SANTE PUBLIQUE/ SYSTEMES/ INNOVATIONS MEDICALES : ces avancées médicales qui ne profitent pas aux pauvres…

 

« Santé/ l’Afrique bien mal en point : La prestigieuse revue « The Lancet » vient de publier son classement mondial des systèmes de santé. La place de l’Afrique n’y est pas des plus rassurantes. Le classement publié par The Lancet est sans appel pour l’Afrique. Sur les 195 pays étudiés, les 30 derniers en matière de performance du système de santé sont africains. Ce qui est inquiétant, c’est qu’en la matière, si la situation s’est globalement améliorée au niveau mondial, l’écart entre les pays riches et pauvres s’est, lui, sensiblement creusé depuis 1990.

Et l’Afrique n’est pas du tout à la fête. Pour réaliser son étude, The Lancet, la prestigieuse revue médicale britannique, a mesuré la performance de chaque pays selon le taux de mortalité induit par 32 pathologies (diphtérie, tuberculose, appendicite, certains cancers et maladies cardiovasculaires, etc.) pour lesquelles les décès pourraient en théorie être évités en cas d’accès rapide à des soins efficaces. Le projet, titanesque, a nécessité la collaboration de plus de 2 000 chercheurs à travers le monde, qui ont travaillé sous l’égide de l’Institute for Health Metrics and Evaluation, financé par la Fondation Bill et Melinda Gates.

 

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1 – Les cinq avancées médicales de 2017

 

Plusieurs découvertes sont venues en 2017 enrichir la lutte contre le Sida, le cancer mais aussi Ebola. En 2017, le Sida, à l’origine d’une pandémie mondiale depuis les années 1980, et le cancer, qui tue chaque année 150.000 personnes en France, ont encore pris un peu de plomb dans l’aile. Ebola aussi, dont la dernière et très meurtrière épidémie a permis de booster la recherche pour parvenir à un vaccin prometteur. La technologie du numérique a aussi fait parler d’elle ces douze derniers mois entre applications de e-santé et réalité augmentée. Tour d’horizon des découvertes qui ont fait avancer la découverte en 2017. 

 

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_ Des vaccins très prometteurs contre Ebola

La dernière épidémie d’Ebola de 2014-2016 qui a tué 11.000 personnes en Afrique pourrait être la dernière d’une longue série débutée en 1976. Deux vaccins expérimentaux ont en effet été testés avec succès cette année. En décembre 2016, l’Onu avait présenté un vaccin à « 80% efficace » en période de flambée de cette maladie dont les symptômes sont similaires à ceux de la grippe. Dans la foulée, le laboratoire Merck a acheté les droits de commercialisation. S’il faudra sans doute attendre encore un peu pour voir le vaccin produit à grande échelle, en attendant, des tests sont venus confirmer les espoirs.

 

1.500 personnes ont ainsi été suivies au Libéria après avoir reçu soit un de deux sérums, soit un placebo, a rapporté en octobre dernier une étude du New England Journal of Medecine. Pour le premier vaccin, rVSV-Zebov, 84% des vaccinés avaient développé des anticorps après un mois. Et après un an, 80% présentaient toujours une protection contre le terrible virus. Pour le second vaccin, ces chiffres étaient respectivement de 71% et 64%. Mis à part quelques effets secondaires bénins comme des maux de têtes ou des douleurs musculaires, « cet essai clinique a fourni des informations précieuses qui sont essentielles pour le développement de ces deux vaccins potentiels contre Ebola », a expliqué Anthony Fauci, le directeur du National Institute of Allergy and infectious Diseases qui a développé un de deux sérums. Surtout, ces tests ont permis de démontrer qu’il est possible de faire avancer la recherche même en période d’épidémie.

 

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_ Un triple-antiviral contre le Sida

Si un vaccin contre le Sida reste encore au stade de la recherche, les traitements contre le virus se multiplient. Un des plus prometteurs a été rapporté en septembre dernier par des chercheurs du groupe Sanofi et des Instituts nationaux américains de la santé (NIH). Leur étude, publiée dans la revue spécialisée Science, présente un triple antiviral utilisé pour le traitement mais aussi la prévention.

 

Pour le moment, il a permis de protéger des singes contre le virus simien du sida (VIS) et des souches du virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Ce nouvel antiviral a procuré une meilleure protection que tous les autres anticorps testés jusqu’alors, neutralisant 99% des plus de 200 différentes souches du VIH-1, ont précisé les chercheurs. Sa force réside donc en sa capacité de contrer la grande diversité génétique des VIH dans le monde. Le nouvel agent a également été testé sur des cellules humaines en laboratoire. Prochaine étape en 2018 quand Sanofi mènera un essai clinique de phase 1 aux Etats-Unis sur des personne saines et des personnes infectées par le VIH.

 

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_ La réalité augmentée, le nouveau super assistant des chirurgiens

Un bloc opératoire, un chirurgien, un anesthésiste, des infirmiers, des instruments chirurgicaux… et une paire de lunettes 3D. Voilà le tableau d’une opération qui a eu lieu le 5 décembre dernier à Bobigny en Seine-Saint-Denis, en première mondiale. Muni de cet outil pour poser une prothèse d’épaule, le chirurgien a des moyens décuplés. Il a pu ainsi accéder à ce ce que l’œil humain ne peut pas voir puisque avant même d’inciser, le chirurgien pouvait visionner ce qu’il y avait sous la peau de la patiente. Il a aussi vu par hologrammes des données médicales sur le patient (par exemple, son dernier IRM). Enfin, le chirurgien a pu consulter des tutoriels qui lui rappellaient le détail de la procédure à suivre lors de l’opération. Le chirurgien, de plus, n’a rien perdu de sa disponibilité manuelle puisque les lunettes, fabriquées par l’américain Microsoft, peuvent se commander par la voix.

 

L’hôpital de l’AP-HP va désormais être le premier au monde à utiliser régulièrement cette technique. « Ça révolutionne notre façon d’opérer. J’ai ces lunettes depuis août, et depuis ça nous donne des milliers d’idées », s’est réjoui le Dr Thomas Grégory, auteur de cette première. « C’est un vrai changement de paradigme, comme pour les pilotes d’avion quand ils ont embarqué des appareils électroniques dans leur cockpit », a-t-il ajouté. Selon lui, les lunettes de réalité augmentée, sorte d' »ordinateur sans fil », devraient permettre d’avoir une précision « impossible à obtenir sans ». « On est moins invasifs, on limite les gestes et donc les risques d’infection », estime le spécialiste.

 

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_ Un anticancéreux efficace contre le Sida ?

Le 1er décembre dernier, des médecins français de l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière ont rapporté dans la revue Annals of Oncology un cas unique : celui d’un patient de 51 ans atteint du Sida qui a vu sa maladie reculer après avoir reçu un traitement pour son cancer. Le traitement en question est le Nivolumab, un médicament commercialisé depuis 2015 dans l’Union européenne et qui combat très efficacement les cellules cancéreuses par immunothérapie. Chez un patient de 51 ans qui souffre d’un cancer du poumon depuis 2005, il a permis de faire reculer le nombre de copies du virus du Sida dans son corps.

