POUVOIR ET GOUVERNANCES : unilatéralisme, révoltes, réformes et espoirs (un monde en voie de changement…)

 

« Afrique/ Gouvernance/ L’Union africaine adopte certaines des réformes proposées par Paul Kagame : Le sommet extraordinaire de l’UA a soutenu les mesures visant à générer des recettes auprès des Etats membres et à sanctionner ceux qui ne versent pas leurs contributions. L’Union africaine (UA) a adopté, dimanche 18 novembre, des réformes visant à rationaliser l’organisation continentale et à obliger les Etats membres à respecter leurs obligations financières. Le président en exercice de l’UA, le dirigeant rwandais Paul Kagame, a salué les progrès réalisés lors du sommet extraordinaire qui s’est tenu ce week-end au siège de l’organisation, à Addis-Abeba, malgré le fait que certaines de ses propositions aient été rejetées. »

 

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1 – Afrique/ Gouvernance : L’Union africaine adopte certaines des réformes proposées par Paul Kagame

 

Le sommet extraordinaire de l’UA a soutenu les mesures visant à générer des recettes auprès des Etats membres et à sanctionner ceux qui ne versent pas leurs contributions. L’Union africaine (UA) a adopté, dimanche 18 novembre, des réformes visant à rationaliser l’organisation continentale et à obliger les Etats membres à respecter leurs obligations financières. Le président en exercice de l’UA, le dirigeant rwandais Paul Kagame, a salué les progrès réalisés lors du sommet extraordinaire qui s’est tenu ce week-end au siège de l’organisation, à Addis-Abeba, malgré le fait que certaines de ses propositions aient été rejetées.

 

« Aujourd’hui, nous avons lancé la Commission de l’UA sur une trajectoire plus performante, avec des effets bénéfiques qui se feront sentir pendant des décennies », a déclaré M. Kagame, dont le mandat de président de l’UA expire début 2019. « Nous avons fait notre part du travail pour poursuivre le voyage et je m’attends à ce que le prochain […] président de l’UA poursuive sur la même lancée et avec les mêmes progrès », a-t-il ajouté à la clôture du onzième sommet extraordinaire de l’UA.

 

En 2016, l’UA avait chargé M. Kagame de remanier l’organisation continentale, souvent considérée comme inefficace et trop dépendante des donateurs. Il avait dévoilé ses propositions l’année suivante. Le sommet du week-end représentait, selon des observateurs, la dernière chance pour M. Kagame de faire adopter des mesures fortes avant qu’il ne passe le relais au président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, moins enclin aux réformes.

 

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_ De huit à six commissions

Malgré des avancées, la majorité des 55 Etats membres ont rejeté le projet de M. Kagame de donner au chef de la Commission de l’UA le pouvoir de nommer ses propres adjoints et commissaires. Cela était considéré comme une mesure visant à rendre l’administration plus responsable devant son chef. Le sommet a toutefois soutenu les mesures visant à rationaliser l’organisation panafricaine tout en générant des recettes auprès des Etats membres et en sanctionnant ceux qui ne versent pas leurs contributions. L’UA dépend actuellement des donateurs étrangers, qui, en 2019, paieront 54 % d’un budget total de 681,5 millions de dollars (596 millions d’euros).

 

L’UA a également accepté de réduire le nombre de ses commissions de huit à six, la paix et la sécurité fusionnant avec les affaires politiques et le commerce, et l’industrie fusionnant avec les affaires économiques, a déclaré le Tchadien Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’UA, aux journalistes.

 

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_ Taxe sur les importations

Samedi, l’UA a lancé un fonds destiné à financer les réponses aux crises sur le continent avant qu’elles ne dégénèrent en conflits ouverts. Ce fonds devrait être doté à terme de 400 millions de dollars, mais seuls 60 millions ont été recueillis jusqu’à présent auprès de pays africains. Le Fonds pour la paix fait partie des propositions visant à sevrer l’UA de l’argent des donateurs étrangers, avec pour pièce maîtresse une taxe sur les importations de 0,2 % que 24 pays sont en train de mettre en place.

 

Les Etats-Unis ont critiqué ce projet, arguant qu’il viole les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). La mission américaine auprès de l’UA a publié une déclaration affirmant qu’elle soutenait les objectifs d’autofinancement mais s’opposait aux « mesures commerciales » pour les atteindre. « Nous sommes fiers de notre partenariat avec l’UA et nous continuerons à travailler avec l’UA […] pour trouver des moyens efficaces d’apporter la paix et la sécurité au continent », a-t-elle déclaré dans un communiqué à l’AFP.

 

Le Monde avec AFP / Publié le 19 novembre 2018/ Mis à jour le 19 novembre 2018/

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/11/19/l-union-africaine-adopte-certaines-des-reformes-proposees-par-paul-kagame_5385420_3212.html

 

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2 – Afrique/ Gouvernance : Les réformes de l’Union africaine, mode d’emploi

 

Les 55 membres de l’organisation continentale ont adopté plusieurs réformes lors du 11e sommet extraordinaire de l’Union africaine, organisé samedi 17 et dimanche 18 novembre à Addis-Abeba, en Éthiopie. Les réformes doivent notamment permettre de rendre l’institution plus efficace et autonome. Décryptage.

 

C’était un sommet « constructif », explique un membre d’une délégation étatique. « Satisfaisant », valide de son côté le président tchadien de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat. Pourtant, durant deux jours, des observateurs les plus avisés aux acteurs mêmes de l’institution, tous étaient loin de partager cet optimisme. « La montagne a accouché d’une souris », tranche une source haut placée au sein de l’UA.

 

Il est en effet compliqué de saisir en quoi les mesures validées dimanche 18 après-midi, en présence de moins de la moitié des chefs d’État et de gouvernement d’Afrique (22 sur 55), vont révolutionner le quotidien de l’organisation panafricaine, vieille de 55 ans. « C’est la première fois qu’un sommet de chefs d’État se réunit pour parler de la réforme », se récrie Pierre Moukoko Mbonjo, qui dirige l’unité chargée du dossier auprès de la Commission de l’UA. Même l’Union européenne n’a pas lancé de réforme aussi vaste et ambitieuse, selon une autre cadre de l’organisation.

 

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_ La refonte de la Commission, l’exécutif de l’Union.

