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PAIX ET SECURITE INTERNATIONALE : efforts de paix et efforts de guerre (entre efforts réels et torpillages effrénés)

 

« Soudan du Sud/ guerre sans fin : Le 15 décembre marque quatre ans de guerre civile au Soudan du Sud sur fond de rivalité politico-ethnique entre le président Kiir et son ex-numéro 2. Des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés : l’ONU tire la sonnette d’alarme. « Il s’agit de la plus importante crise de réfugiés en Afrique ». Alors que le Soudan du Sud entre, vendredi 15 décembre, dans sa cinquième année de guerre civile, l’ONU tire la sonnette d’alarme et appelle les parties ainsi que la communauté internationale à agir face à la situation humanitaire critique. « Il faut exercer une pression sur les artisans de ce conflit meurtrier, qui a déraciné un tiers de la population du Soudan du Sud en quatre ans. Un nombre incalculable d’habitants ont été massacrés ou blessés. »

 

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1 – JO de 2018 : importants pourparlers entre les deux Corées

 

La Corée du Nord et la Corée du Sud ont entamé des pourparlers officiels ce mardi 9 janvier 2018, les premiers de ce type depuis plus de deux ans. Principal objectif de la négociation qui réunit les deux délégations à Panmunjon, à la frontière entre les deux pays, préparer la venue d’une délégation nord-coréenne aux Jeux olympiques d’hiver, prévus début février en Corée du Sud. Mais la Corée du Sud espère se servir de cette amorce de dialogue pour aborder d’autres sujets plus délicats.

Une rencontre qui témoigne de la détente amorcée au début de l’année, après une année 2017 rythmée par les essais nucléaires et les tirs de missiles de Pyongyang. On sait que les JO d’hiver organisés par la Corée du Sud le mois prochain ont été un élément déclencheur de cette rencontre, et sur ce point des annonces ont été faites.

 

La Corée du Nord a ainsi annoncé qu’elle enverra bien aux Jeux une délégation significative, constituée d’athlètes, de représentants officiels de haut niveau et de supporters. Viendront aussi une troupe artistique et une équipe de Taekwondo de démonstration. Des avancées concrètes ont donc déjà été obtenues. Séoul a de son côté proposé que les deux Corées défilent ensemble lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux. Le Nord n’a pas encore répondu à cette offre, mais les négociations ne sont pas terminées. Des négociations qui se déroulent sur la frontière même, dans un bâtiment construit côté Sud, à quelques mètres de la ligne de démarcation.

 

 

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_ Séoul souhaite élargir le champ des discussions

La Corée du Sud a aussi proposé au Nord une reprise des réunions de familles séparées par la frontière. Reprise qui aurait lieu mi-février, c’est à dire pendant les Jeux, qui se tiendron du 9 au 25 février à Pyeongchang. Et Séoul a offert d’organiser d’autres pourparlers, militaires cette fois : des discussions visant à trouver des moyens d’empêcher d’éventuels incidents de dégénérer en conflit armé.

 

Il faut souligner qu’en dépit de ce dégel, sur des questions telles que le nucléaire, Pyongyang restera inflexible. Et les Etats-Unis affirment que les exercices militaires massifs organisés avec la Corée du Sud reprendront bien après les Jeux… ce qui risque de briser ce processus de dialogue. Mais après des mois de tensions, ces premières avancées diplomatiques restent néanmoins significatives.

 

 

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Le négociateur nord-coréen, colonel Ri Song-gwon, un diplomate chevronné

 

Le colonel Ri Song-gwon a dirigé des délégations nord-coréennes lors de pourparlers militaires avec le Sud depuis 2006, participant à un total de 27 réunions. Il est aussi un partisan d’une ligne dure. Directeur du Comité pour la réunification pacifique de la Corée, il est en charge des relations avec le voisin sud-coréen. Mais il a aussi été – selon Séoul – le bras droit du général Kim Yong-chol, accusé d’avoir orchestré en 2010 le torpillage du croiseur Cheonan et le pilonnage d’une île en Corée du Sud, deux attaques qui avaient fait 50 morts.

 

Selon la presse sud-coréenne, Ri Song-gwon a un caractère explosif. En 2011, il est parti furieux d’une négociation au bout de 10 minutes, hurlant que son pays n’avait eu aucun rôle dans le torpillage du Cheonan. La Corée du Sud souhaite que les pourparlers d’aujourd’hui permettent aussi de discuter « des moyens d’apaiser les tensions militaires ». En faisant de Ri Son-gwon son négociateur en chef, la Corée du Nord montre qu’elle ne ferme pas la porte à ce sujet.

 

Par RFI/ Publié le 09-01-2018 / Modifié le 09-01-2018/ avec notre correspondant à Séoul, Frédéric Ojardias.

 

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20180109-coree-sud-nord-discussions-panmunjom-jeux-olympiques-familles

 

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2 – Soudan du Sud : quatre ans de guerre civile qui ont vidé le pays et fait au moins deux millions de réfugiés

 

Le 15 décembre marque quatre ans de guerre civile au Soudan du Sud sur fond de rivalité politico-ethnique entre le président Kiir et son ex-numéro 2. Des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés : l’ONU tire la sonnette d’alarme. « Il s’agit de la plus importante crise de réfugiés en Afrique ». Alors que le Soudan du Sud entre, vendredi 15 décembre, dans sa cinquième année de guerre civile, l’ONU tire la sonnette d’alarme et appelle les parties ainsi que la communauté internationale à agir face à la situation humanitaire critique. « Il faut exercer une pression sur les artisans de ce conflit meurtrier, qui a déraciné un tiers de la population du Soudan du Sud en quatre ans. Un nombre incalculable d’habitants ont été massacrés ou blessés. Une action urgente et concertée par les acteurs régionaux et internationaux est impérative, avant qu’il ne soit trop tard », a déclaré Filippo Grandi, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), dans un communiqué.

 

Plus récent pays du monde ayant acquis son indépendance en juillet 2011, le Soudan du Sud est plongé depuis décembre 2013 dans un conflit provoqué par une rivalité politique et ethnique entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, limogé après avoir fait part de son intention de briguer la présidence. Issus du même parti politique (le Mouvement populaire de libération du Soudan qui a mené le pays à l’indépendance), les deux hommes appartiennent aussi à deux ethnies différentes, les Dinkas et les Nuers, ce qui a attisé d’anciennes dissensions.

