AFRIQUE/ CORONAVIRUS/ GOUVERNANCE : crise mondiale du Covid-19 et marges de manœuvre faibles de l’Afrique

16 mai 2020 | AUTEUR/MISE EN COHERENCE: | A LA UNE, ACTUALITES / AFRIQUE, AFRIQUE/SOCIAL / SANTÉ, INFORMATIONS GENERALES, POLITIQUE, POLITIQUE AFRIQUE, RECOMMANDE | Aucun commentaire   //   vue(s) 248 fois

_ Afrique/Coronavirus-Covid19 et nouvelles pandémies : pauvreté, faiblesse des infrastructures et néocolonialisme médical (ces nouvelles maladies aux origines douteuses, qui peuvent ruiner le potentiel économique et social du continent, freiner dangereusement son développement et renforcer les précarités…

 

« Covid-19/ le président tanzanien doute des test pour le coronavirus : Le président tanzanien John Magufuli qui a limogé le directeur et un haut responsable du laboratoire national doute des tests homologués par le CDC africain. Affirmant avoir fait des tests sur des objets aussi divers que le fruit du jacquier, une papaye ou une chèvre et qu’ils ont été testés positifs, John Magufulu croit ferme que ce matériel est programmé pour détecter des cas positifs. En réaction à cette attaque, le CDC par la voix de son directeur, John Nkengasong, a affirmé que “les tests que la Tanzanie et tous les pays africains utilisent sont des tests que nous avons validés et dont nous savons qu’ils sont très performants”. »

 

Face à un virus “satanique”, le président tanzanien encourage à ...

 

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Le Sénégal assouplit les mesures restrictives contre le ...

 

1 – MACKY SALL : «UNE AFRIQUE IMPUISSANTE FACE AU COVID-19 RESTERA UNE MENACE POUR LE MONDE»

 

Dans un entretien accordé, ce lundi, au journal français Le Figaro, le chef de l’Etat Macky Sall a encore réitéré son appel à «soulager» le continent africain du «fardeau de la dette». Car, prévient-il, «une Afrique économiquement vulnérable face au Covid-19 restera une menace potentielle pour le monde».

 

Pour le Président Macky Sall, dans une situation exceptionnelle, un effort exceptionnel de solidarité est nécessaire et possible pour aboutir à l’annulation de la dette publique africaine et à un réaménagement de la dette privée selon des modalités à convenir. Toutefois, il pense que «cette mesure ne devrait pas seulement être perçue sous l’angle de la solidarité. Elle a aussi du sens du point de vue économique : Soulager l’Afrique du fardeau de la dette, c’est aussi contribuer à sa résilience d’acteur économique du marché mondial».

 

Au Burkina Faso, avec les « combattants » du CHU de Tengandogo, en ...

 

Car, dans cet entretien avec Le Figaro, Macky Sall invite la communauté internationale à se rendre à l’évidence. «Une Afrique économiquement vulnérable et qui n’arriverait pas à se défaire du Covid-19 restera une menace potentielle pour le monde. (Et), le monde ne guérira entièrement que lorsque le virus disparaitra de tous les pays», a-t-il notamment soutenu invitant donc à se départir du préjugé considérant l’Afrique comme dépendante de l’aide extérieure.

 

«Cette perception est fausse», martèle Macky Sall. Qui s’explique dans la foulée: «Si je prends l’exemple du Sénégal, les envois des fonds par la diaspora représentent plus de trois fois le montant de l’aide internationale. Dès lors, quand des secteurs entiers sont mis à mal ou que des millions d’emplois sont détruits dans des pays où s’activent nos compatriotes, ce sont les envois de fonds par la diaspora sénégalaise qui s’en trouvent négativement affectés».

