POLLUTION/ Santé publique : les effets ravageurs de la pollution en Afrique

 

« AFRIQUE/ POLLUTION/ Santé publique : L’OCDE note que ce problème de santé publique s’ajoute à des fardeaux sanitaires qui n’ont pas encore été résolus comme l’accès à l’eau potable, l’assainissement des eaux usées, la malnutrition qui restent des problèmes majeurs dans 28 des 54 pays africains. Si sur ces sujets, des progrès ont été accomplis, ce n’est pas le cas en matière de pollution de l’air où le problème s’aggrave. «L’Afrique ne pourra pas se focaliser sur le nouveau risque de pollution par les particules si des sujets anciens comme la sous-alimentation des enfants, avec ses 275 000 morts en 2013, n’ont pas été réglé », note le rapport. L’accélération de l’urbanisation ne devrait pas arranger les choses.

L’Afrique devrait en effet passer de 1,2 milliard d’habitants actuellement à 2,5 milliards en 2050 et 4,4 milliards en 2100 où le continent pèsera 40% de la population mondiale. Au total, l’OCDE estime que la pollution de l’air coûte tous les ans 200 milliards d’euros aux pays africains. L’OCDE prévient : la pollution de l’air en Afrique n’est pas un problème qui concerne les seuls Africains. Outre que les émissions passent les frontières, l’organisme note que ces rejets massifs de suies et de carbone ont un effet sur le réchauffement climatique. «Le CO2 n’est pas que le seul gaz à effet de serre émis, précise le rapport. Le méthane, le carbone noir (les suies) et les hydrofluorocarbones réchauffent également la planète ». »

 

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1 – NIGERIA : Bienvenue dans la ville où l’air est le plus pollué au monde

_ Respirer devient mortel à Onitsha, ville du Nigeria.

 

Dans cette ville d’Afrique, inutile de se couvrir la bouche et le nez: le nuage de pollution est partout. A Onitsha, ville portuaire du Nigeria, les habitants vivent au quotidien avec l’air le plus pollué au monde. Le Guardian explique ainsi que la ville a une «concentration annuelle [en particules] de 594 microgrammes par mètre cube, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, dépassant largement les directives annuelles de l’OMS et les limites de 20μg/m3 de PM10», ces particules qui font entre 2,5 et 10 micromètres de diamètre et sont particulièrement toxiques pour le corps humain.

 

Une situation catastrophique quand on sait que, comme le rappelle le journal, 600.000 personnes sont mortes en Afrique à cause de la pollution de l’air et ce chiffre pourrait rapidement dépasser les 700.000. «Onitsha est extrêmement polluée, pas seulement au niveau de la qualité de l’air, mais également au niveau des déchets solides qui sont abandonnés dans la rue, qui bloquent l’évacuation et les canaux. Sans aucune poubelle à l’horizon, des monticules de déchets non triés occupent le bord des routes et les coins de rues.»

 

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Et pourtant, malgré les chiffres et les faits alarmants, les habitants de la ville la plus irrespirable du monde ne font rien. «La poussière ne tue pas les gens», a ainsi entendu la journaliste, qui a pu constater que les gens ne réalisent pas le danger qu’ils courent au quotidien, qu’ils ne sont tout simplement pas informés de ce qui se passe réellement pour leur santé. «Onitsha est assez sale, lance un homme d’affaires habitant le quartier de Nwangene, mais le gouvernement ne fait rien pour s’en occuper. Nous faisons des nettoyages mensuels, mais la ville redevient sale. C’est la responsabilité du gouvernement de garde la ville propre, pas le travail des habitants –les gens dans cette ville sont trop occupés à lutter pour avoir un salaire.»

 

Le docteur Nelson Aluya explique que personne ne prend «la pollution de l’air au sérieux au Nigeria», pas même le gouvernement qui ne la contrôle pas, et cela ne fait qu’empirer avec une population qui augmente et une industrialisation en plein boom. En plein désarroi, le médecin ajoute alors, à propos des services de santé: «Les soins ne sont pas standardisés pour surveiller les personnes souffrant de maladies pulmonaires obstructives dues à une exposition à l’air pollué, et il n’y a pas de procédures standards dans les hôpitaux pour vérifier les niveaux d’oxygène.»

