AFRIQUE/ DEVELOPPEMENT/ GOUVERNANCE : matières premières, or noir, mines et bonne gouvernance (entre miracle économique, mirage et échecs économiques)

« Rwanda/ Gouvernance : Selon la Banque mondiale, le Rwanda a enregistré un taux de croissance annuel moyen de 7,5% entre 2000 et 2017. La pauvreté et les inégalités ont également fortement baissé. Certains observateurs, la presse et les bailleurs de fonds évoquent un véritable «miracle économique». Avant le génocide rwandais, le pays avait déjà une agriculture et une économie très dynamiques et un réseau routier efficace.

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit de nouveau une croissance de 7,2% en 2018, puis 7,8% en 2019. Une performance suffisamment rare sur le continent pour être soulignée et interrogée. Signe d’une «bonne gouvernance», la dette publique est restée contenue à 40% du PIB en 2017 et la lutte contre la corruption a enregistré les meilleures performances de la région, toujours selon la Banque mondiale. »

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1 – Perspectives économiques en Côte d’Ivoire : une économie toujours dynamique mais peu inclusive

  • Résoudre les enjeux de mobilité à Abidjan pour transformer la forte croissance urbaine en atout de développement

Pour la septième année consécutive, la croissance économique ivoirienne devrait dépasser 7 % pour s’établir à 7,4% en 2018, en dépit de sa vulnérabilité aux chocs externes et des incertitudes politiques à l’approche des élections présidentielles de 2020. C’est la conclusion du 8e Rapport sur la situation économique de la Côte d’Ivoire publié aujourd’hui par la Banque mondiale. Le pays reste ainsi l’une des économies les plus dynamiques de la planète et affiche le taux de croissance le plus élevé de l’Union monétaire des États d’Afrique de l’Ouest (UEMOA), malgré une légère baisse de 0,3 % par rapport à sa performance de 2017 (7,7%).

Intitulé « Que la route soit bonne, améliorer la mobilité urbaine à Abidjan », le rapport révèle que cette baisse tient au fait que le secteur public et externe ont moins soutenu la croissance et que la contribution du secteur privé a été plus contrastée. Les perspectives de court et moyen terme demeurent malgré tout favorables. Le taux de croissance devrait converger autour de 7 % dans les prochaines années, à condition que la conjoncture internationale reste relativement stable et que le gouvernement poursuive ses efforts d’encouragement du secteur privé et de promotion d’une croissance plus inclusive.

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Le rapport consacre également un dossier spécial aux enjeux de la mobilité urbaine dans ce pays où le taux d’urbanisation a grimpé de 17,7 % en 1960 à plus de 50 % en 2018. Aujourd’hui, Abidjan la capitale économique de la Côte d’Ivoire, concentre 80% des activités économiques du pays et abrite plus de 5 millions d’habitants. «  L’urbanisation peut aider les entreprises du pays à devenir plus productives et ses ménages à mieux vivre, en leur offrant des emplois, des écoles pour leurs enfants et de meilleurs soins de santé que dans les campagnes, à condition qu’elle soit planifiée et maîtrisée », explique Jacques Morisset, chef des programmes de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire et principal auteur du rapport.

Parce qu’en 2050, près de deux Ivoiriens sur trois vivront dans un centre urbain, dont plus de 10 millions à Abidjan, les problèmes de mobilité urbaine vont s’accentuer si rien n’est fait et les solutions deviendront de plus en plus difficile à mettre en œuvre. Le rapport analyse les contraintes de mobilité auxquelles font face quotidiennement les usagers. Il propose également plusieurs pistes pour améliorer les transports urbains et réussir le projet du Grand Abidjan adopté en 2016.

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« On compte chaque jour environ 10 millions de déplacements à Abidjan et chaque ménage dépense près de 1075 de FCFA (environ 1,8 dollars) et perd plus de 3 heures dans les transports », souligne Anne-Cecile Souaid, spécialiste principale en transport et co-auteur du rapport. « Cela équivaut à près de 5% du PIB national en 2017. Or, une amélioration de l’ordre de 20 % de la mobilité urbaine à Abidjan pourrait engendrer un gain de croissance annuelle du PIB de près de 1%. »

ABIDJAN, le 21 février 2019/ Banque mondiale/ COMMUNIQUÉS DE PRESSE / 21 FÉVRIER 2019

https://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2019/02/21/cote-divoire-economic-outlook-the-economy-is-still-dynamic-but-not-inclusive/

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Côte d’Ivoire/ Economie/ Politique & Juridique : Le cacao ternit les performances économiques de la Côte d’Ivoire

« Sur la base des résultats préliminaires, la croissance est restée forte et le PIB a augmenté de 7,4% l’an dernier soutenu par une forte demande interne », a souligné le Fonds monétaire international (FMI) à l’issue d’une mission de plus de deux semaines qui s’est achevée hier pour discuter de la cinquième revue du programme économique et financier triennal .

