018/ Par Michael Pauron / envoyé spécial à Addis Abeba

 

http://www.jeuneafrique.com/528163/economie/reforme-de-lua-les-pressions-existeront-toujours/

 

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6 – Les 10 pays les plus riches d’Afrique, selon la BAD 

 

En matière de PIB, le Nigeria est, de loin, le pays le plus riche d’Afrique en 2017. C’est ce que révèlent les récents chiffres de la Banque africaine de développement (BAD), publiés à Abidjan, la semaine dernière. Aidé par une forte production pétrolière et le redressement des cours mondiaux des matières premières, le PIB aux prix courants du Nigeria qui  représente plus de 72% de l’ensemble des économies de l’Afrique de l’ouest, devrait atteindre 581 milliards $ cette année contre 519 milliards $, en 2016.

 

Loin derrière, l’Afrique du Sud qui est sortie de récession au second trimestre, arrive en deuxième position. La richesse créée au cours de cette année civile par les résidents sud-africains, pourrait passer la barre des 276 milliards $. Reléguée au troisième rang par la nation arc-en-ciel, l’Egypte dont l’économie est encore convalescente, marque la présence du premier pays nord-africain dans ce classement, grâce à un volume d’activité qui pourrait avoisiner 264 milliards $.

 

S’en suivent, l’Algérie qui  pourrait totaliser 170 milliards $, complétant le quartet de tête, puis l’économie soudanaise qui pèsera au bout de cette année, 124 milliards $. Cette dernière surclasse ainsi le Maroc qui, malgré le dynamisme de son économie marquée par un début accentué de diversification, se retrouve à la sixième place. Porté par une croissance de 4% au moins, le Pib du Royaume chérifien devrait franchir la barre des 121 milliards $ au terme de cette année. Le Maroc doublerait ainsi la taille de son économie en 12 ans, selon les chiffres consultés par l’Agence Ecofin.

 

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Avec 104 milliards $, l’Angola restera le septième pays le plus riche en Afrique en 2017.  Un an plus tôt, la taille de l’économie du deuxième producteur africain de pétrole était de 96 milliards $. L’Ethiopie, locomotive de la croissance africaine, devrait garder sa 8e place avec 93 milliards $ contre 84 milliards en 2016. Un bond qui confirme les prévisions des institutions internationales. Le pays qui, en 12 ans, a presque sextuplé son Pib, devrait enregistrer cette année la plus forte croissance à l’échelle mondiale, devançant des pays comme Myanmar (7,5%), la Côte d’Ivoire (7,3%) ou l’Inde (7,2%).  

Enfin, le Kenya (77 milliards $) et la Tanzanie (52 milliards), tous de la sous-région la plus dynamique d’Afrique (l’Est), en termes de Pib, complètent le top 10. Précisons que ce classement fait par l’Agence Ecofin, qui s’appuie sur les données de la Bad, ne prend en compte que la richesse globale créée par l’économie des nations suscitées.

 

Fiacre E. Kakpo/ (Agence Ecofin) -/ jeudi, 19 octobre 2017 /

 

https://www.agenceecofin.com/economie/1910-51333-les-10-pays-les-plus-riches-d-afrique-selon-la-bad

 

 

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7 – Le mythe de l’Afrique pauvre aidée par les pays riches

_ On connaît le refrain : l’Afrique est pauvre, et elle a besoin de l’aide des pays riches.

 

Et si les puissances occidentales ont longtemps exploité le continent noir, à travers l’esclavage, le colonialisme et l’extraction de ressources, elles rivalisent aujourd’hui de générosité pour éradiquer la pauvreté et faciliter le développement. Mais cette histoire, répétée ad nauseam par les pays riches est en réalité un mythe. On sait depuis plus de quinze ans que l’Afrique reverse plus de capitaux au reste du monde qu’elle n’en reçoit à travers l’aide étrangère développement. De 30 à 60 milliards de dollars sont ponctionnés chaque année du continent, selon les calculs d’un groupe de réflexion parrainé en 2015 par la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et la Commission de l’Union africaine, autour de l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki. Et l’estimation est  assez conservatrice.