 

Repéré par Vincent Manilève/ 14.02.2017/ Mis à jour le 14.02.2017/ Repéré sur The Guardian

 

http://www.slate.fr/story/137366/ville-air-plus-pollue-monde-nigeria#xtor=RSS-2

 

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2 – Les Africains victimes d’un air de plus en plus malsain

 

En Afrique, les décès prématurés provoqués par la pollution de l’air intérieur et extérieur ont augmenté de 36% entre 1990 et 2013, révèle une étude de l’OCDE. Un fléau supplémentaire pour un continent déjà en bute à la malnutrition et à un accès lacunaire à l’eau potable. BOOM URBAIN. En 1990, 181 291 africains décédaient prématurément de la pollution extérieure par les particules fines. Ils étaient 246 403 en 2013. La pollution de l’air intérieur faisait 396 093 morts prématurés en 1990, ils étaient 466 079 en 2013. Ces résultats que vient de publier l’OCDE dévoilent un phénomène qui n’avait fait l’objet jusqu’ici d’aucune évaluation.

 

Le continent africain était le dernier à n’avoir pas mesuré les effets de la pollution atmosphérique sur la population, au contraire de l’Asie où la dégradation massive de l’air est en revanche désormais bien connue. « Ce n’est pas une surprise de constater qu’entre 1990 et aujourd’hui, et sur les périodes intermédiaire de cinq ans, le poids de la mortalité par la pollution de l’air en Afrique a grimpé en corrélation avec la croissance de la population urbaine », pointe le rapport. En un quart de siècle, les villes africaines sont passées de 196 millions à 466 millions d’habitants, soit une augmentation de 20% tous les cinq ans. Dans les mêmes intervalles, la mortalité par les particules fines et les hydrocarbures a cru de 5,3% entre 1990 et 1995 pour s’accélérer à 8,3% entre 2010 et 2015.

 

 © Betty Lafon

 

_ Des sources de pollution multiples

La situation africaine est bien plus complexe que dans le reste du monde, et singulièrement des pays développés. Dans les métropoles occidentales, la principale source de pollution reste le trafic automobile qui intervient dans la moitié des morts attribuables à l’air pollué. Dans les villes africaines, cette source est exacerbée par le fait que les pots catalytiques sont absents des véhicules, que les modèles sont plus anciens et les carburants de moins bonne qualité (l’essence n’est plus plombée en Afrique que depuis 2006) et que les infrastructures routières sont insuffisantes pour écouler le trafic.

 

Ces émissions se combinent avec des entités industrielles peu équipées en système de lavage de fumée, des millions de générateurs au diesel qui pallient les insuffisances de la distribution électrique et la combustion des déchets entassés dans des décharges à ciel ouvert. Dans les bidonvilles, la principale source de cuisson des aliments est par ailleurs le charbon de bois dans des foyers ouverts, principale source de pollution de l’air intérieur. La situation est enfin compliquée par des sources naturelles très émettrices comme le désert du Sahara, grand pourvoyeur de micro poussières d’Afrique du Nord à l’Afrique sub-saharienne.

 

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L’OCDE note que ce problème de santé publique s’ajoute à des fardeaux sanitaires qui n’ont pas encore été résolus comme l’accès à l’eau potable, l’assainissement des eaux usées, la malnutrition qui restent des problèmes majeurs dans 28 des 54 pays africains. Si sur ces sujets, des progrès ont été accomplis, ce n’est pas le cas en matière de pollution de l’air où le problème s’aggrave. «L’Afrique ne pourra pas se focaliser sur le nouveau risque de pollution par les particules si des sujets anciens comme la sous-alimentation des enfants, avec ses 275 000 morts en 2013, n’ont pas été réglé », note le rapport. L’accélération de l’urbanisation ne devrait pas arranger les choses.