 

Le Sénégal face au défi du Covid-19

 

_ «La leçon de cette pandémie, nous la connaissons déjà…»

Par ailleurs, le chef de l’Etat dit plaider pour un nouvel ordre mondial qui redéfinit l’ordre des priorités, qui investit dans l’économie réelle. «La leçon de cette pandémie, nous la connaissons déjà: notre extrême vulnérabilité, économies avancées ou émergentes. Reste à savoir si nous la retiendrons effectivement et si du pire nous sauront tirer le meilleur», a-t-il lancé. Mais en attendant, le Président Sall a tenu à magnifier la solidarité interafricaine dans ce combat contre le coronavirus.

 

«La solidarité est notre seconde nature en Afrique. Dès l’apparition des premiers cas sur le continent, nous avons mis en synergie nos ressources et nos expertises en matière de recherches et d’analyses médicales à travers nos laboratoires dont l’institut Pasteur de Dakar et le Cdc Afrique, qui fait la coordination sous l’égide de l’Union africaine», s’est réjoui Macky Sall.

 

Il informe également que le 3 avril, à l’initiative de Cyril Ramaphosa, président en exercice de l’Union africaine, une réunion a été tenue en vidéoconférence, pour, dit-il, «dégager une position africaine commune visant à faciliter la collaboration interafricaine dans la riposte globale au Covid-19».

 

Source : www.infos15.com/ 21 – Avril – 2020

 

http://www.infos15.com/macky-sall-une-afrique-impuissante-face-au-covid-19-restera-une-menace-pour-le-monde.html/

 

Coronavirus : à Dakar, l'Institut Pasteur organise la riposte ...

 

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2 – Covid-19: le président tanzanien doute des test pour le coronavirus

 

Le président tanzanien John Magufuli qui a limogé le directeur et un haut responsable du laboratoire national doute des tests homologués par le CDC africain. Affirmant avoir fait des tests sur des objets aussi divers que le fruit du jacquier, une papaye ou une chèvre et qu’ils ont été testés positifs, John Magufulu croit ferme que ce matériel est programmé pour détecter des cas positifs.

 

En réaction à cette attaque, le CDC par la voix de son directeur, John Nkengasong, a affirmé que “les tests que la Tanzanie et tous les pays africains utilisent sont des tests que nous avons validés et dont nous savons qu’ils sont très performants”.

 

Premier mort du nouveau coronavirus en Tanzanie

 

“Il est possible qu’il y ait des erreurs techniques ou que les réactifs importés aient des problèmes. Il est également probable que les techniciens soient payés pour induire en erreur”, avait-il déclaré dans un discours en swahili retransmis par la télévision publique TBC.

 

La Tanzanie, qui a annoncé son premier cas le 16 mars, en compte désormais officiellement 480, dont 16 morts. Mais ce bilan n’est plus actualisé depuis le 29 avril, M. Magufuli s’étant plaint que le gouvernement n’attise la panique en publiant ces chiffres.

 

Source : www.financialafrik.com/ Par Rédaction -8 mai, 20200

 

https://www.financialafrik.com/2020/05/08/covid-19-le-president-tanzanien-doute-des-test-pour-le-coronavirus/

 

Tanzania Dar es Salaam city - street scenery, daily life ...

 

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Tough choices about who gets ICU access: the ethical principles ...

 

3 – Les Africains «cobayes» contre le Covid-19 ? Le grand malentendu

 

Les propos de deux chercheurs français suggérant de tester un vaccin contre le Covid-19 en Afrique ont provoqué un tollé. Mais, dans les faits, rares sont les recherches qui se déroulent sur le continent. La polémique accroît la méfiance contre les vaccins…

La scène n’en finit pas de provoquer l’indignation. «Si je peux être provocateur, est-ce qu’on ne devrait pas faire cette étude en Afrique, où il n’y a pas de masques, pas de traitement, pas de réanimation, un peu comme c’est fait d’ailleurs sur certaines études avec le sida, où chez les prostituées: on essaie des choses parce qu’on sait qu’elles sont hautement exposées. Qu’est-ce que vous en pensez ?»

 

Africa cannot afford to lose doctors to COVID-19 | World Economic ...