 

« Le monde ne peut plus se contenter de regarder, alors que les populations du Soudan du Sud sont terrorisées par une guerre absurde », poursuit le chef du HCR. Selon l’agence onusienne, les six pays voisins du Soudan du Sud (eux-mêmes en proie à l’instabilité et aux déplacements à grande échelle de leurs propres ressortissants) hébergent plus de deux millions de réfugiés et un million supplémentaire pourrait s’ajouter d’ici à un an. À l’intérieur du pays, sept millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire essentielle, dont deux millions sont des déplacés internes.

 

_ « Aveuglement et naïveté » de la communauté internationale

L’ONU a annoncé, jeudi, le renouvellement de la Minuss, sa mission de maintien de la paix au Soudan du Sud, mais pour seulement trois mois, contre un an précédemment. Le but est ainsi de pousser à une relance proactive du processus de paix et d’achever « l’examen stratégique de la Mission » qui compte un effectif d’environ 17 000 soldats, policiers et civils. Pour Roland Marchal, chercheur à Sciences Po et spécialiste des conflits en Afrique sub-saharienne, la mission des Casques bleus aura eu le mérite « d’internationaliser le problème, d’envoyer le message que l’ONU était là ». Mais les bénéfices s’arrêtent là, selon lui : « Depuis ses débuts, il y a six ans, cette opération n’était pas assez outillée, ils n’avaient pas prévu que leur mandat allait se complexifier, que le conflit allait s’enliser et que les besoins de protection des civils allait s’accroître autant ».

 

Le chercheur dénonce aussi « l’aveuglement et la naïveté » de la communauté internationale, expliquant l’étalement du conflit dans le temps. « Il y a eu pendant des années une grande vague d’illusion collective. Un certain nombre de questions politiques ont pourtant surgi dès 2005 avec la signature d’un accord de paix global qui était loin de régler toutes les dissensions avec les rebelles du sud », explique-t-il, ajoutant que le conflit aurait dû, à l’époque, être suivi avec le même soin que celui qui a tant occupé la communauté internationale au Darfour.

L’aveuglement, poursuit-il, s’est naturellement prolongé après l’indépendance du Soudan du Sud en 2011 : « On a assisté à un véritable emballement enthousiaste d’experts et de donateurs sur le fait que le couple Salva Kiir/Riek Machar allait fonctionner. Énormément d’argent a afflué de l’étranger, ce qui a créé un appareil d’État fictif. Tous les ministères donnaient l’apparence de la construction d’un État, mais ce n’était qu’une impulsion étrangère qui n’avait pas réellement le pouvoir de peser sur la politique interne. Le réveil a été brutal ».

 

_ « Une sortie de crise rapide relèverait du miracle »

Les États-Unis ont menacé, en novembre, de prendre des mesures de rétorsion à l’encontre du gouvernement sud-soudanais s’il ne mettait pas fin à la guerre. « Cela suffit avec les mots », a prévenu l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley, qui s’est rendue en octobre au Soudan du Sud pour mettre en garde le président Salva Kiir. La nature des sanctions envisagées par la Maison Blanche n’a pas été précisées. En 2016, Washington avait tenté, sans succès, de faire pression en agitant le spectre d’un embargo sur les armes et de sanctions internationales.

« Une sortie de crise rapide relèverait du miracle », regrette Roland Marchal, craignant qu’il faille « un nouvel épisode militaire interne (…) pour enfin convaincre la communauté internationale de s’investir efficacement ».

 

En attendant, le Soudan du Sud continue de se vider de sa population. Les six pays limitrophes – l’Éthiopie, le Soudan, l’Ouganda et le Kenya, ainsi que la République démocratique du Congo et la République centrafricaine – ont tous maintenu l’ouverture de leurs frontières, malgré les afflux de réfugiés et la baisse des ressources financières. Le Plan régional interagences d’aide aux réfugiés du Soudan du Sud n’est financé qu’à 33 %, et la majorité des réfugiés sont exposés aux maladies et à la pénurie de vivres, déscolarisés et souvent sans-abri.

 

Le Haut-Commissaire Filippo Grandi appelle tous les acteurs du conflit à trouver une solution politique en s’appuyant sur « le succès du ‘High Level Revitalization Forum’ pour mettre fin aux souffrances des réfugiés sud-soudanais et au massacre de civils innocents ». Présidée par l’Autorité intergouvernementale pour le développement, cette initiative de paix au Soudan du Sud est destinée à revitaliser un accord de paix avorté en 2015.

 

Première publication : 15/12/2017/ Texte par Anne-Diandra LOUARN / Dernière modification : 15/12/2017

 

http://www.france24.com/fr/20171215-soudan-sud-quatre-ans-guerre-civile-2-millions-refugies-morts-onu-kiir-machar

 

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3 – Remise en service du téléphone rouge intercoréen après l’offre de dialogue de Séoul

 

Les deux Corées ont remis en service mercredi un téléphone rouge transfrontalier fermé depuis 2016, continuant à jouer l’ouverture malgré les railleries de Donald Trump qui s’est vanté d’avoir un bouton nucléaire «beaucoup plus gros» que celui de Kim Jong-Un. Le canal de communication de Panmunjom, village frontalier où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de Corée (1950-53), a été rouvert à 06H30 GMT après quasiment deux ans de fermeture. «La conversation téléphonique a duré 20 minutes», a déclaré à l’AFP un responsable du ministère sud-coréen de l’Unification, sans autre précision dans l’immédiat.

 

Cette remise en service survient après l’offre de dialogue de Séoul qui répondait lui-même à une main tendue du dirigeant nord-coréen, lequel a évoqué une participation aux JO d’hiver qui s’ouvrent le mois prochain en Corée du Sud. Kim Jong-Un s’est servi lundi de son adresse du Nouvel An à la Nation pour faire ce geste rarissime en direction du Sud dans un contexte de tensions croissantes. Le Nord a multiplié ces derniers mois les tirs de missiles balistiques et mené son sixième essai nucléaire, déroulant ses ambitions militaires envers et contre tout.

 

Séoul a répondu en proposant la tenue le 9 janvier, pour la première fois depuis 2015, de discussions de haut niveau à Panmunjom sur les JO mais aussi «d’autres questions d’intérêt mutuel pour l’amélioration des relations intercoréennes». Le dirigeant nord-coréen avait également profité de son discours du Nouvel An pour répéter que son pays était un Etat nucléaire à part entière, avertissant qu’il avait en permanence à sa portée le «bouton» atomique.

 

– ‘Enfoncer un coin’ –

La déclaration a suscité un nouveau tweet de Donald Trump, dans son style très personnel. «Le leader nord-coréen Kim Jong-Un vient d’affirmer que le +bouton nucléaire est sur son bureau en permanence+. Qu’un membre de son régime affamé et épuisé l’informe que moi aussi j’ai un bouton nucléaire, mais il est beaucoup plus gros et plus puissant que le sien, et il fonctionne!», a écrit le président américain. Washington a également balayé la perspective d’un dialogue intercoréen.