 

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_ La e-santé, plus efficace que des médicaments

L’étude présentée lors du plus grand congrès mondial de cancérologie en juin dernier à Chicago a fait du bruit. Et pour cause, selon ses résultats, une application est plus efficace qu’un traitement par anticancéreux.  Pour parvenir à cette conclusion, des oncologues américains ont testé l’application « Symptom Tracking and Reporting » (STAR). Le principe : des patients ayant suivi une chimiothérapie devaient rendre compte via l’appli des effets secondaires indésirables. En retour, les infirmiers qui recevaient les données devaient alerter les médecins en cas de symptômes allant en s’aggravant. Des mesures étaient prises en conséquence pour soulager les patients.

 

Le résultat est concluant puisque ces patients, utilisateurs de e-santé, ont eu une durée de vie de cinq mois supplémentaires par rapport aux patients suivis de manière traditionnelle. L’explication est simple selon celui qui a dirigé l’étude, Ethan Basch. « La surveillance accrue des patients améliore le contrôle des effets secondaires de la chimiothérapie pour mieux les combattre. Et des patients en meilleure forme sont amenés à augmenter leur durée de survie », a-t-il exposé au congrès de Chicago. STAR n’existe cependant qu’à un stade expérimental et aucune date de commercialisation n’a pour l’instant été communiquée.

 

Le 21 décembre 2017, modifié à 11h23, le 21 décembre 2017/

 

http://www.europe1.fr/sante/les-cinq-avancees-medicales-de-2017-3527159

 

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2 – Santé : l’Afrique bien mal en point

 

La prestigieuse revue « The Lancet » vient de publier son classement mondial des systèmes de santé. La place de l’Afrique n’y est pas des plus rassurantes. Le classement publié par The Lancet est sans appel pour l’Afrique. Sur les 195 pays étudiés, les 30 derniers en matière de performance du système de santé sont africains. Ce qui est inquiétant, c’est qu’en la matière, si la situation s’est globalement améliorée au niveau mondial, l’écart entre les pays riches et pauvres s’est, lui, sensiblement creusé depuis 1990. Et l’Afrique n’est pas du tout à la fête. Analyse.

  

_ Le patient africain dans un état critique

Pour réaliser son étudeThe Lancet, la prestigieuse revue médicale britannique, a mesuré la performance de chaque pays selon le taux de mortalité induit par 32 pathologies (diphtérie, tuberculose, appendicite, certains cancers et maladies cardiovasculaires, etc.) pour lesquelles les décès pourraient en théorie être évités en cas d’accès rapide à des soins efficaces.

Le projet, titanesque, a nécessité la collaboration de plus de 2 000 chercheurs à travers le monde, qui ont travaillé sous l’égide de l’Institute for Health Metrics and Evaluation, financé par la Fondation Bill et Melinda Gates. Au total, 195 pays ont été évalués sur le plan de l’accessibilité et de la qualité des soins entre 1990 et 2015. Aux trois premières places du podium figurent Andorre, l’Islande et la Suisse. La France se classe 15e, le Royaume-Uni, 30e, les États-Unis, 35e, la Chine et l’Inde respectivement 82e et 154e. Treize des quinze premiers pays du classement sont situés en Europe de l’Ouest.

 

_ Les pays pauvres progressent, mais beaucoup moins vite que les pays riches

Premier enseignement de cette étude : la qualité des soins s’améliore à l’échelle de la planète, mais les pays les plus pauvres progressent moins vite que les autres. En effet, depuis 1990, les résultats ont sensiblement augmenté, passant en moyenne de 40,7 à 53,7. Durant cette période, 167 pays sur 195 ont vu l’accessibilité et la qualité de leur système de santé s’améliorer de façon significative. Mais dans le même temps, les inégalités se sont creusées : l’écart entre le premier et le dernier pays était de 62 points en 1990. En 2015, il est de 66 points. La tendance n’est donc pas homogène. Conséquence : entre le haut et le bas du classement, la distance s’accroît.

 

Comme en matière de richesses, les inégalités sur le plan de la santé augmentent au niveau mondial. Pour l’Afrique, le résultat est sans appel : elle occupe 27 des 30 dernières places, et 37 des 50 dernières. La Centrafrique arrive en dernière position du classement. Suivent dans les cinq dernières places la Somalie, la Guinée-Bissau, le Tchad et l’Érythrée. Seule une petite poignée de pays africains tirent leur épingle du jeu. C’est le cas de l’Afrique insulaire (Les Seychelles et l’île Maurice sont respectivement 67e et 94e) et, dans une moindre mesure, de l’Afrique du Nord (la Tunisie est 89e, la Libye 90e, l’Égypte 108e, l’Algérie 130e et le Maroc 133e).

 

_ Dépenses de santé par habitant et par an : le niveau très bas en Afrique

La deuxième leçon intéressante à tirer de l’étude porte sur la relation entre les performances réelles des pays en matière de développement et leur capacité à améliorer, dans le même temps, leur système de santé. Ici aussi, les résultats sont éclairants : « L’augmentation du niveau de développement n’entraîne pas forcément une amélioration de la qualité et de l’accès au système de santé »souligne le professeur Christopher Murray, le responsable de l’étude, de l’Institut américain des mesures et évaluations de la santé (IHME) de l’université de Washington.

Une constatation corroborée par quantité d’autres études qui, au-delà, ont démontré qu’« il n’y [avait] pas [non plus] de lien automatique entre augmentation des dépenses de santé et amélioration de l’état de santé » (Jacky Mathonnat, Disponibilité des ressources financières pour la santé dans les pays d’Afrique subsaharienne, Agence française de développement département de la recherche, 2010).

 

Toutefois, on peut noter une corrélation relativement forte entre le niveau des dépenses de santé par personne et par an et l’état de santé général des populations concernées. Selon les dernières données disponibles de la Banque mondiale, les dépenses de santé en Andorre, qui occupe la première place du classement de The Lancet, s’élevaient en 2014 à 3 746 dollars par personne et par an. Cette année-là en Centrafrique, lanterne rouge du classement, elles n’étaient que de… 16 dollars. Plus généralement, les dépenses annuelles de santé par habitant en Afrique sont rachitiques.

 

_ Le cas symptomatique du Sénégal

Au Sénégal, pays qui occupe le 173e rang du classement de The Lancet, les dépenses de santé par personne et par an se situent aux alentours de 50 dollars. La santé y est au cœur du débat public et occupe régulièrement la une des médias. Ainsi, au début de l’année 2017, la seule machine de radiothérapie du pays, donnée par la France en 1989, est tombée en panne. Cela a créé une vive polémique et obligé les autorités sénégalaises à transférer les malades atteints du cancer au Maroc. Et pas plus tard que cette semaine, le bloc opératoire du Centre hospitalier universitaire Aristide Le Dantec de Dakar a été fermé.

 

Le compresseur, qui produit l’air comprimé nécessaire au bon fonctionnement des appareils d’anesthésie, est tombé en panne. Perclus de dettes (1 milliard 300 millions de francs CFA), le CHU n’a plus les moyens d’en assurer l’entretien. De quoi comprendre pourquoi le secteur de la Santé clame à qui veut l’entendre qu’il est le laissé-pour-compte des politiques publiques dans les pays africains. 

