AFRIQUE/ PASSE ET FUTUR : grands moments et rédemption de l’Afrique

 

« Le royaume de Wakanda, une Afrique du futur en miniature ?

Le blockbuster « Black Panther » agrège des références à de multiples cultures du continent, tout en s’inscrivant dans une esthétique afrofuturiste. En janvier, le président américain, Donald Trump, a une fois de plus choqué l’opinion internationale en qualifiant Haïti et les Etats africains de « shithole countries » – littéralement « pays trous à merde ». Un mois après nous arrive, toujours des États-Unis, le blockbuster Black Panther, dont la majeure partie de l’action se situe dans le royaume fictif de Wakanda. Un « pays-trou à merde » de plus ?

Non, plutôt une véritable mine d’or. Ou plus exactement de vibranium, minerai imaginaire et précieux capable d’absorber les vibrations environnantes. Le dernier roi du Wakanda, T’Chaka, en a vendu de petites quantités pour financer l’éducation et le développement de son pays, présenté dans le film comme la nation la plus avancée technologiquement au monde… »

 

Résultat de recherche d'images pour "Black Panther, wakanda"

 

————————

 

Image associée

 

1 – Indicateurs Africains de la Science, de la Technologie et de l’Innovation (IASTI) sur le continent

 

À la première Conférence ministérielle africaine sur la Science et la technologie (AMCOST), les pays se sont engagés à développer et à adopter un ensemble commun d’indicateurs.

Parmi ses principales retombées figure l’adoption des Indicateurs africains de la science, de la technologie et de l’innovation (ASTII) du NEPAD en 2005 pour contribuer pour une meilleure qualité des politiques STI aux niveaux national, régional et continental. L’objectif de l’ASTII est de soutenir et de renforcer les capacités des Africains à développer et à utiliser les indicateurs de STI dans la planification et la politique de développement.

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, science, technologies, innovation, top des pays africains"

 

L’ASTII vie plus précisément à :

. Développer et promouvoir l’adoption des indicateurs STI compatibles à l’échelle internationale.

. Renforcer les capacités humaines et institutionnelles pour les indicateurs STI et les études relatives.

. Permettre aux pays africains de participer aux programmes internationaux portant sur les indicateurs de STI.

. Informer les pays africains sur l’état de la STI en Afrique.

 

http://www.nepad.org/fr/programme/indicateurs-africains-de-la-science-de-la-technologie-et-de-l%E2%80%99innovation-iasti?qt-programme_page=1

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, science, technologies, innovation, top des pays africains"

 

————————

 

Résultat de recherche d'images pour "africa, rapid trains, industries, innovations, technologies, city, port, africa,"

 

 2 – High Tech : le top 10 des innovations africaines

 

Dans les domaines de la santé, de la téléphonie mobile, de l’agriculture ou du développement durable, le continent sait être à pointe de la modernité lui aussi. On fait le point sur dix innovations africaines. Malgré des moyens limités, l’Afrique a commencé à se faire une place dans le monde très confidentiel de l’innovation technologique. Pragmatiques, les entrepreneurs africains ont opté pour la résolution de problèmes locaux. De nombreux projets ont vu le jour dans l’agriculture, la santé, les transports ou l’énergie, et représentent un vrai gage d’avenir pour l’économie du continent. Sans prétendre à l’exhaustivité, nous avons recensé 10 des innovations qui font bouger l’Afrique avant, peut-être, de partir à la conquête d’autres marchés.

 

Résultat de recherche d'images pour "recharge solaire, "Mobile Kiosk Platform" (Rwanda)"

 

_ La recharge solaire, « Mobile Kiosk Platform » (Rwanda)

La « Mobile Kiosk Platform » du Rwandais Henry Nyakarundi est une unité mobile de recharge électrique pour téléphones portables. Le procédé est simple : le jour, deux panneaux solaires (40W) chargent la batterie centrale ; la nuit ou par temps nuageux, elle peut être alimentée par le système de pédalage qui permet son déplacement. Ce kiosque mobile permet de recharger jusqu’à 16 téléphones en même temps pour un coût modeste (10 centimes de dollars).

 

Image associée

 

_ Mlouma, la bourse agricole en ligne (Sénégal)

Avec la plateforme Mlouma, créée en 2012, le Sénégalais Aboubacar Sidy Sonko a décidé de bousculer le circuit de production agricole dans son pays. Bâtie sur le principe d’une bourse en ligne disponible via SMS, internet et call center, Mlouma offre aux producteurs la possibilité de communiquer avec des clients sur leurs produits en indiquant prix, quantités, lieux de production, etc. Ils peuvent également faire la mise à jour de leur stock en temps réel, consulter des offres et commander. des produits. À travers Mlouma, plus de 3 000 producteurs sont actuellement en relation avec des grossistes.

 

Résultat de recherche d'images pour "Saphonian, le convertisseur éolien sans pales (Tunisie)"

 

_ Saphonian, le convertisseur éolien sans pales (Tunisie)

Les innovateurs Hassine Labaied et Anis Aouini de Saphon Energy, une start-up tunisienne, ont développé une éolienne sans pales. Elle ne tourne pas sur elle-même mais utilise une technologie inspirée des voiliers pour créer une énergie rentable. Le vent est capté par un élément en forme de voile, lui imprimant un mouvement de va-et-vient en trois dimensions. La puissance du vent est d’abord convertie en énergie mécanique par des pistons, puis en énergie hydraulique et enfin en électricité. La turbine Saphonian a reçu un brevet international en mars 2013 et Saphon Energy est actuellement à la recherche d’une collaboration avec un fabricant industriel.

 

Résultat de recherche d'images pour "décortiqueuse de fonio (Sénégal)"

 

_ La décortiqueuse de fonio (Sénégal)

Sanoussi Diakite a développé une machine électro-thermique qui décortique cinq kilogrammes de fonio en seulement huit minutes. La machine, dont l’efficacité est de 99%,  ne requiert qu’une puissance de 1,5 kilowatts, ce qui permet d’accroître le rendement du processus de plus de 65 pour cent. Une belle économie.