 

Nous sommes le 1er avril sur la chaîne d’information française LCI et le provocateur est un médecin-chef d’un centre de réanimation à Paris qui n’est impliqué d’aucune manière dans des essais cliniques en Afrique. Son interlocuteur, le chercheur Camille Locht, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), acquiesce: «Vous avez raison et d’ailleurs nous sommes en train de réfléchir en parallèle à une recherche en Afrique.»

 

Les deux spécialistes échangent sur les potentialités du vaccin contre la tuberculose BCG (bilié de Calmette et Guérin du nom de ses deux inventeurs il y a un siècle). En effet, des études épidémiologiques suggèrent que ce vieux vaccin pourrait aussi stimuler l’immunité contre le coronavirus. Pour en avoir le cœur net, des essais cliniques ont été lancés ou sont sur le point de l’être en Europe et en Australie, précise le lendemain l’Inserm, pour calmer la tempête qui s’est levé sur les réseaux sociaux.

 

Mais il est déjà trop tard. La séquence d’une minute a déjà fait le tour d’internet, partagée par des célébrités, comme l’ancien footballeur ivoirien Didier Drogba, pour qui l’Afrique n’est pas un «laboratoire» et ses habitants pas des «cobayes». Les deux auteurs du dérapage télévisuel se sont depuis excusés mais l’incendie ne s’est pas éteint.

 

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_ «Mentalité coloniale» selon le patron de l’OMS

La polémique a trouvé son chemin jusqu’à Genève, où le directeur de l’Organisation mondiale de la santé, le docteur éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, interrogé par un journaliste nigérian, a fustigé lundi des propos «racistes» et une «mentalité coloniale». «L’Afrique ne peut pas et ne sera un terrain d’essai pour aucun vaccin», a estimé le patron de l’OMS. L’organisation regrette régulièrement la méfiance, qui ne se limite pas à l’Afrique, à l’égard de ces instruments cruciaux pour faire reculer les maladies. Cette polémique complique sa tâche.

 

Mais l’Afrique est-elle vraiment une terre d’expérimentation pour les nouveaux vaccins ou traitements? Selon des chiffres de l’industrie pharmaceutique française cités par Fred Eboko, directeur de recherche à l’Institut de recherche français pour le développement (IRD) dans une tribune publiée par Le Monde-Afrique, les essais cliniques ont lieu dans leur immense majorité en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. L’Afrique et le Moyen-Orient ne participent qu’à 11% des tests. Rien de très étonnant, alors que les entreprises pharmaceutiques sont basées dans les pays développés. Leurs médicaments ciblent les maladies des pays riches, où les marchés sont les plus intéressants.

 

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«Les sociétés pharmaceutiques suisses ne se ruent pas non plus sur l’Afrique pour y réaliser des essais cliniques», avance Patrick Durisch, de l’ONG suisse Public Eye. Nous sommes loin de la trame de La Constance du jardinier, ce roman de John Le Carré adapté au cinéma, dans lequel l’industrie pharmaceutique réalise des tests meurtriers dans les bidonvilles de Nairobi. Il y a eu des abus par le passé, notamment au Nigeria, ou pendant l’époque coloniale.

 

«Nous ne nous opposons pas aux essais dans les pays du Sud, pourvu que les médicaments développés servent à ces populations, sinon ce serait de l’exploitation, poursuit Patrick Durisch. Il faut que les patients soient informés correctement sur les risques de ces tests et puissent donner un consentement éclairé. Dans les pays pauvres, c’est plus difficile, les patients voient surtout l’aubaine d’un traitement gratuit.»

 

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_ Plus de recherche sur le Covid-19 en Afrique

Contre le Covid-19, quelque 600 essais cliniques ont été lancés contre la pandémie, mais seules deux initiatives se déroulent en Afrique, l’une en Egypte, l’autre en Afrique du Sud. Vendredi dernier, une coalition a été lancée pour stimuler la recherche médicale dans les pays aux systèmes de santé déjà fragiles. Elle réunit des instituts de recherche, des ministères d’Afrique, d’Asie du Sud-Est ou d’Amérique latine ou des fondations comme celle de Bill et Melinda Gates.