Selon les réformes et leurs conséquences, la prochaine équipe sera élue en janvier-février 2021. À cette date, ils ne seront plus dix, mais huit : un président, un vice-président et six commissaires. La parité devra être respectée : si une femme est présidente, un homme sera vice-président et vice-versa. Il y aura également trois commissaires de sexe féminin et trois de sexe masculin. Par ailleurs, l’équilibre entre les cinq régions (Nord, Ouest, Est, Centre, Australe) devra également être pris en compte.

 

Mais ce sont le mode de nomination et le mandat de cette Commission qui, d’après leurs concepteurs, doivent changer la donne. Le président devrait ainsi devenir le véritable patron de son administration, car il est « le visage de l’Union africaine, il est le directeur général, en même temps qu’il est l’ordonnateur du budget de toute l’Union », rappelle Pierre Moukoko Mbonjo. Au début et à la fin du processus de nomination restent les États : chaque région désigne un candidat et l’Assemblée des 55 chefs d’État décide du vainqueur. Mais entre les deux, les volontaires pour le poste de président de la Commission devront se soumettre à un parcours digne du secteur privé : CV en ligne, profession de foi, débat télévisé, si possible diffusé sur les télévisions nationales, et grand oral final face aux dirigeants.

 

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_ L’objectif : Réinstaurer une hiérarchie et faire des économies

Le mandat du « patron » va changer : il sera maître, avec son vice-président, du budget et des ressources humaines de l’institution continentale. Il pourra, par exemple, décider désormais de mettre fin aux fonctions d’un de ses commissaires. Il s’agit de réinstaurer clairement une hiérarchie afin que l’exécutif de l’UA ait la force et la légitimité suffisantes pour mettre en œuvre les décisions que les dirigeants prennent sommet après sommet – dont seuls 10% seraient effectivement appliquées, selon une source au sein de l’organisation. En contrepartie de cette indépendance accrue, il devra dresser des objectifs précis chaque année et rendre compte de leur avancée.

 

Selon ces changements, les États membres pourront par ailleurs mettre fin aux fonctions du président, du vice-président et des commissaires. Est-ce faire entrer le management du secteur privé à l’UA ? « C’est exactement cela, répond Pierre Moukoko Mbonjo, puisqu’il s’agit de mettre en place un système de gestion axé sur les résultats ».

 

Cette réforme de la Commission de l’Union africaine vise en outre à économiser. À l’unité chargée des réformes, on évoque 500 000 dollars mis de côté par an, rien qu’avec la suppression de deux postes de commissaires. Il faut aussi rappeler que les dirigeants s’étaient mis d’accord en juillet 2018, à Nouakchott, pour passer de deux à un sommet annuel avec les dirigeants – il y aura donc uniquement un Conseil exécutif entre ministres, suivi d’une réunion de coordination entre l’UA et communautés économiques régionales, à l’été 2019 à Niamey.

 

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_ Réforme du financement et sanctions contre les mauvais payeurs

C’était l’une des grandes décisions du sommet ordinaire de Kigali, en juillet 2016 : l’adoption d’une taxe de 0,2% sur une liste de produits importés afin de « sécuriser » le paiement par les 55 membres de l’UA de leur contribution financière annuelle. L’idée étant simplement d’aider les États à trouver l’argent pour payer leur cotisation. Aujourd’hui, ils sont 24 à l’avoir mise en place, d’après les chiffres de la Commission.

Juridiquement, il s’agit d’une directive donc « le rythme et les modalités de sa mise en œuvre dépendent de chaque État membre », décrypte Pierre Moukoko Mbonjo. Certains ont des contraintes spécifiques. « Il leur faut parfois modifier leur Constitution pour autoriser cette taxe et on sait ce que cela peut avoir comme signification de faire ça sur le continent », raconte un employé de la Commission.

 

Par ailleurs, les États-Unis continuent de mettre la pression. La mission américaine auprès de l’UA conteste auprès de l’AFP la régularité de ce type de « mesures commerciales », au regard des règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Mais la Commission continue d’être optimiste sur cette taxe à 0,2% qui aurait permis de réduire de 60% à 30% la dépendance de l’organisation continentale vis-à-vis des donateurs, d’après l’équipe chargée des réformes.

 

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_ Des sanctions aux membres qui ne payent pas leur contribution

Si cette taxe n’a pas été abordée durant ce 11e sommet extraordinaire à Addis-Abeba, les États ont en revanche avancé sur un autre point : le durcissement des sanctions contre les membres qui payent avec retard ou ne payent pas leur contribution annuelle. « Nous sommes à un mois de la fin de l’année budgétaire, les contributions sont seulement à hauteur de 50%, s’est insurgé le président de la Commission, Moussa Faki Mahamat, lors de la conférence de presse de clôture. Comment voulez-vous qu’une Commission puisse mettre en œuvre son programme annuel ? »

 

Le sommet a donc validé un dispositif de sanctions graduelles, selon le retard dans le paiement, qui peut conduire un État de la suspension de prise de parole durant les réunions de l’UA jusqu’à l’exclusion de toute participation aux activités de l’organisation, sommets compris, d’après un document de travail consulté par RFI. En revanche, la révision du barème des contributions financières a été repoussée au sommet des 10-11 février 2019, à Addis-Abeba. Elle doit permettre aux grands contributeurs de ne pas payer à eux seuls plus de 40% de la note.

 

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_ La création d’une agence de développement

Le nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) est transformé en Agence de développement de l’Union africaine – Nepad. « Les chefs d’État ont voulu garder la marque Nepad qui est déjà très connue », indique Pierre Moukoko Mbonjo. Concrètement, le sommet des 17-18 novembre a défini le mandat de cette institution refondée et, surtout, en a intégré le budget dans celui de l’UA.

 

L’idée est de s’assurer que chaque organe tire dans le même sens, et notamment dans celui de l’intégration régionale et continentale, c’est-à-dire le rapprochement des économies et des peuples africains. C’était l’idée à la base de la transformation de l’Organisation pour l’unité africaine (OUA) en Union africaine, en 2002, rappelait Moussa Faki Mahamat dans son discours d’ouverture. Dans le même ordre d’idée, le président Faki doit plancher sur une meilleure répartition du travail entre sa Commission, l’ex-Nepad, les organisations régionales (CEDEAO, SADC, IGAD, etc.) et les États.