Le cacao demeure, toutefois, une ombre dans le tableau 2018. « L’inflation est restée faible à environ 0,4%, bien en dessous de la norme de 3% de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Le crédit à l’économie a progressé à un rythme soutenu de 11,3% en 2018. Cependant, la baisse des exportations en valeur, notamment liée à des cours du cacao sensiblement détériorés et le renchérissement des cours du pétrole en 2018, ont augmenté le déficit du compte courant extérieur à 4,7% du PIB. »

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« Les perspectives à moyen terme sont favorables mais toutefois sujettes à des risques baissiers. L’activité économique devrait rester soutenue en 2019 et les perspectives à moyen terme confirment la poursuite d’une croissance robuste. Des risques persistent toutefois liés notamment au rythme plus lent que prévu de la mobilisation des recettes, aux termes de l’échange défavorables et au resserrement des conditions financières internationales. »

L’inflation devrait rester bien au-dessous de la norme communautaire. Le déficit budgétaire devrait atteindre 3% du PIB en 2019, conformément à la norme de convergence au niveau de l’Uemoa ainsi qu’aux objectifs du programme. « L’équipe du FMI et les autorités se sont également accordées sur le fait que l’augmentation des recettes est indispensable pour créer les marges budgétaires nécessaires à l’accroissement des dépenses prioritaires et au maintien de la capacité à rembourser la dette. »

28 MARS 2019/ PAR COMMODAFRICA

 http://www.commodafrica.com/28-03-2019-le-cacao-ternit-les-performances-economiques-de-la-cote-divoire/

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2 – Nigéria/ Investissement/ Pétrole : Les actifs du fonds souverain nigérian ont augmenté de 16% en 2018, à 1,72 milliard de dollars

La Nigeria Sovereign Investment Authority (NSIA), le fonds souverain nigérian, a annoncé, le 5 mai, que ses actifs  ont atteint 617,70 milliards de nairas (1,72 milliard de dollars) au 31 décembre 2018, en hausse de 16% en glissement annuel. Les revenus bruts du fonds se sont établis à 44,34 milliards de nairas (123 millions de dollars) durant l’année écoulée contre 27,93 milliards de nairas en 2017.

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Dotée d’un capital initial d’un milliard de dollars, la Nigeria Sovereign Investment Authority a été créée en 2011 sous le règne de l’ancien président Goodluck Jonathan en vue de fructifier les revenus du pétrole. Elle n’est cependant devenue opérationnelle qu’en 2014. Dirigé par Uche Orji (photo), le fonds est subdivisé en trois compartiments: un fonds de stabilisation qui doit jouer le rôle de coussin de sécurité en cas de turbulences économiques, un fonds dédié aux infrastructures et un fonds pour les générations futures.

Date de création: 09 mai 2019/ (Agence Ecofin) –

https://www.agenceecofin.com/investissement/0905-65979-les-actifs-du-fonds-souverain-nigerian-ont-augmente-de-16-en-2018-a-1-72-milliard-de-dollars/

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3 – Libye : le fonds souverain perd sa bataille juridique face à Goldman Sachs

Le fonds souverain libyen devra se résoudre à la perte de 1,2 milliard de dollars, après la décision de justice en sa défaveur face à Goldman Sachs. En effet, la justice britannique a refusé de pourvoir en appel, le litige entre la Libyan Investment Authority (LIA) et la banque américaine entourant la vente de produits financiers « pourris » en 2008. 

La Libyan Investment Authority (LIA) vient de subir un nouveau camouflet judiciaire face à Goldman Sachs. Le fonds libyen vient de se voir dénié le droit de se pourvoir en appel contre une décision des tribunaux anglais par la justice britannique. En clair, le fonds souverain ne pourra pas poursuivre en appel la banque et donc récupérer de l’argent pour renflouer ses caisses.

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_ « Influence illégitime »

L’institution financière libyenne cherchait à récupérer 1,2 milliard de dollars qu’elle avait déboursé pour l’acquisition de produits structurés de Goldman Sachs qui perdront très vite toute valeur. La LIA avait déjà échoué à convaincre les juridictions anglaises de première instance que la banque d’affaires américaine aurait exercé une « influence illégitime » pour conclure la transaction en question.

Cette décision survient alors que le fonds connait de sérieux problèmes de trésorerie. En effet, entre 80 et 85% des actifs de la LIA demeurent gelés à cause des sanctions imposées lors de la guerre civile ayant entraîné la chute de l’ancien régime en 2011. La baisse de production et des exportations de pétrole ont fini de tarir les réserves du fonds, qui a pour mission première de gérer les bénéfices issus de l’exportation des hydrocarbures.

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_ Un fonds en perte de vitesse

Lancé en 2006, le fonds souverain a perdu de sa splendeur, à cause de querelles intestines et de la lutte de succession ayant suivi la chute de la Jamahiriya. Le Sovereign Wealth Fund Institute place la LIA au vingtième rang mondial par la taille de ses capitaux estimés à 66 milliards de dollars. En 2016, le fonds a déclaré des bénéfices de 331 millions de dollars, dont 219 millions sont issus de dividendes de ses investissements en actions et 112 millions provenant des intérêts de ses placements obligataires.

Le litige entre LIA et Goldman Sachs remonte à 2008, année où la banque aurait selon le fonds proposé des produits toxiques à l’institution financière. La défense de la LIA accuse la banque américaine d’avoir utilisé des moyens frauduleux et jouer sur le manque d’expérience en matière d’investissements financiers du management du fonds pour lui proposer des produits « pourris ». En concluant cette opération, Goldman Sachs a empoché au passage une commission de 200 millions de dollars.