 

A l’origine de cette coalition, il y a l’Initiative médicaments contre les maladies négligées (Drugs for Neglected Diseases Initiative – DNDi), basée à Genève, qui développe des traitements contre des maladies oubliées par la recherche pharmaceutique. Ce partenariat public-privé est, par exemple, parvenu à remplacer le traitement de la maladie du sommeil, qui se faisait à base d’arsenic, un remède si toxique qu’il tuait parfois les patients.

 

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_ Les essais cliniques, un «passage obligé»

«Avec les nouveaux traitements, bien moins nocifs et plus faciles d’utilisation, nous entrevoyons la possibilité d’éradiquer cette maladie», espère le Dr Wilfried Mutombo, coordinateur des essais cliniques en République démocratique du Congo (RDC), qui concentre 80% des cas de maladie du sommeil dans le monde. Lui aussi a été choqué par les propos des deux scientifiques français.

 

«Mais il faut faire la part des choses, nuance-t-il. Les essais cliniques sont un passage obligé avant l’homologation d’un médicament ou d’un vaccin.» Selon le médecin, la RDC dispose des autorités de régulation et de comités d’éthique à même d’homologuer un médicament ou un vaccin, même si ces instances ne sont pas aussi aguerries qu’en France ou en Suisse.

 

L’incendie allumé sur une télévision française a des conséquences jusqu’en RDC. Après avoir affirmé que son pays était candidat pour un tel essai, le professeur Jean-Jacques Muyembe, coordinateur contre le Covid-19, qui a lutté efficacement contre Ebola entre autres grâce à un vaccin expérimental, a dû revenir sur ses propos devant le tollé. La polémique sur les cobayes africains est passée par là.

 

Africa: Population growth as a boon? - Economic news in africa

 

_ Pourquoi l’Afrique

Le Temps a décidé de couvrir davantage l’Afrique. Car nous croyons au potentiel du continent malgré les immenses défis qu’il doit relever. Nous sommes persuadés qu’il est temps de parler de l’Afrique autrement pour dépasser les clichés qui collent au continent. Notre engagement est de mettre en avant les thèmes cruciaux pour l’avenir de l’Afrique, comme la santé, la démographie, l’environnement, l’innovation ou les enjeux culturels.

 

Pour cela, nous sommes convaincus que la Suisse, en particulier romande car elle partage la langue française avec une bonne part du continent, offre un point de vue unique sur l’actualité africaine. Nous avons aussi l’ambition de devenir un lieu de débat incontournable sur la place de la Suisse en Afrique. Nous avons fait le choix de laisser les contenus liés à l’Afrique en libre accès. Un choix rendu possible par le soutien de nos fidèles et nouveaux lecteurs. Pour continuer à travailler en totale indépendance éditoriale, Le Temps compte sur vous.

 

Source : www.letemps.ch/ Simon Petite/ Publié jeudi 9 avril 2020/ Modifié vendredi 10 avril 2020/

 

https://www.letemps.ch/monde/africains-cobayes-contre-covid19-grand-malentendu

 

Low Covid-19 death toll raises hopes Africa may be spared worst ...

 

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South Africa's ruthlessly efficient fight against coronavirus ...

 

4 – SANTÉ/ Traitements contre le coronavirus testés en Afrique : une polémique dangereuse

 

Les propos choquants de deux experts français favorables à la réalisation d’essais cliniques contre le Covid-19 en Afrique ont suscité une vague d’indignation, en suggérant que des expérimentations vaccinales pourraient prendre les Africains pour cobayes. Décryptage. Les Africains seraient-ils les « rats de laboratoire » des chercheurs occidentaux ? C’est ce que beaucoup ont compris suite aux propos tenus ce 2 avril par deux experts français sur le plateau de LCI.