 

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_ De la théorie à la pratique, les échecs du Président Kagame

Le chef de l’État rwandais avait été désigné par ses pairs, en juillet 2016, chez lui à Kigali, pour proposer des pistes de réformes de l’UA et les mener à bien. En janvier 2017, Paul Kagame avait présenté son rapport avec pour but de « secouer le cocotier », rapportait alors une source proche du dossier au Monde Afrique. Le dirigeant du pays des mille collines souhaitait ainsi, selon Le Monde Afrique, que le Président de la Commission élu en 2021 puisse nommer directement ses commissaires, ce qui lui aurait conféré une légitimité et un pouvoir plus grand encore face aux États membres.

 

Cette option a vite été repoussée. « Kagame s’est heurté à une hostilité sourde, notamment de l’Afrique australe et du Nord qui ont taillé dans les propositions » cingle un haut-cadre de l’organisation. Des propositions qu’il qualifie de « plutôt révolutionnaires ». « Hostilité sourde, il me semble que l’expression est appropriée, abonde un autre membre de l’administration UA. L’Afrique du Nord est opposée à certains éléments fondamentaux de la réforme, notamment la question de la répartition du travail entre la Commission de l’UA, les communautés économiques régionales et les États. Ceci principalement parce qu’il n’existe pas de communautés économiques régionales en Afrique du Nord. Quant à l’Afrique australe, elle veut avoir plus de contrôle sur la Commission et met en avant qu’elle est (principalement l’Afrique du Sud) un grand contributeur. »

 

La crainte de trop renforcer la Commission, et de céder ainsi de la souveraineté, est au cœur du processus de réforme de cette institution qui « n’est plus adaptée au XXIe siècle », comme le dit une cadre. « La réforme est un processus, les États membres cèdent progressivement des parts de souveraineté », veut croire Pierre Moukoko Mbonjo. Pour l’ancien ministre camerounais des Relations extérieures, cela a mis beaucoup de temps aussi à l’Union européenne pour faire élire le président de la Commission par le Parlement européen. « Nous avons fait notre part du travail pour poursuivre le voyage et je m’attends à ce que le prochain […] président de l’UA poursuive sur la même lancée et avec les mêmes progrès », concluait Paul Kagame en refermant le sommet de novembre 2018. Reste à voir si son successeur, l’Égyptien Abdel Fatah Al-Sissi, aura cette même ambition.

 

Par Vincent Dublange Publié le 19-11-2018/ Modifié le 03-12-2018/

 

http://www.rfi.fr/afrique/20181119-union-africaine-sommet-addis-abeba-reformes-mode-emploi-ethiopie-kagame

 

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3 – Les Philippines expriment leur confiance en la direction du président Rodrigo Duterte

 

La plupart des Philippines ont exprimé leur confiance à l’égard de la direction du président Rodrigo Duterte et de ses politiques, selon un sondage publié lundi 8 janvier par Pulse Asia Research Inc. Concrètement, 80% des personnes interrogées ont exprimé leur satisfaction devant la direction du président Rodrigo Duterte. En outre, 82% continuent de maintenir leur confiance absolue à l’ancien maire de la ville de Davao.

 

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La vice-présidente Maria Leonor Robredo et le président du Sénat, Aquilino Pimentel, ont reçu un taux de soutien à hauteur d’environ 60%. Le sondage a été mené en décembre 2017 auprès de 1.200 personnes de plus de 18 ans dans l’ensemble des Philippines. Selon ce sondage, le président philippin est le seul dirigeant du pays à avoir le soutien et la confiance de la plupart de la population. Louant les résultats du sondage, le porte-parole du président philippin Hary Roque a invité les Philippins à montrer leur solidarité et à soutenir les politiques gouvernementales visant à réduire la faim et la pauvreté, et à lutter contre la criminalité, en particulier le trafic de stupéfiants et la corruption.

Le président Rodrigo Duterte a pris ses fonctions en juin 2016 pour un mandat de six ans. Il s’est notamment distingué par des campagnes radicales contre les trafiquants de drogue et criminels.

 

09/01/2018 / www.lecourrier.vn/

 

https://www.lecourrier.vn/les-philippines-expriment-leur-confiance-en-la-direction-du-president-rodrigo-duterte/453103.html

 

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Philippines : le projet fédéraliste du nouveau président Rodrigo Dutertre

 

Le président élu des Philippines Rodrigo Duterte veut en finir avec la domination de « Manille l’impérialiste » et lancer un processus de décentralisation vital selon lui pour lutter contre la pauvreté et une rébellion musulmane meurtrière. L’avocat controversé de 71 ans, qui a remporté une victoire écrasante à la présidentielle de mai et a pris ses fonctions jeudi 30 juin, a promis de modifier la Constitution pour graver dans le marbre son projet fédéraliste : déléguer le pouvoir central à de nouveaux États qui présideraient aux destinées des 81 provinces existantes.

 

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_ Le discours contre les élites

Le système actuel « n’est qu’une excuse pour que Manille l’impérialiste s’accroche au pouvoir. Ils ont toujours été là, dans un bureau unique, à gouverner les Philippines », avait déclaré Rodrigo Duterte pendant la campagne. Ce type de remarque est typique du style Duterte, lequel a l’habitude de pourfendre les élites philippines. L’homme sera le premier chef de l’État originaire de la vaste région méridionale de Mindanao, l’une des plus pauvres, où sévit une rébellion communiste (30000 morts) et une insurrection musulmane (100000 morts).

 

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_ Un président qui dirigera loin de la capitale

Pour signifier son dédain envers la capitale, le président élu avait boudé la proclamation des résultats électoraux par le Congrès, un événement d’ordinaire riche en traditions et en cérémonial. Il n’est allé qu’une fois à Manille depuis sa victoire et compte passer le plus clair de ses six années de mandat à Davao, localité située à un millier de kilomètres de la capitale où vivent moins de 2 % des Philippins.

 Aux termes de ses réformes, les nouveaux États auront une large autonomie et pourront conserver une grande partie de leurs recettes, ce qui, dit-il, favorisera l’essor économique local. Le gouvernement central conservera certains attributs essentiels comme la défense, la politique étrangère et les douanes.

 

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_ La décentralisation pour mettre fin à la rébellion ?