 

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En quoi consiste cette hémorragie que les spécialistes surnomment les « flux financiers illicites » ? Il y a bien sûr les activités criminelles en tous genres (trafics de drogue, d’armes, de marchandises etc..), et les transferts de fonds issus de la corruption. Mais l’essentiel provient des flux commerciaux traditionnels. C’est le fruit de manipulations effectuées par des multinationales pour ne pas payer aux pays les impôts correspondants à leurs activités sur place. Les entreprises ont recours à deux types de stratégies, les combinant au besoin, l’évasion fiscale et l’évitement fiscal.

La première désigne la fraude à proprement parler, alors que la seconde consiste à rechercher activement les failles du système fiscal d’un État, pour réduire le montant des prélèvements dont l’entreprise devrait normalement s’acquitter. Le plus souvent, les multinationales transfèrent leurs profits vers des pays où la fiscalité est peu élevée, aux dépens de celui où elles produisent en réalité.

 

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En Afrique, le niveau moyen des prélèvements ne dépasse pas 17%, contre environ 35% dans les pays riches

  

Il s’agit d’un phénomène mondial. Les gouvernements des pays riches considéraient il y a encore quelques années que les flux financiers illégaux étaient avant tout une question de lutte contre le terrorisme et le crime organisé. Les déficits budgétaires chroniques les poussent désormais à s’inquiéter de l’impact de ces détournements sur leurs finances. Il suffit de voir la bataille en cours au sein de l’Europe, où des pays comme la France ou l’Allemagne sont las de voir les champions du secteur digital comme Google, Apple, Facebook ou Amazon échapper à leurs obligations fiscales en déclarant leurs bénéfices en Irlande ou au Luxembourg.

  

Mais l’impact pour les pays en voie de développement, en en particulier en Afrique est nettement plus dévastateur. Avant même les détournements des entreprises, leurs recettes fiscales sont faibles. En Afrique, le niveau moyen des prélèvements ne dépasse pas 17%, contre environ 35% dans les pays riches. Les administrations ne disposent pas des ressources nécessaires pour déjouer les stratégies de plus en plus sophistiquées et agressives des multinationales pour échapper à l’impôt. Sans même parler de la corruption qui achète la complaisance de certains décideurs locaux. Ces impôts non payés ont un coût humain gigantesque.

 

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Ce sont autant de financements en moins pour les infrastructures, des programmes d’éducation, de santé, d’alimentation, de protection des droits des femmes ou de préservation de l’environnement. L’ONU en a d’ailleurs pris conscience en déclarant que la lutte contre les flux financiers illicites était un frein au financement du développement, et donc une entrave aux Objectifs de Développement Durables que la communauté internationale s’est fixé d’ici 2030.

 

Les stratégies d’optimisation fiscale des multinationales contribuent aux flux financiers illicites contre lesquels le monde doit s’engager

 Dans ce contexte, nous considérons, à l’instar de la Commission indépendante pour la réforme de la taxation internationale des entreprises (ICRICT), que l’ONU doit affirmer de façon explicite que les stratégies d’optimisation fiscale des multinationales contribuent aux flux financiers illicites contre lesquels le monde doit s’engager.

  

Cette bataille implique un engagement à la fois au sein des États qu’au niveau global pour améliorer la transparence dans les systèmes financiers et le commerce international, et renforcer les capacités des administrations fiscales. Cela signifie obliger les grandes entreprises à dévoiler le détail de leurs activités dans chaque pays où elles opèrent, pour s’assurer que les profits sont bien déclarés et taxés dans le pays où se déroulent les activités productives et commerciales de  ces entreprises. Cela veut aussi dire s’intéresser de près à tous les intermédiaires qui rendent possibles cette fuite de capitaux, à commencer par les banques qui aident à cacher ces ressources détournées dans des paradis fiscaux.