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Le fonds souverain a par ailleurs conclu un accord à l’amiable avec la Société générale en mai dernier, après que la LIA ait accusé la banque d’avoir versé 58 millions de dollars en pots-de-vin à un intermédiaire. Ce versement aurait selon la LIA permis à la banque française de lui vendre des produits financiers « pourris », estimés à plus de 2 milliards de dollars. Pour éviter des complications judiciaires Société Générale a accepté de verser 936 millions de dollars au fonds.

Par La Tribune Afrique/ 24/10/2017/

https://afrique.latribune.fr/finances/banques-assurances/2017-10-24/libye-le-fonds-souverain-perd-sa-bataille-juridique-face-a-goldman-sachs-755408.html/

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4 – Gouvernance/ Rwanda : les dessous du «miracle économique»

Xi Jinping poursuit sa tournée africaine. Après le Sénégal, le président chinois était le 23 juillet au Rwanda, souvent montré en exemple pour ses performances économiques et «sa bonne gouvernance». Depuis 20 ans, le pays a enregistré une croissance moyenne de 7,5%, multipliant par quatre le PIB par habitant. Après avoir misé sur le bâtiment et l’agriculture, le pays met le cap sur le tourisme.

En tournée en Afrique, le président chinois Xi Jinping a fait une escale au Rwanda. C’est la première fois depuis le génocide de 1994 qu’un président chinois fait une visite officielle à Kigali. Une capitale moderne, symbole d’une Afrique émergente. Des prêts pour la rénovation d’hôpitaux et pour le développement du nouvel aéroport de Bugesera figurent parmi les textes signés.

Lors de la rencontre avec son homologue Paul Kagame, XI Jingping aurait également évoqué la construction d’une voie de chemin de fer reliant Kigali au port kényan de Mombassa. L’idée pour Pékin est toujours la même: faire sortir rapidement et de manière sécurisée les matières premières du continent, tout en inondant ces mêmes pays de produits «made in China».

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Selon la Banque mondiale, le Rwanda a enregistré un taux de croissance annuel moyen de 7,5% entre 2000 et 2017. La pauvreté et les inégalités ont également fortement baissé. Certains observateurs, la presse et les bailleurs de fonds évoquent un véritable «miracle économique». Avant le génocide rwandais, le pays avait déjà une agriculture et une économie très dynamiques et un réseau routier efficace.

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit de nouveau une croissance de 7,2% en 2018, puis 7,8% en 2019. Une performance suffisamment rare sur le continent pour être soulignée et interrogée. Signe d’une «bonne gouvernance», la dette publique est restée contenue à 40% du PIB en 2017 et la lutte contre la corruption a enregistré les meilleures performances de la région, toujours selon la Banque mondiale. La stabilité politique rassure également les investisseurs. Il faut dire que le président Kagame, qui concentre la majeure partie des pouvoirs, est systématiquement réélu depuis 2003.

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_ Les dessous du miracle

Fortement aidé par la Banque mondiale et le FMI après le drame du génocide, le Rwanda a bénéficié d’une aide extérieure représentant au moins 40% de son budget de fonctionnement jusqu’en 2012. Le secteur du bâtiment, moteur de la croissance toutes ces années, a été dopé par d’importants marchés publics et de grands projets de (re)construction. La capitale Kigali s’est complètement transformée pour devenir une ville moderne.

Mais pour certains, «le miracle rwandais» est largement lié au pillage des matières premières dans l’est de la RDC. Une partie du coltan exporté, minerai essentiel à la téléphonie mobile, est soupçonnée d’avoir été extrait illégalement en RDC. Une grande partie des matières premières extraites dans l’est du Congo et en direction de la chine passent par Kigali.Le Rwanda est devenu en 2013, le premier exportateur mondial de coltan. Le pays a exporté en 2013, 28% de la production mondiale.

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_ Une agriculture plus performante

Kigali a fait de la croissance agricole l’un de ses principaux objectifs, en cherchant à maximiser les rendements des cultures et à se diriger vers une autosuffisance alimentaire. Encore essentiellement agricole, le Rwanda a une production assez variée mais les exportations se concentrent majoritairement sur le café et le thé. Ces deux produits représentaient près de 20% des exportations totales en 2016.

L’agriculture reste vulnérable aux fluctuations climatiques. Les investissements en cours dans l’irrigation visent à réduire la dépendance au régime des pluies. Le pays investit également dans les engrais et les semences améliorées pour conforter sa production agricole. L’agriculture absorbe plus de 65% des actifs (contre près de 90% au début des années 2000) et les deux tiers de la surface du pays sont des terres agricoles. Et contribue encore pour 33% au PIB, contre 17% pour l’industrie et 50% pour les services.

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_ Cap sur les services

Le Rwanda vise désormais à devenir un pays à revenu intermédiaire, en passant d’une économie encore essentiellement agricole à une économie de services. Sa nouvelle priorité: le tourisme. Le pays espère devenir une destination majeure en Afrique. Et pour ce faire, il investit dans des hôtels et dans sa compagnie aérienne RwandAir. Kigali tente aussi d’améliorer sa visibilité en effectuant du sponsoring sportif. On l’a vu avec le slogan «Visit Rwanda», qui est apparu sur le maillot de l’équipe de football londonienne d’Arsenal, un contrat annoncé pour les trois prochaines années. Ce choix de communication montre la volonté du pays d’attirer sur ses terres des touristes du monde entier.