 

L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley a jugé qu’il ne s’agirait que d’un simple «rafistolage». La porte-parole du département d’Etat Heather Nauert a estimé que M. Kim «pourrait être en train de tenter d’enfoncer un coin» entre Séoul et Washington. Pyongyang n’a pas semblé ému par la réaction américaine. Kim Jong-Un a «salué» le soutien apporté par Séoul à sa proposition, selon Ri Son-Gwon, chef du Comité nord-coréen pour la réunification pacifique de la Corée (CRPC).

 

Le Nord et Sud sont séparés depuis des décennies par la Zone démilitarisée (DMZ), l’une des frontières les plus fortement armées du monde. Les derniers pourparlers bilatéraux de décembre 2015 s’étaient soldés par un échec. La ligne téléphonique de Panmunjon servait aux deux pays à faire le point deux fois par jour avant d’être coupée en février 2016 suite à la détérioration des relations bilatérales consécutive à leur différend sur le complexe industriel conjoint de Kaesong. Séoul a salué la décision du Nord de la rouvrir comme étant «très significative».

 

– ‘Bouclier’ –

Le président sud-coréen Moon Jae-In est de longue date partisan du dialogue mais Washington a toujours dit qu’il n’accepterait pas une Corée du Nord dotée de l’arme nucléaire. Pyongyang soutient avoir besoin de l’arme atomique pour se protéger de l’hostilité de Washington. Le Nord cherche à mettre au point une tête nucléaire capable de frapper le territoire continental américain. Il a essuyé de multiples trains de sanctions de l’ONU sans sembler vouloir céder le moindre pouce de terrain.

Moon a salué de la part du Nord une «réponse positive à notre proposition de faire en sorte que les jeux Olympiques de Pyeongchang soient une occasion révolutionnaire pour la paix». Tout rapprochement intercoréen se déroulerait dans un contexte de suspicion, voire d’hostilité de la part de Washington alors que MM. Kim et Trump échangent des insultes personnelles depuis des mois.

 

Le président américain a traité M. Kim de «petit gros» et «d’homme-fusée». Le dirigeant nord-coréen a qualifié l’occupant de la Maison Blanche de «vieux gâteux malade mental». Pour Go Myong-Hyun, analyste à l’Institut Asan des études politiques, Pyongyang cherche à se défendre contre les sanctions et les pressions américaines en se servant de Séoul comme «bouclier». «Si le Sud devient le partenaire de dialogue du Nord, l’alliance américano-sud-coréenne aura des difficultés», a-t-il dit à l’AFP.

 

burs/ckp/ev/jac/lch/ AFP/ Par AFP/ 3 janvier 2018/ Mis à jour à 15:27/

 

http://www.liberation.fr/planete/2018/01/03/remise-en-service-du-telephone-rouge-intercoreen-apres-l-offre-de-dialogue-de-seoul_1620053

 

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4 – Washington balaie les efforts de dialogue entre Séoul et Pyongyang

 

Washington a balayé mardi la perspective d’un dialogue entre la Corée du Nord et la Corée du Sud si les pourparlers ne portent pas sur le nucléaire, tandis que Donald Trump s’est vanté d’avoir un bouton nucléaire « plus gros » que celui de Kim Jong-un.

 

Pour l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, des négociations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud ne seraient qu’un simple « rafistolage ». Elle a averti que les Etats-Unis n’accepteront jamais une Corée du Nord dotée de l’arme nucléaire. Les Etats-Unis ne « prendront aucun entretien au sérieux s’il ne porte pas sur l’interdiction de toutes les armes nucléaires en Corée du Nord », a-t-elle déclaré mardi. Ces propos viennent rabaisser l’offre de Séoul qui a proposé mardi de tenir des discussions à haut niveau avec Pyongyang le 9 janvier, saisissant la main tendue par Kim Jong-Un qui a appelé à des relations meilleures et évoqué une participation aux jeux Olympiques d’hiver de Pyeongchang en Corée du sud.

 

Le dirigeant nord-coréen s’est servi de son adresse à la nation du Nouvel An pour répéter que son pays était un Etat nucléaire à part entière, avertissant qu’il avait en permanence à sa portée le « bouton » atomique.
La déclaration a suscité un tweet moqueur de Donald Trump. « Le leader nord-coréen Kim Jong-Un vient d’affirmer que le +bouton nucléaire est sur son bureau en permanence+ (…) informez-le que moi aussi j’ai un bouton nucléaire, mais il est beaucoup plus gros et plus puissant que le sien, et il fonctionne! », a écrit le président américain.

  

_ ‘Dilemme pour le Sud’

Sur les discussions inter-Corées, le ministre sud-coréen de l’Unification Cho Myoung-Gyon a expliqué que Séoul « réitérait » sa disponibilité pour des discussions avec le Nord « à tout moment, dans n’importe quel lieu et sous n’importe quelle forme ». « Le gouvernement propose des entretiens à haut niveau avec la Corée du Nord le 9 janvier dans la maison de la paix de Panmunjom », village frontalier où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de Corée (1950-53), a-t-il dit. « Nous espérons que le Sud et le Nord pourront s’asseoir face à face pour discuter de la participation de la Corée du Nord aux jeux de Pyeongchang de même que d’autres questions d’intérêt mutuel pour l’amélioration des relations intercoréennes ».

 

Le Nord et Sud sont séparés par la Zone démilitarisée (DMZ), l’une des frontières les plus fortement armées du monde. Les derniers pourparlers bilatéraux, un échec, remontent à décembre 2015 et avaient mis face à face l’ancien conseiller sud-coréen à la sécurité nationale Kim Kwan-Jin et son homologue nord-coréen Hwang Pyong-So. « Le fait même d’une rencontre est significatif car cela témoigne d’une volonté d’amélioration de la part des deux parties », a souligné Koh Yu-Hwan, professeur à l’Université Dongguk.

 

Mais une fois à la table des discussions, Pyongyang pourrait mettre Séoul en difficulté en exigeant des concessions inacceptables comme la fin des exercices militaires conjoints entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, poursuit-il. « Le Nord tente de relancer ses relations (avec Séoul) en qualité d’Etat nucléaire. Le dilemme pour le Sud c’est de savoir s’il peut l’accepter ». Le président sud-coréen Moon Jae-In, qui a toujours été partisan du dialogue, a salué l’offre du leader nord-coréen comme l’occasion de réamorcer le dialogue. Il a toutefois souligné que l’amélioration des relations devait s’accompagner de mesures en vue de la dénucléarisation.