 

Résultat de recherche d'images pour "MPedigree, l’application mobile contre les faux médicaments (Ghana)"

 

 _ MPedigree, l’application mobile contre les faux médicaments (Ghana)

Le Ghanéen Bright Simons a lancé l’application MPedigree en 2007. Une solution mobile qui permet d’authentifier des médicaments et qui fédère les principaux opérateurs africains de téléphonie mobile, les industries pharmaceutiques et les instances gouvernementales de santé. Les utilisateurs envoient gratuitement par SMS le code inscrit sur le médicament qu’ils veulent acheter, afin que les serveurs de MPedigree le vérifient auprès des industries pharmaceutiques. Lauréat du 4e Forum NetExplorateur 2011, l’application est actuellement en cours de déploiement dans d’autres pays, tels que le Niger, la Tanzanie, le Kenya, le Nigeria ou l’Ouganda.

 

Résultat de recherche d'images pour "Twende Twende, mobile, Kenya"

 

_ Twende Twende, l’application anti-bouchons (Kenya)

Twende Twende est une application mobile qui permet d’envoyer des messages aux conducteurs afin d’éviter les embouteillages dans Nairobi. Conçue par le laboratoire d’IBM Nairobi en 2013 et disponible sur Airtel et Safaricom, elle informe les usagers sur les conditions de circulation, tout en leur recommandant une route à prendre pour éviter un embouteillage. Elle fonde ses recommandations sur un système central qui utilise des algorithmes de reconnaissance d’image à partir des caméras de la ville. Un algorithme séparé permet de prédire la circulation sur les rues qui ne sont pas couvertes par la vidéosurveillance.

 

Résultat de recherche d'images pour "Faso Soap, Burkina Faso"

 

 _ Le « Faso Soap » (Burkina Faso)

Deux étudiants de l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2iE) au Burkina Faso ont mis au point un savon qui repousse les moustiques par son odeur. Grâce à l’un de ses ingrédients, il tue aussi les larves des anophèles, empêchant leur prolifération dans les eaux stagnantes. Composé de citronnelle, de souci officinal, de karité et d’autres ingrédients restés secrets, le Faso Soap est un savon conçu pour être accessible à tous, produit à partir de ressources 100 %  locales, et permettant de protéger ses utilisateurs du paludisme.

 

Résultat de recherche d'images pour "south africa, malaria kit, pf/PAN" (pLDH)"

 

_ Le kit de test anti-paludisme (Afrique du Sud)

Le test « pf/PAN » (pLDH) est un kit de diagnostic médical rapide (20 minutes) qui détecte toutes les souches de paludisme présent dans un échantillon de sang prélevé à l’aide d’une lancette. Il indique également en moins de 30 minutes si le traitement fourni est efficace. Créé par Ashley Uys, ce kit est l’un des neuf à avoir été développés dans le monde entier. Mais c’est le seul test de ce type à être entièrement détenu par une société africaine.

 

Résultat de recherche d'images pour "medical, eyes, technologies, navigation"

(Illustration)/

_ Musber, navigation pour déficients visuels (Égypte)

Musber est un outil de navigation destiné aux personnes ayant une déficience visuelle. Le produit est une ceinture équipée d’un casque Bluetooth. Un équipement qui permet de guider les personnes non-voyantes dans leurs déplacements. Musber a été conçu en collaboration par Khaled Shadi, 22 ans, étudiant, et un groupe d’étudiants ingénieurs de l’université de Menoufia, à 75 kilomètres du Caire, en Égypte.

 

Résultat de recherche d'images pour "Cardiopad, l’examen à distance (Cameroun)"

 

_ Cardiopad, l’examen à distance (Cameroun)

Le Cameroun ne recense que 30 cardiologues pour 20 millions d’habitants. Le cardiopad a été créé pour compenser ce manque. Il s’agit d’une tablette à écran tactile qui permet de faire des examens de type électrocardiogramme à distance, dans des zones rurales éloignées par exemple. Les résultats sont alors transférés par une connexion sans fil à un spécialiste qui les analyse. Après avoir développé le Cardiopad, Arthur Zang a reçu une aide de 30 000 dollars de la part du gouvernement. Cela a permis au jeune ingénieur de créer Himore Medical, une petite entreprise qui emploie cinq personnes et dont la mission est de concevoir des appareils médicaux.

 

Par Mathieu OLIVIER/ Follow @MathieuOlivier/ 17 mars 2014/ Mis à jour le 28 octobre 2016/ Par Mathieu Olivier

 

http://www.jeuneafrique.com/164972/societe/high-tech-le-top-10-des-innovations-africaines/

 

Résultat de recherche d'images pour "africa, industries, innovations, technologies, africa,"

 

————————

 

Image associée

 

3 – Recherche scientifique et innovation : pourquoi l’Afrique ne progresse pas ?

 

Cette phrase est écrite et prononcée dans tous les rapports des institutions internationales, tous les forums et rencontres de haut niveau : « Pour progresser, l’Afrique doit se focaliser sur la recherche scientifique, la technologie et l’innovation ». Malgré le fait que cette ambition est affichée par quasiment tous les pays, prenant forme de plan ou de stratégie nationale, peu d’entre eux arrivent à tirer leur épingle du jeu, pour faire de la science et la technologie un moteur de développement.

 

Même si globalement, les capacités scientifiques, technologiques et innovatrices de l’Afrique s’améliorent, les pays du continent ne font pas assez pour booster leurs capacités. C’est en substance le propos de l’African Capacity Report 2017, publié par The African Capacity Building Foundation, une organisation continentale fondée par les gouvernements africains et les partenaires de développement.

 

Le document classifie les pays africains selon un indice appelé African Capacity Index (l’indice de la capacité africaine, ndlr), calculé selon une évaluation qualitative et quantitative d’éléments comprenant l’environnement politique, la mise en œuvre des politiques encourageant l’innovation et la recherche scientifique, les performances de développement au niveau national et les résultats en matière de développement de capacités. Sur le podium de l’innovation et de la recherche, l’on retrouve le Maroc, la Tanzanie et le Rwanda. Le royaume chérifien a obtenu un score de 71,6, la Tanzanie, de 68,8 et le Rwanda, de 68,2.

 

Résultat de recherche d'images pour "ethiopian electric train, ethiopia, 2017, 2018"

 

De façon globale, les résultats de l’indice sont généralement « satisfaisants ». Neuf pays se situent dans la tranche supérieure du classement, 33 dans la tranche moyenne et deux dans la tranche inférieure, mais aucun pays ne figure dans la tranche la plus basse. Autrement dit, tous les pays d’une façon ou d’une autre disposent du « minimum syndical » pour développer leurs capacités de recherches et d’innovation. Bien entendu, beaucoup reste à faire. L’analyse des résultats de l’indice montre que d’une année à l’autre, la majeure partie des pays ont pu améliorer l’état de leurs capacités scientifiques technologiques et innovatrices.