 

L’Afrique devrait en effet passer de 1,2 milliard d’habitants actuellement à 2,5 milliards en 2050 et 4,4 milliards en 2100 où le continent pèsera 40% de la population mondiale. Au total, l’OCDE estime que la pollution de l’air coûte tous les ans 200 milliards d’euros aux pays africains. L’OCDE prévient : la pollution de l’air en Afrique n’est pas un problème qui concerne les seuls Africains. Outre que les émissions passent les frontières, l’organisme note que ces rejets massifs de suies et de carbone ont un effet sur le réchauffement climatique. «Le CO2 n’est pas que le seul gaz à effet de serre émis, précise le rapport. Le méthane, le carbone noir (les suies) et les hydrofluorocarbones réchauffent également la planète ».

 

Le 24.10.2016/

 

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pollution/la-pollution-de-l-air-en-afrique-tue-des-milliers-d-urbains-selon-une-etude-de-l-ocde_107669

 

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3 – AFRIQUE/ Pollution : Dans certains pays d’Afrique, la pollution tue davantage que les maladies

 

L’ONG Public Eye a déposé lundi matin un conteneur rempli d’air pollué provenant d’Afrique devant le siège de Trafigura à Genève. Nouveau chapitre de la campagne que mène l’ex-Déclaration de Berne. Un conteneur rempli d’air pollué du Ghana est arrivé lundi matin devant le siège de Trafigura à Genève. Instigatrice de cet événement choc, l’ONG suisse Public Eye (ex-Déclaration de Berne) en a profité pour remettre au géant du négoce une pétition de 19 071 signatures demandant l’arrêt de la production et de la vente en Afrique de carburants à haute teneur en soufre, néfastes pour la santé et non conformes au standard européen. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la campagne «Dirty Diesel» lancée le 15 septembre. Marc Guéniat, l’un de ses auteurs, en profite pour rappeler le rôle prépondérant des traders genevois dans ce commerce de produits toxiques allant des pays du nord vers le sud.

 

Le Temps : Votre campagne «Dirty Diesel» a eu un impact médiatique sans précédent, dans des pays du monde entier. Comment l’expliquez-vous ?

Marc Guéniat (MG) : C’est la plus grande enquête que nous ayons jamais réalisée, avec quatre personnes mobilisées sur trois ans et huit pays africains visités. Le public s’est tout de suite rendu compte du côté scandaleux de ce commerce de carburants sales. Le timing était favorable, avec la publication, ces derniers mois, de rapports de l’OMS et d’autres instances tirant la sonnette d’alarme sur la pollution de l’air dans les pays en développement. Ce n’est pas qu’un problème de riches. Dans certains pays d’Afrique, la pollution tue davantage que les principales maladies infectieuses.

 

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– La campagne a-t-elle déjà eu des effets concrets?

MG : Le bilan est positif. La situation a évolué très rapidement au Ghana, l’un des pays cibles de notre campagne. Car celle-ci vise aussi à sensibiliser les gouvernements africains pour qu’ils revoient leurs standards en matière de carburant. Sous la pression de l’opinion publique, les autorités ghanéennes ont décidé la semaine dernière de réduire la teneur légale en soufre dans le diesel importé à 50 parties par millions (ppm) à partir du mois de mars, contre 3000 aujourd’hui. Et contre 10 ppm en Europe. Avec cette décision spectaculaire, le Ghana s’aligne sur cinq pays d’Afrique de l’Est qui avaient déjà pris une telle mesure en janvier 2015, sans que cela n’entraîne une hausse des prix à la pompe.

 

– D’autres vont-ils suivre l’exemple?

MG : Le Ghana a plusieurs avantages: il est relativement transparent en matière de gouvernance, l’ONG avec laquelle nous avons collaboré sur place, l’Africa Center for Energy Policy, est un acteur très écouté et, enfin, c’est un pays côtier qui importe une bonne partie de son carburant. Nous avions donc bon espoir, sans escompter un changement aussi rapide. Cela étant dit, la publication de notre rapport a soulevé des débats partout en Afrique, même dans certains pays où nous n’avons pas fait campagne. Au Sénégal, par exemple, une plainte pénale a été déposée contre l’État, accusé d’avoir failli à ses devoirs de protection des citoyens.