  

_ ‘Occasion révolutionnaire’

Ces derniers mois, le Nord a semé l’inquiétude en multipliant les tirs de missiles et en menant son sixième essai nucléaire, le plus puissant à ce jour. Pyongyang soutient avoir besoin d’armes nucléaires pour se protéger de l’hostilité de Washington alors que MM. Kim et Trump échangent insultes et menaces. La Corée du Nord cherche à mettre au point une tête nucléaire capable de frapper le territoire continental américain. Elle a essuyé de multiples trains de sanctions de l’ONU.

 

Les commentaires de M. Kim sont la première indication de la volonté du Nord de participer aux jeux d’hiver, qui se tiennent du 9 au 25 février.
Il s’agit, a dit son homologue sud-coréen, d’une « réponse positive à notre proposition de faire en sorte que les jeux Olympiques de Pyeongchang soient une occasion révolutionnaire pour la paix ». Deux athlètes nord-coréens, le couple de patineurs Ryom Tae-Ok et Kim Ju-Sik, sont qualifiés mais le Comité olympique nord-coréen a raté la date limite du 30 octobre pour confirmer leur participation auprès de l’Union internationale de patinage. Ces sportifs pourraient néanmoins concourir à l’invitation du Comité international olympique.

 

Pékin, le principal allié de Pyongyang, a salué ces développements. La Chine souhaite que « les deux parties profitent de cette occasion de faire des efforts concrets pour améliorer leurs relations (…) et de parvenir à la dénucléarisation de la péninsule », selon le porte-parole de la diplomatie chinoise Geng Shuang.

 

burs-kal/sha/ Publié le 03/01/2018/ Mis à jour le 03/01/2018/

 

https://www.lanouvellerepublique.fr/actu/seoul-repond-a-la-main-tendue-de-pyongyang-en-proposant-des-pourparlers

 

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5 – Crise au Venezuela : pas de paix sans Cuba

 

Chute des prix du pétrole, pénuries, violences qui ont fait près de 120 morts depuis le début de la crise politique il y a quatre mois, mise au ban de la scène internationale… Le Venezuela dérive et n’a plus qu’un seul point d’accroche à l’étranger : Cuba. Après la chute de l’Union soviétique, le pétrole vénézuélien avait sauvé la petite île caribéenne. Aujourd’hui, le gouvernement cubain promet de rendre la pareille au Venezuela. A moins que les pressions internationales finissent par pousser La Havane à jouer les arbitres dans une crise qui dure et qui pourrait s’aggraver.

 

« Des jours de lutte acharnée, de harcèlement international, de blocus et de privations sont à venir, mais tu ne seras pas seul ». A la télévision, jeudi 10 août, le président cubain Raul Castro rassure son ami et homologue vénézuélien Nicolas Maduro. Il s’agit aussi d’avertir le reste du monde : l’amitié entre les deux pays nouée par Fidel Castro et Hugo Chavez a de beaux jours devant elle. Qu’importe l’adversité. Pourtant sur le continent, des Etats-Unis au Chili en passant par la Colombie, on s’alarme de la situation vénézuélienne. En coulisse, beaucoup font pression sur La Havane pour qu’elle se fasse juge de paix dans le conflit quasi-ouvert qui oppose le gouvernement de Nicolas Maduro à l’opposition. Mais jusqu’à présent, Cuba a toujours pris le parti du premier.

 

_ Quatre décennies de désamours…

Avant de devenir l’indéfectible tandem que l’on connaît aujourd’hui, le Venezuela et Cuba ont connu une longue période de défiance mutuelle. Fidel Castro voulait placer cette relation sous les meilleurs auspices. Trois semaines après son putsch du 1er janvier 1959 contre le dictateur Fulgencio Batista, le jeune militaire effectue sa première visite officielle en tant que chef de l’Etat cubain. Il débarque, fusil sur l’épaule, à l’aéroport de Caracas pour rencontrer le président élu vénézuélien Romulo Betancourt. Fidel Castro a besoin de son aide et de son pétrole car il veut rompre avec les Etats-Unis. L’entrevue tourne aigre, comme le relate le quotidien espagnol El Pais, et la réponse du social-démocrate au communiste est sans appel : « Si vous voulez du pétrole, il faudra le payer ».

 

Revanchard, Fidel Castro mène la vie dure à Romulo Betancourt et arme les groupes d’extrêmes gauches qui veulent le renverser. A défaut du Venezuela, Cuba fera le choix de l’allié soviétique. Pendant quarante ans, La Havane entretient avec Caracas des relations réduites au strict minimum. Mais quand l’URSS implose l’île se retrouve esseulée et appauvrie. Adoptant la position réaliste qui a toujours caractérisé depuis le début des années 1990 la diplomatie cubaine, Fidel Castro renoue poliment avec le Venezuela.

 

En 1992, un obscur colonel parachutiste tente de renverser le pouvoir vénézuélien. Cuba condamne, et apporte son soutien au président Carlos Perez. Le colonel est arrêté et emprisonné. Mais quand le successeur du président Perez prend le large vis-à-vis de La Havane et invite des anticastristes à Caracas, le « lider maximo » réplique : il convie le colonel putschiste qui a été gracié pour une conférence à l’université de La Havane. Les deux hommes s’entendent bien. « Ce qui paraissait être une représaille s’est avéré être un magnifique acte de prévision stratégique de la part du dirigeant cubain », écrit El Pais. Car le colonel n’est autre qu’Hugo Chavez, qui devient le président du Venezuela quatre ans plus tard presque jour pour jour, le 6 décembre 1998.

 

Au crépuscule de sa vie, entre l’été 2011 et le printemps 2013, Hugo Chavez effectue 18 voyages sur l’île pour essayer de soigner son cancer. A sa mort, Fidel Castro écrit qu’il était « le meilleur ami que n’a jamais eu le peuple cubain de toute son histoire ». Même son de cloche lorsque disparaît, en novembre 2016, le président cubain, que Nicolas Maduro qualifie d’ « ami le plus grand, le plus solidaire et le plus affectueux du Venezuela ». L’amitié a fait long feu, et a été prolifique.

 

_ …et 20 ans de lune de miel

Entre 1998 et 2014, la valeur des biens échangés entre Cuba et le Venezuela a été multipliée par presque 20. Dans la même période, le Venezuela a multiplié par deux le nombre de barils envoyés quotidiennement sur l’île pour frôler les 100 000 unités. Le pétrole est la clé de voûte des relations commerciales entre les deux pays. Caracas, dont plus de 90% des exportations reposent sur l’or noir et qui en possède la plus grande réserve au monde, vend à Cuba un pétrole très bon marché et fournit plus de la moitié des besoins en brut de l’île.