Il faut toutefois relativiser les bonnes performances du Rwanda. Malgré une économie dynamique et une nette amélioration des conditions de vie, une grande partie de la population ne mange toujours pas à sa faim. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 40% de la population est en situation de sous-alimentation, ce qui correspond à près de 5 millions d’individus.

Michel Lachkar/ Rédaction AfriqueFrance Télévisions/ Mis à jour le 23/07/2018/ Publié le 23/07/2018

https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/politique-africaine/rwanda-les-dessous-du-miracle-economique_3056671.html/

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5 – Le Botswana et les diamants : une économie qui brille sur la scène internationale

Plusieurs pays en voie de développement concentrent leurs activités économiques sur l’exploitation de ressources naturelles. La lucrative industrie minière peut cependant être tout autant source de revenus que de conflits pour les pays. Heureusement pour le Botswana, l’exploitation du diamant et de minéraux autres s’opère dans le cadre d’une certaine stabilité politique, ce qui lui permet aujourd’hui d’incarner un modèle de développement pacifique.

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_ De l’indépendance politique à l’essor économique

Le Botswana, une ancienne possession britannique, acquiert l’indépendance en 1966 (1). Elle figure, cette même année, parmi les États les plus pauvres du monde avec un revenu par habitant de 90 $ US par an (2). Principale source de main-d’œuvre bon marché pour l’Afrique du Sud, le Botswana voit son destin se transformer à la suite de la découverte successive de trois mines diamantaires : Orapa en 1967, Letlhakane en 1973 et Jwaneng, communément appelé « le prince des mines », l’une des dix les plus riches au monde (3).

Deuxième producteur mondial de diamants, le Botswana renferme aussi cuivre, nickel, carbonate de sodium, potasse, sel, charbon, fer et argent (4). Certains économistes justifient le succès émanant de l’exploitation du diamant par la stabilité politique et l’administration prudente des mines (5). Existant depuis 1971, le partenariat entre le Botswana et De Beers procure en 2017 85 % des revenus du diamant au gouvernement (6), et 15 % au conglomérat De Beers (7). De 1974 à 1994, les exportations de diamants ont crû en moyenne de 30 % par an en valeur (8), alors que de 1984 à 1994 le secteur minier représentait près de 40 % du produit intérieur brut (PIB)(9).

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Tout aussi active en 2017, l’industrie du diamant a produit 20 millions de carats (10), alors que sa production annuelle est en moyenne de 10,6 millions de carats, soit 2 100 kilos (11). D’ailleurs, la différence entre le PIB de 1960, d’un peu plus de 30 millions de dollars US, et celui de 2017, qui s’élevait à 17 milliards de dollars US, témoigne d’une progression économique importante (12). À l’aide des données de l’Agence nationale des statistiques du Botswana, il est intéressant de constater que le secteur du diamant procure près de 89 % des revenus d’exportation du pays (13), équivalant à 36 % du PIB (14).

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Lors des dernières années, 2016 semble plus favorable à la production de diamants puisqu’on y enregistre une augmentation de 0,3 %, contre une diminution de production de 15,6 % l’année précédente (15). Cela s’explique, entre autres, par les prix du diamant brut et poli s’étant accrus respectivement en 2016 de 13,2 % et 2,1 % (16).

Le réinvestissement d’une partie des revenus du diamant dans le domaine de la santé et de l’éducation a permis à plus de 80 % de la population d’avoir accès à un établissement de santé situé à moins de 15 kilomètres de son domicile, et ce, dès 1985 (17). Sans oublier une montée importante des inscriptions à l’école primaire entre 1970 (59,4 %) et 2014 (105,4 %) (18). En 2017, le Botswana continue de prioriser l’éducation puisqu’elle y consacre 9,6 % du PIB (19).

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_ Source de richesses intarissables ?

Avec plus d’un tiers du PIB provenant de l’industrie diamantaire, l’économie est vulnérable face à la fin du diamant prévu dans moins de 15 ans (20). Ces dernières décennies, on observe un déclin d’activités économiques dans plusieurs secteurs. Lors de l’indépendance, l’agriculture représentait plus de 40 % du PIB, et elle ne représente plus en moyenne que 2,2 % du PIB sur la décennie 2000 (21). Quant à l’élevage devenu marginal, il constitue 4 % du PIB (22).

Malgré la bonne santé de l’industrie du diamant actuelle et la création de nouveaux emplois engendrés par l’implantation d’environ 20 usines de transformation (23), incluant la plus récente à Garabone en 2016 (24), le taux de chômage en 2017 reste élevé (17,7%) (25). Bien que classé comme le pays le moins corrompu d’Afrique, le Botswana détient aussi l’une des disparités les plus accrues dans le monde (26). Pour pallier le problème, plusieurs options sont envisagées, comme la création d’une main-d’œuvre qualifiée et la réforme concernant les recettes fiscales botswanaises. Le Fonds monétaire international insiste sur la nécessité d’accélérer ces réformes (27).