 

– Plus près de chez nous, en Europe, y a-t-il eu des répercussions?

MG : Oui. Le parlement des Pays-Bas, d’où partent beaucoup de tankers chargés de carburants toxiques, a adressé des questions à la ministre du commerce internationale, qui a qualifié de «pur scandale» les pratiques des négociants. Elle devrait y répondre cette semaine. A Amsterdam, cinq grands partis politiques souhaitent instaurer un code de conduite à l’intention des propriétaires de cuves de stockage et interdire la production et l’exportation de la «qualité africaine». L’idée est d’appliquer aux Pays-Bas les critères de la Convention de Bamako, à laquelle sont liés les Etats africains, qui interdit aux Etats d’exporter des produits manufacturés qui sont proscrits chez eux.

 

– Qu’en est-il en Suisse ?

MG : Pas grand-chose. Avec d’autres, la conseillère nationale verte Lisa Mazzone a déposé une interpellation auprès du Conseil fédéral mais ce dernier n’a pas encore répondu. Quant aux négociants, ils se cachent derrière le respect des lois dans les pays où ils opèrent respectent les lois et argumentent qu’il revient aux Etats africains de faire évoluer leur réglementation. Plutôt léger pour des traders qui mettent en avant leur responsabilité sociale et vantent la qualité de leurs produits. Ce qui nous a encore plus surpris, c’est la lettre contenant des erreurs, qu’ils ont envoyée aux médias par l’intermédiaire de l’Association des raffineurs africains, avant même la publication de notre rapport.

 

Sur une avenue d’Abidjan, en septembre 2016.

 

– C’est-à-dire ?

MG : Ils affirment par exemple qu’il ne sert à rien d’améliorer la qualité d’un carburant si celui-ci est utilisé par de vieilles voitures, comme c’est souvent le cas en Afrique. C’est parfaitement faux: de nombreuses études scientifiques ont démontré qu’une réduction du nombre de la teneur en soufre avait des effets immédiats sur la qualité de l’air, quel que soit l’âge des véhicules.

 

– Quelle suite allez-vous donner à cette campagne?

MG : La collaboration extrêmement positive avec nos partenaires africains va se poursuivre. Nous allons soutenir leurs efforts de lobbying envers leurs gouvernements pour un renforcement des standards. Et continuer de plaider en Suisse pour davantage de régulation, car le scandale Dirty Diesel et la réaction des sociétés montrent bien qu’elles ne sont disposées à agir que sous la contrainte de réglementations plus fortes.

 

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_ Trafigura dénonce un «coup médiatique»

Dans un communiqué publié lundi après-midi, Trafigura prend acte du «coup médiatique» organisé devant ses fenêtres. L’un de ses responsables est d’ailleurs descendu recevoir la pétition en mains propres. Si la société de négoce dit comprendre la volonté d’attirer l’attention du public sur la question du carburant en Afrique, elle regrette néanmoins une demande «mal adressée». Selon Trafigura, Public Eye ferait mieux d’engager des discussions avec les gouvernements concernés. «La pollution dans les villes africaines est un enjeu mondial qui requiert une approche intergouvernementale coordonnée et qui nécessite, avant tout, le soutien des gouvernements africains qui définissent les normes en matière de carburant», explique-t-elle.

 

Elle précise enfin qu’une démarche «responsable» pour un fournisseur de carburant en Afrique consiste à participer aux discussions portant sur la manière dont cet objectif peut être atteint. «C’est la raison pour laquelle nous avons activement soulevé le problème auprès des gouvernements africains, de la Commission européenne et de l’OCDE, en plaidant pour des mesures multilatérales appropriées», conclut-elle.

