La musique Reggae

21 mai 2020 | AUTEUR/MISE EN COHERENCE: | A LA UNE, AFRIQUE/CULTURE ET SPORT, AFRIQUE/SOCIAL, JEUNESSE ET EMPLOIS, INFORMATIONS GENERALES, MONDE/ RETROSPECTIVES, RECOMMANDE | Aucun commentaire   //   vue(s) 327 fois

 

Le reggae est un genre musical ayant émergé à la fin des années 1960, il est la plus populaire des expressions musicales jamaïcaines. Il devient, à la faveur de son succès international, un style musical internationalement apprécié, porteur d’une culture qui lui est propre. Le reggae est souvent lié au mouvement rastafari, lui-même né en Jamaïque. Mais certains Rastas, comme le mouvement Bobo Shanti, y étaient ou y sont opposés. Malgré tout, la majorité des chanteurs de reggae sont, ou se réclament rasta; le reggae pouvant être considéré comme un moyen de diffuser les idées rastafaristes2.

 

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Selon le dictionnaire Larousse la définition de reggae est la suivante3: « Musique populaire jamaïcaine née, à la fin des années 1960, de la fusion du ska et des rythmes calypso venus de la Trinité avec le blues et le rock and roll nord-américain, et caractérisée par un rythme binaire syncopé avec le décalage du temps fort. Le genre se métamorphose en reggae, un terme que l’on doit à Frederic Toots Hibbert, compositeur en 1967 de Do the Reggay3. »

 

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_ Styles et caractéristiques

Le reggae est une musique ayant une structure rythmique très marquée. Cette structure peu remplie mais très tranchante est donnée par la guitare rythmique qui accentue le second et le quatrième temps par une croche ou deux doubles croches et la batterie qui accentue le troisième par un coup de caisse claire et de grosse caisse synchronisés. À cette structure découpée s’ajoute le pilier central, moins anguleux : la basse, qui assure le fondement mélodique du rythme. Les riddims, structure rythmique au fondement des musiques jamaïcaines à partir de 196727, sont généralement déterminés par leur ligne de basse).

 

Peter Tosh et sa guitare "M16"

 

Le reggae peut-être caractérisé par :

  • un rythme à quatre temps, avec accentuation par la bassequi exécute de petits riffs d’une mesure souvent en figure de croche et batterie sur les temps faibles ;
  • le skankqui désigne le contretemps (ou after-beat) propre au reggae (en fait une accentuation du second et quatrième temps), généralement marqué par un accord plaqué joué par la guitare rythmique ou le clavier ;
  • un coup de caisse claire sur le one drop (3etemps).

 

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L’orgue : celui-ci est très souvent utilisé dans ce qui est nommé le shuffle de l’orgue. C’est une technique qui serait empruntée au vieux R’n’B, qui se place là où se trouvait le beat guitare (ou skank) du ska et accentue fortement la dynamique rythmique, donnant l’impression d’accélérer le tempo. Le riddim classique du Beat Down Babylon de Lee Perry est un exemple typique. L’orgue accompagne également le skank (sur le 2e et 4e temps) et ouvre parfois le riddim par une introduction mélodique. Un exemple d’ouverture célèbre est celle du Take a Ride aka Truth and Right d’Al Campbell chez Studio One.

 

La guitare rythmique : elle est toujours électrique (très rares exceptions) et l’effet utilisé est absolument crucial. Le skank est parfois doublé par un mouvement d’aller-retour rapide (le pickin) ou par l’utilisation d’une boîte analogique à écho (delay, en anglais). Les accords en contretemps sont parfois dotés d’un effet WahLa guitare lead : dit principal, le jeu de la lead guitar est un court motif, souvent joué cordes étouffées, basé sur la répétition très rapide d’une même note. Une lead guitar peut reprendre la ligne de base, ou avoir sa propre ligne.

 

La basse : à l’origine les contrebasses marquaient le temps sur les rythmes ska. Les basses reggae sont électriques et ont plus de liberté mélodique. Elles utilisent les fréquences les plus basses et apportent un effet alourdissant volontairement le riddim. La guitare basse forme le noyau central du riddim avec la batterie, musique fondamentalement rythmique, des mots même de Lee Perry.

 

Bob Marley & The Wailers - Root Rock Reggae - By Opankz (Drum ...

 

Les lignes de basses les plus marquantes (Rockfort Rock, The Heathen…) sont simples mais jouées avec une précision absolue afin de maintenir une rythmique marquée au travers des accords. L’importance de la basse s’accroît avec la naissance du roots, et plus encore dans le dub.