 

Invité par la chaîne française à parler de l’utilisation potentielle du vaccin anti-tuberculeux BCG contre le Covid-19, Camille Locht, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), est interpellé par Jean-Paul Mira, le chef du service de réanimation de l’hôpital Cochin. « Est-ce qu’on ne devrait pas faire cette étude en Afrique, où il n’y a pas de masques, pas de traitements, pas de réanimation ? » l’interroge Jean-Paul Mira.

 

Le médecin se risque ensuite à une comparaison hasardeuse : « Un peu comme c’est fait d’ailleurs pour certaines études sur le sida. Chez les prostituées, on essaye des choses parce qu’on sait qu’elles sont hautement exposées et qu’elles ne se protègent pas. »  « Vous avez raison, on est d’ailleurs en train de réfléchir à une étude en parallèle en Afrique », lui répond alors Camille Locht.

 

Opinion: 3 things frontline health workers need to battle COVID-19 ...

 

En posant cette question pour le moins douteuse, Jean-Paul Mira se voulait « provocateur ». Opération réussie. Réactions indignées de personnalités africaines, pétitions, vidéos : l’ensemble du continent et de la diaspora s’est insurgé suite à ces propos. « Faut-il rappeler que le dénuement africain (« pas de masques, pas de traitement »…) n’est pas un fait de nature, mais résulte notamment d’un pillage continu ? Faut-il décrire les sentiments de familles réduites à la condition de rats de laboratoire ? », s’insurge l’association Esprit d’Ébène dans les colonnes du Monde.

 

Dans une tribune signée par de nombreuses personnalités françaises et issues de la diaspora, elle évoque une « insulte à l’Afrique et à l’humanité ». Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a par ailleurs été saisi par l’association SOS Racisme, indignée par les propos tenus par les deux hommes, « tombés d’accord à l’antenne sur le projet d’utiliser les Africains comme cobayes pour tester des vaccins contre le virus Covid-19 ».

 

Un collectif d’avocats africains menace de faire de même et exige des excuses et « un rectificatif clair et sans réserve » de la part de la chaîne. Dans un communiqué, le Marocain Nabil Boudi dénonce en leur nom des propos « aux relents néo-colonialistes ». « Il ne convient pas ici de discuter le fondement ni la pertinence de la démarche présentée dans les propos de ces deux scientifiques mais d’en dénoncer la forme purement abjecte”, précise l’avocat.

 

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_ Mea culpa

Le professeur Jean-Paul Mira a rapidement dû faire son mea culpa pour avoir tenu ces propos « pour le moins maladroits » et « pouvant se prêter à des interprétations péjoratives vis-à-vis des pays d’Afrique ». L’Inserm a également réagi, de manière plus timide, évoquant des « interprétations erronées » qui seraient dues à une vidéo « tronquée ».

 

Camille Locht s’est quant à lui excusé, par le biais de l’institut, expliquant qu’il avait « manqué de réaction » face aux propos de son interlocuteur et précisant « qu’il n’avait tenu aucun propos raciste’. L’Inserm rappelle que si des tests visant à tester l’efficacité du BCG contre le Covid-19 pouvaient être lancés en Afrique, il le seraient « parallèlement » aux essais cliniques menés en Australie ou en Europe.

 

Dans une version plus longue de la vidéo, le microbiologiste avait pourtant présenté, sur le plateau de LCI, une hypothèse qui pourrait se convertir en bonne nouvelle : les capacités du BCG à protéger des maladies respiratoires autres que la tuberculose. Le vaccin, qui permet de renforcer le système immunitaire, pourrait ainsi diminuer le risque d’être infecté par le Covid-19 ou en limiter la gravité des symptômes. Déjà lancés en Australie et en Europe, des essais axés sur le personnel soignant devraient bientôt être réalisés en France.

 

Coronavirus : le vaccin contre la tuberculose efficace contre le ...