 

Sébastien Dubas/ Publié lundi 7 novembre 2016/

 

https://www.letemps.ch/economie/2016/11/07/certains-pays-dafrique-pollution-tue-davantage-principales-maladies

 

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4 – Nations Unies : privilégier l’unité d’action face aux causes environnementales des problèmes de santé

 

Il existe plusieurs raisons impérieuses d’assainir l’environnement au plan mondial. L’une des plus évidentes est qu’un environnement pollué entraîne des décès. Chaque année, presque 12, 6 millions de personnes meurent de maladies associées à des risques environnementaux comme la pollution de l’air, de l’eau ou des sols, et le changement climatique.1 Cela représente un décès sur 4 au plan mondial.1 Nous savons maintenant que le plus grand risque environnemental pour la santé humaine concerne un de nos besoins les plus essentiels: l’air que nous respirons.1 

Pendant des années, les gouvernements se sont efforcés d’améliorer l’accès à l’énergie afin de promouvoir le développement économique. Mais le modèle énergétique globalement non durable que le monde a suivi induit des coûts inacceptables. La pollution de l’air, qui résulte avant tout de la production et de l’utilisation de l’énergie, entraîne des maladies cardiaques et pulmonaires et le cancer, avec environ 6,5 millions de décès chaque année.2

 

Les sources d’énergie associées au rejet de polluants atmosphériques mortels, comme le noir de carbone, sont également à l’origine d’émissions de gaz à effet de serre tels que le méthane et le dioxyde de carbone. Ces facteurs conjugués alimentent le changement climatique, qui menace de saper toutes les conditions environnementales nécessaires à la vie humaine: l’alimentation, l’eau et l’habitat.3

 

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_ Urbanisation et santé environnementale

D’ici à 2050, 66% de la population mondiale vivra dans les zones urbaines, souvent caractérisées par la pollution, une circulation dense, des mauvaises conditions de logement, un accès restreint à l’eau et aux services d’assainissement, et d’autres risques sanitaires.4 Les risques environnementaux pour la santé, comme de nombreux problèmes auxquels notre monde est confronté, sont trop complexes et interdépendants pour se contenter de solutions simplistes à court terme ou de l’intervention d’acteurs isolés. C’est pourquoi le Programme de développement durable à l’horizon 2030, adopté par tous les pays du monde, est si important. Ce document, le premier plan de développement mondial jamais établi, est une occasion unique d’action cohérente à long terme par et pour l’ensemble de la société.5

 

De nombreux gouvernements favorisent désormais l’action conjointe de plusieurs ministères et services, par exemple ceux chargés de l’environnement, du climat et de la santé. C’est ce que nous avons vu récemment à la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, durant laquelle les ministres de la santé et de l’environnement ont répondu à l’appel du gouvernement du Maroc à signer la Déclaration ministérielle de Marrakech sur la santé, l’environnement et les changements climatiques.6 Les signataires de la déclaration reconnaissent qu’il n’y a actuellement aucun mécanisme mondial pour aider les secteurs de l’environnement et de la santé à agir ensemble pour sauver des vies et protéger la santé, et appellent les organismes des Nations Unies concernés à en mettre un en place.6 Le défi consiste maintenant à traduire cette déclaration en actes.

 

Des interventions simples, comme la réduction des émissions des véhicules et l’investissement dans les réseaux express, permettront de sauver des vies. Le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigéria et le Togo se sont engagés à introduire les combustibles à faible teneur en soufre d’ici à juillet 2017. Athènes, Madrid, Mexico et Paris prévoient d’interdire la circulation des véhicules diesel d’ici à 2025. La mise en œuvre d’interventions éprouvées contre les polluants climatiques à courte durée de vie pourrait sauver plus de 2,4 millions de vies chaque année et réduire le réchauffement climatique d’environ 0,5 °C d’ici à 2050.7 Dans bien des cas, les bénéfices seront supérieurs au coût de l’intervention.

 

D’après les estimations, la non-prise en compte des conséquences sanitaires de la pollution de l’air et des autres dommages environnementaux revient à subventionner à hauteur de 5300 milliards de dollars les sources d’énergie polluantes.8 L’incapacité à protéger les populations des risques environnementaux induit non seulement un coût humain, mais fait également peser une charge supplémentaire sur les services de santé. Les coûts liés aux services de santé sont l’un des fardeaux financiers les plus importants pour les gouvernements comme pour les individus. De même qu’il est dans l’intérêt de l’individu comme de la collectivité que les pays et les ministères agissent ensemble face à des problèmes complexes, il est essentiel que tous les organismes des Nations Unies œuvrent plus étroitement pour les soutenir.