 

PAR GILBERT FAYE, À DAKAR/ Publié le 22/05/2017 / Le Point Afrique

 

http://afrique.lepoint.fr/actualites/sante-l-afrique-bien-mal-en-point-22-05-2017-2129483_2365.php

 

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3 – Renforcer les systèmes chirurgicaux : un investissement nécessaire et rentable pour la santé mondiale

 

Les décès dus aux infections et aux complications obstétricales ont chuté grâce à des solutions médicales efficaces. Mais les décès liés à des pathologies chirurgicales augmentent, alors qu’investir dans les systèmes chirurgicaux est rentable. Au cours des dernières décennies, les pays à revenu faible et intermédiaire ont connu des avancées sans précédents en matière d’amélioration de la santé. Depuis 1990, la mortalité maternelle et infantile a pratiquement été divisée par deux. Les décès imputables aux maladies infectieuses comme le paludisme ont suivi cette tendance à la baisse. Bien que le VIH/Sida touche toujours des dizaines de millions de personnes, le taux de décès a chuté de façon spectaculaire : il s’agit de l’un des exploits médicaux les plus remarquables de l’histoire.

 

Si de nombreux facteurs ont contribué à ce progrès, les experts mondiaux en matière d’investissements sanitaires attribuent surtout ce succès au déploiement de solutions à bas coût et faciles d’accès pour les personnes les plus vulnérables, notamment en Afrique subsaharienne et en Asie. La contraception et les vaccins sont devenus plus abordables et plus accessibles pour le plus grand nombre, évitant à des millions de femmes de risquer leur vie en accouchant et à des millions d’enfants de contracter des maladies mortelles comme la pneumonie ou la diarrhée. La distribution à grande échelle de moustiquaires imprégnées, autre intervention peu coûteuse et très efficace, a permis de réduire la mortalité liée au paludisme. Enfin, les traitements antirétroviraux (ARV), sans lequel de nombreuses vies auraient été prématurément emportées par le virus, sont accessibles désormais à un plus grand nombre de malades du VIH/SIDA.

 

La décision d’investir dans ces produits et ces services de santé publique de base résulte d’un calcul très simple : les contraceptifs modernes, les vaccins et les moustiquaires ne coûtent que quelques dollars l’unité, et même le prix des traitements ARV est passé sous la barre des 100 dollars dans de nombreux pays grâce aux engagements pris par le secteur privé et par les bailleurs. Ces investissements comptent ainsi parmi les plus rentables en matière de santé mondiale, avec un retour sur investissement qui prend la forme d’innombrables vies sauvées et améliorées.

 

_ Qu’en est-il de la chirurgie ?

Les soins chirurgicaux et les mesures nécessaires pour en améliorer l’accès et la qualité sont rarement évoqués quand est discutée la rentabilité des investissements en matière de santé. Les pathologies chirurgicales représentent cependant un tiers de la charge mondiale de morbidité : chaque année, près de 17 millions de personnes meurent de maladies, de blessures et d’urgences médicales alors que des soins chirurgicaux de base auraient pu les sauver. Cela représente plus de décès que ceux dus au VIH/SIDA, au paludisme, à la tuberculose et aux maladies infantiles réunis. Pourtant, même les soins chirurgicaux de base restent inaccessibles pour la majorité de la population mondiale. Pourquoi l’amélioration de l’accès à la chirurgie n’est-elle pas une priorité des acteurs de la santé mondiale et des acteurs du développement ?

 

L’une des raisons évidentes est que la mise en place de services chirurgicaux peut être très coûteuse. Pour équiper un bloc opératoire, il faut des dispositifs médicaux et des fournitures médicales diverses, telles que des sondes d’intubation ou des produits anesthésiants. Un plateau technique ne peut pas fonctionner sans électricité ou oxygène médical. De plus, les ressources humaines indispensables doivent être hautement spécialisées car la pratique chirurgicale suppose de nombreuses années d’apprentissage et de formation des cliniciens. En outre, pour assurer l’accès aux services chirurgicaux, tout système de santé performant repose sur un système cohérent d’aiguillage des malades et sur des réseaux de transport d’urgence, dont la création et l’entretien peuvent être coûteux.

 

Au vu des exigences de base conditionnant la provision de soins chirurgicaux essentiels dans un pays à faible revenu, on peut comprendre que la mise en place de ces services chirurgicaux soit considérée comme un projet coûteux. Mais c’est négliger les impacts sanitaires et économiques de long terme, qui en font l’un des investissements les plus rentables qu’un acteur de développement puisse réaliser.

 

_ Les services chirurgicaux : un retour sur investissement majeur

Les soins chirurgicaux peuvent permettre d’éviter d’importantes pertes économiques consécutives aux blessures, invalidités ou décès. Beaucoup de pathologies chirurgicales – telles que certaines urgences obstétricales, les fractures, les traumatismes, ou les fentes labiales – affectent surtout les populations jeunes ; l’absence de prise en charge impacte donc la productivité sur plusieurs années, voire sur des décennies.

 

Les accidents de la route sont la principale cause de décès des 15-29 ans, et surviennent majoritairement dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Sans accès aux soins chirurgicaux, ces blessures ou traumatismes si fréquents peuvent devenir des handicaps à vie empêchant ceux qui en souffrent de travailler ou de terminer leur scolarité : ils ne peuvent donc plus subvenir à leurs besoins et le cas échéant à ceux de leur famille, perpétuant ainsi le cycle de la pauvreté.

 

La commission Lancet sur la chirurgie mondiale estime que les pays à revenu faible et intermédiaire sont en passe de perdre 12,3 billions de dollars de revenus d’ici 2030 s’ils ne parviennent pas à améliorer l’accès aux soins chirurgicaux – sans parler de la qualité de vie perdue ou diminuée pour les personnes privées de soins. Toutefois, un investissement de 420 milliards de dollars serait suffisant pour combler l’écart et atteindre les objectifs mondiaux en la matière. Des dizaines de millions de décès seraient ainsi évités chaque année, avec un retour sur investissement de 29 contre 1. Une autre manière d’observer la rentabilité en matière de santé mondiale est de prendre en compte le nombre d’années de vie corrigées du facteur invalidité (AVCI). En d’autres termes, il s’agit du coût nécessaire pour assurer une année saine qui serait autrement perdue en raison d’un décès ou d’une invalidité.

 

Toujours d’après la commission Lancet, le rapport efficacité-prix de la chirurgie est équivalent à celui d’autres interventions communes de santé publique, telles que la vaccination des enfants, la mise à disposition de médicaments ARV et la distribution de moustiquaires. Par exemple, l’opération de la cataracte coûte environ 7 dollars par AVCI, un coût comparable à celui des vaccinations standards (entre 13 et 26 dollars par AVCI) et de la fourniture de moustiquaires (entre 6,50 et 22 dollars par AVCI). Une césarienne coûte environ 315 dollars par AVCI, soit considérablement moins que les ARV dont le coût atteint les 450 à 650 dollars par AVCI. Même les réparations de fentes labiales ou palatines et la chirurgie générale ont un coût faible – de l’ordre de 50 à 80 dollars par AVCI. Ces investissements semblent donc être une dépense raisonnable pour des interventions de santé aussi déterminantes. 

 

_ Un bénéfice qui va bien au-delà de l’aspect financier

En définitive, la véritable rentabilité des investissements en matière de systèmes chirurgicaux réside dans leurs répercussions sur tout le système sanitaire. Investir dans la chirurgie signifie poser les fondations de services de santé qui n’existeraient pas autrement. Lorsqu’un médecin est formé aux techniques de ventilation des patients lors d’une opération, il est mieux préparé à ventiler un patient en unité de soins intensifs. Lorsqu’un hôpital assure une alimentation électrique et une source d’oxygène médical fiables pour l’équipement chirurgical, ces ressources sont disponibles pour tous au sein de l’hôpital. Lorsqu’un pays investit dans le réseau routier et le parc d’ambulances pour transférer les patients chirurgicaux, l’accès aux hôpitaux est facilité pour tous ses habitants.