 

_ De quoi alimenter la confusion

Si le BCG n’est plus obligatoire dans l’Hexagone – où il reste toutefois recommandé -, il l’est dans la grande majorité des pays aficains. « Si cette étude devait prouver que le vaccin BCG a un effet protecteur sur le système immunitaire [contre le Covid-19], cela serait une bonne nouvelle pour l’Afrique parce que ce vaccin y est largement disponible, et parce que la quasi-totalité de la population y est déjà vaccinée”, détaille l’immunologue kényane Yvonne Mburu, membre du Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA), créé par Emmanuel Macron.

 

L’étude proposée par Camille Locht concerne donc un vaccin déjà existant et largement utilisé en Afrique. Et pas une expérience à l’aveugle qui prendrait les Africains pour cobayes, comme certains militants souverainistes l’ont affirmé un peu vite. Des expérimentations vaccinales et des traitements spécifiques contre le Covid-19 pourraient toutefois également être réalisés en Afrique, ce qui alimente la confusion.

 

L'OMS déclare l'épidémie d'Ebola en RDC urgence de santé ...

 

Ainsi, en RDC, le Dr Jean-Jacques Muyembe, docteur en virologie et spécialiste du virus Ebola, a essuyé une vague d’indignation pour avoir évoqué la possibilité de réaliser des essais cliniques en vue d’élaborer un vaccin contre le Covid-19. « Nous avons été choisis pour faire ces essais. Le vaccin sera produit soit aux États-Unis, soit au Canada, soit en Chine. Nous, nous sommes candidats pour faire les essais ici chez nous », a-t-il ainsi déclaré.

 

Face aux critiques nées de la récente méfiance antivaccinale, celui qui vient d’être nommé coordonnateur de la riposte contre le Covid-19 en RDC a dû présenter ses excuses : « Je suis moi-même congolais et ne permettrais jamais d’utiliser les Congolais comme cobayes », a-t-il déclaré le 3 avril.

 

Coronavirus et essais de vaccin en Afrique : l'OMS fustige des ...

 

_ Les essais cliniques, une pratique très encadrée

Comme une vingtaine de pays africains, la RDC avait pourtant bien répondu positivement à un appel mondial de l’OMS pour rechercher des traitements contre le Covid-19 – dont le vaccin BCG ne fait pas partie. Dans quelles conditions pourraient être réalisés ce type de tests en Afrique ?

« Les essais cliniques sont une étape indispensable pour mesurer l’efficacité des médicaments », rappelle le Dr Michel Yao, responsable des opérations d’urgence de l’OMS pour l’Afrique. « Plus on a de pays qui participent à la recherche, plus nous disposerons d’un nombre de données significatives, recueillies dans des contextes différents, qui nous permettront de valider ce qui a été entamé par des recherches préliminaires », détaille le médecin.

 

Dr Michel Yao: "un billet de banque immédiatement touché par un ...

 

Le responsable de l’OMS reste toutefois prudent quant aux tests liés au BCG : « Il est nécessaire que les équipes qui débutent ce type d’essai puissent bien le documenter et qu’il soit proposé par un comité scientifique avant d’être accepté par les pays, via leur comité d’éthique. Ce sont des pratiques très encadrées mais nécessaires, car elles font avancer la médecine », rappelle-t-il.

 

L’intérêt scientifique de cette étude n’excuse toutefois en rien les propos « inadmissibles et racistes » des deux experts français, explique Yvonne Mburu. « Il y a énormément de raisons scientifiques qui expliquent pourquoi ce serait utile de faire une étude clinique en Afrique et ce n’est certainement pas parce que nous n’avons ‘pas de masques ou de traitements’ ou que nous sommes moins protégés », s’indigne-t-elle.