 

Durant la dernière décennie, la plupart des pays africains se sont enfin rendu compte du rôle potentiel des sciences et des technologies dans l’enseignement supérieur. Cette prise de conscience se manifeste surtout par l’augmentation des taux d’inscription dans les universités et de construction des institutions universitaires : le Kenya en comptait 67 parmi les meilleures en Afrique en 2014. En Ethiopie, le nombre d’universités publiques est passé de 7 en 2007 à 34 en 2012. Le Rwanda par contre, a fusionné toutes les universités, en vue de concentrer les ressources et améliorer la collaboration entre les chercheurs. Cependant, le problème qui se pose est que l’accent a été essentiellement mis sur les compétences techniques non fondamentales, telles que les sciences humaines et les sciences sociales plutôt que sur la recherche fondamentale.

 

Cette tendance provient principalement du fait que les coûts de la formation en science et en ingénierie sont substantiellement élevés. Une réalité qui laisse des étudiants talentueux, mais pauvres, en marge de ces filières. La plupart des pays africains ont mis en place des politiques de partage des coûts dans l’enseignement supérieur. C’est le cas de la Namibie et du Zimbabwe. Le Ghana, la Tanzanie et la Zambie ont mis en place un système double qui accepte les étudiants à titre payant et les boursiers.

 

En Namibie et en Afrique du Sud, tous les étudiants de l’enseignement supérieur s’acquittent de frais de scolarité et des facilités de prêt sont accordées aux étudiants issus de milieux défavorisés. De même, des programmes de prêt ont été adoptés dans d’autres pays comme la Tanzanie, le Lesotho, le Ghana et le Kenya pour répondre aux besoins financiers des étudiants qui sont dans le besoin.

 

Résultat de recherche d'images pour "africa, science, technologies, space technology, nuclear, africa, 2016, 2017"

 

_ L’ambition est là, pas les moyens

Sur le papier, la plupart des pays du continent dispose d’un environnement politique propice à l’innovation. Presque tous les pays disposent d’un programme gouvernemental pour la recherche et du développement. Ces plans intègrent les secteurs privés et publics, les universités, les incubateurs de startups… Seulement, ils ne donnent pas de résultats tangibles.

 

Autre frein à l’élaboration des politiques nationales de sciences, technologie et d’innovation efficaces, l’absence d’une évaluation complète des besoins des secteurs public et privé, y compris ceux des établissements d’enseignement supérieur. Dans beaucoup de pays, des « lacunes disciplinaires » impactent la qualité des recherches, comme la capacité des organismes à répondre aux demandes du marché.

 

La fuite des cerveaux n’est également pas sans impact. Le départ de profils pointus nuit massivement à la qualité et la pertinence pratique des recherches. Pour les retenir, il ne suffit pas d’améliorer leurs salaires, mais leur permettre les moyens de leurs ambitions… autrement dit : investir !

 

 Résultat de recherche d'images pour "africa, science, technology, university, africa"

(Jomo Kenyatta University of Agriculture and Technology)

 

_ Des fonds pour la recherche, mais loin d’être assez

D’un point de vue régional, en Afrique de l’Est et Centrale, les dépenses de R&D sont encouragées par le secteur public et le secteur privé. Le Kenya est parmi les pays africains avec les dépenses de R&D les plus élevées avec 0,79 % du produit intérieur brut (PIB) en 2010. Ce pourcentage devrait augmenter avec la création du Fonds national pour la recherche, qui devrait recevoir 2% du PIB par an. L’Afrique australe présente une grande disparité en matière de dépenses de R&D, les niveaux se situant entre 0,01 % au Lesotho et 1,06 % au Malawi.

En Afrique du Sud, la diminution des financements privés pour la R&D a été énorme depuis la crise financière mondiale, malgré l’augmentation des dépenses publiques dans le domaine de la recherche, ce qui explique en partie la diminution du rapport dépenses relativement au PIB qui se situe entre 0,89 % en 2008 et 0,73 % en 2012.

 

Résultat de recherche d'images pour "marocco, bank, banking, new bank, affairs, marocco"

 

En Afrique du Nord, les dépenses sont généralement plus élevées qu’en Afrique subsaharienne, même si elle n’a pas encore atteint le seuil de 1 % : 0,79 % au Maroc en 2015, 0,68 % en Égypte en 2013 et 0,86 % en 2014 en Libye. En Tunisie, les dépenses en recherches ont subi une diminution de 0,71 % en 2009 à 0,68 % en 2012. Mais ce n’est pas parce que l’Afrique du Nord dépense plus qu’elle fait mieux. Comme dans le reste du continent, le manque de capacités en ressources humaines et matérielles porte préjudice à des mesures pourtant ambitieuses.

 

Pour que l’Afrique devienne compétitive à l’échelle mondiale et pour qu’elle puisse combler le déficit de développement avec le reste du monde, les doivent investir plus. Aujourd’hui, la moyenne du volume investi dans la recherche ne dépasse pas les 0,5% du PIB. Le chiffre est, évidemment, loin d’être suffisant pour que l’Afrique réalise son « éveil » scientifique et technologique. L’organisation appelle les pays à honorer leur engagement d’investir 1% du PIB dans la R&D. Pour les pays les plus ambitieux, il faudra porter ce volume à environ 3% du PIB.

 

Les pays africains doivent mettre en place des systèmes de financement durables pour les sciences et la R&D. Des systèmes qui disposent d’un financement compétitif et adapté pour réorienter l’écosystème de la recherche pour qu’il s’intéresse aux technologies et aux innovations durables conçues et détenues par les entreprises émergentes et les startups. L’urgence est aussi d’impliquer le secteur privé dans l’innovation. Aujourd’hui, dans la plupart des pays africains, la majeure partie de l’investissement intérieur dans la R&D provient du gouvernement.

 

Résultat de recherche d'images pour "africa, financial, bank, new banks, affairs, africa"

 

_ L’Afrique doit soutenir l’Afrique…

La collaboration panafricaine doit être également être mise en avant. Selon l’organisation, des organismes régionaux comme la Communauté d’Afrique de l’Est, la CEDEAO et la Communauté de développement d’Afrique australe devraient élaborer et mettre en œuvre des stratégies pour établir des systèmes régionaux de sciences technologie et innovation.

 

L’idée est de se concentrer sur l’établissement d’infrastructures communes et régionales de R&D et l’harmonisation des normes techniques et réglementaire de la recherche en Afrique mais aussi l’encouragement des partenariats public-privé au-delà des frontières nationales et la facilitation de l’adoption de cadres régionaux de protection des droits de propriété intellectuelle. L’organisation va d’ailleurs encore plus loin en encourageant le développement d’universités régionales.