18 septembre 2018

Source : http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse?codeAnalyse=2550/

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6 – Maurice et son deuxième miracle économique

« Maurice a créé une économie, un système de gouvernement et un commerce qui surpasse le reste de l’Afrique. Cinquante ans après son indépendance, Maurice est devenue une ‘success story’ symbolique de l’émergence de tout un continent ». C’est ce que souligne le très sérieux site The Business Report qui a publié, à l’occasion du dernier sommet du World Economic Forum de Davos, une publication au titre édifiant : « How a small island nation became Africa’s business champion ».

The Business Report rappelle comment Maurice a connu un premier miracle économique dans les années 80/90 avec le boom de secteurs comme la manufacture et le tourisme. Et aujourd’hui, le pays se trouve, toujours selon la publication dans une deuxième ère de miracle économique. Le pays se dote, de plus en plus d’une main-d’œuvre qualifiée qui est en mesure de développer des secteurs à fort valeur-ajoutée, notamment les nouvelles technologies ou encore les services financiers. Avec comme conséquence une hausse spectaculaire du niveau de vie : le PIB par tête d’habitant (per capita GDP) était de USD 400 lorsque Maurice accédait à l’indépendance. Il est aujourd’hui de USD 10, 500, soit de plus de 26 fois supérieur !

 

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La croissance de Maurice, comme le souligne à juste titre The Business Report approche la barre fatidique des 4%, alors que l’Afrique du Sud peine à atteindre ne serait-ce que la moitié de ce chiffre. De surcroit, selon les derniers chiffres du Bureau Central des Statistiques, les investissements ont connu une forte croissance de l’ordre de 6, 6% en 2018, soit de presque 2% de plus que pour l’année précédente. Les investissements du secteur public ont surtout connu une hausse remarquable avec une croissance de l’ordre de 17, 8% en 2018, contre une contraction de 2, 9% l’année précédente.

La Cybercité d’Ebène a été un moteur dans la transformation économique de Maurice. Parmi les secteurs les plus performants et qui ont particulièrement contribué à la croissance du pays : la construction. Le secteur devrait en effet, frôlé une croissance à deux chiffres pour 2018 avec une estimation de l’ordre de 9, 5%, contre 7, 5% en 2017. Le commerce en gros et en détail, devait, pour sa part, enregistrer une croissance de 3, 8% en 2018 soit une hausse de 0, 7% comparativement à celle enregistrée en 2017. Le secteur de l’information et la communication devrait, pour sa part voir une légère amélioration de sa performance qui devrait passer de 5, 5% en 2017 à 5, 6% en 2018.

Outre la croissance, plusieurs autres indicateurs vont dans le sens d’une embellie réelle de l’économie mauricienne. La Mauritius Commercial Bank, dans son dernier MCB Focus table aussi sur une baisse notable du taux d’inflation (headline inflation) qui devrait passer d’une estimation de 3, 2 % en 2018 à 2, 5% en 2019. De même, le taux de chômage devrait poursuivre sa courbe descendante, passant d’une estimation de 6, 9% en 2018 à 6, 7% en 2019.

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_ Premier rang

«Maurice figure au premier rang des pays africains les plus compétitifs, les plus économiquement libres, les plus démocratiques et les mieux gouvernés, ce qui constitue un magnétisme certain à l’égard des plus riches pour le pays », fait aussi ressortir The Business Report. Maurice est, il est vrai désormais habitué à récolter les lauriers dans plusieurs publications internationales pour la performance de son économie et de sa bonne gouvernance. Néanmoins, Maurice, était, il y a 50, lors de son indépendance, loin d’être le meilleur candidat pour se voir gratifier de tant de bonnes notes.

Pour preuve les commentaires des plus pessimiste de James Meade, prix Nobel d’économie qui professait que « les perspectives de développement pacifique sont médiocres ». Le temps et la conjoncture lui ont donné tort. Mais comment ?

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Maurice ne pouvait et ne peut toujours pas compter sur une quelconque richesse minière ou pétrolière, au pis-aller sur une terre fertile, mais des plus exiguë de pas plus de 1200 km carrés.  Toutefois, les dirigeants Mauriciens ont eu l’intelligence de miser sur la seule richesse intangible qu’elle dispose : sa population en lui prodiguant un bon niveau d’éducation.

« Pour assurer le succès de son modèle, Maurice envisage de continuer à investir dans l’éducation et à assurer une meilleure connectivité aérienne, une approche à deux volets pour attirer davantage de talents étrangers », fait aussi ressortir The Business Report qui rappelle aussi l’octroi de l’éducation tertiaire gratuite. En continuant à miser sur l’efficacité de sa main-d’œuvre, Maurice est ainsi bien parti pour consolider ce deuxième miracle économique.

By didier hortense/ Published on January 28, 2019

http://lepoint.mu/2019/01/28/maurice/

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7 – Apple veut s’approvisionner en cobalt directement auprès des groupes miniers

La société californienne Apple discute directement avec des groupes miniers en vue de conclure des contrats d’approvisionnement en cobalt à long terme, rapporte Bloomberg mercredi 21 février. Flambée des cours, risque de pénurie… Le géant américain des produits électroniques grand public ne peut (veut) pas se permettre une trop grande dépendance aux matières premières.