 

La scientifique déplore un discours « contre-productif » et dangereux. Car l’Afrique n’avait pas attendu Camille Locht et Jean-Paul Mira pour se méfier de la médecine occidentale. En RDC, plusieurs membres du corps médical engagés dans la lutte contre Ebola sont morts à cause de cette méfiance, attaqués par une population qui ne croyait pas à l’existence de la maladie.

 

The South African Medical Research Council: Africanizing health ...

 

_ Un rôle à jouer dans la recherche mondiale

Une dizaine d’enfants tués suite à des essais cliniques illégaux contre la méningite menés par la firme pharmaceutique Pfizer dans les années 1990 ; les essais cliniques du Tenofovir contre le sida suspendus en raisons de manquements éthiques au Nigeria… L’Afrique charrie un lourd passé de scandales sanitaires et d’expérimentations illégales conduites par des médecins occidentaux peu scrupuleux en matière de règles éthiques et déontologiques. Accusé d’inventer des maladies pour générer du profit, de concevoir des vaccins pour éradiquer la population africaine, de voler des corps ou des organes, les médecins et chercheurs occidentaux y restent soumis à une grande méfiance de la part des populations.

 

« Aujourd’hui, certains Africains critiquent le BCG sans savoir ce que c’est, et en oubliant qu’ils sont eux-même vaccinés ! L’Afrique a beaucoup à apporter au discours scientifique mondial, mais ce type de polémique rend notre travail encore plus difficile », se désespère Yvonne Mburu, qui lance un appel à la responsabilité. « Ce débat doit être tenu par des personnes légitimes. Il ne s’agit plus d’entendre les Occidentaux : les scientifiques africains doivent faire entendre leur voix pour lutter contre la désinformation », conclut-elle.

 

Source : www.jeuneafrique.com/ 04 avril 2020/ Par Marième Soumaré

 

https://www.jeuneafrique.com/921486/societe/traitements-contre-le-coronavirus-testes-en-afrique-une-polemique-dangereuse/

 

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Some African countries could hit coronavirus peak in weeks: WHO ...

 

5 – AFRIQUE : Lutte contre le Covid 19, MSF s’inquiète de la pénurie de chloroquine en Afrique

 

Des pays européens ont débuté des essais cliniques pour tester des traitements contre le coronavirus, dont la chloroquine. MSF redoute qu’elle ne soit utilisée avant tout par les pays riches, au détriment de l’Afrique.

 

Le Sénégal vante les effets de la chloroquine, chiffres à l'appui

 

Discovery : c’est le nom donné à l’essai clinique européen qui a débuté le lundi 23 mars dernier pour tester plusieurs traitements contre le Covid-19. Quatre traitements et cinq molécules au total seront testés, dont la chloroquine, produit jusque-là utilisé en Afrique pour soigner le paludisme. Une conséquence de cette nouvelle publicité sur ce médicament est que les stocks de chloroquine commencent à diminuer.

 

Or, l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) redoute qu’ils ne soient utilisés avant tout par les pays riches, au détriment de l’Afrique. En début de semaine, la France a autorisé des essais cliniques utilisant la chloroquine. Quelques jours auparavant, la Chine et d’autres pays africains, dont le Sénégal, en avaient fait de même.

 

 

Coronavirus : dix choses à savoir sur la chloroquine – Jeune Afrique

 

Yap Boum (MSF) : “La chloroquine sera d’abord réservé aux pays riches”

“L’exportation de la chloroquine en dehors de la France devient problématique. Cela veut dire que la priorité pour Sanofi qui produit le Plaquenil (ou hydroxychloroquine) sera probablement l’Europe. C’est un exemple. Comme celui des tests diagnostiques qui ont été validés aux États-Unis. La production sera principalement utilisée aux Etats-Unis. Ce qui met en avant un problème d’accès aux  médicaments, d’accès aux diagnostiques qui sera d’abord réservé aux pays riches”, craint Yap Boum, Représentant de Epicentre en Afrique (Epicentre est la branche recherche et épidemiologie de MSF).