 

Par Mehdi Lahdidi/ 30/03/2017/

 

https://afrique.latribune.fr/africa-tech/2017-03-30/recherche-scientifique-et-innovation-pourquoi-l-afrique-ne-progresse-pas.html

 

Image associée

 

————————

 

Résultat de recherche d'images pour "Mansa Kankou Moussa, Mali, gold empire"

 

4 – Pourquoi l’homme le plus riche de tous les temps est malien ?

 

Le site spécialisé Celebrity Networth a fait un classement des hommes les plus riches de tous les temps. Et c’est un Africain qui s’empare de la tête. Le magazine people américain  Celebrity Network vient tout juste de dévoiler la liste des 25 personnes les plus riches de tous les temps. Selon eux, l’ancien roi de l’Empire du Mali, Kankan Moussa (c. 1280 – c. 1337), connu sous le nom de Mansa Musa I, a été reconnu comme plus riche du monde de tous les temps.

 

Ce classement de 25 personnes comprend quelques noms familiers à l’instar de la famille Rotschild (2e avec 350 milliards USD), du dernier Tsar de Russie Nikolaï II de la dynastie des Romanov (5e avec 300 milliards USD), du guide libyen Mouammar Kaddhafi (8e) et du père de Microsoft Bill Gates  (12e) qui ont tous les deux franchi les 136 milliards USD, du milliardaire mexicain d’origine libanaise Carlos Slim (22e  avec 68 milliards) et du philanthrope américain Warren Buffet qui occupe la dernière place de cette liste avec une fortune estimée à 64 milliards de dollars américains.

 

Résultat de recherche d'images pour "Mansa Kankou Moussa, Mali, gold empire"

 

En tenant compte de l’évolution de l’inflation au fil des siècles et du cours actuel de l’or, le roi des rois de l’empire du Mali  (de 1312 à 1337) qui arrive en tête, avec un pactole estimé à 400 milliards de dollars (300 milliards d’euros). Soit plus de 38 fois le PIB actuel d’un Mali certes beaucoup moins vaste aujourd’hui…

Un trésor amassé notamment grâce à l’or, au cuivre et au sel. Sous son règne, l’Empire malien a atteint son apogée. Kankan Moussa est aussi célèbre pour son pèlerinage à La Mecque, en 1324, pendant lequel la quantité d’or qu’il distribua dans chacune des villes traversées en aurait fait chuter le cours mondial. D’après les livres d’histoire, Mansa Moussa I est arrivé au pouvoir vers 1312. C’est sous son règne que l’Empire du Mali atteignit son apogée (1312-1337), s’étendant alors d’est en ouest, sur plus d’un an de marche à pied.

 

Le roi Mansa Moussa I est surtout connu par les chroniqueurs arabes à travers son pèlerinage à La Mecque effectué en 1324 (725 de l’année Hégire) où, accompagné de milliers de sujets, il emporta une si grande quantité d’or (plusieurs tonnes) que le cours du métal jaune baissa plusieurs années […]. «Le Roi de l’Or» (comme aiment à le surnommer les historiens-Ndlr) étendit l’influence du Mali à travers toute l’Afrique occidentale… affirme même le site malien «maliactu.net»

 

Le roi Kankan Moussa était aussi derrière la renommée scientifique et culturelle de Tombouctou (Mali) grâce à l’édification d’un chapelet de mosquées, des premières universités d’Afrique Noire et de plusieurs bibliothèques. D’ailleurs c’est sous son règne que Tombouctou est devenue le carrefour des érudits et des poètes arabes et africains !

 

By Syd F./ Dec 29, 2012

 

http://www.afrokanlife.com/pourquoi-lhomme-le-riche-de-tous-les-temps-est-malien/

 

Résultat de recherche d'images pour "Mansa Kankou Musa, Mali, gold empire"

 

————————

 

Image associée

 

5 –  Mythe de l’Égypte pharaonique à la renaissance négro-africaine

 

Au moment où est commémoré le 28e anniversaire de la mort du Professeur Cheikh Anta Diop (7 février 1986 – 7 février 2014), sa vision de l’Égypte antique fait revivre un débat, pourtant clos depuis longtemps pour la communauté scientifique qui fait autorité. La question de « l’Égypte négro-africaine ou non » a été traitée par les plus grands anthropologues, historiens, égyptologues, linguistes, généticiens du monde et croisé leurs résultats qui font désormais référence. Les travaux de Cheikh Anta Diop y sont également examinés à la loupe.

 

Résultat de recherche d'images pour "Egypt ancient advanced science and technologies"

(Karnak Was Built With Advanced Ancient Technology)

 

De nos jours avec le recul, il ne peut échapper à personne, que si Cheikh Anta Diop avait quelques fois choisi une démarche mêlant recherches scientifiques, idéologie voire approche militante ou politique, ce sont les circonstances qui l’y avaient forcément obligé. Car en son temps, les vainqueurs de l’histoire refusaient aux peuples africains, tout apport significatif à l’évolution du genre humain, dans le but d’alimenter l’illusion de la supériorité culturelle européenne. II convenait en fait, d’exclure radicalement de la négritude, les représentants du « génie égyptien » en fonction du paradigme, alors dominant, selon lequel les grandes civilisations ne pouvaient être associées qu’au type caucasoïde.

 

Ce fut le lot de toute une génération de chercheurs colonialistes et idéologues. Avec le recul on peut donc comprendre, que le grand pionnier qu’était Cheikh Anta Diop, ait pu utiliser toutes les armes, voire les même que ses adversaires, pour redorer le blason du patrimoine africain. Ce qui a forcément discrédité une partie de ses thèses. Mais nombre d’intellectuels africains auraient sans doute été ses disciples en de pareilles circonstances, ou fait la même chose que lui.

 

Image associée

 

La différence aujourd’hui, est que nous avons le confort de travailler dans un monde postcolonial et d’interdépendance économique et culturelle, où la circulation des hommes, des idées et des découvertes en temps réel, empêche toute falsification de l’histoire des autres. Ainsi, nous n’avons plus besoin de mener des travaux comme un combat contre quelqu’un, pour la reconnaissance ou contre un quelconque oppresseur, qui chercherait à marginaliser les Africains. Voilà pourquoi on ne peut plus attaquer nos travaux, de la même manière « qu’aux temps des colonies ». Avant il y avait des chercheurs africains qui se battaient dans d’autres circonstances. Aujourd’hui, le relais est pris par de nouveaux chercheurs, qui travaillent sereinement dans un monde différent.