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Le cobalt, composant essentiel des batteries de ses iPhone, a vu son prix s’envoler ces derniers temps : sur le marché de référence (London Metal Exchange), le prix de la tonne de cobalt a grimpé à 82 000 dollars mi-février, à son plus haut niveau depuis 2010. Les marchés spéculant sur une croissance prévisible de la demande pour les véhicules électriques équipés de batteries lithium-ion. Or voilà, près d’un quart de la production mondiale de cobalt est utilisée aujourd’hui dans la production de smartphones. 

Selon Bloomberg, qui rapporte l’information le 21 février, Apple serait entré en discussion pour l’achat en direct de cobalt avec des groupes miniers. Court-circuitant ainsi les intermédiaires tels le canadien Glencore et autres chinois China Molybdenum… Citant des sources anonymes, l’agence américaine explique que le fabricant serait en train de négocier des accords à long terme de cinq ans ou plus.

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_ Contrôle de la chaîne d’approvisionnement

Le but est double pour Apple : s’assurer de l’approvisionnement d’un métal critique alors que l’on craint des pénuries avec le boom des voitures électriques. Les voitures électriques en particulier devraient voir la demande mondiale de cobalt plus que doubler d’ici à 2025 et plus que quadrupler d’ici à 2030, note Bloomberg. Et traiter directement avec les mines fournirait un approvisionnement garanti pour les batteries d’Apple. Le géant américain disposant de l’assise financière suffisante poru ce faire.  

Deuxième avantage du contrôle direct de la chaîne d’approvisionnement en cobalt: Apple pourra ainsi garantir le respect de ses normes de ses fournisseurs. Dans le passé, l’entreprise aurait acheté à son insu des batteries contenant du cobalt extrait de l’exploitation des enfants. Or en 2017, le dernier rapport sur le cobalt d’Amnesty International « Ces enfants qui travaillent pour nos batteries », Apple figure parmi les bons élèves en République démocratique du Congo (principal pays producteur) avec Samsung – loin devant les constructeurs automobiles.

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_ BMW, Volkswagen…aussi

Les négociations auraient débuté il y a plus d’un an, selon les informations de l’agence de presse. Et Apple chercherait à sécuriser plusieurs milliers de tonnes de cobalt par an sur cinq ans ou plus. Les premières discussions d’Apple sur les transactions sur le cobalt avec les mineurs se sont déroulées il y a plus d’un an. Mais il n’est pas impossible qu’Apple – qui n’a pas commenté l’information – abandonne finalement les discussions.  En tout cas, Apple n’est pas la seule entreprise à rechercher des offres d’approvisionnement en cobalt à long terme.

Le constructeur automobile allemand BMW cherche à obtenir son propre contrat de 10 ans pour son programme de voitures électriques, affirme Bloomberg. Tout comme Volkswagen ou encore Samsung, sont entrés dans la course à l’approvisionnement sécurisé en cobalt.

Publié le 21/02/2018/ Vu sur le web

https://www.usinenouvelle.com/article/apple-pourrait-passer-en-direct-pour-son-approvisionnement-en-cobalt.N656864/

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8 – Perspectives économiques en République Démocratique du Congo

 _ Performances macroéconomiques

Le taux de croissance du PIB réel est estimé à 4 % en 2018, contre 3,7 % en 2017 sous l’impulsion d’une amélioration des cours des produits de base et d’une hausse de la production minière. Le secteur primaire reste donc le principal moteur de la croissance en 2018, soutenu par le dynamisme de la branche « extraction ». L’organisation d’élections financées sur ressources a entraîné en 2018 un déficit budgétaire de 0,6 % du PIB, contre un excédent budgétaire de 0,1 % du PIB en 2017. La gestion de la dette publique reste maîtrisée avec un encours total de la dette publique estimé à 18,2 % en fin 2017 du PIB.

En 2018, la Banque centrale du Congo (BCC) a abaissé son taux directeur de 20 % à 14 % suite à l’évolution favorable de l’activité économique, et le taux d’inflation est descendu à 27,7 % en fin 2018 contre 41,5 % en 2017. Le déficit du compte courant s’est réduit passant de 3,6 % en 2017 à 1,1 % en 2018, grâce à une hausse de la production minière.

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_ Perspectives : facteurs positifs et négatifs

Les projections de croissance sont de 4,5 % en 2019 et deux 4,6 % en 2020 principalement grâce à la pulsion du secteur primaire. Plusieurs facteurs positifs influencent ces projections : (i) des cours favorables des produits de base sur le marché international, (ii) une organisation réussie des élections prévues en décembre 2018 avec des résultats acceptés par tous, (iii) des progrès dans la sécurisation du centre et de l’est du pays et la maîtrise de l’épidémie de virus à Ebola ; et (iv) une amorce de diversification du tissu productif. Une contraction de la production chinoise, principal partenaire commercial de la RDC, est un second risque qui pourrait assombrir ces perspectives de croissance.

La croissance de l’économie congolaise est largement tributaire du secteur extractif dont la contribution en 2017 était de 99 % de la valeur des exportations, 34 % des recettes totales de l’État et de deux points dans la croissance du PIB. Une croissance soutenable nécessite une diversification des bases productives de l’économie. Le déficit infrastructurel est le principal défi à relever et contrarie l’intégration commerciale du pays. La faible qualité des infrastructures de la RDC entraîne des coûts d’importation et d’exportation qui sont parmi les plus élevés en Afrique.