À ses yeux, le principal effet de la décentralisation sera de mettre un terme à l’insurrection séparatiste de la minorité musulmane, qui bénéficiera d’une autonomie de fait. « Rien de moins que la décentralisation apportera la paix à Mindanao », a déclaré le nouveau chef d’État pendant la campagne. Ces dernières semaines, les propos plutôt approbateurs des dirigeants musulmans laissent entendre qu’ils voient d’un bon œil ces projets. Cependant, amender la Constitution est un sujet très sensible. Les parlementaires n’y ont pas touché depuis qu’elle avait été réécrite en 1987 à la suite de la révolution dite du « Pouvoir du peuple » qui avait renversé le dictateur Ferdinand Marcos l’année précédente.

 

Des garde-fous pour éviter une nouvelle dictature avaient alors été introduits, comme le mandat présidentiel unique de six ans. Les précédentes tentatives pour amender la Loi fondamentale se sont toutes heurtées à l’opposition virulente de groupes qui craignaient que les gouvernants ne veuillent accroître leurs pouvoirs.

 

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_ Vers un référendum pour changer la constitution

 Mais, fort d’une réussite électorale qui a vu ses opposants rapidement changer leur fusil d’épaule pour lui prêter allégeance, Rodrigo Duterte pourra compter sur une nette majorité dans les deux chambres du Parlement et un soutien populaire pour mener à bien sa réforme.

 

Selon son entourage, le dirigeant connu pour sa vulgarité et ses phrases à l’emporte-pièce va vouloir capitaliser sur sa période de grâce pour mettre en place le cadre d’un référendum sur le changement constitutionnel dans la première moitié de son mandat. Mais ses adversaires dénoncent le flou de ses projets, se demandent si la décentralisation est bien la réponse aux maux de l’archipel, si le fédéralisme ne va pas au contraire aggraver les problèmes.

 

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_ Les risques du fédéralisme

 Dans un pays où le système de gouvernance est déjà faible, le fédéralisme pourrait provoquer l’éclatement, d’après Temario Rivera, analyste au Center for People Empowerment in Governance. « Passer au fédéralisme aura des conséquences incertaines et imprévisibles », insiste le politologue. La décentralisation pourrait renforcer la mainmise des dynasties et clans politiques locaux face à un pouvoir central affaibli et incapable de réagir.

 

La Croix/ le 30/06/2016/

 

https://www.la-croix.com/Monde/Philippines-projet-federaliste-nouveau-president-Rodrigo-Dutertre-2016-06-30-1200772585

 

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4 – Devant l’ONU, Trump enterre le multilatéralisme

 

Le président américain a réaffirmé sans complexe sa doctrine isolationniste. Et il a appelé la communauté internationale à « isoler » l’Iran. Certains discours sont reçus par des applaudissements, d’autres par des sourires ironiques. Mardi matin, Donald Trump est parvenu malgré lui à faire s’esclaffer la grande salle de l’assemblée générale des Nations unies, en démarrant son discours par un panégyrique de sa présidence. « En deux ans, nous avons accompli davantage que n’importe quelle administration dans ce pays « , a-t-il asséné dans un discours sans notes. Le murmure amusé de la salle l’a toutefois fait sourire. « Ce n’est pas la réaction que j’attendais, mais ce n’est pas grave ».

 

L’ambiance est néanmoins vite retombée dans un silence grave, face aux remarques du président américain. Celui-ci a pourfendu le multilatéralisme de façon encore plus provocante et décomplexée que l’an dernier, s’adressant aux représentants des nations comme à ses électeurs du Midwest. « L’Amérique agira toujours dans son propre intérêt », elle ne « s’excusera jamais lorsqu’elle agit pour protéger ses citoyens », elle « est là pour défendre les Américains », et « ne sera pas prise en otage par les dogmes […], défendus par de prétendus experts qui ont montré qu’ils avaient tort depuis des années « .

 

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_ Posture isolationniste

En clair, « l’Amérique choisira toujours l’indépendance et la coopération sur la gouvernance mondiale ». Les Etats-Unis, qui se sont retirés du conseil des droits de l’homme et « n’y reviendront pas faute de réforme « , ne « paieront que les programmes d’aide destinés aux pays qui nous respectent « , a-t-il prévenu, rappelant qu’à ses yeux la Cour pénale internationale n’avait « aucune autorité « . « Nous devons nous défendre contre ces atteintes à la souveraineté « , a-t-il estimé.

 

Cette posture isolationniste assumée produit à ses yeux des résultats diplomatiques aussi satisfaisants que ses baisses d’impôts sur l’économie. Violemment attaquée dans son discours en 2017, la Corée du Nord, dont Trump a rencontré le dirigeant Kim Jong-un avant l’été, a ainsi eu droit à des remerciements. Elle a « arrêté la recherche nucléaire « , a-t-il assuré, et « les missiles ne volent plus dans toutes les directions ». Au Moyen Orient, « le changement est historique », a-t-il souligné, affirmant que « les pays du Golfe ont ouvert un nouveau centre pour lutter contre le financement du terrorisme « .

 

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_ Dumping sans vergogne

Alors que lundi soir, les Européens ont annoncé la création d’un mécanisme visant à préserver leurs échanges avec l’Iran tout en échappant aux sanctions américaines, Donald Trump a appelé « toutes les nations à isoler  » ce pays « qui ne respecte pas ses voisins ni ses frontières », et dont le régime « utilise les ressources pour s’enrichir ». Un message aussitôt dénoncé par Téhéran. « Il est paradoxal que les Etats-Unis ne cherchent même pas à cacher leur plan visant à renverser le gouvernement même qu’ils invitent à des pourparlers « , a déclaré peu après à la même tribune le président iranien Hassan Rohani.

 

Autre pays sous surveillance : la Chine, accusée d’avoir détourné les règles du commerce international au détriment des Etats-Unis. « Il y a des pays admis dans l’OMC qui en violent tous les principes, qui utilisent des entreprises gérées par l’Etat, qui pratiquent un dumping sans vergogne, qui font du transfert de technologie et volent la propriété intellectuelle « , a-t-il listé sans nommer Pékin directement. « L es Etats-Unis ont perdu 3 millions d’emplois dans le secteur industriel […] depuis que la Chine a rejoint l’OMC. Mais cette période est terminée « .

 

Trump a également taclé l’Allemagne, autre partenaire commercial qu’il accuse de profiter de l’ouverture de l’économie américaine et qu’il a mise en garde à demi-mot. « L’Allemagne va bientôt devenir totalement dépendante de l’énergie russe si elle ne change pas immédiatement de politique », a-t-il prévenu.

