Susan Strange et l’économie politique internationale

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Malgré le besoin impérieux et très humain de donner du sens et de trouver de l’ordre dans l’oeuvre de toute une vie, on rencontre de nombreux problèmes lorsqu’on tente d’établir quelle a été la contribution à sa discipline d’un universitaire de premier plan, surtout si tôt après sa mort. Ces problèmes sont amplifiés par le caractère unique de la contribution personnelle et intellectuelle de Susan Strange à la discipline des relations internationales et à un sujet dont elle avait fait son domaine, du moins au Royaume-Uni, sinon aux Etats-Unis : les études contemporaines d’économie politique internationale (EPI). Nous nous trouvons en effet face à un ensemble important de publications qui, non seulement s’étendent sur près de cinquante ans, couvrent une large variété de sujets, de problèmes et de questions, mais encore prennent des formes très variées : journalisme, brochure, discours, allocutions, séminaires, articles…

Dans ces conditions, il est encore plus risqué de tenter d’en donner une vue d’ensemble sans avoir laissé s’écouler un temps suffisant pour disposer d’un certain recul et pour que l’échange intellectuel et les événements du monde réel aient eu le temps de rendre leur jugement sur son oeuvre. Il est souvent trop tentant d’imposer un ajustement rétrospectif, un modèle, un ordre et une hiérarchie, en imaginant des liens et des cheminements qui relevaient, à l’époque, plus de l’intuition que de la logique, plus du ressenti instinctif que de conclusions soigneusement élaborées.

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