 

Article N° : 12098/ PUBLIÉ LE    24 FÉVRIER 2014/ TIDIANE N’DIAYE/

 

http://africultures.com/du-mythe-de-legypte-pharaonique-a-la-renaissance-negro-africaine-12098/

 

 

————————

 

Résultat de recherche d'images pour "egypt, ghana, ancient africa"

 

6 – AFRIQUE/ Traditions ou modernisme : les Africains peuvent-ils choisir ?

 

Les Africains naviguent encore pour beaucoup entre deux eaux, les traditions encore très vivaces et le modernisme ambiant et envahissant. Pour les anciennes et les nouvelles générations, la question ne se pose pas avec la même acuité que pour les générations intermédiaires.

 

Dans l’Afrique profonde, éloignée des grands centres urbains, les hommes restent, malgré tout, attachés en grande partie à leurs traditions. Même s’ils empruntent quelque chose à la modernité, il s’agit du strict minimum. Il ne peut en être autrement pour des gens qui n’ont pas connu autre chose que leurs traditions et qui parfois ne savent même pas qu’il peut exister quelque chose d’autre que ce qu’ils connaissent. Par contre, les générations entre celles qui gardent encore les traditions anciennes et les futures qui se sentent concernées peu ou prou, l’embarras est de taille.

 

Ceux qui pensent ou disent qu’il existe plusieurs Afriques ont bel et bien raison dans une certaine mesure. En Afrique Noire qu’on qualifie par commodité langagière d’Afrique Subsaharienne, certaines traditions ont la vie dure à l’heure d’Internet, des téléphones portables, des iPhones et autres iPad.

 

Chez les Natemba du Nord-Ouest du Bénin, les rites d’initiation continuent d’être des moments exceptionnels de communion. Tous les sept ans au plus, les garçons effectuent ainsi leur rite de passage de l’enfance à l’âge adulte. Ils se doivent par conséquent de répondre au rituel qui veut que l’on soit enfermé nu comme un ver de terre pendant neuf jours dans une petite chambre d’une Takienta ou Da-ouongou (Doua-Ouonougou) encore plus connu sous le nom générique de Tata Somba, les fameux châteaux forts traditionnels classés patrimoine mondial de l’UNESCO. Ils sont initiés à l’occasion à la vie en société, aux cultes des ancêtres, à l’endurance et à l’art de la guerre.

 

Les nouveaux initiés sont nourris à base d’une bouillie de pâte de mil et de chair de poulet uniquement sans qu’ils puissent voir la lumière du jour jusqu’à leur sortie. Une cérémonie de sortie du neuvième jour (neuvaine) qui donne lieu à de grandes festivités au cours desquelles on leur tue chacun un chien à manger. Et ils font le tour des anciens sites d’installation de leurs ancêtres en exécutant des danses sacrées. Tous ceux qui y prennent part à la même époque sont considérés comme des conscrits faisant partie de la même génération, quel que soit leur âge.

 

Dans cette même région, les Waaba observent encore les rites de circoncision et d’excision, dans des conditions d’hygiène qui scandaliseraient bien des Occidentaux. Hommes et femmes y participent, sans anesthésie préalable, et ne doivent faire aucun geste qui prouve qu’ils ont peur ou mal. A la suite de l’excision ou de la circoncision, ils sont par ailleurs tenus d’exécuter des danses assez viriles pour montrer qu’ils sont braves. Certes, les autorités béninoises ont officiellement interdit l’excision, mais il reste que cette pratique persiste encore dans certains villages reculés du pays. Car les femmes non excisées y sont toujours considérées comme immatures, quel que soit leur âge, et ne sont pas autorisées à prendre la parole au cours des réunions et autres agoras.

 

En Ethiopie, chez les Mursi, celles qu’on appelle les femmes-plateaux sont une autre illustration des anciennes traditions africaines qui persistent. Vers l’âge de 10 ans, on enlève les incisives inférieures des femmes pour leur faire un large orifice qui va accueillir un plateau cylindrique. De la largeur du plateau dépend l’importance de la dot. Et au fil des ans, le volume du plateau va s’agrandissant.

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, excision"

 

Pour les Africains d’aujourd’hui, il va sans dire qu’il va falloir sinon abandonner certaines traditions, du moins les adapter au contexte actuel, faute de les moderniser carrément. Un choix s’impose, car aussi bien le monde que les hommes ont évolué. Et les temps ont évolué plus vite que les traditions. Pour Ferdinand N’Tcha, étudiant en histoire au Bénin : «les traditions qui n’ont plus leur raison d’être parce que leurs fonctions sociales sont maintenant dépassées méritent de passer dans le folklore. A quoi ça sert actuellement d’exciser une femme ou d’enfermer un adolescent tout nu pendant neuf jours, ou encore de s’infliger un handicap à vie aux lèvres ? L’Afrique a besoin de prendre le meilleur de ses traditions. Le reste, il faut le jeter dans la poubelle de l’histoire».

 

Le modernisme auquel les Africains ne peuvent pas échapper ne comporte pas non plus que du bien pour eux. Loin s’en faut. Si dans l’Afrique profonde, le téléphone portable rend d’énormes services aux populations, les jeunes africains ont plutôt tendance à prendre ce qui vient d’Occident et d’ailleurs comme le modèle à suivre, voire à rejeter leurs traditions sans discernement. Peu d’entre eux parlent ou font l’effort de parler leur langue maternelle. Le respect aux anciens et la politesse due aux aînés qui est une chose sacrée jadis désertent peu à peu les habitudes.

 

Résultat de recherche d'images pour "zuma, tradition,"

 

Alors que dans les traditions africaines, le mariage entre un homme et une femme et la procréation sont sacrés et inviolables, la tendance à l’homosexualité est de plus en plus un bon prétexte pour ceux qui cherchent à migrer en Occident de se faire dorénavant passer pour des homosexuels persécutés. Dans les capitales et certaines grandes villes d’Afrique, on n’a point besoin de circuler longtemps pour rencontrer des homosexuels. Lesquels commencent même déjà à s’organiser et à revendiquer des droits à l’instar de leurs homologues d’Europe ou d’Amérique. Non sans créer à l’inverse des groupes anti-homosexuels, voire carrément homophobes dans certains cas.