 

Elsa Conesa / ELSA CONESA/ Le 25/09/18/

 

https://www.lesechos.fr/25/09/2018/lesechos.fr/0302305569416_devant-l-onu–trump-enterre-le-multilateralisme.htm

 

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5 – A la tribune de l’ONU, Donald Trump défend la « souveraineté » face au « globalisme »

 

Il a pourfendu toute forme de multilatéralisme et a directement visé l’Iran, demandant à « isoler le régime iranien tant que son agression se poursuit ». Donald Trump avait à peine commencé son discours à la tribune des Nations unies, mardi 25 septembre, qu’il vantait déjà à gros traits son bilan, comparable « presque à aucun autre » par le passé. Un rire a alors parcouru l’assistance, qui a forcé le président des États-Unis à s’interrompre. « Je ne m’attendais pas à cette réaction, mais ça va », a-t-il reconnu dans un sourire.

 

Ce bref instant de détente a précédé un rappel impitoyable des fondamentaux du « trumpisme » en matière de politique étrangère. A commencer par une charge virulente contre toute forme de multilatéralisme associée systématiquement au « globalisme », qui ne pourrait être que la négation de la « souveraineté » des Etats. Donald Trump avait défendu la centralité de cette dernière lors de sa première intervention dans le saint des saints de la coopération internationale. La présence à ses côtés d’un contempteur assumé des Nations unies, John Bolton, désormais conseiller à la sécurité nationale du président, n’a pu que renforcer sa défiance, manifeste dans le procès dressé contre la Cour pénale internationale, jugée dépourvue de « légitimité » et d’« autorité ».

 

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_ La Corée du Nord épargnée, l’Iran vilipendé

Fort de l’unique boussole qu’il reconnaît suivre, la défense des intérêts des Etats-Unis, Donald Trump s’est montré magnanime à l’égard de la Corée du Nord, qu’il éreintait l’an passé pour ses essais nucléaires et balistiques. Même s’il n’est pas encore question de lever les sanctions imposées contre le régime, a-t-il dit, le président des Etats-Unis a dressé un tableau très optimiste du rapprochement esquissé à Singapour en juin. Il n’a pourtant produit pour l’instant aucun résultat concret à propos de l’objectif officiel d’une dénucléarisation « complète, vérifiable et irréversible » de ce pays. Le respect de la souveraineté nord-coréenne l’a sans doute incité à ne pas mentionner, contrairement à 2017, la situation des droits de l’homme dans cette dictature.

 

Un an plus tard, Téhéran a pris en fait la place de Pyongyang dans la ligne de mire de Donald Trump. Alors que les attaques américaines se concentraient sur le programme nucléaire nord-coréen, c’est plus globalement le rôle régional de l’Iran qu’il a stigmatisé. « Les dirigeants iraniens sèment le chaos, la mort et la destruction », « ils ne respectent ni leurs voisins, ni les frontières, ni les droits souverains des nations », a assuré le président des Etats-Unis avant d’inviter ses pairs à « isoler le régime iranien tant que son agression se poursuit » et de « soutenir le peuple iranien ».

 

Justifiant le retrait américain d’un accord bloquant les projets nucléaires iraniens pourtant autrement moins aboutis que ceux de Pyongyang, le président des Etats-Unis a promis un durcissement des sanctions pour faire plier le régime au pouvoir à Téhéran. Au-delà même de la réimposition des mesures prévue le 5 novembre. Donald Trump a ainsi évoqué des discussions « avec les pays qui importent du pétrole brut iranien pour qu’ils coupent substantiellement leurs achats ».

 

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_ « Honorer nos droits souverains »

Limitant la coopération internationale à la défense des intérêts américains, le président des Etats-Unis a averti que son pays entendait limiter ses aides aux pays « qui ont nos intérêts à cœur » et à nos « amis ». Dans le même mouvement, il s’en est pris avec virulence à l’Organisation mondiale du commerce comme au cartel des pays producteurs de pétrole qu’il a accusé de faire monter artificiellement les prix, alors que ses sanctions contre l’Iran contribuent pour leur part aux tensions sur les marchés. A cette occasion, Donald Trump a réitéré antiennes vieilles de plus de trente sur le fardeau que constitue pour Washington la défense des pays du Golfe.

 

« Les Etats-Unis choisiront toujours l’indépendance et la coopération contre la gouvernance mondiale, le contrôle et la domination, a-t-il déclaré. Je respecte le droit de chaque nation dans cette salle de poursuivre ses propres coutumes, croyances et traditions. Les Etats-Unis ne vous diront pas comment vivre, travailler ou prier. Nous vous demandons seulement d’honorer nos droits souverains en retour. »

 

Ce monde clos est-il taillé pour les défis transnationaux ? Donald Trump est convaincu qu’il est en mesure d’empêcher les migrations, la place des candidats au départ, quelles que soient les circonstances, étant selon lui chez eux. Il a évité par ailleurs de soumettre sa vision du monde à l’épreuve des défis de l’environnement en se gardant de les mentionner une seule fois.

 

Les menaces de sanctions secondaires contre des alliés de Washington à propos de leurs liens commerciaux avec l’Iran, celles appliquées la semaine dernière à la Chine après des achats d’armes en Russie, attestent pourtant du caractère particulièrement extensif de la souveraineté américaine défendue mardi par Donald Trump. Au point que « l’Amérique d’abord », son credo de campagne, fait finalement assez peu de cas de celle des autres.

 

Gilles Paris (Washington, correspondant)/ Par Gilles Paris/ Publié le 25 septembre 2018/ Mis à jour le 26 septembre 2018/

 

https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/09/25/a-la-tribune-de-l-onu-donald-trump-defend-la-souverainete-face-au-globalisme_5360087_3222.html

 

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6 – Nouvelles routes de la soie : le vrai plan de Xi Jinping

 

ANALYSE. Le gigantisme du plan des nouvelles routes de la soie ne doit pas faire oublier les risques qu’il fait peser. Derrière un vaste projet économique qui doit conduire la Chine à investir hors de ses frontières se cache une autre ambition : celle de façonner une mondialisation à la chinoise.

Le plan est titanesque, avec un budget oscillant autour de 1.000 milliards de dollars, des projets qui courent sur quasiment tous les continents, partagés entre des lignes de transport terrestres ou maritimes. Du côté financier, plusieurs fonds sont à la manoeuvre, une banque de développement qui réunit plus d’une soixantaine de pays : les nouvelles routes de la soie véhiculent des chiffres à donner le vertige.