 

Contrairement aux interventions sanitaires axées sur une simple pilule ou dose, la chirurgie concerne tout un système de santé, ce qui explique que l’effort soit bien plus coûteux. Cependant, une fois mis en place, ce système permet à des populations entières d’avoir accès à une gamme de services de santé – dont les soins chirurgicaux – pendant les décennies qui suivent, épargnant de nombreuses vies de manière tout aussi rentable que les investissements sanitaires déjà évoqués. Alors que nous continuons de consacrer des ressources limitées à un ensemble de défis sanitaires dans les pays à faible revenu, il serait temps, pour paraphraser le Dr Paul Farmer, de ne plus traiter la chirurgie comme le parent pauvre de la santé mondiale.

 

Publié le 21 novembre 2017/ Adam Lewis Directeur Communications & Marketing chez Gradian Health Systems/ @Lewisam10/ Margaux Bellier Directrice, Stratégie de marché chez Gradian Health Systems @margaux_bellier

 

http://ideas4development.org/renforcer-systemes-chirurgicaux-sante-mondiale/

 

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4 – QUELS SONT LES PAYS AVEC LES MEILLEURS SYSTÈMES DE SANTÉ ?

 

Savez-vous si le système de santé de votre (futur) pays d’expatriation est performant ? D’après l’OMS, l’espérance de vie moyenne mondiale connaît une forte progression, ce qui laisse supposer que la qualité des soins tend également à augmenter. Toutefois, les classements des systèmes de santé dans le monde montrent que ce sont les pays à haut revenu qui sont les mieux lotis. Les frais de santé y sont aussi souvent particulièrement élevés. Découvrez quels sont les pays avec les meilleurs systèmes de santé. 

 

 

_ Palmarès des meilleurs systèmes de santé en Europe

 Chaque année, le Health Consumer Powerhouse publie un rapport concernant les systèmes de santé en Europe : le Euro Health Consumer Index (EHCI). Cette étude classe 35 pays en fonction de la qualité de leur systèmes de soins, en prenant en compte 48 indicateurs.

 

Le top 10 des pays les mieux notés est le suivant :

  1. Pays-Bas
  2. Suisse
  3. Islande
  4. Danemark
  5. Norvège
  6. Belgique
  7. Allemagne
  8. Luxembourg
  9. France
  10. Finlande

 

_ Performance des systèmes de santé dans le monde : 2 classements

Dans son étude 2014 intitulée Mirror, Mirror on the Wall – How the Performance of the U.S. Health Care System Compares Internationally, le Commonwealth Fund a examiné la performance des systèmes de santé dans 11 pays à travers 5 catégories d’indicateurs. L’objectif ? Évaluer le système américain en le comparant à d’autres systèmes de soins.

 

Les USA ressortent bons derniers du classement résultant de cette étude :

 

  1. Royaume-Uni
  2. Suisse
  3. Suède
  4. Australie
  5. Allemagne
  6. Pays-Bas
  7. Nouvelle-Zélande
  8. Norvège
  9. France
  10. Canada
  11. USA

 

Dans le classement annuel Bloomberg Most Efficient Health Care 2014, ce ne sont pas moins de 51 pays qui sont passés au crible.

 

_ L’Asie apparaît comme le grand vainqueur de ce palmarès.

  1. Singapour
  2. Hong Kong
  3. Italie
  4. Japon
  5. Corée du Sud
  6. Australie
  7. Israël
  8. France
  9. Emirats Arabes Unis
  10. Royaume-Uni

 

_ Quels critères pour évaluer les systèmes de santé dans le monde ?

 

Pour établir un classement, les études s’appuient sur un nombre d’indicateurs plus ou moins important.

. Le rapport EHCI note les systèmes de santé en se basant sur des critères tels que le respect du droit des patients, l’accès aux soins, les services proposés au patients, la prévention…

. Le Commonwealth Fund compose 5 groupes d’indicateurs : qualité, accessibilité, efficacité, égalité, santé. Ainsi, des données relatives à la sécurité, aux délais d’attente, à l’organisation administrative, ou encore à l’égalité d’accès aux soins sont étudiées.

. Bloomberg évalue les systèmes de santé dans le monde en prenant en compte le coût des soins en pourcentage du PIB, le coût des soins par habitant ainsi que l’espérance de vie.

 

https://fr.april-international.com/global/conseils-informations/quels-sont-les-pays-avec-les-meilleurs-systemes-de-sante

 

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5 – Les meilleurs Hôpitaux du monde / TOP World Hospitals

 

Nous présentons dans cet article le nouveau classement Web (Web ranking) des établissements de santé et hôpitaux à travers le monde pour l’année 2015, établis par le groupe de recherche Cybermetrics Lab, une unité du prestigieux National Research Concil CSIC. L’étude a touchée plus de 16 500 sites web d’hôpitaux à travers le monde, elle est réalisée par l’analyse de la quantité des échanges d’informations médicales et scientifiques de l’établissement ciblé sur web. L’importance des échanges est mesurée par le degré de référencement (SEO) du site web sur les grands moteurs de recherche notamment Google.

 

_ TOP Hospitals in the world

 Le leadership en 2015 est revenu au niveau mondial à l’hôpital Américain le Langone Medical Center of New York. Les dix premières places sont américaines avec une exception à l’assistance publique Hôpitaux de Paris venu en huitième position.

 

Classement Mondial (World ranking)

1- Cleveland Clinic Link to web site

2- St Jude Children’s Research Hospital Link to web site

3- Johns Hopkins Medicine Link to web site

4- Mayo Clinic Scottsdale AZ

5- University of Maryland Medical Center

6- M D Anderson Cancer Center

7- Massachusetts General Hospital

8- Assistance Publique Hôpitaux de Paris

9- Memorial Sloan Kettering Cancer Center

10- New York Presbyterian / Lower Manhattan Hospital

 

_ TOP Hospitals in Africa

Au niveau Africain, le leadership reviens à l’établissement de santé Gambro Healthcare

Classement Afrique,(Africa ranking)/

 1- Gambro Healthcare Link to web site

– As Salam International Hospital Link to web site

 3- Netcare Group Link to web site

4- Life Healthcare Hospital Group

5- Institut Pasteur de Madagascar

6- Neuropsychiatric Hospital Aro Abeokuta

7- Ganzouri Specialized Hospital

8- Diani Beach Hospital Kenya

9- Centre Hospitalier Mohammed VI Marrakech

 

_ TOP Hospitals in Europe

Au niveau Européen, le podium a été dominé par l’hôpital Français Assistance Publique des Hôpitaux de Paris.