 

En échange, La Havane dépêche au Venezuela des personnels médical, sportif, technique ou encore militaire. Selon les chiffres officiels, près de 40 000 « collaborateurs » cubains travaillaient au Venezuela à la fin 2007, dont les trois quarts dans le domaine de la santé. Leur nombre est aujourd’hui en diminution, car beaucoup quittent le Venezuela pour échapper à la crise, mais on ne compte plus le nombre de programmes d’entraide dans les domaines sanitaire, scolaire et culturel qui unissent les deux pays.

 

Des médecins cubains ayant fui pour les Etats-Unis dénoncent à propos de ces programmes des statistiques mensongères et des dispositifs rongés par la corruption. « Une certitude et que ça a tout de même permis d’améliorer les indicateurs sociaux vénézuéliens, notamment dans les années 2000 », observe pour sa part le chercheur du Centre de recherche et de documentation sur les Amériques (Creda) Xavier Calmettes. Et si des opposants vénézuéliens voient dans cet afflux de Cubains la preuve que leur gouvernement est piloté à distance par La Havane, le chercheur nuance : « Il y a une influence politique, mais les deux Etats restent indépendants. Oui, des liens se sont forgés entre la gauche vénézuélienne et Cuba. Mais cette influence est plus due à la formation des ministres et de l’appareil d’Etat vénézuélien qu’au rôle direct de conseillers politiques. »

 

Sur le plan international, le plus grand accomplissement du couple Cuba-Venezuela est probablement l’alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique, l’Alba. Née au début des années 2000 à l’initiative d’Hugo Chavez et de Fidel Castro, elle doit à terme permettre de créer une zone d’échanges commerciaux sans douane. Elle est aujourd’hui avant tout une plateforme politique qui réunit, en plus de ses deux membres fondateurs, une dizaine de pays, dont notamment la Bolivie et l’Equateur.

 

Cette alliance idéologique empreinte d’antiaméricanisme et qui défend un socialisme pro-étatique intransigeant « n’existerait pas sans le poids politique de Cuba ; pas plus qu’elle n’existerait sans le pétrole vénézuélien », précise l’universitaire Xavier Calmettes. Mais aujourd’hui des projets comme la création d’une compagnie pétrolière transnationale (dans la veine du programme Petrocaribe entre le Venezuela et ses alliés caribéens), d’une monnaie unique (le Sucre), ou d’une force militaire bolivarienne sont aujourd’hui à l’arrêt. La faute à l’éloignement géographique et aux différences systémiques entre les différents membres, mais aussi aux difficultés économiques vénézuéliennes.

 

_ La paix sera cubaine… et américaine

L’Alba ne suffira pas à sauver le Venezuela. Samedi 5 août, le pays a été suspendu du Mercosur, le marché commun sud-américain, pour « rupture de l’ordre démocratique ». Le lundi suivant, c’est la Colombie voisine, qui a menacé de rompre les relations diplomatiques si l’Assemblée constituante récemment élue (et acquise à Nicolas Maduro) restait en place. Le gouvernement vénézuélien a refusé toute proposition de médiation dans son conflit ouvert contre l’opposition, qu’elle émane de l’Organisation des Etats américains (OEA) ou du Vatican. A l’instar de Washington, l’OEA, l’Organisation des Nations unies, ou encore l’Union européenne durcissent toutes progressivement le ton contre Caracas, et les sanctions se multiplient.

 

Pour calmer le jeu, tous les regards se tournent donc vers le dernier ami du Venezuela : Cuba. « Il semble logique de passer par La Havane, non seulement à cause de ses liens avec le gouvernement vénézuélien, mais aussi du fait de par son histoire diplomatique [Cuba a joué les médiateurs dans plusieurs conflits africains ; NDLR], et parce que Cuba représente un modèle de la gauche latino-américaine », énumère Xavier Calmettes. Le dimanche 16 juillet, le président colombien Juan Manuel Santos s’est rendu à La Havane. Officiellement pour parler d’économie et du processus de paix avec les FARC, dans lequel Cuba a joué un rôle clé. Officieusement pour demander aux Cubains de reproduire l’expérience et de se faire arbitre dans la crise vénézuélienne. Comme le soulignait une source anonyme mais bien informée du quotidien britannique Financial Times, « Santos est l’une des seules personnes, peut-être la seule, à bien connaître les trois acteurs clés. Il connaît Maduro et le Venezuela, il connaît Raul Castro, et il connaît Donald Trump et le Département d’Etat américain. »

 

Pourquoi considérer les Etats-Unis comme un acteur-clé dans la résolution du conflit vénézuélien ? Parce qu’aujourd’hui, Washington a les moyens de convaincre Cuba d’œuvrer pour la mise en place d’un processus démocratique au Venezuela. « Si Raul Castro semble s’opposer à toute transition immédiate, les dirigeants cubains pourraient être disposés à négocier un accord, avance le chercheur du Creda Xavier Calmettes. Ils veulent que Nicolas Maduro reste au pouvoir jusqu’à la fin de son mandat, mais surtout des garanties de la part des États-Unis. » Ces garanties ont trait à la levée de l’embargo américain, qui n’est toujours pas actée. L’idée serait d’éviter l’effondrement de l’économie cubaine en cas de tarissement de la manne pétrolière vénézuélienne. Mais pour cela, il faudrait que Washington fasse un geste en direction du régime castriste. Si cette option était envisageable sous l’administration Obama, elle semble plus qu’incertaine depuis l’accession au pouvoir de Donald Trump.

 

Les relations entre Cuba et le Venezuela sont tellement développées que les deux pays en sont devenus interdépendants.RFI/Fabien Leboucq

 

Par Fabien Leboucq / Publié le 11-08-2017 / Modifié le 11-08-2017/ REUTERS/Enrique De La Osa

 

http://www.rfi.fr/hebdo/20170811-venezuela-pas-paix-cuba-chavez-maduro-castro-trump-crise

 

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6 – Birmanie : l’Etat Kachin et l’Etat Shan font face à de nouveaux combats

 

En Birmanie, plus de 1 400 personnes ont pris la fuite face aux combats dans le nord-est du pays. Les affrontements se sont intensifiés depuis la mi-décembre 2017 entre les militaires birmans et les groupes rebelles armés dans l’Etat Kachin et l’Etat Shan, un autre théâtre de tension avec l’Etat d’Arakan où a eu lieu la répression de l’armée contre la minorité musulmane des rohingyas. Dans l’Etat Shan, au nord-est de la Birmanie, 1240 personnes sont arrivées dans les camps de déplacés internes depuis la fin du mois de décembre, selon des sources locales officielles.