 

C’est vrai. Chaque gouvernement doit d’abord soigner sa propre population. Mais je pense qu’il y aura un élan de solidarité internationale. Vous avez vu même les Chinois se déplacer pour partir en Italie et les aider. Il y a aussi des médicaments génériques. Il n’y a pas à ma connaissance de brevets actuellement qui empêcheraient une firme pharmaceutique de produire cette molécule. Donc les gens ont les capacités, si la nécessité s’imposait, de produire cette molécule en quantité”, explique le responsable du service des maladies infectieuses du Centre hospitalier universitaire de Fann à Dakar et qui coordonne la prise en charge médicale des malades du Covid 19 au Sénégal.

 

Contre le Covid-19, la chloroquine prise d'assaut en Afrique

 

Stocks suffisants

En attendant la confirmation de l’efficacité de la chloroquine qui est déjà administrée aux personnes atteintes du coronavirus au Sénégal, le professeur Moussa Seydi semble confiant sur les stocks dans son pays. “A Dakar, nous avons un stock pour pouvoir traiter un certain nombre de malades.

 

Et parallèlement, le gouvernement a fait les démarches nécessaires pour qu’on puisse bénéficier d’au moins 100.000 traitements”, rassure-t-il. Mais il met en garde contre l’automédication. La chloroquine est en effet contre-indiquée pour les enfants de moins de six ans, les femmes enceintes, celles qui allaitent et les patients atteints de certaines pathologies.

 

COVID-19) La Chine fait don de matériel médical à 18 pays ...

 

Don en matériel médical

Pour aider certains pays africains à lutter contre le Covid 19, ARISE, société privée africaine, partenaire économique et social du continent a débuté la livraison des fournitures médicales à quatre de ses pays d’opération. Il s’agit du Bénin, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie et du Togo. Les fournitures médicales qui seront livrées jusqu’au 5 avril (2020) comprennent 7 000 000 de masques, 143 000 tenues de protection, 500 000 paires de gants, 230 000 gels désinfectants de 500ml chacun, 10 000 thermoFlash médicaux, et 25 caméras thermiques.

 

Cérémonie de paraphe des annexes à la convention TIPSP | Port ...

 

L’interview de Roselyne Chambrier Chalobah

Le 30 mars dernier, la Côte d’Ivoire a reçu un lot de matériel  d’une valeur totale de 1 milliard de franc CFA composé de deux millions (2 000 000) de masques, cinquante mille (50 000) gels désinfectants de 500ml, trente mille (30 000) tenues de protection, 2 000 thermoFlashs médicaux, cent cinquante mille (150 000) paires de gants, cinq (05) caméras thermiques, cent mille (100 000) tests classiques et cinquante mille (50 000) tests d’urgence. Le matériel a été réceptionné par le ministre de la santé et de l’hygiène publique, Aka Aouélé en présence de Adama Kamara, conseiller spécial du Premier ministre.

 

Selon Roselyne Chambrier  Chalobah, Directeur général de ARISE Ivoire, l’initiative vise à fournir  un soutien fort en prévision des besoins médicaux majeurs, en signe de reconnaissance et d’encouragement aux gouvernements et aux partenaires qui se mobilisent contre cette pandémie mondiale. Il est à rappeler que ARISE est une entreprise au service du développement qui comprend aujourd’hui trois sociétés distinctes : ARISE Integrated Industrial Platforms (IIP), ARISE Ports et Logistics (P-L) et ARISE Infrastructure Services (IS).

 

Source : www.dw.com/ Date 27.03.2020/ Auteur Eric Topona/ Dossier thématique France, Coronavirus (Covid-19)

 

https://www.dw.com/fr/lutte-contre-le-covid-19-msf-sinqui%C3%A8te-de-la-p%C3%A9nurie-de-chloroquine-en-afrique/a-52944037/

 

Coronavirus : le traitement à la chloroquine semble « prometteur »

 

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Malgré une accélération de la pandémie, la trajectoire de Covid-19 ...

 

 

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