Classement Europe,(Europe ranking)

1- Assistance Publique Hôpitaux de Paris Link to web site

2- University Clinic Heidelberg Link to web site

3- Erasmus Medisch Centrum Universitait Rotterdam Link to web site

4- Asklepios Klinikum Bad Abbach

5- Leiden University Medical Center

6- Centre Hospitalier Universitaire Vaudois Lausanne

7- Hôpitaux Universitaires de Geneve

8- Universitätsklinikum Hamburg Eppendorf

9- Universitätsklinikum und Medizinische Fakultät Tübingen

10- Sahlgrenska University Hospital

 

_ TOP Hospitals in Asia

 Le leadership sur le continent Asiatique reviens à l’établissement de santé Buddhist Tzu Chi General Hospital

 Classement Asie,(Asia ranking)

1- Buddhist Tzu Chi General Hospital Link to web site

2- Taipei Veterans General Hospital Link to web site

3- Xinqiao Hospital Third Military Medical University Link to web site

4- National Taiwan University Hospital

5 Jilin University Bethune Hospital

6- Hospital Authority

7- National Hospital Organization

8- Peking Union Medical College Hospital Beijing

9- Beijing Hospital

10- King Faisal Specialist Hospital & Research Centre

 

http://insim-constantine.over-blog.org/2016/07/classement-web-2015-des-meilleurs-hopitaux-du-monde.html

 

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6 – L’Afrique de l’Ouest et du Centre en retard sur la riposte mondiale au VIH

 

Un nouveau rapport souligne le besoin urgent d’une meilleure réponse au VIH pour les enfants et les adolescents. Plus de quatre décennies après le début de l’épidémie de VIH, quatre enfants sur cinq vivant avec le VIH en Afrique de l’Ouest et du Centre ne reçoivent toujours pas de traitement antirétroviral et les décès liés au sida chez les adolescents âgés de 15 à 19 ans sont en hausse, selon un nouveau rapport publié aujourd’hui.

 

Tout en reconnaissant les progrès accomplis dans plusieurs domaines, le rapport intitulé « Accélérer la Cadence : Vers une génération sans sida en Afrique de l’Ouest et Centrale », publié conjointement par l’UNICEF et l’ONUSIDA, montre que l’Afrique de l’Ouest et du Centre est à la traîne sur la majorité des indicateurs en matière de prévention du VIH et des programmes de traitement et de soins pour les enfants et les adolescents. En 2016, environ 60 000 enfants ont été nouvellement infectés par le VIH en Afrique de l’Ouest et du Centre.

 

« Il est tragique que tant d’enfants et d’adolescents ne reçoivent pas les traitements dont ils ont besoin, simplement parce qu’ils n’ont pas été testés », a déclaré Marie-Pierre Poirier, directrice régionale de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. « Nous devons mieux utiliser les innovations pour accroître le diagnostic précoce et améliorer l’accès au traitement du VIH et aux soins pour les enfants. Par exemple, la technologie de diagnostic au point de service rapproche les tests de l’endroit où les enfants fréquentent les services de santé et l’autotest peut être une bonne option pour les adolescents qui peuvent être plus à l’aise avec cela ».

 

La couverture en matière de thérapies antirétrovirales vitales chez les enfants vivant avec le VIH dans la région est la plus faible au monde car de nombreux pays ont une capacité limitée à effectuer les tests nécessaires au diagnostic précoce du VIH chez les nourrissons. Sans connaître le statut VIH d’un enfant, sa famille est moins susceptible de rechercher le traitement qui pourrait prévenir la tragédie de la mort d’un enfant de maladies liées au sida.

 

La situation est pire chez les adolescents. Le nombre annuel de nouvelles infections par le VIH chez les 15-19 ans dans la région dépasse maintenant celui des enfants âgés de 0 à 14 ans. Ces nouvelles infections surviennent principalement par contact sexuel non protégé et chez les adolescentes. Tout aussi préoccupant, selon le rapport, est que l’Afrique de l’Ouest et du Centre a enregistré une augmentation de 35 pour cent du nombre annuel de décès liés au sida parmi les adolescents âgés de 15 à 19 ans – le seul groupe d’âge pour lequel les décès liés au sida ont augmenté entre 2010 et 2016.

 

Alors que la population des jeunes de la région devrait augmenter considérablement au cours des prochaines décennies, en particulier dans des pays comme la République démocratique du Congo et le Nigéria, il est probable que le nombre d’enfants et d’adolescents infectés par le VIH et mourant de causes liées au sida va rester élevé, à moins que la réponse au VIH – à la fois la prévention et le traitement – ne s’améliore considérablement.

 

Le rapport souligne que les 24 pays qui composent la région Afrique de l’Ouest et du Centre abritent 25 pour cent des enfants âgés de 0 à 14 ans vivant avec le VIH dans le monde.

 

« Les dirigeants de la région ont approuvé un plan de rattrapage visant à tripler le nombre de personnes sous traitement dans la région – y compris les enfants – d’ici la fin 2018, le problème clé est maintenant d’accélérer sa mise en œuvre », a déclaré Luiz Loures, Directeur exécutif adjoint de l’ONUSIDA. « Les pays devraient d’urgence mettre en place des stratégies plus efficaces pour le diagnostic précoce du VIH chez les nourrissons, et commencer à réduire les inégalités dans l’accès des enfants au traitement. »

 

Le rapport propose des stratégies clés qui permettront aux pays d’accélérer les progrès dans la lutte contre la propagation de la maladie. Celles-ci incluent :

 

  1. Une réponse différenciée au VIH axée sur des contextes épidémiologiques et locaux uniques dans chaque pays et communauté.

 

  1. L’intégration des services liés au VIH dans les principaux services sociaux, y compris la santé, l’éducation et la protection.

 

  1. L’appropriation communautaire et la gouvernance locale de la riposte au VIH, y compris le travail avec les familles, mieux placées pour aider à réduire la stigmatisation, accéder à la prévention et au traitement.

 

  1. Investir dans les innovations pour éliminer les obstacles à la mise à l’échelle, y compris les nouvelles approches diagnostiques et biomédicales telles que le diagnostic au point de service, l’autotest VIH et la prophylaxie pré-exposition.

 

L’UNICEF a annoncé la semaine dernière que, au rythme actuel des progrès, les objectifs d’accélération accrue pour en finir avec le sida chez les enfants ne seraient pas atteints.

 

***

 

Les faits clés du rapport :

_ La prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant a été multipliée par 2,5 entre 2010 et 2016 (de 21 à 49 pour cent), certains pays comme le Bénin, le Burkina Faso et le Cap Vert fournissant maintenant ces services à plus de 80 pour cent des femmes enceintes vivant avec le VIH.

_ L’Afrique de l’Ouest et du Centre a la couverture de traitement antirétroviral pédiatrique la plus faible au monde, avec seulement 21 pour cent des 540 000 enfants (0-14 ans) vivant avec le VIH sous traitement antirétroviral en 2016 – contre 43 pour cent dans le monde.

_ Aujourd’hui, l’Afrique de l’Ouest et du Centre représente 37 pour cent des décès liés au sida chez les enfants dans le monde : environ 43 000 décès liés au sida sont survenus chez les enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre en 2016, soit 31 pour cent de moins qu’en 2010.

_ Il y avait 62 000 adolescents (15-19 ans) nouvellement infectés par le VIH en 2016, un nombre inchangé par rapport à 2010.

_ Les adolescentes et les jeunes femmes continuent d’être les plus touchées, les femmes représentant près de trois adolescents sur cinq âgés de 10 à 19 ans vivant avec le VIH en Afrique de l’Ouest et du Centre.

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE/ ABIDJAN / DAKAR / NEW YORK / GENÈVE, 5 décembre 2017 – 

 

http://www.unaids.org/fr/resources/presscentre/pressreleaseandstatementarchive/2017/december/20171205_wca/

 

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7 – L’Afrique, à la pointe de l’e-santé, mais à court d’investisseurs

 

Avec la création d’un observatoire de l’e-santé dédié aux pays du sud, la Fondation Pierre Fabre espère mieux faire connaître les startups africaines, asiatique ou d’Amérique latine aux investisseurs afin de les encourager à mettre la main à la poche. Les projets de santé numérique connaissent de grandes difficultés pour se déployer dans les pays pauvres alors qu’ils représentent un moyen de pallier certaines lacunes des systèmes de santé.