 

Des personnes à qui il faut fournir des couvertures, des rations de riz, des vêtements. Selon les organisations d’aide sur place, la plupart de ces déplacés sont des femmes et des enfants. Ils ont pris la fuite après les affrontements du 27 décembre dernier : des violences entre l’armée birmane, et l’Armée de Libération Nationale Ta’ang, un des groupes rebelles armés qui combat dans l’Etat Shan.

 

Dans l’Etat voisin du Kachin, plus au nord, c’est un peu moins de 200 personnes qui ont aussi pris la fuite et ont rejoint les camps de déplacés internes. Les combats se sont intensifiés en décembre entre les militaires birmans et l’Armée de l’indépendance Kachin. Les forces birmanes ont déclaré, il y a quelques jours, avoir utilisé des armes lourdes sur les camps de cette rébellion. Des zones qui sont en tout cas très difficiles d’accès pour les médias, les diplomates et les ONG.

 

_ Des affrontements récurrents, une situation humanitaire inquiétante

Dans l’Etat Kachin, un état dont la population est à majorité chrétienne, il y a plus de 100 000 déplacés internes donc de personnes qui ont fui leurs maisons, leurs activités à cause des violences. Là-bas, les combats ont repris en 2011, après 17 ans de cessez-le-feu avec l’Armée pour l’indépendance kachin. Elle réclame une plus grande autonomie. Le Kachin, c’est une région qui a de nombreuses ressources naturelles, comme par exemple le jade, une pierre précieuse. Le contrôle des mines attirent les convoitises. Dans l’Etat Shan aussi, où de nombreux groupes ethniques armés se disputent le territoire, les combats sont récurrents. Dans cet Etat, la production d’opium est toujours très importante, même si elle est en baisse selon l’ONU. Ces combats se déroulent alors que la troisième conférence de Panglong du XXIe siècle est prévue à la fin du mois en Birmanie.

 

_ La paix, mais avec qui ?

Les discussions de paix ne concernent pas tout le monde dans le pays. L’Armée de Libération Nationale des Ta’ang, dans l’Etat Shan n’a, par exemple, pas eu le droit de participer aux dernières conférences de paix. Les militaires birmans refusent en effet de négocier tant que la rébellion ne dépose pas les armes. Une rébellion qui comme l’Armée pour l’indépendance kachin n’a pas signé l’accord de paix de 2015. Ces deux organisations sont regroupées au sein d’une coalition, qui veut négocier comme un seul et même interlocuteur avec les autorités birmanes  que des représentants ethniques accusent de vouloir diviser pour mieux régner.

 

De notre correspondante dans la région/ REUTERS/Ann Wang/ Par Eliza Hunt/ Publié le 09-01-2018/ Modifié le 09-01-2018/

 

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20180109-birmanie-nord-est-etat-shan-kachin-arakan-humanitaire

 

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7 – Trump et Jérusalem : les Palestiniens furieux, les Israéliens aux anges

 

Les dirigeants palestiniens ont laissé éclater mercredi une colère inédite contre les Etats-Unis après la décision du président Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, une proclamation historique et potentiellement explosive saluée avec effusion par les Israéliens. M. Trump a confirmé les craintes des pays arabes et d’une grande partie de la communauté internationale, inquiète d’une flambée de violences. Rompant avec ses prédécesseurs et touchant à l’une des questions les plus sensibles de la région, il a annoncé la reconnaissance de Jérusalem, ville sainte pour juifs, chrétiens et musulmans, comme la capitale d’Israël.

 

Avant même son allocution mercredi, des milliers de Palestiniens furieux avaient marché après la prière vers le monument du soldat inconnu à Gaza, où ils ont brûlé les drapeaux américain et israélien et chanté « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël ». La municipalité de Bethléem a fait éteindre le sapin de Noël sur la place centrale de cette ville largement chrétienne de Cisjordanie occupée, en forme de protestation, a dit une porte-parole.

 

Le contraste était saisissant avec la projection, par la municipalité israélienne de Jérusalem, d’une vaste bannière étoilée à côté du drapeau à l’étoile de David sur les murs de la Vieille ville de Jérusalem. Malgré l’appel à trois « jours de rage » à partir de mercredi, la mobilisation est restée limitée dans les Territoires palestiniens. Jérusalem elle-même, atteinte par le froid et la pluie, n’offrait guère un visage différent des autres jours.

 

_ « A jamais reconnaissants »

Mais un rassemblement était annoncé jeudi à Ramallah, en Cisjordanie. Surtout, chacun avait à l’esprit la grande prière du vendredi sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, occasion de manifestations et de troubles dans les périodes de tensions. Malgré les mises en garde de toutes parts, les experts s’interrogeaient sur la réactivité de la rue palestinienne. « Nous sommes prêts à toutes les éventualités », a assuré le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman.

 

Les responsables palestiniens, eux, ont laissé libre cours à leur rancœur, tandis que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu exaltait un « jour historique ». « Par ces décisions déplorables, les Etats-Unis sapent délibérément tous les efforts de paix et proclament qu’ils abandonnent le rôle de sponsor du processus de paix qu’ils ont joué au cours des dernières décennies », a déclaré le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. La décision de M. Trump « ne change rien à la réalité de Jérusalem… ville palestinienne arabe chrétienne et musulmane », a dit M. Abbas.

 

Pour M. Netanyahu au contraire, M. Trump reconnaît cette réalité: Jérusalem « est la capitale du peuple juif depuis 3.000 ans, c’est la capitale d’Israël depuis presque 70 ans », et « le peuple juif et l’Etat juif seront à jamais reconnaissants ». Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est, conquise par la force en 1967 et annexée par Israël mais considérée comme territoire occupé par la communauté internationale, la capitale de l’Etat auquel ils aspirent. Depuis l’arrivée au pouvoir de M. Trump, ils sont passés de la frustration à l’exaspération. Pour la première fois mercredi, M. Trump s’est ouvertement dit prêt à soutenir une solution dite à deux Etats, la création d’un Etat palestinien coexistant avec Israël.

 

_ ‘Disqualifiés!’

Mais les Palestiniens ont signifié que la relation de confiance était rompue, et répété que les Etats-Unis étaient désormais « disqualifiés » de « tout rôle dans un quelconque processus de paix ». L’annonce de M. Trump intervient alors que quelques proches collaborateurs du président américain tentent depuis des mois de ranimer l’entreprise de paix moribonde. Leur effort suscite un scepticisme d’autant plus grand qu’il est entouré du plus grand secret. C’est « l’arrêt de mort du projet de règlement au Proche-Orient », a réagi dans un communiqué le Jihad islamique, deuxième formation islamiste palestinienne.