 

13 octobre 2017/ par Léonce Ndikumana

 

http://www.jeuneafrique.com/482756/economie/le-mythe-de-lafrique-pauvre-aidee-par-les-pays-riches/

 

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8 – Thabo Mbeki : « L’Afrique perd chaque année 60 milliards de dollars dans des transactions financières illicites »

 

Chargé par la Commission économique pour l’Afrique de traquer les flux financiers illicites, Thabo Mbeki a déclaré qu’entre 50 et 60 milliards de dollars sont illégalement transférés à l’extérieur du continent chaque année.

 

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Thabo Mbeki, président du Groupe des personnalités de haut-niveau (GPHN) contre les flux financiers illicites en provenance d’Afrique, a présenté les résultats d’un rapport de progrès à l’occasion de la 7e réunion conjointe des ministres de l’Économie et des Finances qui s’est tenue dimanche 30 mars à Abuja, la capitale du Nigeria. L’ancien président de l’Afrique du Sud a déclaré que les pays africains perdaient entre 50 et 60 milliards de dollars par an. Des estimations qui n’incluent pas les fuites de capitaux provenant des transactions commerciales des multinationales, des activités criminelles ou encore de la corruption.

 

« Ces flux illicites appauvrissent le continent », a déploré Thabo Mbeki, nommé à la tête de ce panel mis en place en 2012 par la Commission économique pour l’Afrique (CEA) afin d’examiner la nature de ces fonds illicites. Selon lui, ces transactions seraient rendues possibles par la faiblesse des régimes fiscaux dans certains pays du continent. Il souligne l’importance de la mise en place de mécanismes efficients pour combattre ce phénomène.

 

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_ Impacts sur le continent

« Afin de comprendre l’impact de ce phénomène en Afrique, nous avons décidé d’effectuer un certain nombre d’études de cas dans des pays comme le Nigeria, la RD Congo, le Kenya, le Liberia, le Mozambique, l’Algérie, Maurice et l’Afrique du Sud. D’après notre étude, il est clair que le continent perd un volume de capital important, capital qui aurait dû être mobilisé pour des investissements et pour entamer des processus d’industrialisation », a expliqué Thabo Mbeki, ajoutant que l’étude ne présentait pas les résultats par pays.

 

L’ancien président sud-africain souligne que les principaux bénéficiaires de ces flux illicites sont tout autant les pays développés que les économies émergentes, autrement dit, les principaux partenaires commerciaux du continent. Avant de conclure que « ces transactions ont pour corollaire une baisse des rentrées fiscales, un amenuisement des réserves de change, un affaiblissement de la gouvernance et une baisse des investissements, posant ainsi de véritables problèmes en termes de développement ».

 

01 avril 2014 / Par Jeune Afrique

 

http://www.jeuneafrique.com/11106/economie/thabo-mbeki-l-afrique-perd-chaque-ann-e-60-milliards-de-dollars-dans-des-transactions-financi-res-illicites/

 

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9 – « Oui le taux de pauvreté en Afrique recule, mais le nombre de pauvres augmente »

 

Notre chroniqueur replace dans leur contexte les chiffres de croissance flatteurs pour le continent qu’il estime en trompe-l’œil et ne profiter qu’à une minorité. La Banque africaine de développement (BAD), l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ont publié leur rapport sur « Les perspectives de l’économie en Afrique en 2017 ».

 

Le communiqué de presse, largement repris par les médias, compilait quelques chiffres dont une prévision de croissance pour l’ensemble du continent africain de 3,4 % en 2017 et 4,3 % en 2018, une classe moyenne qui atteindrait 350 millions de personnes (sur un total de 1,2 milliard d’habitants), ou encore des investissements directs étrangers pour 2017 de l’ordre de 57 milliards de dollars (50 milliards d’euros). Ce rapport contient de nombreuses données intéressantes qu’il est utile de replacer dans leur contexte.

 

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_ Une croissance démographique spectaculaire

Revenons sur la croissance. Tout d’abord, les disparités régionales sont grandes puisque la croissance en 2016 n’a été que de 0,4 % en Afrique de l’Ouest et 0,8 % en Afrique centrale, quand elle dépasse les 5 % en Afrique de l’Est. Examinons également la croissance nécessaire à un développement structurel et durable étant donné, notamment, la croissance démographique spectaculaire du continent.