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Le climat des affaires doit également s’améliorer : la RDC se classe 184e sur 190 pays dans le rapport Doing Business 2019 de la Banque mondiale. En matière de politique budgétaire, le principal défi est la faiblesse de ses recettes internes (9 % du PIB en moyenne sur la période 2016-2018, contre une moyenne de 17 % du PIB en Afrique subsaharienne). Relever ce défi va requérir une intensification des réformes en vue d’accroître les recettes intérieures.

Le secteur agricole et la filière bois présentent des opportunités de diversification économique pour la RDC. Le Plan national stratégique de développement (PNSD), en cours de finalisation, prévoit d’utiliser la transformation de l’agriculture pour faire accéder la RDC. en 2022 au statut de pays à revenu intermédiaire, notamment par l’implantation des parcs agroindustriels dans les différentes régions du pays, qui prendront en compte les intérêts des petits producteurs. 

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L’industrialisation de la filière bois renforcerait les efforts déployés dans le secteur agricole. Finalement, la libéralisation du secteur énergétique doit s’intensifier pour attirer plus d’investissements afin de réduire les coûts de production des entreprises et accroître le taux d’accès des populations à l’énergie.

https://www.afdb.org/fr/countries/central-africa/democratic-republic-of-congo/democratic-republic-of-congo-economic-outlook/

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9 – Chute des prix des matières premières : le FMI invite les Africains à adopter des réformes

Confrontés à la chute des prix des matières premières, les pays africains doivent travailler davantage pour rééquilibrer les investissements et la dette. Ils devraient également accélérer le recouvrement des impôts selon le Fonds monétaire international. La baisse des prix des matières premières en 2015 a sonné le glas d’une décennie de croissance rapide en Afrique. Cette année, le FMI prévoit une croissance de 3,5 % en Afrique subsaharienne, contre 3,8 % en 2018.

“Nous pensons qu’au cours des deux dernières années, étant donné l’ampleur du choc économique, les gouvernements se sont servis du déficit budgétaire pour soutenir l‘économie. Nous pensons qu’il était plus approprié de se servir du bilan du gouvernement pour tenter d’atténuer le coup dur porté à l’économie par la baisse des prix des matières premières”, indique Abebe Selassie, directeur du département Afrique du FMI.

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Le Nigeria, l’Angola et l’Afrique du Sud, qui représentent environ 60 % de la production économique annuelle de l’Afrique subsaharienne, ont tous été confrontés à des problèmes de croissance. Abebe a également déclaré que le Nigeria, la plus grande économie d’Afrique, devra augmenter les recettes fiscales, afin de réduire sa dette intérieure et financer le développement des infrastructures. Il a également cité le Tchad et la République du Congo comme des pays confrontés à des problèmes de viabilité de la dette.

Narcisse NDOUMBE/ 02/05/2019

https://fr.africanews.com/2019/05/02/chute-des-prix-des-matieres-premieres-le-fmi-invite-les-africains-a-adopter-des//

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10 – Économie/ Matières premières : le ralentissement de la demande chinoise fragilise l’Afrique

L’Afrique, qui exporte surtout des matières premières, est la première victime du coup de frein de la croissance chinoise. L’Afrique est de plus en plus dépendante de la Chine, devenue son premier partenaire commercial et son premier investisseur. En 2020, elle a prévu de porter à 400 milliards de dollars ses échanges avec le continent. Or, celle-ci a vu sa croissance annuelle passer de 14 % en 2007 aux environs de 6 % en 2018.

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  • « 1 % de recul de la croissance chinoise provoque dans les deux ans une chute moyenne de 6 % des prix des matières premières »

Cela pèsera sur la croissance mondiale, et sur la croissance africaine en particulier. Car il ne faut pas oublier que c’est la Chine qui a déclenché, à partir de l’an 2000, le super-cycle des matières premières en dévorant en moyenne la moitié des ventes mondiales de minerais, de produits énergétiques et agricoles industriels. C’est son appétit féroce qui a provoqué une hausse de 140 % des prix des métaux entre 1998 et 2008. L’Afrique qui exporte surtout des matières premières en a bien profité et a porté grâce à elle son taux de croissance à plus de 5 % l’an pendant toute une décennie.

Le recul du dynamisme chinois, qui s’annonce durable, modifie considérablement la donne économique mondiale. En effet, la Banque mondiale a calculé que 1 % de recul de la croissance chinoise provoquait dans les deux ans une chute moyenne de 6 % des prix des matières premières. Les premiers signes de ce coup de frein sont perceptibles dans les statistiques de la Banque qui enregistrent un recul de 1,3 % des prix des produits de base non-énergétiques au troisième trimestre 2018.

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  • Le pétrole pas épargné

Les causes de ce ralentissement sont plurielles. Il y a la guerre commerciale que le président américain mène à la Chine par le biais de la hausse des droits de douane sur les importations aux États-Unis de plusieurs produits chinois ; l’assainissement de son secteur financier et de ses collectivités locales qui a réduit le crédit disponible ; ou encore l’arrivée à maturité d’une économie qui se concentrer désormais avant tout à sa demande intérieure.