 

Pour de nombreux africains, il apparaît étonnant que des personnalités comme le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, le président américain Barack Obama, le Premier ministre David Cameron et bien d’autres encore soutiennent ces revendications en Afrique. Au point même de vouloir les ériger en exigences vis-à-vis des Etats africains. Car, il n’est un secret pour personne que la majorité des dirigeants du continent tout comme des peuples y est formellement contre.

 

En attestent les virulentes critiques des chefs d’Etat africains contre l’Occident à ce sujet. Le truculent président zimbabwéen, Robert Mugabe, en a d’ailleurs fait l’une de ses thématiques favorites contre l’Occident. «Selon leurs journaux, c’est l’un de mes péchés. Que j’ai dit qu’ils (les gays) étaient pires que des porcs et les chiens parce que les porcs savent qu’il y a des mâles et des femelles. C’est même dans la Bible : vous créer grâce au système de mariage…Voilà comment nous sommes nés, c’est pourquoi nous rejetons catégoriquement cela et vous disons d’aller en enfer», a-t-il déclaré.

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, tradition, albinos,"

 

La chambre nationale des chefs traditionnels en Afrique du Sud a demandé il y a quelque temps au parti au pouvoir, l’African national congress (Congrès national africain – ANC) de revenir sur ce qu’on considère comme un acquis dans l’un des rares pays africains. Mais le député Patekile Holomisa, président de la Commission constitutionnelle du Parlement et du Congrès des chefs traditionnels a déclaré: «la grande majorité ne veut pas promouvoir et protéger ces choses». Néanmoins, le parti au pouvoir est contraint de se conformer à la Constitution.

 

L’évolution du monde qui est devenu un village planétaire confronte les Africains à des réalités face auxquelles ils n’ont parfois pas le choix. Mais lorsqu’il est possible, il faut savoir raison garder pour être à la fois en harmonie avec sa culture et l’évolution actuelle. Anselme Teko, agent de santé à Lomé au Togo constate: «il est inadmissible que des pays d’Occident se mêlent des questions qui touchent profondément à notre culture en Afrique. Parce qu’à cette allure, demain ils demanderont aux pays africains de respecter les droits des échangistes, les droits de chacun de détenir ou de vendre des armes et que sais-je encore ?

 

S’ils savent si bien le faire, ils n’ont qu’à d’abord faire respecter aux dirigeants africains les droits de tous les enfants à l’éducation. On ne va pas imposer encore un modèle de culture ou de société à l’Afrique au 21ème siècle. Si les dirigeants occidentaux sont incapables de faire respecter les traditions fondamentales des peuples d’Occident aux étrangers qui choisissent délibérément de s’établir chez eux, pour des raisons politiciennes, ils n’ont par contre rien à imposer à l’Afrique». Il appartient à chaque société de gérer les problèmes sociétaux que son existence engendre. Entre traditions et modernisme, l’Afrique trouvera son chemin d’elle-même. Puisqu’elle doit avancer, bon gré mal gré.

 

Il est bien inutile de lui indiquer le chemin à suivre qui peut s’avérer le pire pour elle en termes de conséquences sociopolitiques. Entre les pratiques rétrogrades du passé et celles parfois pernicieuses du présent, un choix s’imposera de toute évidence. Sans qu’il soit question de forcer les Etats africains ou les dirigeants africains ainsi que certaines puissances occidentales ont tendance à vouloir le faire. Au risque même de susciter, à s’y méprendre peut-être, ce que d’aucuns appelleraient un autre choc des civilisations dont le monde pourrait bel et bien faire l’économie.

 

http://www.courrierdesafriques.net/2015/12/afrique-traditions-ou-modernisme-les-africains-peuvent-ils-choisir

 

Résultat de recherche d'images pour "egypt, ghana, ancient africa"

 

————————

 

Résultat de recherche d'images pour "Wakanda kindom"

 

7 – « Black Panther » : afrofuturisme, drame politique et femmes fortes pour un succès planétaire

 

L’Afrique subsaharienne et les États-Unis se passionnent pour la dernière production des studios Marvel, « Black Panther ». Au centre du phénomène, la place accrue faite aux femmes noires, l’esthétique afrofuturiste et un duel politique, symbolique et ambigu entre un Africain et un Africain-Américain. C’est un face-à-face clé et symbolique. Nous sommes aux deux tiers de Black Panther. T’Challa (Chadwick Boseman), souverain du Wakanda, nation africaine imaginaire aussi souveraine que riche, affronte son cousin Killmonger (Michael B. Jordan), Africain-Américain qui a connu le ghetto et prétend désormais au trône. Le duel traditionnel qui fait plus ou moins office de cérémonie d’intronisation doit les départager.

 

Les deux hommes à la plastique avantageuse s’affrontent dans une chorégraphie bien rodée, les pieds dans un décor kitsch au possible et sous les yeux d’une garde prétorienne féminine dont les habits sont un clin d’œil aux cultures masaïs de Tanzanie et du Kenya, et ndébélé du Zimbabwe. Le corps de Killmonger porte des scarifications qui, elles, ne sont pas sans rappeler certaines pratiques des Suris en Éthiopie.

 

Réalisé par Ryan Coogler, Black Panther, une production de Marvel Studios, lesquels sont rattachés au géant Disney, est devenu, dès sa sortie, un phénomène mondial. Applaudi en Côte d’Ivoire, où il a été présenté lors du premier Marvel Festival d’Abidjan en présence d’Isaach de Bankolé, acteur ivoirien à l’écran du blockbuster, il a réalisé aux États-Unis une sortie hors normes en devenant le cinquième meilleur lancement de l’histoire du box-office américain. Si les médias anglophones du continent se sont particulièrement penchés sur le film, le héros s’est offert jusqu’à la Une de l’édition du week-end du quotidien congolais Les Dépêches de Brazzaville : « Black Panther enthousiasme le monde noir ».

 

Résultat de recherche d'images pour "Wakanda kingdom"

 

_ Un drame politique

Black Panther est déjà bien plus qu’un « blockbuster noir » – le magazine Time parle du « blockbuster le plus magnifiquement noir que Hollywood n’ait jamais produit » -. Le film ne se réduit pas à un casting : il marque l’entrée de la « question noire », pour paraphraser C.L.R. James, dans l’industrie du mainstream globalisé et ce au-delà des quelques clins d’œil faciles, comme celui à la question du pillage des œuvres africaines par les colons.