 

La première, le Hamas, considéré comme terroriste par les Etats-Unis et Israël, a prédit que la décision de M. Trump ouvrait « les portes de l’enfer pour les intérêts américains dans la région ». La droite israélienne, elle, se répandait en expressions de gratitude. « Merci Trump », a déclaré la ministre de la Justice Ayelet Shaked, « les Palestiniens doivent savoir que les règles du jeu ont changé. Le navire a changé de cap. Je leur conseillerai de ne pas mettre à l’épreuve la tolérance israélienne avec leurs menaces terroristes ».

Netanyahu a appelé les autres pays à suivre l’exemple des Etats-Unis et à transférer leur ambassade à Jérusalem. Il s’est aussi efforcé de dissiper les éventuelles inquiétudes de voir Israël prendre le contrôle des lieux saints de Jérusalem. « Qu’il soit bien clair: il n’y aura aucun changement d’aucune sorte au statu quo sur les lieux saints », a-t-il assuré. « Israël veillera à toujours faire respecter la liberté de culte des juifs, des chrétiens et des musulmans ».

 

International / Publié le 06/12/2017 / Mis à jour le 07/12/2017/ © 2017 AFP

 

https://www.ladepeche.fr/article/2017/12/06/2699275-trump-et-jerusalem-les-palestiniens-furieux-les-israeliens-aux-anges.html

 

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8 – Cinq clés pour comprendre le conflit israélo-palestinien et la conférence de Paris

 

La France réunit dimanche 15 janvier les représentants de dizaines de pays pour tenter de ranimer l’effort de paix moribond entre Israéliens et Palestiniens. Difficile d’y voir clair… Voici donc quelques clés pour comprendre l’un des conflits les plus inextricables de la planète, et les enjeux de la conférence.  

  

_ Pourquoi le conflit ? 

Le conflit remonte dans sa forme moderne à 1947 quand les Nations unies ont proposé la création de deux Etats, l’un juif et l’autre arabe, sur la Palestine sous mandat britannique, provoquant une éruption de violences entre Arabes et juifs, puis la première guerre entre Etats arabes et israélien au moment de la proclamation de l’Etat d’Israël en 1948.

En 1967, lors de la guerre des Six Jours, Israël a saisi par les armes la Cisjordanie et Jérusalem-Est, alors sous contrôle de la Jordanie, ainsi que la bande de Gaza, sous administration égyptienne. Il a depuis annexé Jérusalem-Est, site de lieux saints révérés par les chrétiens, les juifs et les musulmans. Israël a affronté une nouvelle fois une coalition de pays arabes conduits par l’Egypte et la Syrie lors de la guerre du Kippour en 1973.

 

Israël continue à occuper la Cisjordanie mais a évacué unilatéralement en 2005 la bande de Gaza, dont le mouvement islamiste palestinien Hamas a pris le contrôle par la force en 2007. Le conflit a donné lieu à de multiples tentatives de paix. La solution de référence de la communauté internationale est la création d’un Etat palestinien qui coexisterait en paix et sécurité avec Israël. Le règlement du conflit se heurte à des querelles qui paraissent de plus en plus insolubles pour certaines: la sécurité d’Israël, le tracé des frontières, le statut de Jérusalem, le droit au retour des réfugiés palestiniens ayant fui ou été chassés de leurs terres. Une large part de la communauté internationale s’inquiète du fait que la solution à deux Etats ne soit plus qu’un souvenir. La conférence de Paris vise à la ranimer.  

 

_ Des discussions dans l’impasse  

Les Palestiniens disent que des années de négociations bilatérales avec Israël n’ont servi à rien. Ils ont choisi d’internationaliser leur cause. Pour reparler au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président palestinien Mahmoud Abbas exige un arrêt de la colonisation dans les territoires palestiniens, parmi d’autres conditions. M. Netanyahu refuse toute condition préalable mais il réclame que les Palestiniens reconnaissent Israël comme un Etat juif.

 

Les Palestiniens refusent de crainte de sacrifier le droit au retour des réfugiés. Pour les deux, des facteurs intérieurs rendent toute concession ardue. M. Netanyahu est à la tête d’un des gouvernements les plus à droite de l’histoire d’Israël. Certains membres sont ouvertement opposés à un Etat palestinien et défendent ardemment la colonisation. M. Abbas n’a lui aucun contrôle sur la bande de Gaza, où le Hamas refuse de reconnaître Israël. Il est également largement déconsidéré auprès des Palestiniens. 

 

_ La violence, les colonies  

Après des années de lutte armée palestinienne, deux soulèvements populaires (intifadas), plusieurs guerres dans la bande de Gaza, les Territoires palestiniens, Jérusalem et Israël sont en proie depuis l’automne 2015 à un nouvel accès meurtrier de violences et à une succession d’attaques anti-israéliennes, le plus souvent par des jeunes isolés. Une semaine avant la conférence, un Palestinien a tué quatre soldats israéliens à Jérusalem avant d’être abattu. Israël accuse l’Autorité palestinienne d’encourager la violence et affirme que la conférence de Paris fait « reculer la paix ».

 

Une grande partie de la communauté internationale redoute que la poursuite de la colonisation ne scelle le sort d’un éventuel Etat palestinien, tant ces implantations juives rongent le territoire occupé par Israël. Environ 600 000 colons israéliens vivent en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Le conseil de sécurité de l’ONU a adopté le 23 décembre pour la première fois depuis 1979 une résolution condamnant la colonisation, grâce à l’exceptionnelle abstention américaine.  

 

_ Qu’attendre de la conférence ?

La conférence se tiendra sans Israéliens ni Palestiniens. La France proposait que le président François Hollande rende compte dans la foulée des résultats à MM. Abbas et Netanyahu. Mais ce dernier a refusé l’invitation et du coup, l’Elysée a indiqué que M. Abbas serait reçu « dans un cadre bilatéral dans les prochaines semaines ». La tenue de la conférence est en soi une victoire pour les Palestiniens, mais M. Netanyahu a d’ores et déjà prévenu qu’Israël ne serait pas lié par ses résultats.  

 

_ L’inconnue Trump

La conférence a lieu cinq jours avant la prise de fonctions de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. Après des années de frictions avec l’administration Obama, le gouvernement israélien attend une politique américaine bien plus favorable. M. Trump, qui a condamné la résolution du 23 décembre, a promis de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël. Un haut responsable palestinien a estimé lundi qu’avec M. Trump, « tous les signaux (étaient) négatifs ».