 

La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) a publié un rapport en 2014 intitulé « Le développement économique en Afrique » qui pose comme hypothèse pour un développement structurel une croissance économique de 7 % sur le moyen voire le long terme. Sur les dix dernières années, seuls dix pays en Afrique avaient atteint ce chiffre (rapport économique sur l’Afrique pour l’année 2013, Commission économique pour l’Afrique, ONU).

 

La Cnuced précise que, pour obtenir une telle croissance sur le moyen terme, le taux d’investissement moyen (ratio de la formation brute de capital fixe sur le PIB) doit atteindre au moins 25 % (la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies l’estime, elle, à 33 % !). Or, sur les vingt dernières années, ce taux d’investissement moyen n’a été que de 18 % en Afrique (Cnuced, 2014).

 

Le taux de pauvreté en Afrique recule depuis plusieurs années, mais la croissance démographique est telle que le nombre de pauvres augmente ! Le rapport sur les perspectives de l’économie en Afrique établit qu’il y aurait plus de 500 millions d’Africains sous le seuil de pauvreté, soit vivant avec moins de 2 dollars par jour. Dans le même temps, il y aurait, toujours selon ce même rapport, une classe moyenne de 350 millions de personnes. La Banque africaine de développement définit une personne appartenant à la classe moyenne par un revenu compris entre 2,2 dollars et 20 dollars par jour. Rappelons que le seuil de pauvreté est à 2 dollars par jour, ce qui signifie que 20 cents feraient la différence entre la pauvreté et l’appartenance à la classe moyenne.

 

La BAD estime que sur les 350 millions de personnes vivant avec un revenu journalier compris entre 2,2 dollars et 20 dollars, près de 60 % vivent avec 2,2 à 4 dollars par jour, soit environ 200 millions de personnes. La BAD appelle pudiquement cette catégorie « la classe moyenne flottante »« Flottante » car elle est si précaire et proche du seuil de pauvreté qu’on ne peut décemment la qualifier de classe moyenne.

 

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_ Une classe moyenne embryonnaire

CFAO, qui a fait une grande étude avec Ipsos sur la classe moyenne en Afrique, la définit avec un revenu journalier compris entre 4 et 20 dollars par jour. Ce qui représente 150 millions de personnes, à peine plus de 10 % de la population africaine totale. Replacer les chiffres dans leur contexte est utile pour la compréhension des dynamiques. La classe moyenne en Afrique est encore embryonnaire, même si la tendance est à la croissance. Les opportunités en termes de marchés sont réelles et ne vont cesser de croître, mais il s’agit de ne pas confondre celles-ci avec les indicateurs d’un développement structurel et durable.

 

La Cnuced rappelle dans son rapport de 2014 que l’enjeu pour le développement, au-delà des objectifs quantitatifs du taux d’investissement moyen et de la croissance, c’est la politique d’investissement. La croissance d’un pays ne peut être tirée par la seule consommation intérieure, sinon le pays risque d’accroître sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur à travers les importations. L’investissement doit être un relais fort de cette croissance. L’investissement doit, par sa qualité et son ciblage, jouer un rôle majeur dans l’accélération de l’investissement en Afrique.

 

Pour cela, la Cnuced recommande trois secteurs de concentration que sont les infrastructures, les agro-industries et le secteur manufacturier. La qualité de l’investissement a trait à la pertinence, à la qualité de la réalisation et à la gouvernance des investissements. Malheureusement, l’investissement en Afrique demeure une occasion pour les officiels de s’enrichir. Nombreux sont les ministres et présidents qui prélèvent leur dîme sur chaque investissement ou acceptent des projets non adaptés ou de piètre qualité moyennant de larges commissions.