 

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_ La Déclaration de Marrakech

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) aident conjointement les pays à atteindre les buts de la Déclaration de Marrakech. Nous nous engageons à mettre en commun nos ressources techniques et financières dans un même programme environnemental et sanitaire. La pollution de l’air sera notre première priorité étant donné ses conséquences énormes sur la santé et ses liens étroits avec d’autres risques, comme le changement climatique et la contamination chimique.

 

Chacune de nos organisations apportera de vastes compétences spécialisées dans les domaines du climat, de la santé ou de l’environnement. L’OMM, par l’intermédiaire des organismes météorologiques nationaux et de son réseau de stations terrestres et distantes, fournit les données essentielles sur le climat et la qualité de l’air et facilite la prestation de services météorologiques et climatologiques. Le PNUE travaille avec les ministères de l’environnement des États Membres et d’autres décideurs clés afin de prévenir la dégradation de l’environnement et d’y remédier, soutenant ainsi les individus comme les communautés.

 

L’OMS, de concert avec les ministères de la santé nationaux, suit et évalue les expositions et leur incidence sur la santé, et donne des indications sur les moyens de les réduire. D’ici juin 2017, nos organisations auront élaboré un plan conjoint pour mobiliser de façon plus vaste les autres organismes ainsi que la communauté scientifique et les secteurs de la santé et de la protection de l’environnement au sens large. Comme le dit le proverbe africain: «Si tu veux aller vite, agis seul. Si tu veux aller loin, agis avec les autres.»

 

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Références

Prüss-Ustün A, Wolf J, Corvalán C, Neira M, editors. Preventing disease through healthy environments. A global assessment of the burden of disease from environmental risks. Geneva: World Health Organization; 2016. Available from: http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/204585/1/9789241565196_eng.pdf?ua=1 [cited 2016 Dec 5].

Ambient air pollution: A global assessment of exposure and burden of disease. Geneva: World Health Organization; 2016. Available from: http://www.who.int/iris/bitstream/10665/250141/1/9789241511353-eng.pdf?ua=1 [cited 2016 Dec 5].

Reducing global health risks through mitigation of short-lived climate pollutants. Scoping report for policy-makers. Geneva: World Health Organization; 2015. Available from: http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/189524/1/9789241565080_eng.pdf?ua=1 [cited 2016 Dec 5].

World urbanization prospects. The 2014 revision. Highlights (ST/ESA/SER.A/352). New York: United Nations; 2014. Available from: https://esa.un.org/unpd/wup/Publications/Files/WUP2014-Highlights.pdf [cited 2016 Dec 5].

Transforming our world: the 2030 agenda for sustainable development. New York: United Nations; 2015.

Marrakech ministerial declaration on health, environment and climate change. In: Conference of the parties to the United Nations framework convention on climate change. (UNFCCC COP22), 15 November 2016. Marrakesh: Morocco; 2016. Available from: http://www.who.int/globalchange/mediacentre/events/Ministerial-declaration-EN.pdf?ua=1 [cited 2016 Dec 5].

Shindell D, Kuylenstierna JC, Vignati E, van Dingenen R, Amann M, Klimont Z, et al. Simultaneously mitigating near-term climate change and improving human health and food security. Science. 2012 Jan 13;335(6065):183–9.

 

http://dx.doi.org/10.1126/science.1210026 pmid: 22246768

 

Coady D, Parry I, Sears L, Shang B. How large are global energy subsidies? IMF working paper (WP/15/105). Washington: International Monetary Fund; 2015. Available from: https://www.imf.org/external/pubs/ft/wp/2015/wp15105.pdf [cited 2016 Dec 5].

 

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OMS/ 10 février 2017// Par : Dr Margaret Chan, Directeur général de l’OMS/ Erik Solheim, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement, et Petteri Taalas, Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale/

 

http://www.who.int/mediacentre/commentaries/2017/one-un-environmental-health/fr/

 

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