 

Les cuivres : dominants durant le ska, presque absents du rocksteady, ils reprennent place avec le reggae. S’ils interviennent presque toujours de manière synchronisée et harmonisée, ils marquent parfois le skank (ex : They don’t Know Jah des Wailing Souls) et remplacent plutôt l’espace occupé par l’orgue au début des années soixante-dix : intro et refrain. Ils interviennent rarement en solo. Certains artistes, tels que Burning Spear font perpétuellement appel à une section cuivre.

 

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De 1975 à 1980, le reggae évolue sous une nouvelle forme : le rockers développé par Sly Dunbar. Il est caractérisé par des coups de charleston vifs et saccadés et surtout, par une accentuation de chaque temps à la grosse caisse, emprunté au disco. Ce style très militant présentant moins de cuivres met un terme à la domination de Studio One, et ouvre la grande phase de domination du studio Channel One et de son groupe phare les Revolutionaries. Il survient après le flying cymbal, style caractéristique du producteur Bunny Lee (écouter le hit None Shall Escape The Judgement par Johnny Clarke) style caractérisé par deux coup de charleston ouvert sur les 2e et 4e temps (contretemps rythmique) tssss-tssss.

 

Burning Spear - Pour les amoureux du vieux roots jamaïcain

 

À partir de 1981, un nouveau style de batterie qui a perduré jusqu’à aujourd’hui règne en maître : le early dancehall parfois appelé Rubadub. Il s’agit d’un balancier binaire grosse caisse (1er temps) caisse claire (3e temps). Le nouveau backing band de Channel One, les Roots Radics, sont considérés comme les maîtres absolus du Dancehall instrumental.

 

Les producteurs les plus en vue changent et Junjo Lawes et Linval Thompson occupent le devant de la scène. C’est à cette même période qu’explose le dub, sur les instrumentaux dancehall, et une nouvelle vague de mixeurs à l’image de Scientist. C’est aussi la période du déclin des chanteurs et en particulier des trio harmoniques et la domination progressive des deejays au phrasé parlé.

 

À l’approche du milieu des années 1980, le Rubadub intègre des paroles de plus en plus sexuellement explicites et les deejays utilisent des boucles redondantes de mélodie vocale caractéristiques de cette époque (écouter Peter Ranking ou Yellowman). En 1985, le riddim digital Slengteng produit par Prince Jammy porte le coup létal à un Channel One déjà agonisant.

 

UB40 - Wikipedia

 

_ Diffusion

L’histoire du reggae est indissociable de celle des sound systems. À l’industrie phonographique locale et comparable à une sono mobile, le sound system désigne à la fois le matériel utilisé, l’équipe qui l’anime et la soirée elle-même. Toute musique produite en Jamaïque est diffusée en sound-system et les disc jockeys (DJ) animent les danses depuis les années 1950. Pour des raisons économiques ces soirées, qui diffusent de la musique préenregistrée, remplacent les orchestres.

 

Les DJ y pratiquent le toasting (le terme « toaster » signifie « bonimenteur ») pour introduire les morceaux. On trouve ici les racines du rap. Les sound-systems sont donc de grands rassemblements festifs, en plein air qui attirent une large frange de la population jamaïcaine, en particulier celle des quartiers pauvres de Kingston, la capitale. On peut citer notamment parmi les plus célèbres sound-systems ceux de Sir Coxsone Dodd (Studio One) et Duke Reid qui se sont longtemps affrontés avant de monter chacun leur propre studio, respectivement Studio One et Treasure Isle.

 

 

Depuis les années 2000, le reggae se diffuse particulièrement sous la forme dub en Europe, grâce aux sound systems, d’abord anglais puis français, suisses… Les possesseurs de sound systems sont souvent également producteurs (Aba Shanti I, Jah Shaka, Salomon Heritage…). Le terme dub est parfois un abus de langage, bien que très utilisé, pour désigner la musique diffusée lors de ces soirées – alors qu’il serait plus correct de parler de reggae, du roots, jusqu’au digital.

 

 Mais ce terme permet également de différencier des courants très différents, entre l’école dite anglaise (jouée dans ces sound systems), et l’école plus française du reggae/dub, représentée à différents niveaux par High ToneDanakilNaâman et d’autres. Il s’agit de deux milieux bien distincts. Le reggae autour du monde connaît donc un nouveau regain de public, porté notamment par ces sound systems, mais également par des groupes au sens traditionnel, se produisant sur scène.

 

Global Beat: Toots & The Maytals

 

En 2017, Toots and the Maytals sont devenus le deuxième groupe de reggae à jouer au festival Coachella, après Chronixx en 201628,29,30. Le reggae de Jamaïque est inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO le 29 novembre 201831.

 

Source et informations complémentaires : fr.wikipedia.org/ Mai 2020

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Reggae/

 

 

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