 

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_ Le coût de la corruption

Comme le déclarait l’homme d’affaires mauritanien Mohamed Ould Bouamatou lors d’une conférence organisée par la Fondation Mo Ibrahim en avril à Marrakech, « le pouvoir ne doit pas servir de raccourci vers l’enrichissement personnel ». D’ailleurs, la Fondation Mo Ibrahim n’a décerné son prix qu’à quatre reprises depuis 2007, faute de pouvoir désigner un dirigeant politique africain ayant fait preuve d’un leadership d’excellence. Cette mauvaise gouvernance a un coût pour les économies africaines. Elle constitue un handicap supplémentaire en matière de compétitivité, car le coût de la corruption est toujours répercuté dans les coûts de l’investissement.

 

La Cnuced souligne également le nécessaire équilibre entre l’investissement public et l’investissement privé pour créer une dynamique d’accélération. L’investissement public en Afrique, toujours selon la Cnuced, a atteint un niveau record de 11,5 % du PIB en 1982 et n’a cessé de chuter depuis lors pour atteindre son niveau le plus bas en 2012, 5 % (7 % en moyenne sur la dernière décennie). Or les experts estiment que l’investissement public devrait se situer entre 8 % et 11 % du PIB pour contribuer réellement et durablement à la croissance.

 

S’agissant de l’investissement privé, il demeure faible en Afrique. Les investissements étrangers directs devraient atteindre 57 milliards de dollars en 2017, soit l’équivalent de ce qu’ont reçu les Pays-Basen 2014 pour une population de 17 millions d’habitants… Les transferts de migrants dépasseront en 2017 le montant des investissements directs étrangers, soit 66 milliards de dollars, et l’aide publique au développement devrait se situer autour de 50 milliards (Perspectives économiques en Afrique, 2017).

 

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_ Souffrance et misère

On comprend aisément qu’il y a un déficit de financement en Afrique, dont la solution passe par la mobilisation des ressources africaines, à la fois par la fiscalité, mais surtout par le réinvestissement en Afrique des revenus générés par l’exploitation des ressources naturelles (pétrole, gaz, mines, etc.). La mobilisation des recettes intérieures en Afrique a beaucoup progressé passant de 142 milliards de dollars en 2002 à 580 milliards en 2012 (Cnuced, 2014), mais cela reste inférieur aux recettes fiscales annuelles de l’Allemagne… Sans parler de la fuite de capitaux dont les experts estiment le montant à 50 milliards de dollars par an.

 

Bref, les chiffres restent des chiffres à qui on peut faire dire tout et son contraire. Si l’Afrique est un continent d’opportunités commerciales comme l’écrivaient Jean-Michel Sévérino et Olivier Ray en 2010 dans leur ouvrage Le Temps de l’Afrique, il n’en demeure pas moins que le potentiel économique de l’Afrique reste largement inexploité et, pour ce qui concerne la partie exploitée, elle ne profite qu’à une minorité, dont les classes dirigeantes qui s’enrichissent dans des proportions choquantes. Vu sous l’angle commercial, l’Afrique est donc déjà un eldorado pour de nombreuses entreprises et le restera. Vu sous l’angle humain, l’Afrique est un continent où la souffrance et la misère continuent de croître. Combien de temps encore les peuples africains accepteront toutes ces inégalités ?

 

Laurent Bigot est un ancien diplomate français devenu consultant indépendant./ Par Laurent Bigot (chroniqueur Le Monde Afrique)/ LE MONDE/ Le 08.06.2017/ Mis à jour le 09.06.2017/

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/06/08/oui-le-taux-de-pauvrete-en-afrique-recule-mais-le-nombre-de-pauvres-augmente_5140890_3212.html

 

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10 – Le Zimbabwe donne un délai de trois mois pour rapatrier les capitaux avant de lancer des poursuites

 

Le nouveau président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, a accordé, mardi, trois mois aux entreprises et aux particuliers pour rapatrier tous leurs capitaux illégalement sortis du pays, faute de quoi ils seront « traduits devant la justice ». Le nouveau président du ZimbabweEmmerson Mnangagwa, a fixé, dans un communiqué publié mardi 28 novembre, un ultimatum de trois mois aux entreprises et aux particuliers pour rapatrier tous les capitaux illégalement sortis du pays. À l’expiration de ce délai, les autorités « procèderont à l’arrestation de tous ceux qui n’ont pas respecté cette directive et les traduiront devant la justice ».