 

Une initiative sans précédent dans l’histoire de l’e-santé. Lundi 4 juillet, la fondation Pierre Fabre a annoncé le lancement du premier Observatoire de l’e-santé dédié aux pays du Sud, c’est-à-dire à l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine. Une initiative lancée après un an de réflexions avec un groupe de travail dans lequel figurent la fondation, le Catel, une association dédiée à la télésanté, des experts, tels que Gilles Babinet, digital champion pour la France auprès de la Commission européenne, ou encoreStart-upBrics, média et société de conseil, chargé de trouver les projets les plus marquants dans les pays du Sud. Cet observatoire va être cofinancé par l’Agence française du développement, a annoncé Béatrice Garette, directrice de la fondation Pierre Fabre, à La Tribune.

 

Comme n’importe quel autre observatoire, il vise à regrouper des données de startups de l’e-santé des pays du Sud, afin d’apporter des éclairages sur un écosystème particulièrement sibyllin. Mais l’initiative veut aller plus loin. « L’idée est d’exposer aux investisseurs les innovations les plus marquantes, surprenantes et peu médiatisées, dont on ne pouvait pas imaginer l’existence dans ces pays-là. Des initiatives qui ont un vrai impact sur des populations vulnérables », explique Samir Abdelkrim, cofondateur de Start-upBrics.

 

Parmi ces startups, il cite notamment le projet burkinabè Mos@n, mis en route en 2013. Son objectif est de favoriser l’accès aux soins dans le district défavorisé de Nouna, et d’améliorer la prise en charge des personnes vulnérables comme les femmes enceintes et des nouveau-nés. Il propose un service de sensibilisation via téléphone mobile et intègre un système de « marraines » pour empêcher leur isolement, afin de mieux prévenir la mortalité infantile et maternelle. Le projet burkinabé bénéficie de quelques financements publics, mais ce n’est pas suffisant pour qu’il se déploie correctement. Mos@n a « des difficultés à trouver des investisseurs alors qu’il n’aurait besoin que de 50.000 à 100.000 euros pour se déployer », assure Samir Abdelkrim.

 

_ Une vitrine pour attirer les investisseurs

« Les projets échouent souvent, car ils manquent de financements, d’accompagnement avec des incubateurs, ou le climat des affaires n’est pas favorable », ajoute-t-il. Lutter pour pallier les difficultés de financement, tel est le credo de l’observatoire. Outre un prix financier accordé lundi à l’une des dix startups africaines et asiatiques sélectionnées parmi une centaine d’initiatives repérées (des dizaines d’initiatives en Afrique et en Asie sont documentées et détaillées sur le site dédié odess.io) , l’observatoire espère attirer durablement les investisseurs, très frileux pour le moment. Outre l’existence de quelques incubateurs, et des faibles aides des États, peu d’initiatives existent. Orange Digital Ventures, un pôle d’investissement, a annoncé en 2015 s’intéresser notamment aux startups africaines. Mais il n’a pas annoncé d’investissements majeurs dans l’e-santé sur le continent pour le moment. Il est « difficile de les pousser à investir des pays dans lesquels on vit avec deux ou trois euros par jour », déplore Béatrice Garrette, directrice de la Fondation Pierre Fabre.

 

_ « Peu de capital-risque en Afrique »

Samir Abdelkrimn, dont le site « StartupBRICS vise à « fournir aux décideurs économiques français et francophones les actualités, éclairages et analyses sur le potentiel numérique des futurs champions économiques de demain », nourrit plus d’optimisme : « En Afrique, il y a peu de capital-risque, mais des partenariats en Europe, des consortiums, permettraient à ces startups de trouver un modèle économique. Et l’accompagnement de la Fondation Pierre Fabre pourrait convaincre les investisseurs ». Autres arguments, pour Samir Abelkrim: la qualité des projets et la possibilité de diffuser des innovations dans l’e-santé à l’étranger. « Nous avons ramené des investisseurs indiens dans cet observatoire. Ils s’intéressent à des projets africains et à la possibilité de les appliquer en Inde. »

 

_ Des systèmes de santé en difficulté

Le niveau des dépenses des pays du Sud dans la santé est faible (2,8% du PIB en Indonésie, 3,7% au Nigeria, 4,1% au Cameroun) comparé à celui des pays de l’OCDE (8,9% en moyenne). Ainsi,dans plusieurs pays du Sud, les besoins sont criants, en raison de la faiblesse des infrastructures, ou de leur concentration dans les plus grandes villes. « Au Mali, pays de 15 millions d’habitants, il n’existe que dix dermatologues, et ils sont tous basés à Bamako. Il ne faut pas oublier que la lèpre sévit toujours dans le pays ! », souligne Béatrice Garrette.

 

Certains pays africains ont toutefois accéléré dans la télémédecine notamment. La Tanzanie, par exemple, utilise largement le système « SMS for life ». Le principe ? Un message est envoyé aux habitants via téléphone portable, afin d’améliorer leur accès à des traitements contre la malaria. Ou encore, un rapport du World Economic Forum écrivait en 2015que 27.000 Ougandais travaillant dans la santé utilisaient un système mobile appelé mTRAC. L’application permet de savoir si des médicaments sont en rupture de stock dans les établissements médicaux fins de pouvoir y remédier plus rapidement. Le système permet aussi aux Ougandais abonnés de faire part de problèmes de prestations santé.

 

_ Un potentiel fort pour le développement de l’e-santé

Par ailleurs, les dépenses des pays à faibles revenus dans la santé augmentent plus rapidement que celles des pays développés (entre 1995 et 2012, les dépenses de santé ont ainsi augmenté de 7,4% par an dans les pays du Sud, contre 3,5% dans les pays développés). Ceux-ci pourront toutefois difficilement atteindre le niveau d’infrastructures des pays de l’OCDE et copier les modèles de leurs systèmes de santé. Ainsi, dans un rapport publié en 2015, le BCG estime que les pays en voie de développement devront développer des systèmes de santé alternatifs par l’innovation représentée par l’e-santé.

 

Les pays du Sud ont des atouts pour y parvenir. Ils « ont moins de barrières institutionnelles et législatives », avance Béatrice Garrette. Un rapport Ipsos commandé par l’entreprise Philips en mai avance que pour ces raisons-là, le développement de l’e-santé peut se faire plus facilement dans les pays du Sud que dans les pays développés. Autre facteur du développement de la santé numérique, notamment en Afrique: le boom des smartphones: le nombre d’appareils devrait doubler entre 2015 et 2017, pour atteindre les 350 millions d’unités dans le continent, selon une étude du cabinet Deloitte. Néanmoins, le taux d’accès à Internet dans le continent reste encore faible, à 28% selon un rapport de l’ONU en 2015

 

_ L’e-santé ne fait pas tout

L’e-santé revêt une importance particulière pour l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine. Mais elle ne suffira pas. Le rapport du World Economic forum explique que les pays africains devront acquérir de meilleures connaissances, et gagner en savoir-faire dans la santé. Autres pistes pour améliorer les systèmes de santé: multiplier les partenariats publics-privé afin de développer les hôpitaux.