 

Le plan, lancé en 2013 par Pékin, a eu du mal à arriver jusqu’en France. Mais depuis l’arrivée d’un train reliant Wuhan (centre de la Chine) à Lyon, puis le voyage du chef de l’Etat en Chine où le sujet a été officiellement évoqué, l’intérêt s’est notoirement accru. Les réunions d’information se succèdent et les intervenants rivalisent d’arguments pour inciter les entreprises à participer à « ce formidable plan Marshall », comme on peut l’entendre. Il y a pourtant dans cette démarche plusieurs dangers, notamment celui d’un aveuglement occidental favorisé par une approche trop simpliste, où seuls le court terme et ses opportunités d’affaires sont pris en compte.

 

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_ Concept évolutif

Les nouvelles routes de la soie ont été conçues comme un concept évolutif. Trois ans après leur lancement, le plan chinois n’a cessé d’étendre sa couverture géographique : de 60 pays concernés au début, le nombre est passé à une centaine. Le continent africain, par exemple, est aujourd’hui clairement intégré au plan, tout comme l’Arctique, qui aura sa propre « route de la soie  » ou encore l’Amérique du Sud, continent où la Chine renforce sa présence.

 

La liste des secteurs a, elle aussi, grossi. Des seules infrastructures de transports, le périmètre s’est élargi à la coopération culturelle ou touristique. Le nom du plan a changé, délaissant les « nouvelles routes de la soie » pour « Une ceinture, une route » (« One belt one road »)  » pour devenir aujourd’hui une initiative. La Chine a mis en place, en interne comme à l’étranger, des séances de brainstorming pour donner du contenu à ce cadre général.

 

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_ Ambitions multiples

On le voit bien : ces nouvelles routes de la soie concentrent sur leur nom et sous couvert de projets économiques plusieurs ambitions. C’est avant tout un projet de communication extrêmement bien ciselé. Pour vanter les ambitions de ce plan, les autorités de Pékin déroulent des éléments de langage adaptés à chaque catégorie socioprofessionnelle. Les arguments avancés auprès des chercheurs ne sont pas les mêmes que ceux déroulés aux journalistes, lesquels ne ressemblent pas aux points mis en avant pour les milieux d’affaires. La réunion de toutes ces communications finit par former un message global qui transforme ces nouvelles routes de la soie de simple concept de départ à une pure évidence.

 

Il y a en effet derrière ce plan une dimension de diplomatie économique qui doit permettre à Pékin et à ses entreprises de trouver des relais de croissance hors de Chine. Mais ce n’est pas tout, c’est aussi un projet qui exporte le soft power chinois et sa volonté de refondre la gouvernance de la planète.Xi Jinping et la Chine veulent piloter la réorganisation des institutions mondiales. L’étiquette des routes de la soie est idéale pour réunir autour de ce plan, à travers le monde, des représentants de haut niveau des Etats et des hommes d’affaires.

 

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_ Projection de puissance

On peut appeler cela la diplomatie des forums, un domaine où la Chine est très active. Non seulement elle participe à la modernisation des infrastructures dans le monde, mais elle diffuse un autre message, plus idéologique. Le président chinois veut « vendre » son mode de développement comme une alternative à celui des démocraties occidentales en proie à de nombreux maux. Lui vante un Etat fort, centralisé, capable de prendre des décisions rapidement et de les imposer dans un délai court. Enfin, il ne faut pas oublier l’aspect géostratégique de ce projet.

 

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Pour la Chine, ce plan reste une projection de puissance à 2050, année du 100e anniversaire de la création de la république populaire (1er octobre 1949). La Chine doit avoir, alors, retrouvé le lustre qu’elle avait perdu au XIXe siècle. Aux projets terrestres s’ajoutent les maritimes. Voilà pourquoi les progtammes dûment estampillés touchent aussi bien des câbles sous-marins que des investissements dans les ports. Avec la dimension stratégique que cela sous-tend. La phase ultime du plan est de faire circuler des données informatiques d’une zone à une autre via un réseau de fibres optiques. En parallèle, une dizaine de ports sont dénombrés rien que pour la Méditerranée.

 

Alors, certes, ce vaste plan offre des opportunités à court terme. Mais il ne faut pas le voir par le petit bout de la lorgnette. La Chine est autant dans une stratégie de conquête que de propagation de la paix dans le monde, comme elle le clame. Et elle sait protéger ses intérêts. Les liaisons ferroviaires entre la Chine et l’Europe sont à ce titre riches d’enseignements. Les trains arrivent chargés de toutes sortes de marchandises en Europe, nettement moins dans l’autre sens. Cela pose par ricochet diverses questions, dont celle de l’accès au marché, fortement inégal.

 

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_ Participation étrangère

Enfin, rien n’indique à ce stade que les étrangers pourront aisément de participer aux projets développés par la Chine. Le corridor économique que Pékin construit au Pakistan pour quelque 50 milliards de dollars ressemble fort à une aide au développement liée. Aucune firme pakistanaise ne peut planter un coup de pioche dans ce qui est devenu une zone réservée aux entreprises chinoises. Cela ne signifie pas que ce plan chinois soit définitivement fermé aux étrangers. Mais il faut se garder de ne considérer que l’effet grossissant du court terme et surtout éviter d’imaginer qu’un tapis rouge est déroulé devant ces routes.

 

MICHEL DE GRANDI / Le 06/02/18/

 

https://www.lesechos.fr/06/02/2018/lesechos.fr/0301207268626_nouvelles-routes-de-la-soie—le-vrai-plan-de-xi-jinping.htm

 

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Nouvelles routes de la soie : « Des risques financiers graves émergent peu à peu pour la Chine »

 

Les banques chinoises ont prêté des centaines de milliards de dollars aux pays d’accueil des chantiers des « nouvelles routes de la soie ». Pourront-ils rembourser ?, s’interroge Jacques Gravereau, spécialiste du commerce extérieur, dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune. Depuis quelque temps, évoquer le fait que les fonds chinois qui irriguent les projets des « nouvelles routes de la soie » pourraient faire exploser la dette des pays qui les accueillent déclenche des ripostes outragées de Pékin. Ce qui montre bien que cela appuie là où ça fait mal. Car la plupart de ces projets sont financés par des prêts, et non par des dons. Quand les entreprises chinoises arrivent, que pèsent des pays comme le Tadjikistan ou Djibouti, petits pots de terre de respectivement 7,4 et 2 milliards de dollars (6,5 et 1,7 milliard d’euros) de produit intérieur brut, face à l’énorme pot de fer chinois avec ses 12 000 milliards ?