 

AFP/ 6 déc. 2017 / https://www.ladepeche.fr/

 

http://www.midilibre.fr/2017/01/14/cinq-cles-pour-comprendre-le-conflit-israelo-palestinien-et-la-conference-de-paris,1452872.php

 

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9 – Crise du Golfe : pourquoi les sanctions contre le Qatar ne sont dans l’intérêt de personne

 

Francis Perrin, Directeur de recherche à l’IRIS, estime que « les sanctions imposées au Qatar ne font qu’empirer la situation » et qu' »il est temps de donner la priorité à la négociation et à un peu plus de pragmatisme ». Dans sa mise à jour des perspectives de l’économie mondiale le 24 juillet, le Fonds Monétaire International (FMI) a estimé que la croissance économique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord allait connaître un ralentissement significatif en 2017. Alors que les pays du Golfe devraient accentuer leurs efforts afin de faire face ensemble à la chute des cours du pétrole, les sanctions imposées au Qatar par quatre autres pays arabes ne font qu’empirer la situation.

 

Depuis le 5 juin dernier, le « quartet » réuni autour de l’Arabie saoudite (Émirats Arabes Unis, Bahreïn, Egypte) impose des sanctions économiques et politiques au Qatar, dont l’interdiction pour les avions de ligne qataris d’accéder à leur espace aérien et la fermeture de son unique frontière terrestre avec l’Arabie saoudite. Ce dernier élément fait en réalité que le Qatar se retrouve quasiment sous blocus. Si Doha est accusé de financer le terrorisme, l’objectif inavoué de la coalition est que le Qatar rentre dans le giron du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), sous l’égide de l’Arabie saoudite.

 

Le petit émirat gazier est en effet souvent tancé par Riyad et Abou Dhabi pour ses velléités d’indépendance diplomatique qui se caractérisent notamment par d’assez bonnes relations avec l’Iran avec qui le Qatar partage un énorme gisement gazier en mer, le North Field (Qatar)/South Pars (Iran). Le soutien de l’émirat à la mouvance des Frères musulmans est la seconde pomme de discorde entre Doha et le « quartet ».

 

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_ Effets contre-productifs des blocus

L’histoire nous enseigne cependant que les sanctions économiques, sous forme de blocus ou d’embargo, produisent rarement les résultats espérés. De plus, le Qatar peut toujours exporter vers le reste du monde son pétrole, ses condensats et son gaz naturel, notamment son gaz naturel liquéfié (GNL), le joyau de la couronne de l’émirat, et ainsi continuer d’engranger des devises. La situation est plus difficile lorsqu’il s’agit d’importer certains produits, notamment en ce qui concerne les denrées alimentaires importées à 90% même si le Qatar a jusqu’ici fait preuve de beaucoup de créativité, allant même jusqu’à faire venir des troupeaux de vaches par la voie aérienne… 

 

Mais, surtout, les sanctions de ses voisins ont généré l’inverse de l’objectif du quartet : le Qatar n’a pas cédé aux pressions de ses voisins et il a été rapidement soutenu par deux autres puissances régionales, la Turquie et l’Iran. L’émirat gazier a habilement su faire jouer ses liens diplomatiques avec ses partenaires du Moyen-Orient ainsi qu’avec les grandes puissances mondiales, y compris les Etats-Unis, évitant ainsi l’isolement dans lequel il aurait pu se trouver.

 

Le Qatar a bien conscience de son poids dans la géopolitique du gaz : il est le premier exportateur mondial de GNL. De plus, le pays accueille une base militaire américaine clé à Al Udeid très importante pour le Commandement central du Pentagone (U.S. Central Command), qui couvre la région du grand Moyen-Orient. Des atouts qui lui servent de polices d’assurance puisqu’il sait que les grandes puissances et les compagnies pétrolières ne peuvent permettre que cette crise dégénère. Le Moyen-Orient représente un peu moins de 50% des réserves prouvées mondiales de pétrole et un peu plus de 40% des réserves de gaz naturel, selon les estimations de BP. Les flux pétroliers et gaziers dans le détroit d’Ormuz sont scrutés chaque jour par les analystes américains, européens et asiatiques.

 

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_ La Turquie et l’Iran seuls gagnants ?

Les tensions dans le Golfe desservent finalement l’ensemble des pays de la région. Il est certes encore trop tôt pour réellement apprécier l’impact de cette crise en termes économiques et financiers. Mais les investisseurs et les institutions financières y voient évidemment un signal négatif fort, pouvant les conduire à ralentir, voire à stopper, certains projets de financement sur fond de risques politiques exacerbés. A terme, il n’y aura que des perdants parmi les pays arabes de la région. Les seuls gagnants pourraient être la Turquie et l’Iran, un comble pour une coalition arabe obsédée par la montée en puissance de Téhéran.

 

A l’heure où l’Arabie saoudite tente de faire son aggiornamento économique avec le plan « Vision 2030 », ces sanctions gâchent l’effort fait en termes d’image et de communication par Riyad pour promouvoir son pays comme terre d’avenir d’une économie diversifiée et moderne. Les sous-entendus par certains représentants du quartet sur des rétorsions possibles contre les partenaires commerciaux du Qatar ne sont évidemment pas de nature à rassurer sur le climat des affaires dans la région.

 

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_ Donner la priorité à la négociation

Quant au Qatar, il va de soi que la situation actuelle n’est pas tenable à terme, même si ses réserves financières et gazières sont colossales. Exigu et isolé, tout en étant mondialisé, l’émirat ne peut se permettre de rester indéfiniment un pestiféré régional alors qu’il est devenu un hub international de premier plan avec sa place financière, son aéroport et sa compagnie aérienne. La prospérité qatarie repose sur son ouverture économique. La perspective du Mondial 2022 n’est pas compatible avec sa mise sur le banc de touche.

 

Les sanctions sont donc vouées à l’échec et il est temps de donner la priorité à la négociation et à un peu plus de pragmatisme. Dans un Moyen-Orient secoué par les crises (Syrie, Irak, Yémen et tensions avec l’Iran), mettre encore plus d’huile sur le feu constitue une erreur majeure. Les sanctions économiques actuelles ne sont dans l’intérêt de personne, que ce soit le Qatar ou les membres du « quartet ».

 

Francis Perrin, Directeur de recherche à l’IRIS et chercheur associé à l’OCP Policy Center/ Par Challenges.fr/ le 21.09.2017 /

 

https://www.challenges.fr/monde/moyen-orient/crise-du-golfe-pourquoi-les-sanctions-contre-le-qatar-ne-sont-dans-l-interet-de-personne_501059

 

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