 

Par Jean-Yves Paillé/ 06/07/2016/

 

https://www.latribune.fr/technos-medias/l-afrique-a-l-avant-garde-de-l-e-sante-mais-a-court-d-investisseurs-584169.html

 

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8 – Maroc : Pauvreté, enseignement, santé, les grands chantiers en retard

 

A l’occasion du passage de 2016 à 2017, le round up «Bilan et perspectives» du Maroc fait ressortir des domaines d’excellence, certes, mais aussi des domaines de faiblesse. Zoom sur 3 secteurs qui désespèrent les citoyens marocains.

 

_ La pauvreté : Hélas rampante au Maroc

Les Marocains sont pauvres et le resteront en 2017. Selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), le Maroc compte 1,6 million de pauvres, dont la majorité est issue du milieu rural. En 2017, la situation risque d’empirer. En effet, les politiques gouvernementales accordent peu d’importance au combat contre la pauvreté qui touche une grande partie de la population. Mis à part les initiatives royales qui permettent à des millions de Marocains, grâce à l’INDH, de sortir la tête de l’eau, nos politiques ne font rien pour les déshérités. Comment peut-on donc espérer que l’année 2017 soit celle de la lutte contre  la pauvreté, alors que l’Exécutif, qui est censé prendre à bras le corps ce chantier, n’a toujours pas vu le jour ?

 

De quel développement de la société s’agit-il et quel patriotisme veut-on inculquer aux Marocains, alors que la précarité est rampante et fait chaque jour de nouvelles victimes? Certes, il est possible de faire de la pauvreté le chantier de l’année 2017. Cependant, il faudrait se donner les moyens pour ce faire. En l’absence d’une stratégie d’emploi claire et précise et d’un système de protection sociale solide, l’année 2017 risque d’être pauvre, très pauvre…

 

_ L’enseignement : Toujours agonisant !  

La vérité que personne ne peut nier est que l’enseignement va mal au Maroc. Les pronostics prévoient que la situation dans ce secteur clé ira en 2017 en se dégradant, mais aussi dans les années à venir, si rien n’est fait pour rectifier le tir. Déjà l’année scolaire 2016-2017 se déroule dans des conditions pitoyables. Classes surchargées, manuels scolaires indisponibles ou en déphasage total avec les nouveautés de l’époque, formation inadaptée aux exigences du marché de l’emploi… font le quotidien de millions d’écoliers et d’enseignants dans l’école publique.

 

L’avis émis récemment par le Conseil Supérieur de l’Education, de la Formation et de la Recherche Scientifique (CSEFRS) en faveur de la suppression de la gratuité de l’enseignement post-obligatoire (cycle secondaire et universitaire) a suscité l’inquiétude des parents d’élèves quant à l’avenir de leurs enfants et de l’enseignement au Maroc. Selon les professionnels du secteur, l’avis émis par le CSEFRS, à la demande du chef de l’Exécutif, annonce le désistement de l’Etat de l’une de ses principales responsabilités sociales, en l’occurrence l’enseignement.

 

_ Santé publique : Le budget en baisse

Les Marocains n’ont-ils pas droit à un service de santé digne de ce nom? La crise que connaît le secteur de la santé publique au Maroc perdurera-t-elle encore et pour longtemps? A la lecture du projet de loi de Finances (PLF) 2017, les prévisions ne sont guère  bonnes pour ce secteur. En effet, le budget alloué à la santé, selon le PLF 2017, n’est que de 14,11 MMDH, contre 14,28 MMDH en 2016. Il en va de même pour le budget de fonctionnement qui connaîtra à son tour une baisse (11,714 MMDH en 2017, contre 11,780 MMDH en 2016). Ces chiffres montrent quel intérêt accordera le gouvernement, en 2017, à la santé de la population. Peut-être que le prochain Exécutif tablera sur le RAMED pour sauver le secteur… En tous cas, même le RAMED, ambitieux à la base, a montré énormément de lacunes et doit faire l’objet d’une révision, afin de le mettre à niveau.

 

Mohcine Lourhzal/ Par Le Reporter.ma 28 décembre 2016/ Société/

 

https://www.lereporter.ma/actualite-societe/maroc-pauvrete-enseignement-sante-les-grands-chantiers-en-retard/

 

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9 – TÉLÉPHONES PORTABLES ET CANCER : DES PREUVES TOUJOURS INSUFFISANTES

 

Le débat a été relancé ce 25 mai : selon une étude américaine, des rats exposés aux radiofréquences émises par les téléphones portables présentent des cancers du cerveau et du cœur. Le débat a été relancé ce 25 mai : selon une étude américaine, des rats exposés aux radiofréquences émises par les téléphones portables présentent des cancers du cerveau et du cœur. Est-ce enfin la preuve que ces ondes sont bel et bien cancérigènes, comme certains scientifiques le craignent depuis des années ? 

Loin s’en faut. Ces résultats, bien qu’inquiétants à première vue, sont à relativiser. D’abord, il s’agit de résultats préliminaires, que le National Toxicology Program (NTP) étasunien a décidé de rendre publics avant que l’étude ne soit terminée. Celle-ci doit se prolonger encore jusqu’à la fin de l’année 2017, et reproduire l’expérience sur des souris.

 

En bref, pour la partie publiée cette fin mai, des groupes de 90 rats ont été exposés, tout au long de leur vie, à des ondes radio du type émis par les téléphones mobiles, d’une fréquence de 900 mégahertz. Celles-ci étaient irradiées sur l’ensemble des cages pendant 10 minutes, puis s’arrêtaient pendant 10 minutes, et ainsi de suite, ce qui fait que tout le corps des animaux y était exposé. Elles étaient de trois niveaux : un premier groupe recevait une irradiation d’une puissance de 1,5 watt par kilo de poids corporel, un autre de 3 W/kg, un dernier de 6 W/kg — sachant que les téléphones portables du commerce ont d’habitude un débit d’absorption spécifique (DAS) en-dessous de 1 W/kg. Enfin, un groupe témoin était élevé dans les mêmes conditions, sans irradiation.

 

_ Un taux de tumeurs qui reste faible chez les rats irradiés

Or, malgré ces forts taux d’exposition, le nombre d’animaux chez qui les toxicologues américains ont observé des cancers reste faible : entre 2 et 3 % des rats irradiés présentaient des tumeurs du cerveau (gliomes) et entre 2 et 6 % des tumeurs des neurones du cœur (schwannomes). De plus, seuls les mâles étaient affectés par des taux significatifs de ces tumeurs. Certes, ces tumeurs, des formes rares, étaient absentes chez les rats non irradiés. Cependant, la longévité globale des animaux examinés demeurait inchangée, qu’ils aient été exposés ou non aux ondes radios. Alors, les ondes électromagnétiques émises par les téléphones portables (mais aussi par la radio, la télé, les radars, les Wifi et les Bluetooth) sont elles cancérigènes ou non ?

 

La question reste ouverte, et ne change pas la position du CIRC (Centre international de recherche sur le cancer), une agence de l’OMS basée à Lyon, qui en 2011 les a classées dans parmi les cancérigènes « probables ». C’est à dire des facteurs dont on a observé un effet cancérigène qui agirait selon un mécanisme plausible, mais pour lequel les preuves scientifiques sont biaisées, confuses ou peu convaincantes.

 

_ Des études de population rassurantes

Depuis lors, les recherches se multiplient, et elles sont nombreuses à être rassurantes. Y compris celles qui observent directement la population humaine qui passe du temps au téléphone ! A l’instar de la toute récente publication, en avril 2016, d’une étude de long cours dans la revue Cancer Epidemiology. Des médecins australiens y analysent l’évolution des cancers du cerveau (à 80 % des gliomes) sur toute la population australienne depuis que celle-ci a commencé à faire usage des téléphones mobiles, soit en 1987.