 

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Le Center for Global Development, présidé par l’ancien secrétaire du Trésor américain Larry Summers, identifie 23 pays cibles des « nouvelles routes de la soie » qui sont déjà en voie d’endettement critique, sans que la liste soit close. Parmi eux, 8 sont déjà pratiquement étranglés : depuis deux ans la dette publique, gonflée de prêts chinois, est passée de 50 à 90 % du PIB à Djibouti (dont 77 % dans des mains chinoises), de 50 à 80 % au Tadjikistan, de 38 à 70 % au Kirghizistan, de 48 à 68 % au Laos, de 26 à 68 % aux Maldives, de 40 à 60 % en Mongolie, de 15 à 50 % au Monténégro, sans parler du Pakistan, qui vient d’appeler le Fonds monétaire international à la rescousse pour payer ses dettes. L’Inde a même proposé 1 milliard de dollars aux Maldives pour l’aider à rembourser sa dette envers la Chine !

 

La liste s’allonge encore. Au Kenya, l’inauguration du chemin de fer Nairobi-Mombasa (3,2 milliards de dollars) rend quasiment impossible le remboursement du cumul des 7 milliards de prêts de l’Exim Bank of China à ce pays. Il en est de même, pour des montants variables, en Zambie, en Angola, au Congo (RD), au Mozambique, aux Fidji, en Papouasie, etc. Aux frontières terrestres de la Chine, le Laos est en voie de submersion durable, avec la construction d’une ligne de chemin de fer chinoise censée desservir tout le Sud-Est asiatique, évaluée à 7,6 milliards de dollars pour le segment laotien, la moitié de son PIB.

 

Par Jacques Gravereau / Publié le 05 décembre 2018/

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/05/nouvelles-routes-de-la-soie-des-risques-financiers-graves-emergent-peu-a-peu-pour-la-chine_5392712_3232.html

 

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7 – Gilets jaunes : L’Assemblée adopte les mesures d’urgence du gouvernement

 

L’Assemblée nationale a voté dans la nuit de jeudi à vendredi les mesures d’urgence du gouvernement pour répondre à la crise des Gilets jaunes. Le texte, examiné en procédure accélérée, passera ce vendredi par le Sénat. Prime exceptionnelle, heures sup défiscalisées, exonération élargie de hausse de CSG pour des retraités : l’Assemblée nationale a donné son feu vert dans la nuit de jeudi à vendredi aux mesures d’urgence du gouvernement pour répondre à la crise des Gilets jaune.

 

Après plus de treize heures de vifs débats, le projet de loi portant « mesures d’urgence économiques et sociales » a été approuvé par 153 voix contre 9 et 58 abstentions. Le texte, examiné en procédure accélérée, passera dans la foulée ce vendredi par le Sénat. Son président Gérard Larcher a souhaité un « vote conforme » de la chambre haute, à majorité de droite, ce qui permettrait l’adoption du texte avant les vacances parlementaires. Ces mesures apportent « des réponses rapides, fortes et concrètes » à la crise des Gilets jaunes, « condition d’un apaisement » même si « cela ne suffira pas », a affirmé la ministre du Travail Muriel Pénicaud, présente aux côtés d’Agnès Buzyn (Santé). C’est plutôt un « trompe-l’œil » a dénoncé la gauche de la gauche.

 

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« Embrouille, entourloupe et emberlificotage »

« Vous pensez que vous allez régler le problème avec quatre mesures et un grand débat […] il ne vous restera qu’à croiser les doigts pour que les gens s’en contentent », a répondu le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, lançant : « Vous allez avoir Noël aux ronds-points ». « Votre projet de loi répond à la règle des trois E : embrouille, entourloupe et emberlificotage », a raillé le communiste Pierre Dharréville.

 

Communistes et Insoumis ont réclamé en vain le retrait de la mesure portant sur la défiscalisation des heures supplémentaires, « mesure sarkozyste dangereuse » selon eux. La demande des Républicains d’exonérer ces heures supplémentaires de cotisations patronales a été rejetée elle aussi, la majorité ne souhaitant pas que les entreprises recourent à ce moyen au lieu d’embaucher de nouveaux salariés. Les oppositions de gauche comme de droite ont jugé « injuste » la prime exceptionnelle de 1 000 € détaxée que les entreprises auront la possibilité de verser, d’ici le 31 mars, à des salariés rémunérés jusqu’à 3 600 €.

 

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«  Un budget insincère !  »

« De nombreuses petites et moyennes entreprises ne pourront néanmoins pas les verser », faute de trésorerie suffisante, a souligné Gilles Lurton (LR). Sur la CSG, les Républicains ont défendu sans succès des amendements pour que la mesure touche l’ensemble des retraités. L’article 4 du projet de loi, qui prévoit un rapport du gouvernement sur « la revalorisation exceptionnelle de la prime d’activité au 1er janvier 2019 » – la mesure de revalorisation elle-même ne passant pas par la loi mais le règlement – a donné lieu à des débats houleux sur la promesse d’Emmanuel Macron (hausse de revenu de 100 euros autour du Smic).

 

La tension est montée entre Agnès Buzyn et les socialistes Boris Vallaud et Valérie Rabault. Cette dernière a accusé le gouvernement d’avoir présenté un budget pour 2019 « insincère » avec des crédits insuffisants pour la prime d’activité. « Vous nous avez laissé une ardoise de 800 millions d’euros. Ça, c’est un budget insincère ! »

 

Ouest-France avec AFP/ Modifié le 21/12/2018/ Publié le 21/12/2018/

 

https://www.ouest-france.fr/societe/gilets-jaunes/gilets-jaunes-l-assemblee-adopte-les-mesures-d-urgence-du-gouvernement-6143011

 

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8 – L’extrême droite au pouvoir au Brésil : quel est le programme de Bolsonaro ?

 

Ultralibéral, conservateur, sécuritaire… Le programme du candidat d’extrême droite a séduit une majorité des Brésiliens. « Nous ne pouvons plus continuer à flirter avec le socialisme, le communisme, le populisme de gauche ». Les premiers mots de Jair Bolsonaro, dimanche soir, annoncent un tournant pour le Brésil. Ce représentant de l’extrême droite compte bien tourner la page du Parti des travailleurs. Davantage d’incarcérations, une campagne de privatisation des entreprises publiques, un retour à des méthodes d’éducation traditionnelle… Voici les grands axes de gouvernance du tout nouveau président brésilien.