 

Lorsque T’Challa affronte Killmonger, un vrai drame politique se joue. Dans un monde marqué par le racisme et l’affaiblissement volontaire de l’Afrique par l’Occident, un Africain prêt aux compromis, à quelques minutes de pellicule de s’installer au pupitre des Nations unies pour un discours empreint de bons sentiments et d’espoir, combat un Africain-Américain dont l’intérieur filmé quelques instants seulement laisse apparaître le portrait d’un authentique Black Panther, Huey P. Newton, et qui appelle à prendre les armes pour libérer les Noirs à travers le monde.

 

Image associée

 

Une colonisation de l’histoire de nos luttes par Hollywood

Bien des spectateurs, à l’instar de la revue critique Boston Review, ont critiqué une « valorisation du noble africain au détriment de l’homme noir américain ». Et ils sont nombreux parmi les internautes à célébrer Killmonger comme étant le plus avisé politiquement des deux rivaux. « Killmonger veut utiliser les armes du Wakanda pour arrêter les souffrances des Noirs dans le monde, et nous, le public, sommes manipulés pour nous y opposer… », se plaint le chroniqueur américain Steven Thrasher dans les colonnes d’Esquire.

 

Mais ici, Black Panther ne se plie en fait qu’aux règles du genre : les films de super-héros mettent souvent en scène un duel entre deux hommes forts, qui, partant de constats analogues, tirent des leçons différentes, le « vilain » optant pour une solution radicale réprouvée. Les degrés de manichéisme et de subtilité varient d’un film à l’autre, et dans ce cas précis, beaucoup s’avouent satisfaits. Les points de vue et les débats autour de Black Panther se sont ainsi télescopés dans des allers-retours entre les deux côtés de l’Atlantique. L’acteur sud-africain Fana Mokoena s’est ainsi désolé d’une « colonisation de l’histoire de nos luttes par Hollywood », rien de moins.

 

Résultat de recherche d'images pour "Wakanda, Black Panther"

 

_ Un film afrofuturiste ?

Mais c’est aussi dans les colonnes de la presse africaine que de multiples aspects du film ont été traités de manière élogieuse et enthousiaste. Ce n’est plus un secret pour personne : l’utilisation souvent brouillonne d’éléments de différentes cultures africaines par les grandes maisons de production américaines agace toujours plus.

 

Le résultat, s’il peut être vu comme confus et folklorique, peut aussi apparaître comme un hommage à différentes cultures africaines

 

Black Panther emprunte, lui aussi, tous azimuts : Killmonger passe un masque Igbo du Nigéria pour commettre ses forfaits, mais son allié et W’Kabi (Daniel Kaluuya), lui, s’enveloppe dans une couverture semblable à celle des Basothos d’Afrique du Sud. Pour autant, le journal sud-africain The Sunday Times célèbre le travail de la costumière Ruth E. Carter, qui explique avoir voulu être « politique, radical, mais aussi actuel. »

 

Le résultat, s’il peut être vu comme confus et folklorique, peut aussi apparaître comme un hommage à différentes cultures africaines qui s’imposent toujours plus dans la mode, font la fierté des diasporas, et en s’exportant, redéfinissent le cool globalisé et se réinventent elles-mêmes. La mode du Wakanda participe ainsi à une esthétique typique de l’afrofuturisme.

 

En respectant à ce chapitre la narration de la bande-dessinée que Ryan Coogler adapte, le réalisateur a en effet offert aux Wakandais une ressource rare, le fictif vibranium, qui leur ouvre les portes d’un développement technologique hors du commun. Le résultat est une nation qui incarne à elle seule l’utopie afrofuturiste, vaste mouvement artistique qui place la technologie au centre de récits fictionnels offrant un avenir radieux à l’Afrique et à sa diaspora.

 

Résultat de recherche d'images pour "Wakanda kindom"

 

_ Les femmes, au centre du film

Et en matière de développement technologique, le principal personnage n’est autre qu’une femme : la très acclamée princesse Shuri, que joue Letitia Wright, acclamée par la critique. Moderne, indépendante, passionnée de nouvelles technologies et surtout drôle, Shuri épaule son frère T’Challa et soutient son peuple depuis son laboratoire dernier cri, en écoutant en alternance du rap signé Kendrick Lamar ou des beats sud-africains.

 

Si Shuri est sans doute en passe de devenir le visage le plus sympathique du casting, la presse kenyane se passionne pour Lupita Nyong’o, actrice d’origine kenyane

 

C’est l’autre ingrédient de Black Panther : la place faite aux rôles féminins. Si Shuri est sans doute en passe de devenir le visage le plus sympathique du casting, la presse kenyane se passionne pour Lupita Nyong’o, actrice d’origine kenyane, qui incarne Nakia. Le général du Wakanda est aussi une femme, incarnée par Danai Gurira, derrière laquelle plusieurs sites africains, mais aussi le Time, y ont vu un hommage aux Mino, guerrières du Dahomey, peu ou prou l’actuel Bénin.

 

Résultat de recherche d'images pour "women in black panther, wakanda"

 

Et ici encore, Black Panther n’est pas qu’un phénomène pour ce qu’il montre, mais aussi pour ce qu’il est de manière intrinsèque : Ramonda, la mère de T’Challa, n’est interprétée par autre qu’Angela Bassett, qui incarna par le passé Betty Shabazz, l’épouse de Malcom X, dans le film éponyme ou encore Rosa Parks, dans The Rosa Park’s story.

 

Certaines des recettes qui font de Black Panther un film de société moderne ne sont d’ailleurs pas nouvelles. Cette belle place accordée à des femmes solidaires, entreprenantes et engagées rappelle d’autres productions hollywoodiennes comme The Hunger Games. Mais les équipes du film se chargent du service après-vente : John Kani, qui joue le père de T’Challa a ainsi déclaré à la presse, comme le rapporte le site sud-africain The Sunday Times, que le mythe d’une Afrique patriarcale était un leurre pensé par ceux qui veulent exploiter les femmes et que le blockbuster rendrait à ces dernières leurs rôles de gardiennes des cultures africaines.

 

23 février 2018/ Mis à jour le 23 février 2018/ Par Jules Crétois et Tatiana Ekodo

 

http://www.jeuneafrique.com/535617/culture/black-panther-afrofuturisme-drame-politique-et-femmes-fortes-pour-un-succes-planetaire/

 

Résultat de recherche d'images pour "Wakanda, Black Panther"

 

————————

 

Résultat de recherche d'images pour "black panther, wakanda city"

 

8 – « Le royaume de Wakanda, une Afrique du futur en miniature ? »

 

Le blockbuster « Black Panther » agrège des références à de multiples cultures du continent, tout en s’inscrivant dans une esthétique afrofuturiste. En janvier, le président américain, Donald Trump, a une fois de plus choqué l’opinion internationale en qualifiant Haïti et les Etats africains de « shithole countries » – littéralement « pays trous à merde ». Un mois après nous arrive, toujours des États-Unis, le blockbuster Black Panther, dont la majeure partie de l’action se situe dans le royaume fictif de Wakanda. Un « pays-trou à merde » de plus ?