 

Englué dans une crise économique catastrophique depuis une funeste réforme agraire lancée au début des années 2000, le Zimbabwe manque cruellement de liquidités. Les retraits sont sévèrement limités et le gouvernement peine chaque mois à payer ses fonctionnaires. Près de 85 % de sa population est officiellement au chômage et ne survit que de débrouille et d’emplois informels.

 

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 _ « Crime contre le peuple du Zimbabwe »

Le gouvernement a lancé il y a maintenant un an une nouvelle monnaie sous la forme de « billets d’obligation » pour tenter d’enrayer la fuite vers l’étranger du dollar américain, sa seule devise officielle, mais sans grand succès. L’expatriation des capitaux « constitue un crime économique contre le peuple du Zimbabwe », a souligné mardi le chef de l’État. Dans son discours d’investiture vendredi, Emmerson Mnangagwa, ancien bras droit de Robert Mugabe, avait promis de relancer l’économie, de créer des emplois et de favoriser le retour des investissements étrangers dans son pays, qui a été longtemps la cible de sanctions internationales en raison des atteintes aux droits de l’Homme reprochés à l’ancien régime.

 

Avec AFP/ Première publication : 28/11/2017/ Texte par FRANCE 24 / Dernière modification : 28/11/2017

 

http://www.france24.com/fr/20171128-zimbabwe-delai-trois-mois-rapatrier-capitaux-ultimatum-mnangagwa-mugabe-crise

 

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11 – Angola : João Lourenço donne six mois aux fraudeurs pour rapatrier leur argent

 

Le gouvernement angolais compte faire revenir dans le pays plusieurs dizaines de milliards de dollars domiciliés illicitement à l’étranger. Pour cela, il a annoncé un moratoire de six mois pour les citoyens et entreprises locales concernés, qui seront à l’abri de poursuites judiciaires. L’information révélée début décembre par JA selon laquelle le nouveau président angolais, João Lourenço, 63 ans, s’était mis à tracer les milliards de dollars placés hors du pays, a pris corps avec la proposition de loi adoptée le 7 février en conseil des ministres.

 

Ce texte prévoit d’accorder 180 jours de grâce aux citoyens, mais aussi aux entreprises ayant leur siège social en Angola, pour rapatrier les ressources financières domiciliées illicitement à l’étranger. Le président élu en août 2017 espère ainsi voir plusieurs dizaines de milliards de dollars retrouver le chemin des banques angolaises.

 

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« Les propriétaires ne seront ni interrogés sur la provenance de ces fonds, ni poursuivis »

Ce « moratoire », comme l’a nommé le gouverneur de la Banque nationale d’Angola, José de Lima Massano, est inédit. Force est de croire que le président Lourenço ne le propose pas au hasard : probablement sait-il déjà où est une partie de cet argent détourné, et à qui il appartient. C’est en tout cas l’une des missions qu’il aurait confieée au général Fernando Garcia Miala, tombé en disgrâce sous l’ancien président José Eduardo dos Santos – il avait écopé de quatre années de prison en 2006 – , et remis en selle par Lourenço.

 

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_ Gigantesque lessiveuse

Le rapatriement sera totalement gratuit, à la condition que les capitaux soient investis dans l’économie angolaise. Les propriétaires ne seront ni interrogés sur la provenance de ces fonds, ni poursuivis. « Une gigantesque lessiveuse en quelque sorte », ironise un diplomate en poste à Luanda, qui loue néanmoins cette initiative, si elle peut permettre de faire revenir cet argent alors que le pays traverse une période difficile économiquement, avec les prix bas du pétrole, matière première dont dépendent les trois-quarts des finances du pays. 