 

Leurs résultats montrent que le taux de tumeurs est resté stable chez les Australiens, dont 90 % utilisent aujourd’hui un téléphone portable. La seule classe d’âge chez qui les cancers du cerveau ont augmenté de manière significative est celle des 70-84 ans : une hausse que les chercheurs attribuent au meilleures techniques de diagnostic comme l’IRM ou le scanner, qui ont permis d’identifier comme des cancers des symptômes autrefois pris pour des maladies comme l’AVC ou la démence.

 

Enfin, il est admis par les biologistes que les ondes radios émises par les téléphones ne sont pas ionisantes, autrement dit elles n’ont pas une énergie suffisante pour déplacer les électrons, donc elles ne peuvent pas endommager l’ADN et ainsi provoquer des mutations cancérigènes. Éventuellement, leur mécanisme d’action pourrait être d’accélérer le développement de tumeurs déjà installées : mais dans ce cas, leur effet serait très rapide (une latence de quelques années)… ce qui n’a pas été observé en Australie.

 

Par Fiorenza Gracci/ Le 31 mai 2016/

 

https://www.science-et-vie.com/corps-et-sante/telephones-portables-et-cancer-des-preuves-toujours-insuffisantes-6772

 

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10 – VIANDE ET CANCER : LE RISQUE ÉTAIT DÉJÀ CONNU

 

Il existe un lien certain entre viande transformée et cancer, et un lien probable entre viande rouge et cancer : ces conclusions, publiées le 26 octobre par la célèbre revue de cancérologie The Lancet Oncology ont suscité un tollé. Il existe un lien certain entre viande transformée et cancer, et un lien probable entre viande rouge et cancer : ces conclusions, publiées le 26 octobre par la célèbre revue de cancérologie The Lancet Oncology ont suscité un tollé.Elles émanent du Centre international de recherche sur le Cancer (Circ), une agence de l’Organisation mondiale de la santé basée à Lyon.

 

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Mais si ces résultats sont aujourd’hui présentés avec une force statistique inégalée auparavant, certains produits carnés étaient déjà connus pour augmenter le risque de certains cancers : ceux du côlon et du rectum, les portions terminales de l’intestin. Comme Science&Vie le rapportait en 2009 (n°1100, voir archives), les épidémiologistes savaient déjà que l’incidence du cancers colorectal (nombre de nouveaux cas par an) était particulièrement élevée en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis, des pays qui comptent de grands amateurs de viande. En France, l’incidence est de 38 000 cas par an.

 

Ainsi, l’Institut national du cancer (Inca) conseille déjà depuis des années de limiter la consommation de viande rouge cuite à 500 grammes par semaine (700 g avant cuisson). Ceci afin de réduire le risque de cancer colorectal qui serait augmenté de 29 % au-delà de 100 g de viande rouge par jour. Une augmentation faible (le risque individuel passe de 0,03 à 0,04 %), mais non négligeable.

 

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_ Le niveau de certitude sur un cancérigène n’indique pas l’ampleur du risque

C’est là un point important pour comprendre les nouveaux résultats du Circ : celui-ci classe les facteurs de risque selon le degré de certitude sur leur effet cancérigène, et non selon le risque relatif à chaque facteur. En clair, s’il a désormais établi que les saucissons, les lardons et autres viandes transformées sont cancérigènes, et probablement aussi les entrecôtes, les gigots d’agneau et autres viandes rouges, cela ne dit rien sur le risque que chacun de ces aliments fait courir à la personne qui les mange.

 

Autrement dit, les viandes transformées sont désormais classées dans le « groupe 1 » du Circ, comprenant tous les facteurs dont il est avéré qu’ils sont cancérigènes, comme l’alcool, le tabac et les radiations ultraviolettes. Les viandes rouges sont, elles, classées « groupe 2A », comme la friture ou l’insecticide Roundup. Mais cela ne veut pas dire que tous ces facteurs présentent le même risque pour la santé !

Les experts du Circ ont conclu que chaque portion de 50 grammes de viande transformée consommée quotidiennement accroît le risque de cancer colorectal de 18%, tandis que 100 grammes de viande rouge augmentent ce risque de 17 %. Pour comparaison, un fumeur multiplie par 10 à 15 (+1000 % à + 1500 %) son risque de développer un cancer du poumon.

 

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_ Viande rouge = cancer colorectal ? Plusieurs hypothèses

Le lien de cause à effet de la consommation de viande rouge au cancer colorectal n’est cependant pas clair. Plusieurs hypothèses sont avancées par les chercheurs, sans qu’aucune ne soit vraiment convaincante. Contrairement aux autres aliments, la viande rouge contient du fer sous forme dite héminique, c’est-à-dire emprisonné dans l’hémoglobine et la myoglobine (protéines du sang et du muscle). Or, une fois ingéré, ce fer héminique libère des radicaux libres capables de léser l’ADN… au point de provoquer ainsi la prolifération des cellules caractéristiques du cancer ? Ce n’est pas cliniquement démontré.

 

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_ La faute au fer, au gras, à la cuisson ?

Certains spécialistes ont suivi une autre piste : ils soulignent que le gras, particulièrement abondant dans la viande rouge, nécessite, pour être digéré, une forte sécrétion d’acides biliaires qui s’avèrent agressifs pour le côlon. Mais plusieurs études ont démontré qu’un régime pauvre en graisse ne réduit pas le risque de tumeurs intestinales…

Faut-il alors incriminer la cuisson ? De fait, exception faite du tartare et du carpaccio, la viande rouge est souvent cuite. Qu’on la prépare saignante, à point, ou bien cuite, c’est le mode de cuisson qui est en cause. A très haute température ou sur une flamme nue, il se produit une réaction entre les protéines animales et la créatine, une molécule dérivée d’un acide aminé contenu dans le muscle.

 

Résultat : la viande cuite contient des amines hétérocycliques réputées cancérigènes. Le “grillé”, lui, n’est pas en reste puisqu’il est composé d’hydrocarbures aromatiques polycycliques eux aussi cancérigènes. Cependant, le poulet grillé et les céréales, qui ne sont pas associés à un risque accru de cancer, contiennent plus de ces amines hétérocycliques que la viande rouge cuite !

 

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_ A la recherche des mécanismes biologiques

Comme pour les graisses, l’hypothèse de la cuisson ne peut donc pas expliquer à elle seule le lien entre la consommation de viande rouge et le cancer colorectal. Sans mécanisme bien identifié, ce lien reste donc une question en suspens pour la science. Même la définition de la viande rouge n’est pas unanime : pour le Circ, ce terme regroupe les viandes de bœuf et de veau, de porc, de mouton et d’agneau, de chèvre, de cheval. Mais en France, on l’utilise seulement pour celles de bœuf, d’agneau et de viande de cheval. En revanche, le doute n’est plus permis pour la viande transformée, du bacon aux saucisses en passant par le jambon.

La solution ? Si des prétendus régimes « anticancer » (voir archives) connaissent un certain succès, la science ne soutient pas leur efficacité. Le vrai bon conseil, lui, est toujours le même : modérer sa consommation de viande, et adopter une alimentation variée.

 

F.G., M.Cy./ D’après S&V n°1100/ Par Fiorenza Gracci/ Le 27 oct 2015/

 

https://www.science-et-vie.com/corps-et-sante/viande-et-cancer-le-risque-etait-deja-connu-6315

 

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