Le pétrole ne sera pas épargné par ce phénomène dépressif venu de Pékin. Son yoyo impressionnant – 86 dollars le baril de Brent début octobre et 53 dollars le 28 décembre, soit -38 % en moins de trois mois – ne tient pas seulement aux incohérences de Donald Trump qui exige de l’Arabie saoudite qu’elle accroisse sa production pour faire baisser le prix du pétrole, mais qui impose un embargo à l’Iran, ce qui devrait le faire monter ! Le tassement de la croissance de la Chine a pour conséquence une diminution de sa fringale d’hydrocarbures qui pèse sur leurs prix.

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_ Un diversification plus nécessaire que jamais

Dans ces conditions, malheur aux pays africains qui miseront sur un retour aux années fastes d’une croissance tirée par la formidable résurrection chinoise ! Ni le pétrole, ni le gaz, ni le charbon, ni le cuivre, ni le fer, ni le manganèse, ni l’or, ni le coltane, ni l’alumine, ni le coton, etc. ne gonfleront leurs ressources au niveau dont ils rêvent pour répondre aux énormes besoins de leurs populations en infrastructures comme en services publics.

Le retrait chinois autorise encore moins que par le passé de laisser filer les déficits budgétaires ou commerciaux. Il rend plus nécessaire que jamais la diversification des économies africaines, le développement de leur secteur privé et la mise en commun de leurs richesses afin de gagner en autonomie pour se préserver des tempêtes venus d’ailleurs et, par dessus tout, pour créer les dizaines de millions d’emplois nécessaires à leur jeunesse.

28 décembre 2018/ Par Alain Faujas

https://www.jeuneafrique.com/696303/economie/matieres-premieres-le-ralentissement-de-la-demande-chinoise-fragilise-lafrique/

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11 – Afrique subsaharienne : la Banque mondiale revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour la sous-région

Tirée par la faible croissance des économies nigériane et sud-africaine et une économie angolaise en récession -trois poids de l’Afrique subsaharienne- la croissance dans la région a été revue à la baisse par les économistes de la Banque mondiale. Caractérisés par un niveau d’endettement élevé, quelques-uns des pays de la zone conservent un rythme d’accroissement du PIB proche des deux chiffres.

En Afrique subsaharienne, la reprise de la croissance prendra plus de temps que prévu, selon la Banque mondiale qui vient d’abaisser ses prévisions pour la sous-région. La croissance dans la zone a été fixée à 2,8% à la place des 3,3% initialement prévus, a annoncé l’institution de Bretton Woods ce lundi 8 avril. Ce rythme de croissance ralenti, comparé à celui de la période d’avant 2015, s’explique partiellement par la baisse de la production industrielle et les conséquences de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis.

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En 2015, une chute des prix des matières premières a mis un terme à une décennie de croissance rapide pour la région. Depuis, pour la quatrième année consécutive, en 2019, la croissance économique sera inférieure à celle de la population, c’est-à-dire sous la barre des 3%. Dans son dernier rapport sur l’économie régionale, la Banque mondiale a également ramené son estimation de croissance pour 2018 à 2,3% à la place des 2,7% initialement prévus. La croissance globale, plus lente que prévu, reflète l’incertitude persistante, mais provient aussi de l’instabilité macroéconomique nationale, notamment d’une dette mal gérée, d’une forte inflation et des déficits, selon la Banque mondiale.

La croissance économique en Afrique subsaharienne est essentiellement tributaire de la bonne santé financière de trois pays, à savoir le Nigeria, l’Afrique du Sud et l’Angola qui représentent environ 60% de la production économique annuelle de la région. Des pays qui ont été confrontés à des facteurs négatifs qui leur ont coûté des points de croissance. Le Nigeria a connu une croissance de 1,9% en 2018, contre 0,8% en 2017, alors que l’Afrique du Sud, à peine sortie de la récession, ne rassure pas encore les investisseurs. La situation est pire pour l’Angola toujours en récession.

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«Cette révision à la baisse reflète le ralentissement de la croissance au Nigeria et en Angola, due aux défis du secteur pétrolier, et à la croissance modérée de l’investissement en Afrique du Sud, en raison de la faible confiance des entreprises», estime la Banque mondiale.

D’autres facteurs du ralentissement économique sont liés à la hausse de l’inflation dans plusieurs pays qui rebute les investisseurs, mais aussi à l’augmentation du niveau d’endettement. Les pays d’Afrique subsaharienne optent de plus en plus pour un endettement plus risqué et onéreux, à la place des sources de financement traditionnelles, concessionnelles et garanties publiquement.

Cependant, dans la région tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. Les économies diversifiées comme le Ghana, le Kenya, le Rwanda, l’Ouganda, le Bénin, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie connaissent une forte croissance. Pour le Ghana, champion africain de la croissance en 2018, le PIB s’est bonifié de plus de 8%, l’année précédente.

Par La Tribune Afrique/ 09/04/2019/

https://afrique.latribune.fr/economie/conjoncture/2019-04-09/afrique-subsaharienne-la-banque-mondiale-revoit-a-la-baisse-ses-previsions-de-croissance-pour-la-sous-region-813609.html/

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