Cette loi donne par ailleurs des instruments complémentaires à l’État pour enquêter et coopérer avec les organismes internationaux pour tracer les fonds détournés. Passé ce délai de 180 jours, « le gouvernement usera de tous les mécanismes mis à sa disposition pour rapatrier les capitaux », selon l’agence de presse officielle Angop.

 

20 février 2018/ Par Michael Pauron / @MPAURON

 

http://www.jeuneafrique.com/533894/economie/angola-joao-lourenco-donne-six-mois-aux-fraudeurs-pour-rapatrier-leur-argent/

 

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12 – Afrique de l’ouest : le commerce illicite génère un manque à gagner annuel de 50 milliards de dollars

 

L’Afrique de l’ouest perd en moyenne 50 milliards de dollars chaque année en raison des flux financiers illicites qui ont pris ces dernières années une ampleur sans précédent dans la région. C’est ce que vient de relever un rapport conjoint de la BAD et de l’OCDE sur l’économie du commerce illicite en Afrique de l’Ouest. Selon le document, présenté le mardi 20 février à Paris, cet important manque à gagner se répercute sur la croissance des pays de la sous-région qui se voient ainsi privés d’énormes ressources financières pour accompagner leur stratégie de développement et d’investissements domestiques.

 

L’Afrique de l’Ouest paie un lourd tribut à l’expansion des activités illicites qui a émergé ces dernières années et qui occasionnent un important manque à gagner aux caisses des Etats. C’est en moyenne 50 milliards de dollars qui échappent chaque année aux radars des autorités et régulateurs économiques par le fait des trafics de tout genre, et qui sont transférées en toute illégalité vers l’Europe ou ailleurs dans le monde. C’est là, la conclusion du rapport que vient de rendre public conjointement l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Banque africaine de développement (BAD), sur les « flux financiers illicites, l’économie du commerce illicite en Afrique de l’Ouest ».

 

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Les résultats du rapport ont été présentés le mardi 20 février au centre de conférence de l’OCDE en présence des principaux auteurs ainsi que les représentants des organismes partenaires notamment la Banque mondiale, le NEPAD ainsi que le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA). «La seule sous-région de l’Afrique de l’Ouest, sur laquelle se concentre ce nouveau rapport, verrait ainsi lui échapper 50 milliards de dollars américains tous les ans, selon les estimations. Ce sont autant de ressources financières que les pays concernés ne peuvent mettre à profit de leur développement ou de leurs investissements domestiques ».

 

Selon le rapport, en plus du manque à gagner pour le développement et les investissements pour les pays ouest africains qu’engendrent ces flux financiers illicites (FFI), les activités illicites ou criminelles causent d’autres pertes financières du fait de leur répercussion sur l’économie, la sécurité et le développement.

 

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_ Une région de plus en plus vulnérable aux activités illicites

Selon le rapport, les pays ouest-africains deviennent de plus en plus vulnérables au point où la distinction entre « licite » et « illicite » est devenue assez floue du fait que des communautés entières peuvent dépendre du commerce illicite. Des secteurs entiers de l’économie sont ainsi pris en otage par le règne de l’illégalité notamment le secteur agricole, les échanges frontaliers ou l’exploitation des ressources naturelles. « Le licite et l’illicite sont de plus en plus interconnectées en Afrique de l’ouest. Cela s’explique, en partie, par la prépondérance de l’économie informelle, qui représenterait 60-70% de l’activité économique globale de sa région. Cela s’explique aussi par l’existence de réseaux de protection des élites connectés aux flux licites et illicites ».

D’après les auteurs du rapport, par exemple, « dans les zones agricoles, cela peut être l’exploitation illicite des ressources forestières ou le travail forcé qui alimente certaines industries, comme la production de cacao ». C’est le cas aussi de la pêche illégale, de la contrefaçon ou encore du trafic de faune sauvage.