 

Non, plutôt une véritable mine d’or. Ou plus exactement de vibranium, minerai imaginaire et précieux capable d’absorber les vibrations environnantes. Le dernier roi du Wakanda, T’Chaka, en a vendu de petites quantités pour financer l’éducation et le développement de son pays, présenté dans le film comme la nation la plus avancée technologiquement au monde.

 

Résultat de recherche d'images pour "Black Panther, black city, Wakanda"

 

Réalisé par l’Afro-Américain Ryan Coogler, Black Panther est adapté d’un comic créé par les Américains blancs Stan Lee et Jack Kirby en 1966, qui dépeint les aventures du jeune T’Challa, fils de T’Chaka, prince du Wakanda et premier super-héros d’origine africaine. Des changements considérables – au script comme à l’esthétique – ont été apportés par l’équipe de Coogler pour faire de Black Panther la première superproduction afrofuturiste. Celle-ci dépeint, à travers Wakanda, son roi, ses sujets et son organisation politico-religieuse, une Afrique en miniature non plus présentée comme archaïque et sous assistance, mais comme une nation alliant harmonieusement technologie de pointe et identité(s) africaine(s) assumée(s).(…)

 

Résultat de recherche d'images pour "Wakanda kingdom"

 

_ Un film post-colonial ?

Cette dynamique du renversement permet aussi au film d’aborder une série de questions véritablement post-coloniales. Il s’agit par exemple de la légitimité des collections d’objets africains dans les musées occidentaux, constituées essentiellement durant la période coloniale, et des débats actuels sur la nécessité d’une restitution de ces œuvres à leurs pays d’origine. C’est aussi la remise en question de l’hégémonie des codes esthétiques occidentaux, à travers cette scène hilarante où la cheffe de la garde royale se retrouve affublée d’une perruque synthétique pour ne pas être reconnue, avant de s’en débarrasser en la jetant à la tête d’un assaillant quelques minutes plus tard.

 

C’est enfin plus largement la question de la capacité de l’Afrique à s’absoudre des relations d’assistance, et du coup de dépendance, avec les pays occidentaux et à s’aider elle-même, exprimée par exemple dans l’intervention auprès des filles de Chibok enlevées par Boko Haram. Ces questions sont toutefois beaucoup plus survolées que véritablement traitées et trouvent surtout des réponses toujours très consensuelles, incarnées par exemple par l’agent de la CIA blanc et américain emmené à Wakanda pour être soigné, et qui se retrouve à combattre auprès de T’Challa contre l’autre prétendant au trône, Erik Killmonger, censé représenter une posture beaucoup plus radicale mais présentée dans le film comme erronée et dangereuse.

 

Image associée

 

Certains spectateurs ont de ce fait été déçus par la position somme toute assez tiède de Black Panther vis-à-vis des débats autour de la condition des populations africaines et afro-descendantes, notamment aux Etats-Unis. Avec un titre comme Black Panther et de nombreux hommages dans le film au parti afro-américain du même nom (l’affiche du film, par exemple, présentant le roi T’Challa sur son trône, évoque directement une célèbre photo de Huey P. Newton, fondateur des Black Panthers, dans une posture similaire), les attentes étaient en effet importantes.

 

Mais Black Panther reste un blockbuster hollywoodien, tenu à une posture consensuelle pour faire un maximum d’entrées. On peut certes retrouver dans l’affrontement entre l’Africain T’Challa, tenant jusqu’à l’issue du film d’une posture non violente mais aussi d’un certain isolationnisme pour mieux protéger son pays, et l’Afro-Américain Erik Killmonger, partisan de l’armement des populations africaines et afro-descendantes par le Wakanda pour se défendre, voire conquérir le monde, l’évocation de grandes tendances idéologiques ayant traversé les luttes pour les droits civiques aux Etats-Unis.

 

Résultat de recherche d'images pour "Wakanda city, kingdom, Wakanda"

 

Mais celles-ci restent brossées à grands traits de façon relativement simpliste et, surtout, trouvent une issue trop conservatrice pour certains spectateurs. La condamnation d’Erik Killmonger par la mise en avant de sa violence peut paraître ainsi assez injuste, surtout en regard de la réhabilitation de l’agent de la CIA surpris d’abord à vouloir trafiquer une arme du Wakanda pour les Etats-Unis, puis finissant par servir d’intermédiaire au roi T’Challa pour accéder à la tribune des Nations unies. Aussi, vues du Nigeria, ces problématiques semblent très américaines et parlent assez peu aux spectateurs, plus préoccupés par les conflits internes au pays, comme la recrudescence actuelle des affrontements entre éleveurs et agriculteurs dans plusieurs de ses Etats.

 

Black Panther ne peut être donc considéré comme un film véritablement militant, dans le sillage du parti dont il porte le nom. Néanmoins, il représente une avancée considérable dans la représentation des individus et des cultures noires, notamment africaines, dans l’industrie globalisée du divertissement. Il poursuit ainsi, avec une ampleur jusqu’ici jamais égalée, le processus de renversement des perspectives entamé depuis plusieurs décennies par les multiples acteurs d’une pensée-monde noire et africaine du passé, du présent mais aussi du futur.

Son carton au box-office mondial et son accueil enthousiaste par les publics du monde entier, quelles que soient leur couleur de peau ou leurs origines, en fait un jalon majeur dans le long processus de reconnaissance de la valeur des identités, des cultures et des histoires noires et africaines.

 

Par Emilie Guitard et Laure Assaf/ LE MONDE/ Le 28.02.2018/ Mis à jour le 28.02.2018/

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/02/28/le-royaume-de-wakanda-une-afrique-du-futur-en-miniature_5263804_3212.html/

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, science, technologies, innovation, top des pays africains"

 

————————

 

Résultat de recherche d'images pour "Black Panther"

 

 

A propos de l'auteur

Moi meme

Soyez le premier à réagir à "AFRIQUE/ PASSE ET FUTUR : grands moments et rédemption de l’Afrique"

Laisser un commentaire

Votre adresse mail ne sera pas publié




Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.