 

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_ Un renforcement sécuritaire

« Si un policier tue dix, quinze, vingt personnes, il doit être décoré, pas poursuivi. » Ce sont les mots du candidat qui souhaite une meilleure « protection juridique » pour les policiers qui font usage de leur arme en service. Pour les civils, le président veut libéraliser l’accès aux armes. « Les armes sont des instruments qui peuvent être utilisés pour tuer ou pour sauver des vies. Ça dépend de qui s’en sert », estime-t-il.

 

Quant aux condamnés, les peines alternatives seront oubliées. Bolsonaro veut en finir avec les programmes de libération conditionnelle et d’aménagement de peines. Son slogan ? « Arrêter et maintenir sous les verrous ». Le président brésilien préconise plus d’incarcérations, dans un pays dont les prisons sont déjà surpeuplées.

 

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_ Des privatisations pour réduire la dette

Le président brésilien n’y connaît pas grand-chose en économie et le reconnaît. Mais il peut compter sur l’ultralibéral Paulo Guedes, un économiste de l’école de Chicago, qui devrait être son ministre des Finances. Ce dernier a d’ores et déjà annoncé que le gouvernement allait se pencher sur une réforme de retraite par capitalisation. Ce super ministère a également prévu de réorganiser le système fiscal « pour que ceux qui paient trop d’impôts en paient moins ».

 

Paulo Guedes veut également maîtriser les dépenses publiques et mettre fin au « modèle qui a corrompu la politique et provoqué une augmentation des impôts, des taux d’intérêt et de la dette, à la façon d’une boule de neige ». Pour réduire la dette (supérieure à 80 % du PIB), le nouveau gouvernement prévoit de privatiser des entreprises et de vendre des biens appartenant à l’Etat. Dans ce pays qui a vu sa présidente Dilma Rousseff destituée en 2016 après un scandale financier, le représentant de l’extrême droite promet de diviser par deux le nombre de ministres, afin de limiter les arrangements entre partis.

 

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_ Retour à l’ordre moral dans l’Education

Les « programmes scolaires et méthodes d’enseignement doivent changer », dit Bolsonaro. Il préconise plus de mathématiques, plus de sciences et de portugais, « sans endoctrinement ni sexualisation précoce ». Le président veut concentrer plus d’investissements dans l’école primaire que dans l’enseignement supérieur. Il souhaite également promouvoir l’enseignement par correspondance dans les communes isolées pour « combattre le marxisme ». Dernière mesure d’importance, la généralisation des collèges militaires, gérés par l’armée, dans chacune des 26 capitales fédérales. Actuellement, il en existe 13, dans 11 capitales.

 

_ Ferme sur l’avortement

Jair Bolsonaro a prôné des politiques sociétales très traditionnelles durant ses 27 ans au Parlement. «On va pouvoir casser du LGBT en toute impunité» Le président a promis de mettre son veto à toute tentative d’assouplissement de la loi sur l’avortement qui n’autorise cette intervention qu’en cas de viol, de risque pour la mère ou de grave malformation du cerveau du fœtus.

 

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_ Agriculture et environnement, dans un même ministère

Bolsonaro prévoit de regrouper les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement, même s’il s’est dit récemment « ouvert à la négociation ». Cette mesure pourrait placer les organes de contrôle d’abus contre l’environnement sous la tutelle d’un ministère dominé par l’agrobusiness dont le plus puissant lobby du Parlement soutient clairement le nouveau président. Durant sa campagne, Bolsonaro a d’ailleurs affirmé qu’il ne céderait « pas un centimètre de plus » aux territoires réservés aux tribus indiennes.

 

International|Z.L.| 29 octobre 2018/ MAJ : 30 octobre 2018/

 

http://www.leparisien.fr/international/l-extreme-droite-au-pouvoir-au-bresil-quel-est-le-programme-de-bolsonaro-29-10-2018-7930494.php

 

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La résistance au président élu Bolsonaro s’organise au Brésil

 

Mariana Nery partage la colère des nombreux jeunes Brésiliens qui sont descendus dans la rue après la victoire de Jair Bolsonaro à la présidentielle. Cette étudiante enseignante milite dans une organisation de jeunesse de gauche. Elle craint pour l’avenir des communautés minoritaires diabolisées par le président élu d’extrème-droite pendant sa campagne électorale : « Mes amis gays ont peur de s’embrasser dans la rue. Ils ont peur de s’embrasser, ils ont peur de montrer ce qu’ils veulent faire ».

 

Pour Mariana, impossible de rester passive. Elle est descendue dans la rue dès le premier appel à manifester contre Jair Bolsonaro à Rio de Janeiro. Les opposants du prochain président sont déterminés à combattre sa politique. Mais ils disent que leur résistance consiste aussi à combattre un climat de peur : « Une personne comme lui, le fait qu’il ait été élu, signifie que les gens légitiment tout ce qu’il a dit : que les femmes sont inférieures, que les noirs sont inférieurs et tout ce qu’il a dit contre les mouvements sociaux. »

 

Mais la gauche brésilienne est divisée. L’un des plus grands défis pour des groupes comme celui-ci est de s’unir autour d’une cause commune. « Ce dont la population a besoin aujourd’hui, c’est que les gen s comprennent leurs droits et n’acceptent pas qu’on leur retirent facilement. Si les gens y parviennent, ils auront déjà avancé » explique Vitor Guimaraes, du mouvement du peuple sans peur.

 

Le Congrès brésilien entend aussi s’opposer à l’agenda de Bolsonaro. Le président devra négocier sa politique controversée avec une trentaine de partis politiques. « La gauche brésilienne a été durement touchée lors de l’élection de dimanche. Les différents partis progressistes doivent maintenant résoudre leurs différends pour faire face au bloc de droite dirigé par Jair Bolsonaro. Le politicien d’extrême-droite a déjà commencé à négocier avec certains des 30 partis du Congrès, pour pouvoir gouverner » explique notre envoyé spécial à Rio de Janeiro Héctor Estepa.

 

Par Euronews/ Dernière MAJ: 31/10/2018

 

https://fr.euronews.com/2018/10/31/la-resistance-au-president-elu-bolsonaro-s-organise-au-bresil

 

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Pyongyang’s Construction Boom

 

 

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