 

En matière de commerce, le document a aussi relevés que l’essentiel des produits contrefaits et de qualité inférieure importés en Afrique de l’ouest sont introduits astucieusement dans les flux commerciaux légitimes en direction des pays de la région. « Les ressources limitées de l’Etat, la corruption endémique des autorités portuaires et le manque de capacités pour réaliser des inspections physiques des conteneurs produisent un environnement favorable à la contrebande » poursuit le rapport qui pointe du doigt, à ce sujet, « la Chine comme « principal pays source d’articles contrefaits et de qualité inférieure ». « Les Emirats arabes unis, Hong Kong et la Chine servent de points de transit vers les marchés ouest-africains qui, eux-mêmes, servent de points de transit vers d’autres pays du continent » lit-on dans le rapport qui fait également cas de l’ampleur d’autres fléaux comme le trafic de cannabis ou des êtres humains, les enlèvements avec demande de rançon ou la cybercriminalité.

 

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_ Le poids de l’économie informelle

Les estimations de la BAD et de l’OCDE n’ont pas manqué de soulever quelques contestations au vu des sommes en jeu pour la seule région ouest-africaine. Cependant, au regard de l’ampleur du phénomène en Afrique, certains analystes estiment que le montant des pertes qu’engendrent l’économie illicite dans la région sont largement sous estimées. C’est d’ailleurs là que le travail révèle toute son importance puisqu’il met en lumière les différentes connections entre l’économie illicite et les autres secteurs stratégiques de développement. D’autant que le poids de l’économie informelle s’ajoute aussi à la complexité du phénomène et amplifie le manque à gagner pour les pays en question.

 

 « Plusieurs pays de la région affichent des indicateurs de développement et des institutions publiques faibles, et présentent une capacité réglementaire limitée. Comme c’est le cas dans de nombreux pays en développement, l’activité économique se déroule largement au sein de l’économie informelle ». Cependant, ont souligné les auteurs, « tout ce qui est informel n’est pas mauvais : de fait, le secteur informel fournit souvent des moyens de subsistance précieux, particulièrement pour les personnes les plus pauvres ». Et cela même si, « les activités informelles échappent aux mécanismes réglementaires d’équilibre des pouvoirs ». A côté de ces activités d’autres comme l’évasion fiscale ou le blanchiment d’argent participent à saigner la région, tout comme le reste du continent d’ailleurs, et freine la dynamique de développement de ces pays fragiles qui manquent cruellement de ressources financières.

 

Par Aboubacar Yacouba Barma  |  21/02/2018, 14:20  |  918  mots

 

https://afrique.latribune.fr/economie/2018-02-21/afrique-de-l-ouest-le-commerce-illicite-genere-un-manque-a-gagner-annuel-de-50-milliards-de-dollars-769311.html#xtor=AL-13

 

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13 – Afrique : Environ 80 milliards de dollars de perte en flux financiers (ONU)

 

Les pays africains perdent chaque année plus de 80 milliards de dollars en fuite de capitaux. C’est ce qu’a déclaré M. Abdalla Hambok, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA). C’était le 27 janvier en marge du 30è sommet de l’Union Africaine (UA) en Ethiopie. Ce sommet a servi au lancement du marché Unique du transport aérien en Afrique. Mais il a permis surtout de discuter de plusieurs sujets d’ordres politiques et économiques. Sur ce dernier point, la fuite des capitaux africains vers l’étranger a retenu les attentions. S’exprimant sur la question, Abdalla Hamdok, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), a indiqué que l’Afrique perdait environ 80 milliards de dollars par an en raison de flux financiers illicites.

 

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L’expert a souligné l’impérieuse nécessité pour l’organisation panafricaine d’y remédier, afin de garantir la mise en œuvre des programmes de développement. L’émissaire onusien a fait remarquer l’impact négatif sur le développement et la bonne gouvernance des Etats membres. Abdalla Hamdok propose l’urbanisation comme moyen d’amélioration des performances économiques, en boostant les échanges commerciaux et faciliter l’intégration régionale. Toute chose qui selon M. Hamdok passe par le développement et la qualification du capital humain.

 

BY HARTMAN N’CHO ON 1 FÉVRIER 2018/

 

https://www.afrikmag.com/afrique-environ-80-milliards-dollars-perte-flux-financiers-onu/

 

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